La Beauté (poème)

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La Beauté est un sonnet écrit par Charles Baudelaire dans son recueil Les Fleurs du mal (1857) ; il fait partie de la section Spleen et Idéal.

Analyse[modifier | modifier le code]

La Beauté est un poème appartenant au thème de la condition du poète. Charles Baudelaire fait une présentation de la beauté, avec une allégorie de celle-ci, mais aussi en révélant un monde intelligible. De plus, on y trouve une réflexion autotélique sur la poésie grâce au mouvement du Parnasse et de la perfection, et une présentation de la situation du poète.

Le poème[modifier | modifier le code]

La Beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

Charles Baudelaire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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