Spleen baudelairien

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Le spleen baudelairien désigne une profonde tristesse née du mal de vivre, que Charles Baudelaire exprime dans plusieurs poèmes de son recueil Les Fleurs du mal.

Ce spleen éveille le désir d'atteindre l'idéal par d'ineffables correspondances.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Spleen est le terme anglais qui désigne la rate. Il dérive du grec ancien σπλήν (splên), de même sens.

La théorie des humeurs du médecin Hippocrate explique que la rate déverse dans le corps humain un fluide - la bile noire - qui, produit en excès, déclenche la mélancolie, forme extrême de la dépression.

Bien que cette théorie ait été infirmée depuis longtemps, l'idée qu'un dysfonctionnement de la rate affecte le caractère est passée dans le langage courant, comme l'attestent les expressions « se faire de la bile » ou, plus familièrement, « se mettre la rate au court bouillon ».

Emploi artistique[modifier | modifier le code]

Dès 1848, dans son projet de recueil poétique alors appelé Les Limbes (prémices des Fleurs du mal éditées en juin 1857), Baudelaire cherche à « représenter les agitations et les mélancolies de la jeunesse moderne ».

En 1869, quelques mois après sa mort, un ensemble de poèmes en prose, écrits entre 1853 et 1864, paraît sous le titre Le Spleen de Paris.

Avant Baudelaire, le terme spleen a été employé par des écrivains romantiques anglais et allemands.

Dans ses Mémoires, dont la rédaction de certains passages remonte à 1831, le compositeur Hector Berlioz explique le spleen à l'aide d'un enchaînement de métaphores évoquant une expérience chimique à base d'acide sulfurique.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le spleen exprime un état d'asthénie morale qu'expliquent :

  • l'angoisse du temps qui passe,
  • la solitude,
  • la nostalgie,
  • le sentiment d'impuissance,
  • la culpabilité,
  • l'ennui.

Il traduit un profond mal de vivre, qui peut toucher au désespoir.

Selon Baudelaire, si la joie peut jaillir de la Beauté, elle n'en constitue le plus souvent qu'un des ornements les plus vulgaires « tandis que la Mélancolie en est pour ainsi dire l'illustre compagne ».

D'humeur dépressive, l'auteur des Fleurs du mal effectue plusieurs tentatives de suicide. Son état psychique l'inspire artistiquement. Il s'y complaît même, non sans masochisme. Mais son spleen l'incite à rechercher l'idéal, auquel il accède parfois grâce à de secrètes correspondances.

La section initiale des Fleurs du mal s'appelle Spleen et Idéal. Elle inclut quatre poèmes célèbres, regroupés sous le titre Spleen, qui expriment une tristesse morbide liée à :

  • l'accablement causé par l'hiver glacial, humide et mortifère (I - Pluviôse, irrité contre la ville entière) ;
  • la pesanteur du souvenir et la vacuité de l'existence (II - J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans) ;
  • un mal-être intense, où l'instinct de mort s'installe (III - Je suis comme le roi d'un pays pluvieux) puis triomphe (IV - Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle).

lire : Spleen I ;
lire : Spleen II ;
lire : Spleen III ;
lire : Spleen IV.

Postérité[modifier | modifier le code]

Après Baudelaire, d'autres poètes français exprimeront ce sentiment de tristesse maladive.

En 1874, Paul Verlaine insère, dans son recueil Romances sans paroles, une pièce nommée Spleen[1].

En 1885, dans Les Complaintes, Jules Laforgue[2] chante une douleur de vivre évoquant le spleen baudelairien, empreinte d'autodérision.

En 2010, le groupe musical Stupeflip, animé par Julien Barthélemy, Stéphane Bellenger et Jean-Paul Michel, produit un morceau intitulé Le spleen des petits, repris dans son album The Hypnoflip Invasion.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Pichois & Jean-Paul Avice, Dictionnaire Baudelaire, Du Lérot, 2002.
  • Jean Starobinski, La Mélancolie au miroir, Julliard, 1989.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]