Caroline Aupick

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Caroline Aupick
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
HonfleurVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Caroline DufaÿsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Conjoints
Enfant

Caroline Aupick, née Dufaÿs (Londres, 27 septembre 1793-Honfleur, 16 août 1871) est la mère du poète français Charles Baudelaire (1821-1867).

Biographie[modifier | modifier le code]

Caroline Dufaÿs naît le 27 septembre 1793, à Londres (paroisse Saint-Pancras, aujourd'hui Camden), d'émigrés français. Son père, Charles Dufaÿs, est officier. ll sera tué en 1795 pendant le débarquement de l’armée royaliste à Quiberon. Sa mère, Julie Foyot, est fille du procureur au Parlement de Paris Didier François Foyot, mort à Sézanne en 1797. Elle décède à Paris en 1800.

Orpheline à sept ans, Caroline Dufaÿs est recueillie par l’avocat Pierre Pérignon. En 1819, à 26 ans, elle épouse Joseph-François Baudelaire, âgé de 60 ans. En avril 1821 naît Charles Baudelaire. François Baudelaire meurt à Paris le .

Le 8 novembre 1828, Caroline Dufaÿs se remarie à Paris avec le commandant Jacques Aupick. En 1830, il participe à la prise d'Alger puis est envoyé à Lyon pour réprimer la révolte des canuts. La famille revient à Paris en 1836. En 1839, Jacques Aupick devient général de brigade et commandant du département de la Seine et de la Place de Paris. Il est nommé général de division et commandant de l’École polytechnique en 1847. Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Constantinople sous la Seconde République, ambassadeur à Madrid en 1851, sénateur en 1853, il meurt à Paris le , quelques semaines avant la parution des Fleurs du Mal.

Veuve une deuxième fois, Mme Aupick vit à Honfleur, sur la Côte de Grâce.

Elle y décède le 16 août 1871[1].

Relations avec Charles Baudelaire[modifier | modifier le code]

Toute sa vie, Baudelaire aimera passionnément sa mère. Enfant et adolescent, il s'entend bien avec son beau-père. Les relations familiales se dégradent quand, après son baccalauréat, Baudelaire accumule les dettes et décide d'être poète. À sa majorité, il reçoit l'héritage de son père, environ 100 000 francs-or mais, en deux ans, dépense la moitié de cette fortune.

Caroline Aupick le fait alors mettre sous tutelle. En 1844, un notaire, Narcisse Ancelle, est nommé conseil judiciaire. Vers 1846, le général Aupick et son beau-fils rompent toute relation. Pendant une douzaine d’années, les relations entre Baudelaire et sa mère sont très conflictuelles. Mais Baudelaire ne renonce pas à intéresser sa mère à son œuvre. Leurs relations s’améliorent en 1858. Caroline Aupick admire le talent de son fils mais reste persuadée qu'il gâche son existence.

À partir de 1858, Mme Aupick espère que son fils s’installera définitivement auprès d’elle à Honfleur. Baudelaire y séjourne en 1859. Il y écrit Le Salon de 1859 et plusieurs poèmes, dont Le Voyage. Il affirme son intention de vivre avec sa mère, mais, en 1864, part pour Bruxelles. En mars 1866, une attaque cérébrale le frappe de paralysie et d'aphasie. Mme Aupick ramène son fils à Paris, où elle l'installe dans une maison de santé. Il y meurt le 31 août 1867.

Caroline Aupick et l’œuvre de Baudelaire[modifier | modifier le code]

Mme Aupick favorise l’édition des Œuvres complètes de son fils chez Michel Lévy (1868-1870), préparée par le poète Théodore de Banville et l’écrivain Charles Asselineau.

Deux poèmes des Fleurs du Mal la concernent. Ils rappellent l’époque où elle était veuve de François Baudelaire :

  • Je n’ai pas oublié, voisine de la ville évoque l’atmosphère paisible d’une petite maison de campagne, à Neuilly-sur-Seine, où sa mère et lui avaient vécu en 1827 ;
  • La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse où Baudelaire reproche à sa mère, ainsi qu'à lui-même, leur ingratitude envers la mémoire d'une domestique défunte.

L'essai en partie autobiographique Morale du joujou évoque la mère du poète. Mme Aupick est parfois mentionnée dans des textes regroupés sous le titre général de Journaux intimes (Fusées, Hygiène, Mon cœur mis à nu).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir l'acte de décès sur le site des Archives départementales du Calvados - Honfleur - Décès de 1871 - Acte n° 234 - Vue 171/429 http://archives.numerisees.calvados.fr/cg14v3/visualiseur/visu_registre.php?id=140025787&PHPSID=ee8c3cfa7f07e901bd523e6913b61cac&w=1440&h=900#.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Auzas, Lettres de Madame Veuve Aupick à Charles Asselineau, t. XCIX, Mercure de France, , p. 225-257
  • Baudelaire, Correspondance, édition de Claude Pichois et Jean Ziegler, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2 vol., 1973.
  • Baudelaire, Lettres à sa mère, correspondance établie, présentée et annotée par Catherine Delons, Manucius, 2017.https://we.tl/0Nm6hn0Oq6
  • Baudelaire, Œuvres complètes, édition de Claude Pichois, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2 vol., 1975-1976.
  • Catherine Delons, L’Idée si douce d’une mère, Charles Baudelaire et Caroline Aupick, Les Belles Lettres, 2011.
  • Catherine Delons, Narcisse Ancelle, persécuteur ou protecteur de Baudelaire, Du Lérot, 2002.
  • Claude Pichois et Jean Ziegler, Baudelaire, Paris, Julliard, 1987, rééd. Paris, Fayard, 2005.
  • Claude Pichois et Jean-Paul Avice, Dictionnaire Baudelaire, Du Lérot, 2002.
  • Franca Zanelli Quarantini, Storia di madame Aupick gia' vedova Baudelaire, Roma, Castelvecchi, 2016.