L'Invitation au voyage

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L'Invitation au voyage est le titre de deux poèmes de Charles Baudelaire. L'un, en vers, figure dans le recueil Les Fleurs du mal (1857), numéro XLIX (49) de la première section intitulée Spleen et Idéal ; l'autre est en prose, publié en 1869 dans le recueil Le Spleen de Paris (numéro XVIII).

Dans le poème en vers, le poète décrit à sa bien-aimée Marie Daubrun un pays idéal (inspiré de la Hollande) où ils pourraient s'installer ensemble. On y trouve les célèbres vers :

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. (ter)

Mise en musique[modifier | modifier le code]

  • La mise en musique de ce poème de Baudelaire la plus célèbre est celle composée par Henri Duparc en 1870. Le texte y est incomplet, le compositeur ayant écarté la deuxième strophe.
  • En 1870 également, Emmanuel Chabrier publie une mise en musique du poème complet pour voix, piano et basson.
  • En 1892, Maurice Rollinat a mis en musique ce poème de Baudelaire.
  • Léo Ferré en a réalisé une nouvelle mise en musique dans son album Les Fleurs du mal en 1957, l'année du centenaire de la publication du recueil. Le poème cette fois-ci est complet.
  • Les Inconnus, dans un de leurs sketchs parodiques où ils incarnent le groupe de hard rock « Dousseur de vivre », reprennent les célèbres vers susmentionnés dans le refrain de la chanson Poésie.
  • À son tour, l'album Cyfry de Wojciech Płocharski contient l'interprétation du poème en polonais.
  • En 2016, le groupe Superbus, dans la troisième piste de son album Sixtape, Soul Sister, reprend à intervalle régulier les trois premiers vers du poème.

Poème[modifier | modifier le code]

Mon enfant, ma sœur,

Songe à la douceur

D’aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux

De tes traîtres yeux,

Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre ;

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l’ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

À l’âme en secret

Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l’humeur est vagabonde ;

C’est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu’ils viennent du bout du monde.

– Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D’hyacinthe et d’or ;

Le monde s’endort

Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]