Charolais (pays)

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Charolais
Image illustrative de l'article Charolais (pays)
Paysage du Charolais

Pays France
Subdivision administrative Bourgogne-Franche-Comté
Subdivision administrative Saône-et-Loire
Villes principales Charolles
Production Élevage bovin
Pays (div. territoriale) Pays Charolais Brionnais

Le Charolais est un pays traditionnel de France, situé autour de la ville de Charolles, dans le département de Saône-et-Loire et la région Bourgogne. C'était à l'origine une région historique qui faisait partie du duché de Bourgogne. Le Charolais a donné son nom à un territoire LOADDT plus vaste, le Pays Charolais Brionnais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Troupeau de vaches de race Charolaise

Situation[modifier | modifier le code]

Le Charolais est une petite région d'une vingtaine de kilomètres de côté. Elle est située à l'ouest du département de Saône-et-Loire, entourée par les régions naturelles suivantes :

Géologie[modifier | modifier le code]

Le Charolais est géologiquement dans le prolongement nord du Massif central et peut être scinder en :

  • Bas-Charolais - peu élevé, il s'étend de la vallée de la Bourbince à celle de l'Arroux ;
  • Haut-Charolais - d'une hauteur moyenne de 600 mètres, limité au sud par les monts du Beaujolais et à l'est par les vallées de la Guye et de la Grosne, il est formé de sommets cristallins, granite et grès.

Histoire[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blason du Charolais

Les comtes du Charolais portaient : de gueules, au lion à la tête contournée, d'or, armé et lampassé d'azur. Bien que « lion regardant » désigne également un lion rampant regardant à sénestre, l'emploi de « lion à la tête contournée » serait préférable. Sous l'ancien régime, le Charolais représentait l'un des quatre comtés dépendant du duché de Bourgogne, aujourd'hui compris dans le département de Saône-et-Loire. Ses villes principales sont Charolles (la capitale), Paray-le-Monial, Toulon-sur-Arroux.

De même, jusqu'en 1761, il existait pour le comté du Charolais un bailliage seigneurial (sous l'autorité du comte) et un bailliage royal (sous l'autorité du Roi).

Les états particuliers du comté de Charolais ont participé à l'administration du Charolais de 1578 à 1761, date de leur rattachement aux États généraux de Bourgogne.

Le Comté de Charolais[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne et comte de Charolais.

À l'origine le Charolais consistait en une simple châtellenie ; le comte de Chalon, Jean, qui le possédait le cède, en 1237[1], au duc de Bourgogne Hugues IV. Ce dernier le lègue à sa petite-fille Béatrix, fille de Jean de Bourgogne et d'Agnès de Bourbon, qui en prend la possession en 1279[1]. Elle avait épousé, en 1272, Robert, comte de Clermont, fils de Louis IX. Cette donation comprenait les châtellenies et les châteaux ainsi que dépendances, fiefs et arrière-fiefs de Mont-Saint-Vincent, Sanvignes, Artus, Dondain, le Sauvement et Charolles.

Le Charolais est alors érigé en comté, divisé en quatre baronnies, Mont-Saint-Vincent, Lugny-lès-Charolles, Digoine et Joncy, puis en six châtellenies, Artus (Beaubery), le Sauvement (Ciry-le-Noble), Sanvignes, le Mont-Saint-Vincent, Dondain (Pressy-sous-Dondin) et Charolles.

En 1327, le Charolais passa dans la maison d'Armagnac par le mariage de Jean Ier d'Armagnac avec Béatrix de Clermont, fille de Jean de Clermont. Jean III d'Armagnac appelé à l'aide par la ville de Florence et manquant de fond pour lever une armée, avec l'accord de son frère Bernard vend le Charolais au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, pour 60 000 francs d'or par contrat en date du 11 mai 1390[2] avec un droit de rachat de trois ans. Une partie de cette somme ayant été prélevée sur la dot de Marguerite de Bavière, épouse de son fils Jean sans Peur. En 1393[2], le Charolais est définitivement rattaché au duché de Bourgogne, d'où une rancœur et une haine farouche entre Armagnacs et Bourguignons. Pendant cette période, le titre de Comte de Charolais fut systématiquement donné à l'héritier du Duc de Bourgogne (à la manière du titre de « Dauphin de France » ou de « Prince de Galles »). Par exemple, Charles le Téméraire, du vivant de son père Philippe le Bon, porta le titre de comte de Charolais.

Après sa mort, le Charolais fut réuni au domaine de la Couronne par Louis XI, en 1477, et installe un bailli à Charolles. En 1482, Louis XI et Maximilien d'Autriche décident de régler la succession de Charles le Téméraire en France par le traité d'Arras, en 1482. Ce traité prévoit le mariage de Marguerite d'Autriche, fille de Marie de Bourgogne et de Maximilien d'Autriche, avec le dauphin, le futur Charles VIII. Maximilien d'Autriche a obtenu que si la promesse de mariage venait à être rompue, les territoires faisant partie de la dot de la mariée, dont le comté de Charolais, seraient rétrocédés à son fils Philippe le Beau, archiduc d'Autriche. Charles VIII ayant choisi de se marier avec Anne de Bretagne, cette clause de rétrocession fut appliquée. Le traité de Senlis de 1493 prévoit le retour du comté de Charolais à Philippe le Beau, mais il reste sous souveraineté française.

Philippe le Beau est marié avec Jeanne Ire de Castille, fille de Ferdinand II d'Aragon et d'Isabelle. Ce mariage permet à Philippe d'accéder au trône d'Espagne, et le comté de Charolais devient une possession des rois d'Espagne issus de la maison de Habsbourg. Le comté passe ensuite aux mains de Charles Quint, fils de Philippe le Beau et de Jeanne de Castille. La conservation de ce territoire enclavé au milieu de terres relevant de la France, mais aussi de la Franche-Comté, est vitale pour la monarchie espagnole du fait de sa situation à mi-chemin entre Milan et le riche comté de Flandre. Mais l'enclavement pose un problème durable au Charolais. Celui-ci possède, en principe, un pouvoir indépendant et une assemblée, les États du Charolais.

Son histoire se confond ensuite largement avec celle de la Franche-Comté : le Charolais est souvent disputé entre la France et l'Espagne. Le traité des Pyrénées de 1659 met fin à la guerre entre la France et l'Espagne commencée en 1635. Le comté de Charolais est toujours aux mains des Habsbourg d'Espagne, mais le traité prévoit que Philippe IV doit verser un million de francs [←???] au prince de Condé, dit le Grand Condé, pour le dédommager de l'aide qu'il avait apporté au roi d'Espagne. Cependant Philippe IV n'est pas en mesure de lui payer cette somme. Le Grand Condé fait alors saisir le comté et se le fait adjuger par arrêt du Parlement de Paris, le 28 mars 1684[3].

Il devint au XVIIIe siècle l'apanage de Charles de Bourbon-Charolais, comte de Charolais, prince qui n'est connu que par ses débauches et sa cruauté. La dernière héritière du comté, Élisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé (1705-1765), mademoiselle de Sens, fille de Louis III de Bourbon-Condé, cède le comté au roi de France Louis XV contre, notamment, la terre de Palaiseau. Le Charolais est finalement réuni à la Couronne en 1761. Quant aux États de Charolais, ils sont supprimés et leurs attributions passent aux États de Bourgogne.

Le bailliage de Charolles[modifier | modifier le code]

Le Calme (en Charolais), Jean Laronze.

Le bailliage de Charolais est administré à l'origine par un bailli qui cumule l'autorité civile, militaire, judiciaire et fiscal. Le plus ancien connu est : Arnoul des Loges qui en est le bailli en 1265[1], avec sous ses ordres les six capitaine châtelains. En 1358[1], le gouverneur du bailliage est Guillaume de Saint-Privé.

Le bailliage royal fut créé par Louis XI en 1477, à côté du bailliage comtal ; ses prérogatives furent réaffirmées en 1572, 1611 et 1618, période ou le comte était le roi d’Espagne. De 1699 à 1765, lorsque les comtes étaient les princes de Condé, le bailliage royal avait perdu la majorité de ses fonctions, au profit du bailliage seigneurial ; seuls les titres de Lieutenant-général et de Procureur du Roi sont pourvus, du fait de leur entrée de droit aux États. En 1765, Louis XV unit les bailliages seigneuriaux de Charolles et du Mont-Saint-Vincent au bailliage royal de Charolles. Dès lors, et ce jusqu'à la Révolution, le bailliage fut composé :

  • d’un grand bailli d’épée ;
  • d’un lieutenant général civil et criminel ;
  • d’un lieutenant particulier civil, assesseur criminel ;
  • de quatre conseillers ;
  • d’un procureur du roi ;
  • d’un avocat du roi ;
  • d’un greffier ;
  • d’un receveur des consignations ;
  • d’un commissaire au saisie réelles ;
  • de douze procureurs ;
  • de deux huissiers audienciers ;
  • et quatre huissiers.

Le bailliage de Charolles était, à la veille de la révolution, le sixième principal bailliage du Parlement de Bourgogne.

Les États du Charolais[modifier | modifier le code]

Le Charolais fut doté d’états particuliers dès la fin du XIVe siècle jusqu'en 1751, date de sa réunion aux États généraux de Bourgogne. Charolles devient alors la quatorzième ville de la grande roue des États généraux.

Créés en 1390 par Philippe le Hardi, c’est en 1613 que les États du Charolais se sont fixés définitivement à Charolles. Ils sont formés par la réunion de 3 Chambres:

Les États se réunissaient annuellement sous la présidence du Bailli d'épée, ou à défaut, du Lieutenant-général. Ils s'intéressaient à toutes les problématiques du comté, administratives, judiciaires et économiques, mais leur principale tâche résidait dans la répartition des charges fiscales entre les habitants du comté, subdivisé en cinq départements, appelées Bâtis.

Chaque chambre désigne pour trois ans un Élu, l'élu du Tiers faisant office de syndic des États.

Les subdivisions du Charolais[modifier | modifier le code]

Selon Courtépée, le bailliage de Charolles avait dans son ressort 2 villes, 4 bourgs, 70 paroisses, 5 prieurés, 4 prévotés, 6 châtellenies, 32 seigneuries et 196 fiefs.

La Maréchaussée[modifier | modifier le code]

Composée d'un Prévôt, d'un Lieutenant, d'un Assesseur, d'un Procureur du Roi, d'un Greffier, d'un Brigadier, de deux Sous-brigadiers et de douze Cavaliers. Un détachement existe à Toulon-sur-Arroux.

La Gruerie[modifier | modifier le code]

La Subdélégation[modifier | modifier le code]

La Recette[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Orthographe[modifier | modifier le code]

Taureau de race Charolaise

Charolais ou Charollais ? Vaste problème loin d’être résolu, bien qu’il existe quelques certitudes :

  • les poules et les moutons sont dits Charollais, tout comme les habitants de Charolles ;
  • les bovins et fromages sont dits Charolais (contrairement à ce qu’écrit Joanny Furtin dans son monologue).

L’utilisation d’un ou de deux l restant un mystère pour tous, les deux orthographes sont communément acceptées. La nuance est très simple Charolais appartient au pays charolais (région géographique) Charollais appartient à la ville de Charolles. C’est pour ça que parfois le bœuf charolais devient charollais s’il est élevé sur la commune de Charolles et qu'un Charolais né à Charolles est un Charollais, c'est un Charolais s'il est né à Paray le Monial.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jean-Marie Jal - Michel Maerten, Les châteaux du Charolais (Xe ‑ XVIIIe siècle), dans Histoire et Patrimoine Rural en Bourgogne du Sud no 9, Éditions du Centre d’Études des Patrimoines - Pays Charolais-Brionnais, Saint-Christophe-en-Brionnais, 2015, p. 9, (ISBN 979-10-91041-05-8).
  2. a et b Jean-Marie Jal - Michel Maerten, ibid., p. 10.
  3. Sous la direction de Aurélien Michel, Le Guide Charolais-Brionnais, p. 17, Éditions du patrimoine, Paris, 2012 (ISBN 978-2-7577-0358-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frère Maxime, Le Charollais et le Brionnais, Res Universis, coll. « Monographies des villes et villages de France », 1993 (ISBN 2877609944) (réédition d'un ouvrage datant de 1904, sur l'histoire du pays).
  • Aurélien Michel (sous la coordination de), Pays Charolais-Brionnais - Musées, architectures, paysages - Le Guide; Paris (Éditions du patrimoine / Centre des monuments nationaux), 2012; 152 pages, ill. - ISBN 978-2-7577-0205-5
  • Fernand Laurent, L’Aventure européenne du Charolais; Charolles (Arconce Éditions), 2014; 224 pages.

D'Éginhart, Thégan, Nithard. Annales Carolingiennes. Collection les mémoires de France par François Guizot Paris 1824._ Etudes Franques par Godefroid Kurth 1919._ Histoire des Francs par saint Grégoire Évêque de Tours précédé de sa vie écrite par Odon Abbé de Cluni traduit par Bordier en 1859.

Liens externes[modifier | modifier le code]