Bassin houiller keupérien de Haute-Saône

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Carte des départements français.
Localisation du gisement sur la carte des bassins houillers français.

Le bassin houiller keupérien de Haute-Saône est l'un des quatre bassins houillers des Vosges et du Jura et c'est aussi le plus récent des deux gisements de Haute-Saône d'un point de vue géologique. Il est exploité par des mines de houille entre la fin du XVIe siècle et le milieu du XXe siècle dans le sud-est de la Haute-Saône ainsi que dans le nord du Doubs et du Jura, dans l'est de la France. Cette houille sert principalement à alimenter des chaudières permettant de concentrer, par évaporation, la saumure des salines locales. Le sel gemme, la pyrite et le gypse sont d'autres ressources tirées du même étage géologique.

Bien qu'il soit exploité plus longtemps et sur un plus grand territoire que le bassin minier de Ronchamp et Champagney, son influence économique et sociale est moindre, sa production étant plutôt artisanale et irrégulière. L'activité atteint son apogée au XIXe siècle, où huit concessions sont accordées entre 1826 et 1845 pour l'exploitation du bassin, dont quatre qui fusionnent en 1879 (Gouhenans, Athesans, Saulnot, et Vy-lès-Lure). La production cumulée de ces dernières concessions atteint 1,16 million de tonnes. À la fin de l'activité, en 1944, les réserves sont estimées à 0,5 million de tonnes exploitables.

Situation[modifier | modifier le code]

Carte des communes de Haute-Saône.
Les différentes communes des concessions de Haute-Saône.

Le bassin houiller s'étend dans le sud-est du département de la Haute-Saône, mais aussi à la lisière nord-ouest du Doubs et du Jura, en région française de Bourgogne-Franche-Comté. Limité par les massifs des Vosges au nord et du Jura au sud, ce gisement est exploité par six petites concessions en Haute-Saône et par quelques autres dans les départements voisins.

Les gisements houillers les plus proches sont le bassin houiller stéphanien sous-vosgien qui le chevauche au nord-est et le bassin houiller du Jura au sud-ouest.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le gisement, qui appartient au Keupérien (daté entre -220 et -230 millions d'années), fait partie des bassins houillers des Vosges et du Jura. Il est composé de couches de houille tendre (humide) et de houille gypseuse dure (sèche) ; leur épaisseur dépasse rarement le mètre. Les couches sont parfois affleurantes, parfois profondes de plusieurs dizaines de mètres avec un pendage de 7 à 8°. La houille est séparée du gypse par de la marne[1].

Le keuper est un bassin sédimentaire dont la puissance varie de 80 à 90 mètres. Il est principalement situé en Haute-Saône et déborde sur la lisière du département du Doubs, entre Rougemont et Glère. D'autres lambeaux résiduels sont situés aux environs de Baume-les-Dames, Ougney, Arguel, Beure, Vorges-les-Pins et Grozon. Ce bassin est formé d'une alternance de couches de grès, de marne irisée, de dolomies de gypse et de houille par endroit[2],[3].

Le charbon se présente sous la forme d'une couche principale et d'une petite couche inexploitable[4]. La houille tirée des concessions du bassin doit toujours être lavée en raison de ses fortes teneurs en pyrite de fer, ce qui laisse beaucoup de cendres après sa combustion. Ce charbon est impropre à la production de coke ou au chauffage des locomotives à vapeur ; de plus, la présence de soufre empêche la production de gaz de houille. Son usage est donc réservé au travail de laminage ainsi qu'au chauffage des chaudières et des poêles[5]. Son usage est particulièrement indiqué pour l'évaporation des eaux salées et pour le fonctionnement des fours à réverbères. Son pouvoir calorifique varie de « 3 400 à 5 000 calories par kg » (14,2 à 20,9 MJ par kg)[6].

La houille de cette région est souvent découverte involontairement par des sondages qui sont creusés pour découvrir du sel gemme (et vice-versa) qui est exploité à Saulnot, Gouhenans et Mélecey-Fallon[7],[8].

Concessions[modifier | modifier le code]

Carte des contours des concessions.
Les contours des six concessions saônoises et leurs principaux travaux miniers :
Lettres, puits de Corcelles ;
1, 2, 3. puits de recherches de Courchaton ;
4. puits de la Houillère ;
5. puits E ;
6. puits Elisabeth ;
7. puits du Fourneau ;
8. puits Isaac ;
9. puits des Essarts.
Carte basée sur la précédente
L'utilisation de la houille extraite dans les différentes concessions par les salines.
Durée de vie des six concessions
Le ton foncé indique les périodes de production, le ton clair indique l'abandon.

Saulnot[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Houillères et saline de Saulnot.

La découverte de la houille du bassin keupérien remonte à 1589. À cette époque, la Saulnère du Saulnot (seigneurie de Granges) utilise deux chaudières pour cuire la saumure, l'une avec de la houille et l’autre avec du bois[9]. En 1714-1715, une nouvelle veine est découverte au Saulnot[10]. Le , Jacques Liébiger obtient l’exclusivité de l'extraction du charbon dans toute la seigneurie de Granges[11].

Le , la concession de Corcelles est accordée aux sieurs Noblot fils, Méquillert et autres par ordonnance royale[12]. Jusqu’à 1 000 tonnes de charbon sont exploitées chaque année avant 1838, notamment avec un puits de 36 mètres de profondeur. La concession est ensuite fusionnée avec d'autres par un décret présidentiel le [13].

Au début du XXe siècle, l'exploitation est particulièrement active au nord de Corcelles avec sept puits creusés avant 1921, dont cinq recensés par le BRGM. Le charbon est utilisé dans la saline de Gouhenans jusqu’à l'arrêt de l'extraction en 1922. En 1941, les réserves sont estimées à environ 8 000 tonnes pour Corcelles[14].

Au début du XXIe siècle, subsistent les vestiges de trois puits de mine des houillères de Corcelles visibles sur les cartes IGN, situés à proximité de la LGV Rhin-Rhône ainsi que leurs terrils, notamment le puits E ouvert sur 10,5 mètres[15],[16].

Gémonval[modifier | modifier le code]

La concession de Gémonval, d'une superficie de 2 056 hectares, est accordée le [17] à Samuel Blum, propriétaire des forges de Pont-sur-l'Ognon qui utilise directement le combustible pour son usine[18]. La qualité du charbon y est particulièrement mauvaise, et la quantité de soufre est si importante que le charbon s’enflamme s'il reste en tas plusieurs semaines. La couche a une puissance moyenne de 0,80 mètre[6].

Cette mine connaît dans les années 1830 une importante spéculation boursière par la compagnie exploitante, qui garantit alors qu'elle exploite deux couches d'un mètre de puissance d'une houille parfaitement propre et fait sans cesse de nouvelles découvertes ; toutefois, aucun bénéfice n'est dégagé. Pour obtenir une marge bénéficiaire de 17 à 18 %, la production aurait dû atteindre 500 à 600 tonnes par jour, soit la consommation de l'Alsace à cette époque. Or, elle n’atteint jamais les 20 tonnes quotidiennes. En revanche, les mines locales sont riches en gypse mais aussi en pyrite, en sel gemme et minerai de fer[19].

Plusieurs puits de recherche sont creusés en 1832 sur la commune de Vellechevreux. La plupart repèrent plusieurs filons de houille, notamment un premier filon de 10 cm de schiste houiller, un second de 46 cm de houille de bonne qualité, un troisième de 61 cm de houille mêlée au schiste et un quatrième de nature inconnue. Le 18 août de la même année, un puits mesurant 19,5 mètres de profondeur est creusé à Courchaton. Il fait partie d'un groupe de trois puits de recherche creusés par les mines de Gémonval sur la commune. Le , l’épaisseur de la couche rencontrée varie de 5 à 10 cm au fur et à mesure du creusement des galeries[20]. Deux sondages et deux autres puits sont creusés sur la même commune[21].

En 1838, 600 tonnes de houille maigre produites dans les concessions de Corcelles et Gémonval sont consommées dans le département du Doubs[22]. Les mines connaissent une fermeture en 1847[17] puis sont rouvertes. Un sondage creusé avant 1850 reconnaît la houille à 90 mètres de profondeur[1]. Le puits no 3 rencontre la houille tendre à quelques mètres de profondeur, mais il est approfondi jusqu'à la couche de gypse, à 30 mètres de profondeur. Un travers-banc montant est ensuite creusé pour recouper la couche. Une source d'eau est rencontrée à la sortie de la couche de gypse[7].

Vers 1880, deux sondages sont forés, puis un autre par la saline de Gouhenans en juillet 1905. Ce dernier reconnaît la houille entre 81,25 et 81,80 mètres de profondeur[20]. Vers les années 1940, le personnel se compose d'un ingénieur des mines, d'un commis, d'un domestique, d'un maître-mineur, de trois mineurs, de cinq rouleurs, de quatre manœuvres, de deux machinistes, de deux chauffeurs, d'un charpentier et d'un maréchal-ferrant aidé par un assistant et sept laveurs, dont deux pour la houille et cinq pour la pyrite. La houille est triée puis subit plusieurs lavages successifs pour la séparer de la pyrite[23], utilisée par une usine de produits chimiques, « La Chemiquerie »[20]. Pour chaque hectolitre de produit brut extrait, le lavage permet d'obtenir 70 L de houille lavée, commercialisée dans les environs, ainsi que 7 kilogrammes de pyrite et 13 L de houille menue, utilisée par les machines à vapeur de la houillère[23].

Les infiltrations d'eau sont un problème récurrent à Gémonval. Au puits du Fourneau, elles varient de 150 m3 par jour en été à 200 m3 par jour en hiver. L'exhaure est assurée par un réservoir de 8 m3 taillé dans le gypse. L'eau est ensuite remontée au jour par une pompe foulante actionnée par une machine à vapeur à simple effet et à action directe qui peut remonter jusqu'à 85 L par coup de piston et 500 m3 par jour[23].

La zone de chalandise des houillères couvre le sud de l'arrondissement de Lure et le nord du Doubs. Leurs principaux clients sont les salines (surtout celle de Mélecey), les fabriques et les artisans des environs ; elles subissent une concurrence frontale de la part des houillères de Ronchamp, mais aussi plus indirectement des houillères de Blanzy et de la Loire[24].

Liste des travaux[20],[25]
Compartiment Nom Remarques Vestiges en 1943
Ouest et Est Puits de la Houillère Les puits numérotés et plusieurs sondages se trouvent dans son voisinage direct.
Il est relié aux puits des Essarts et du Fourneau.
Terril important toujours visible.
Ouest
30 mètres de profondeur
135 000 m3 extraits sur 11 hectares
Galerie du Moulin Descenderie orientée vers l'ouest pour rejoindre le puits de la Houillère.
Puits des Essarts Situé sur la route de Gémonval à Crevans.
La houille extraite de 37 mètres de profondeur est nettoyée dans des lavoirs installés le long d'un ruisseau.
Des déblais présents le long du ruisseau. Bâtiments partiellement détruits.
Puits no 1 Une couche d'1 m en 1834 à 60,60 m de profondeur.
Puits no 2 Une couche de 0,55 m en 1833 à 15 m de profondeur.
Puits no 3 Une couche de 0,40 m en 1835 à 21,60 m de profondeur.
La houille n'est pas collante.
Puits no 4 Une couche de 0,25 m en 1846 à 16,85 m de profondeur.
La houille maigre n'est pas collante mais schisteuse et pyriteuse.
Puits no 5
Est
50 mètres de profondeur
10 000 m3 extraits sur 1,5 hectares
Puits Isaac Puits remblayé, absence de déblais.
Puits du Fourneau Une couche de 0,80 m à 40 m de profondeur. Un bâtiment minier, un terril et une entrée de galerie située à 100 mètres. Toujours exploité par trois chantiers en 1944.
Puits Elizabeth Terril.


Évolution de l’exploitation charbonnière dans le bassin de Gémonval (incluant Saulnot et Gouhenans)[14]
1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921
Production (approximative) en milliers de tonnes 5,7 6,5 7,5 8,75 6 3,1 9,5 10,6 5,2 3,9 0,95


Gouhenans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Houillères et saline de Gouhenans.

Les salines de Gouhenans identifient un gîte houiller à proximité du village en 1819[26],[27]. La concession, d'une superficie de 1 378 hectares, est accordée le [17],[27] ; l'extraction se fait alors dans les puits no 4 et no 5[28]. En 1864, la concession de Gouhenans est exploitée par les puits no 4 et no 10[17]. Cette même année, la production s'élève à 9 983,8 tonnes de houille. Celle-ci est alors vendue 0,90 franc le quintal[17].

Le puits no 11 est creusé au nord de Villafans en 1872, au moment où d'anciens puits sont fermés. La houille est remontée par des bennes et acheminée par des berlines. Les travaux, situés à une centaine de mètres de profondeur, sont régulièrement visités par le garde-mine du département jusqu'à la fermeture du puits en 1893[29].

En novembre 1893, le puits no 15, établi dans le voisinage du puits no 11, rencontre le charbon à 68 mètres de profondeur. Il entre en exploitation en 1895. En 1899, il subit une arrivée d'eau de 750 m3 par jour[30]. L'exploitation reprend en 1906 dans deux quartiers différents avec une descenderie et le puits no 17[31]. L'activité houillère cesse en 1916[32].

Au début du XXIe siècle, plusieurs vestiges des travaux miniers subsistent, notamment des terrils. Une maquette représentant un chevalement de la concession, construite par Charles Simonin, est conservée par la SHAARL (Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Lure)[29]. Le site du puits no 15 est aménagé et intégré au circuit pédestre baptisé « Entre Sel et Charbon ». L'orifice du puits et le terril subsistent[33].

Le Vernoy[modifier | modifier le code]

La petite concession est accordée le à messieurs Blech, Fries et compagnie, de Mulhouse[3], dans la commune de Le Vernoy dans le Doubs, sur un lambeau du bassin houiller. Une couche dont la puissance varie de 0,33 à 0,77 mètre est brièvement exploitée avant que les propriétaires ne renoncent à la concession le [34],[35].

Un puits de mine creusé au nord du village rencontre le gisement à 60 mètres de profondeur, mais il est abandonné avant 1870 en raison de fortes venues d'eau. Il laisse un terril toujours visible en 1943. En 1904, un sondage est creusé par la Société minière industrielle de Gouhenans pour la recherche de sel ; il rencontre des traces de charbon entre 60,50 et 61,20 mètres de profondeur[36].

Athesans[modifier | modifier le code]

La concession d'Athesans, d'une superficie de 1 087 hectares, est accordée le [17]. Des chantiers de faible importance sont réalisés dans cette concession, où l'épaisseur de la couche varie de 0,40 à 0,65 mètre[37]. Cinq sondages sont creusés entre 1922 et 1923[38].

Sondages et puits[39]
Nom Profondeur Date Commune Résultat
Puits A 20 m 1836 Athesans Couche de 0,60 m.
Puits Lissot 1840-1845 Athesans Une galerie creusée vers le nord-nord-ouest rencontre une couche de 0,35 m qui est exploitée.
Puits et sondage V 42,28 m 1896 Athesans Puits arrêté à 11,65 m et poursuivi par sondage, quelques grains de houille.
Sondage T Athesans Inconnu, probablement négatif.
Sondage 2 11 m 1836 Athesans Couche de 0,70 m, épaisseur maximale rencontrée.
Sondage 3 30,50 m 1836 Athesans Couche de 0,30 m.
Sondage S Athesans Rencontre d'une faille.
Sondage du bois Saint-Servais Athesans Couche de 0,25 m.
Sondage 1 27 m 1922 Gouhenans Négatif.
Sondage 2 33 m 1922 Gouhenans Négatif.
Sondage 3 5,80 m 1922-1923 Vouhenans Abandonné.
Sondage 4 17,40 m 1923 Vouhenans Négatif.
Sondage 5 30,95 m 1923 Gouhenans Négatif.

Vy-lès-Lure[modifier | modifier le code]

Un long talus recouvert d'arbre.
Le terril Sainte-Barbe, l'un des principaux vestiges de l'exploitation de Vy-lès-Lure.
Article détaillé : Houillères de Vy-lès-Lure.

Une concession, d'une superficie de 973 hectares, est accordée le [17] et de nombreux travaux de recherches se déroulent au hameau de La Grange du Vau, situé entre les communes de Vy-lès-Lure et de Mollans ; elle se trouve au sud-ouest de la concession de Saint-Germain, qui est la plus proche d'elle. Les travaux se déroulent sur deux périodes distinctes : la première pendant la seconde moitié du XIXe siècle et le premier quart du XXe siècle avec l'accord d'une concession, la seconde dans les années 1940 avec une nouvelle société de recherche[40].

Mélecey[modifier | modifier le code]

Un terril du lieu-dit le Buisson des Craies.
Article détaillé : Houillères et saline de Mélecey.

Une mine de houille est attestée le près d'un village voisin, Abbenans. La recherche de la houille commence à Mélecey en 1778 pour alimenter une saline qui utilise un système d’évaporation pour la saumure, mais la houille exploitée est de mauvaise qualité[41].

La concession de Mélecey, d'une superficie de 480 hectares, est accordée le pour l'extraction du sel et du charbon. Elle est exploitée principalement par le « Buissons-Brûlé »[17],[42]. En 1865, un coup de grisou éclate dans la mine du Buissons-Brûlé et fait dix morts, provoquant l'arrêt de l'extraction charbonnière dans la concession. La saline est alors alimentée par les houillères de Gouhenans jusqu'à l’arrêt de cette activité en 1872[42].

Les puits de la concession sont situés pour la plupart dans le bois de Fallon. L'un d'entre eux est à l’origine d'un incendie avant 1943[43]. L'exploitation du charbon a laissé quant à elle quelques mini-terrils.

Liste des principaux puits d'extraction
Nom Profondeur Activité
Puits Buissons-Brûlé 20 m 1843 – 1865
Puits Le Cray 12,50 m 1852 – 1853
Puits Saint-Pierre 1855 – 1857
Puits no 4 9,30 m 1861 – 1865
Puits Buissons-Brûlé II 23,10 m 1862 – 1865

Grozon[modifier | modifier le code]

Diverses coupes de chantiers d'exploitation et de recherche
Plan à l'appui d'une demande en autorisation d'une exploitation de houille par les salines de Grozon.
Article détaillé : Houillères et saline de Grozon.

La concession de Grozon, d'une superficie de 1 100 hectares, est accordée le pour alimenter les salines du village. Cette mine, fermée avant 1864, est alors la seule du département qui exploite de la houille[44].

Le gisement exploité est constitué d'une seule couche dont l'épaisseur varie de 40 à 80 cm. La houille, très sèche, est formée de 73,21 % de carbone et 3,75 % de cendres. Elle est très friable, ce qui oblige à la mise en place d'un coffrage dans les galeries. Elle est de mauvaise qualité, même après un lavage. Elle brûle mal en raison d'un mauvais pouvoir calorifique et sa combustion laisse beaucoup de cendres. Ces différentes raisons provoquent l’arrêt de l’exploitation[45].

Dans les années 1940, deux descenderies sont creusées, l'une au nord, l'autre au sud de la vallée. Les couches de houille sont perturbées par de nombreuses failles. Le charbon dur est abattu à l'aide d'explosifs, puis il est expédié par chemin de fer à Villeneuve et Montmorot ainsi qu'à l'usine de gaz de houille de Grenoble[46].

Fusion[modifier | modifier le code]

Les concessions de Gouhenans, Athesans, Vy-lès-Lure et Saulnot sont réunies par un décret présidentiel le [13].

En 1923, monsieur Gaillard, le représentant de la Société minière et industrielle de Gouhenans, fait une demande de renonciation de concession. Cette renonciation est décrétée le [47].

La production cumulée dans les concessions de Vy-lès-Lure, Gouhenans et Corcelles atteint 1,16 million de tonnes. En 1944, les réserves sont estimées à 0,5 million de tonnes exploitables[48].

Travaux hors concessions[modifier | modifier le code]

Des recherches sont entreprises au lieu-dit Le Breuil, dans la commune de Pont-sur-l'Ognon[43] pour alimenter les forges du village qui emploient la houille de Gémonval dans les années 1820[18].

Le , lors de l'ouverture d'une modeste carrière sur les flancs du mont Randon, à Lure, quelques petits filons de houille sont découverts. Un ingénieur des mines du département affirme, après quelques examens, qu'il est nécessaire d'approfondir les recherches, ce que le conseil municipal fait, mais cela n'aboutit manifestement à aucun résultat significatif[49].

Un gîte de houille est repéré au début du XIXe siècle dans la commune de La Creuse mais n'est pas exploité car jugé peu puissant[50].

Deux puits identifient la houille à Couthenans. Le premier est creusé à proximité de l'église et coupe une couche de houille terreuse de 15 cm d'épaisseur à 7 mètres de profondeur. Le second est foncé à 200 mètres au nord-est du précédent et rencontre une couche de 30 cm à 13 mètres de la surface[51].

Une descenderie est ouverte à Champey pour exploiter le gisement via six galeries montantes, mais celui-ci se montre inexploitable et finit par être abandonné. Plusieurs tentatives de relances échouent. Un sondage de 100 mètres de profondeur creusé en 1837 rencontre respectivement de la houille, du gypse à 34 mètres puis du sel[52].

Des fouilles superficielles sont réalisées entre Chavanne et Villers-sur-Saulnot[53].

Une descenderie est creusée à flanc de coteau à Ougney-Douvot par la Société des forges de Franche-Comté de Fraisans vers 1880. Elle est reprise vers 1920[54].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ebelman 1855, p. 83-84.
  2. Henri-Amé Resal 1864, p. 84-85.
  3. a et b A. Laurens 1841, p. 129.
  4. Henri-Amé Resal 1864, p. 86.
  5. Édouard Thirria 1869, p. 182-183.
  6. a et b Henri-Amé Resal 1864, p. 87.
  7. a et b Ebelman 1855, p. 85.
  8. A. Laurens, Annuaire départemental du Doubs, (lire en ligne), p. 210.
  9. Marc Paygnard 2010, p. 16-17.
  10. L. Suchaux 1866, p. 175.
  11. Édouard Grar, Histoire de la recherche: de la découverte et de l'exploitation de la houille dans le Hainau français, dans la Flandre française et dans l'Artois, 1716-1791, vol. 3, A. Prignet, (lire en ligne) Arrêté no 217.
  12. « Bulletin des lois de la République franc̜aise, Volume 5 ;Volume 8 : Ordonnance du roi n°4446 », sur books.google.fr.
  13. a et b Paul Benoit 1999, p. 90 et 98.
  14. a et b R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 8-9.
  15. « L'ancienne houillère fait naître de dangereux gouffres », sur Le Pays (consulté le 17 février 2013).
  16. « Les puits de mine de Corcelles (Saulnot – 70) » [PDF], sur ligue-speleo-fc, , p. 22-25.
  17. a, b, c, d, e, f, g et h Édouard Thirria 1869, p. 184-185.
  18. a et b « Forges de Pont-sur-l'Ognon », notice no IA70000081, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. La France industrielle, manufacturière, agricole et commerciale, Imprimerie H. Fournier et Comp., 1837-1838 (lire en ligne), p. 355-356.
  20. a, b, c et d R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 10-14.
  21. J.Ricours 1944, p. 3.
  22. A. Laurens 1841, p. 131.
  23. a, b et c J.Ricours 1944, p. 6.
  24. J.Ricours 1944, p. 8-10.
  25. J.Ricours 1944, p. 3-6.
  26. L. Suchaux 1866, p. 304.
  27. a et b Michel Bregnard 2010, p. 110.
  28. Commission des annales des mines, Annales des mines ou Recueil de mémoires sur l'exploitation des mines et sur les sciences et les arts qui s'y rattachent, vol. 6, Dunod, (lire en ligne), p. 487.
  29. a et b L'histoire du puits no 11, détaillée sur un panneau touristique sur place.
  30. Paul Benoit 1999, p. 90.
  31. Comité central des Houillères de France, Rapports des ingénieurs des mines aux conseils généraux sur la situation des mines et usines en 1908, Laguerre, (lire en ligne), p. 215.
  32. « Saline et usine de produits chimiques dites saline de Gouhenans », notice no IA70000077, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  33. « Entre Sel et Charbon », sur visorando.com.
  34. Henri-Amé Resal 1864, p. 86-87.
  35. Annales des mines, ou Recueil de mémoires sur l'exploitation des mines, et sur les sciences qui s'y rapportent, Treuttel et Wurtz, (lire en ligne), p. 146.
  36. R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 6-7.
  37. « Compte-rendu des travaux des Ingénieurs des Mines », sur books.google.fr, p. 20 (Haute-Saône).
  38. R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 16.
  39. J.Ricours 1944 (2), p. 3-17.
  40. BRGM 1998, p. 1-29.
  41. Paul Benoit 1999, p. 89 : extrait 1, extrait 2.
  42. a et b Michel Bregnard 2010, p. 111-112.
  43. a et b R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 15.
  44. H. Résal, Statistique géologiques, minérologique et métallurgique des départements du Doubs et du Jura, Dodivers, (lire en ligne), p. 294-295.
  45. Ogérien, Grenier, Histoire naturelle du Jura et des départements voisins, Masson, (lire en ligne), p. 327-329.
  46. R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 17-20.
  47. BRGM 1998, p. 7.
  48. J.Y. Koch-Mathian 2001, p. 27-28.
  49. Jean Girardot, Promenade dans le vieux Lure, SHAARL, p. 22.
  50. L. Suchaux 1866, p. 188-189.
  51. R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 5.
  52. R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 5-6.
  53. R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 7.
  54. R. Dormois et J.Ricours 1943, p. 17.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône, Recueil agronomique, industriel et scientifique, vol. 3 à 4, (lire en ligne), p. 345-351. 
  • A. Laurens, Annuaire départemental du Doubs, (lire en ligne), p. 129-131. 
  • Ebelman, Recueil des travaux scientifiques de M. Ebelman, vol. 2, (lire en ligne), p. 83-91. 
  • Henri-Amé Resal, Statistique géologique, minéralogique et minéralurgique des départements du Doubs et du Jura, (lire en ligne), p. 84-87. 
  • L. Suchaux, La Haute-Saône: dictionnaire historique, topographique et statistique des communes du département, (lire en ligne). 
  • Édouard Thirria, Manuel à l'usage de l'habitant du département de la Haute-Saône, (lire en ligne), p. 182-186. 
  • Eugène Fournier, Les Recherches de houille en Franche-Comté, le massif de Saulnot et sa bordure (feuilles de Montbéliard et Lure), Société géologique de France,
  • [PDF] R. Dormois et J.Ricours, Houille triasique sur le versant N.O. du Jura, BRGM, (lire en ligne). 
  • [PDF] J.Ricours, Etude géologique du bassin de Gémonval, BRGM, (lire en ligne). 
  • [PDF] J.Ricours, Concession d'Athesans : travaux pour recherche et exploitation de houille triasique, BRGM, 1944 (2) (lire en ligne). 
  • Pierre Semonin, Le gîte houiller de Villafans
  • [PDF] BRGM, Ancienne concession de houille de Vy-lès-Lure (70) : Etat des lieux, (lire en ligne [PDF]). 
  • Paul Benoit, Le Charbon de Terre en Europe Occidentale Avant L'usage Industriel Du Coke, (lire en ligne). 
  • [PDF] J.Y. Koch-Mathian, Inventaire des anciennes mines du département de la Haute-Saône, DRIRE Franche-Comté, (lire en ligne). 
  • Denis Morin, Sel, eau et forêt d'hier à aujourd'hui, Presses Univ. Franche-Comté, coll. « Les Cahiers de la MHSE Ledoux », (ISBN 978-2-84867-230-4, ISSN 1771-8988, lire en ligne), p. 479-504. 
  • Marc Paygnard, La Haute-Saône guide découverte, Éditions Noires Terres, . 
  • Michel Bregnard, Les Vosges saônoises de A à Z, Éditions Alan Sutton, (ISBN 978-2-8138-0168-5). 
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