Jérôme Thélot

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Jérôme Thélot est essayiste et traducteur, et professeur de littérature française à l’Université de Lyon.

Ancien élève d’Yves Bonnefoy au Collège de France, disciple aussi de René Girard et de Michel Henry, ses écrits portent sur la poésie romantique et moderne, sur la philosophie de l’affectivité, et sur les conditions de l’image. Il développe auprès des auteurs qu’il interroge, en particulier Bonnefoy, Baudelaire, Rousseau, Dostoïevski, Sophocle, une poétique générale qui remonte à la fondation de la parole et de la représentation dans la violence originelle. Ses « Notes sur le poétique » (Un caillou dans un creux, Manucius, 2016) explicitent les attendus de sa recherche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir soutenu une thèse de doctorat de 3e cycle sur Yves Bonnefoy en 1980 (Poétique d'Yves Bonnefoy, 1983) et une thèse de doctorat d'État sur Baudelaire en 1990 (Baudelaire. Violence et poésie, 1993), il enseigne dans les universités de Marrakech, de Strasbourg, de Montpellier, puis de Paris XII et de Lyon 3 Jean Moulin, où il a dirigé le « Centre d'étude des dynamiques et des frontières littéraires »[1]. Ses principaux écrits portent sur la poésie romantique et moderne, de Rousseau à Demangeot. Il a traduit partiellement Synge, Angelus Silesius, Büchner.

Marqué d'abord par l'œuvre d’Yves Bonnefoy, puis par celles de René Girard et de Michel Henry[2], il élargit son approche de la poésie et de la littérature par l’inclusion des arts plastiques, en particulier de la photographie, et tend à faire de ses recherches une poétique générale[3]. Ses travaux sur la photographie ont d’abord décrit les conséquences de l’invention de celle-ci sur la littérature moderne (Les Inventions littéraires de la photographie, 2003), puis les caractères propres de sa phénoménologie (Critique de la raison photographique, 2009). Son analyse du Radeau de la Méduse de Géricault (Géricault. Le sublime et son double, 2013) scrute les rapports entre violence et représentation.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Essais
  • Poétique d’Yves Bonnefoy, coll. « Histoire des idées et critique littéraire », Droz, 1983[4].
  • Baudelaire : violence et poésie, coll. « Bibliothèque des idées », Gallimard, 1993.
  • La poésie précaire, coll. « Perspectives littéraires », PUF, 1997[5].
  • Les inventions littéraires de la photographie, coll. « Perspectives littéraires », PUF, 2003.
  • Au commencement était la faim : traité de l'intraitable, Encre marine, 2005.
  • La poésie excédée : Rimbaud, coll. « Cendrier du voyage », Fissile, 2008.
  • L’Idiot de Dostoïevski, coll. « Foliothèque », Gallimard, 2008.
  • Ou l’irrésignation : Benjamin Fondane, coll. « Cendrier du voyage », Fissile, 2009.
  • Critique de la raison photographique, Encre marine, 2009.
  • L’Immémorial : études sur la poésie moderne, Encre marine, 2011.
  • Le travail vivant de la poésie, Encre marine, 2013.
  • Géricault. Le Radeau de la Méduse. Le sublime et son double, Manucius, 2013.
  • Les avantages de la vieillesse et de l'adversité. Essai sur Jean-Jacques Rousseau, Encre marine, 2015.
  • Un caillou dans un creux. Notes sur le poétique, Manucius, 2016.
  • Sophocle. La condition de la parole, Desclée de Brouwer, 2019.
Poésie
  • Contre la mort, Fissile, 2007.
  • Pas même du ciel, Fissile, 2010.
Traductions
  • John Millington Synge, Douze poèmes, Grèges, 2002.
  • Angelus Silesius, Le voyageur chérubinique, Les Belles Lettres, Encre marine, 2008.
  • Georg Büchner, Woyzeck, éditions du geste[6], 2019.
Éditions
  • Jouve, Dans les années profondes. Matière céleste. Proses, Poésie / Gallimard, 1995.
  • Baudelaire, Correspondance, Gallimard, Folio, 2000 (avec Claude Pichois).
  • Vigny, Romantisme et vérité, Éditions InterUniversitaires, 1997.
  • Philippe Jaccottet, Le temps qu'il fait, 2001 (avec P. Née).
  • Quinze études sur Nerval et le romantisme, Kimé, 2005 (avec H. Mizuno).
  • Simone Weil et le poétique, Kimé, 2007 (avec J.-M. Le Lannou et E. Sepsi).
  • Roger Munier, Le temps qu'il fait, 2010 (avec Fr. Lallier).
  • Le haïku en France. Poésie et musique, Kimé, 2011 (avec L. Verdier).
  • Philippe Jaccottet. Juste le poète, Revue Lettres, n° 1, 2014.
  • Les Chemins de Pierre-Albert Jourdan, Revue Lettres, n° 2, 2016 (avec François Lallier).
  • Yves Bonnefoy, Alexandre Hollan, Trente années de réflexion, 1985-2015, L'Atelier contemporain, 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité de la BNF.
  2. Lire Jérôme Thélot, Au commencement était la faim, Encre Marine, 2005; « Conversion et faim », dans Michel Henry : la parole de vie, dir. Jad Hatem, L'Harmattan, 2003, p. 213-224; "Phénoménologie de la conscience poétique: Angelus Silesius", dans Michel Henry, L'Âge d'Homme, 2009.
  3. D'après le témoignage d'Alain Paire sur le site Poezibao.
  4. Cf. le compte rendu d'Adele Sullivan, dans The French Review, mars 1986, no 59, 4.
  5. Cf. le compte rendu de Susan Crampton dans The French Review, mai 1999, no 72, 6.
  6. « éditions du geste / théâtre », sur éditions du geste / théâtre (consulté le 14 janvier 2019)

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Une présentation des différentes facettes de l’œuvre de Thélot par Alain Paire.