Gewerkschaft Amélie

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Gewerkschaft Amélie
logo de Gewerkschaft Amélie
Amélie Zurcher.

Création 1904
Dates clés 1904 : découverte de la potasse.

1908 : creusement du puits Amélie.

Disparition 1910
Forme juridique Société par actions
1904 : Société en participation pour la recherche de gisement de houille en Alsace,
1904-1906 : Bonne-Espérance,
1906-1910 : Gewerkschaft Amélie
Siège social Mulhouse
Drapeau de France France
Activité Prospection minière

La Gewerkschaft Amélie (d'abord Société en participation pour la recherche de gisement de houille en Alsace puis Société Bonne-Espérance) est une compagnie minière créée par Amélie Zurcher, Joseph Vogt et d'autres investisseurs en 1904 pour rechercher le prolongement du bassin houiller sous-vosgien dans la région de Mulhouse ainsi que des traces de pétrole. Cette société découvre alors le bassin potassique d'Alsace. Elle poursuit les prospections jusqu’en 1910 et creuse le premier puits des mines de potasse d'Alsace.

Contexte[modifier | modifier le code]

Joseph Vogt.

À la fin du XIXe siècle, alors sous l’Empire allemand, le district de Haute-Alsace (Haut-Rhin) est très industrialisé (coton, sidérurgie et construction mécanique), particulièrement la ville de Mulhouse. L'industrie de celle-ci consomme de grande quantité de charbon provenant essentiellement du bassin houiller de la Loire et de celui de Sarrebruck, mais aussi des proches houillères de Ronchamp ainsi que celle des houillères de Blanzy[1].

En décembre 1893, après avoir subi un été de sécheresse, Amélie Zurcher, propriétaire d'un domaine agricole dans l'Ochsenfeld, à (selon ses futures déclarations) une « vision lui révélant la présence d'une richesse extraordinaire dans le sous-sol de la propriété ». Dans les années qui suivent, elle cherche à réunir des entrepreneurs pour lancer la prospection du sous-sol. Mais dans un premier temps, elle n'y parvient pas. Plusieurs facteurs favorables vont pourtant converger vers la volonté d'Amélie Zurcher : les progrès techniques en matière de sondage et la proximité de la société de Joseph Vogt, l’émergence d'un groupe de géologues incluant Monsieur Vogt au sein de la société industrielle de Mulhouse et la recherche du plongement possible du bassin houiller sous-vosgien exploité de façon industrielle à Ronchamp[2],[3].

Recherches[modifier | modifier le code]

En 1900, Joseph Vogt et Jean-Baptiste Grisez réalisent plusieurs sondages en tant qu'associés dans la vallée de la Doller, non loin de ses usines de Niederbruck pour rechercher le prolongement des filons houillers Ronchampois situés à 25 km ainsi que des traces du pétrole découvertes dans le Sundgau. Ces travaux se soldent par un échec. A l'occasion du mariage de l'une de ses filles il rencontre Amélie Zurcher qui, suite à son « rêve d'un trésor dans le sous sol de son domaine », le pousse à relancer le projet, car intéressé par la recherche de charbon. La « Société en participation pour la recherche de gisement de houille en Alsace » est créée le avec un capital de 100 000 Marks dont 50 % avancé par Joseph Vogt, et 12,5 % ajoutés par chacun des autres entrepreneures : Amélie et Albert Zurcher, Jean-Baptiste Grisez et et le Docteur Emile Fischer[2],[3],[4]. La société est rebaptisé « Bonne-Espérance » par la suite[5].

Découverte de la potasse[modifier | modifier le code]

Le , l'installation de la tour du sondage W1 commence à 50 km des mines de Ronchamp, à 305 mètres du clocher de Wittelsheim. La sonde coupe des couches de sel gemme, puis du sel orangé entre 629 et 649 mètres de profondeur, un échantillon de ce sel est analysée à Strasbourg, il s'agit de potasse contenant 25 % de chlorure de potassium. Le sondage est approfondit jusqu’à 1 129 mètres et recoupe plusieurs couches de sel gemme, mais sans découvrir d'autres traces de potasse[3],[6]. Ce sondage ne rencontre aucune trace de houille et met fin aux recherches de ce combustible dans le secteur[7].

Un sondage est réalisé en 1906 sur la même commune à l'emplacement du futur carreau Amélie[8]. La société change de nom et devient la Gewerkschaft Amélie le [9]. Le fonçage du puits Amélie I commence en mai 1908[10]. En 1910, Joseph Vogt fonde la Société Kali Sainte-Thérèse avec des capitaux français pour lancer l'exploitation des vingt-huit concessions du bassin potassique obtenues grâce aux recherches par sondages[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère du commerce, Enquête relative à diverses prohibitions établies à l'entrée des produits étrangers, commencée le 8 octobre 1834, sous la présidence de T. Duchâtel, vol. 3, Imp. Royale, (lire en ligne), p. 358.
  2. a et b Gérard Jaeger 2011, p. 2.
  3. a b et c Yves Frey 2003, p. 24.
  4. « La saga des mines et des mineurs : Le temps des pionniers », sur Kalivie.
  5. « Le Régime Minier dans la Région Est », sur Musée de la sécurité sociale minière.
  6. Gérard Jaeger 2011, p. 3.
  7. Jean-Jacques Parietti 1999, p. 39-40.
  8. MPDA 2004, p. 106.
  9. « Les prémices d'une grande épopée », sur mdpa.fr.
  10. MPDA 2004, p. 107.
  11. « L’histoire fabuleuse de la découverte de la potasse », sur L'Alsace.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [PDF] Gérard Jaeger, La découverte de la potasse en Alsace, Le Groupe Rodolphe, (lire en ligne). 
  • MPDA, La mémoire en partage : 1904-2004 un siècle de potasse en Alsace, . 
  • Yves Frey, Polonais d'Alsace: pratiques patronales et mineurs polonais dans le bassin potassique de Haute-Alsace, 1918-1948, Presses Univ. Franche-Comté, (lire en ligne). 
  • Jean-Jacques Parietti, Les dossiers de la Houillère 4 : Le puits d'Éboulet, Association des amis du musée de la mine, (présentation en ligne).