Charles Rigoulot

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Charles Rigoulot
Charles Rigoulot 1923.jpg

Charles Rigoulot en 1923.

Biographie
Naissance
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Nationalité
Activités
Enfant

Charles Rigoulot est un haltérophile, coureur automobile et catcheur français, né au Vésinet le et mort d'un cancer le à Paris. Il repose au cimetière de Saint-Mandé sud.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le benjamin d'une fratrie de huit enfants dont le père est boucher et devient l'« homme le plus fort du Monde », « titre » mis en jeu lors de sa première rencontre face à Cadine. Il est licencié au Pons Amical Club, au Club Athlétique des Gobelins et enfin au Stade français, et son entraîneur est Jean Dame, un futur président de la Fédération française d'haltérophilie.

Il pèse de 81,3 kg (à 20 ans) à 103 kg (période catch) et mesure 1,73 m.

Il commence sa carrière sportive par l'athlétisme, sur 100 mètres.

Il remporte aux Jeux olympiques de 1924 se tenant à Paris la médaille d'or olympique d'haltérophilie en mi-lourds.

Le , à l'âge de 22 ans, il bat son compatriote Ernest Cadine, le champion olympique d'haltérophilie catégorie mi-lourds de 1920, au Cirque d'hiver de Paris, à la demande de l'ex-champion en titre, ne digérant pas la perte de son titre face à ce jeune « blanc-bec » (un film consacré à Rigoulot restituera pleinement cet affrontement de « gladiateurs » sur grand écran). Durant plus de deux heures et demie, les deux sportifs se mesurèrent en dix mouvements. Rigoulot en sort vainqueur de justesse. Une revanche a lieu quelques mois plus tard, le au vélodrome d'hiver. Le Français - passé professionnel entre-temps - en sort cette fois vainqueur sans contestation. Il affronte par la suite le Luxembourgeois de 147 kg Alfred Alzin au vélodrome Jean-Bouin de Marseille, à la fin de l'année 1926 et remporte le match. Il parcourt alors la France entière et même l'Europe durant près de cinq ans, en quête perpétuelle de records.

Le lundi , lors d'une compétition à la salle Wagram, il se blesse gravement en tentant de battre le record du monde de l'épaulé-jeté à 185 kg (qu'il avait pourtant déjà réussi à jeter officieusement). Il met alors fin à sa carrière, pour rebondir ensuite dans le catch et la compétition automobile.

Il affronte ainsi entre autres le champion olympique français de lutte 1924 Henri Deglane (également champion du monde de catch), toujours devant de très grandes foules, avant de devenir promoteur de réunions.

Il est aussi un homme de spectacle, tour à tour chanteur, acteur de théâtre, puis brillant dans des numéros de main à main avec sa jeune épouse Magda Roche, gymnaste, et enfin acteur de cinéma. Sa fille Dany Rigoulot sera championne de France de patinage artistique après la guerre, avant son entrée au cabaret parisien le Lido.

Charles Rigoulot est en fait le chef de file d'une prestigieuse école française d'haltérophilie d'entre-deux-guerres, animée par l'entraîneur Chaput.

Durant la guerre, il est déporté dans le cadre du service du travail obligatoire (STO).

Il se trouve aussi prisonnier de guerre en Allemagne, au camp de Stargard, Stalag II-D (actuellement Stargard Szczeciński, en Poméranie, Pologne). Un de ses camarades de captivité, Christian Thébault, raconte qu'il avait tordu de ses mains les barreaux de la fenêtre pour permettre une évasion. Le groupe avait malheureusement été repris le lendemain.

Il est inhumé dans le cimetière Sud de Saint-Mandé dépendant de la commune mais situé dans le 12e arrondissement de Paris.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le 28 avril 1964, le conseil municipal de Paris a donné le nom de Charles-Rigoulot au gymnase municipal et au stade de la porte Brancion[1]. Son nom est arrivé en tête à l'unanimité moins un, une personne proposant le nom de stade Brouche, du surnom d'un clochard ayant vécu sous la tribune pendant plus de vingt ans.[réf. nécessaire] Le stade municipal d'haltérophilie d'Orléans porte également son nom.

Il est évoqué dans le 149e des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.

Palmarès[modifier | modifier le code]

  • Champion olympique d'haltérophilie des mi-lourds en 1924 (avec 322,5 kg aux trois mouvements, et 502,5 kg aux cinq mouvements)
  • Champion de France mi-lourds en 1923
  • Vice-champion de France mi-lourds en 1924
  • Champion de la ville de Paris en 1923 (gymnase de la Bidassoa)
  • Vainqueur du Bol d'or automobile de Montlhéry en 1937 sur Chenard et Walcker. Il courut également les 24 Heures du Mans durant la même année
  • 111 records du monde de force (affirmait-on à l'époque), en poids et haltères entre autres :
  • 56 records du monde d'haltérophilie proprement dite (sur 11 mouvements), de 1920 à 1925 en amateurs, et de 1925 à 1931 en professionnels :
  • Meilleures performances haltérophiles
    • Amateurs :
      • arraché du bras droit : 101 kg (1925)
      • arraché à deux bras : 126,5 kg (1925)
      • épaulé et jeté à deux bras : 161,5 kg (1930)
    • Professionnels :
      • arraché du bras droit : 116 kg (1930)
      • arraché du bras gauche : 100,5 kg (1929)
      • arraché à deux bras : 143 kg (1931)
      • épaulé et jeté à deux bras : 182,5 kg (1929)
  • Capable de courir le 100 mètres en 11"06
  • Capable de sauter en hauteur sans élan 1,48 m
  • Le seul homme au monde à pouvoir soulever le fameux essieu d'Apollon de 162,4 kg, jusqu'en 1950 (particulièrement difficile à saisir des deux mains, car constitué d'une imposante barre de cinq centimètres de diamètre aux extrémités de laquelle deux roues de wagons étaient soudées)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Journal officiel de la République française - Volume 96 (1964) - Page 3877

Liens externes[modifier | modifier le code]