Arben Dawitian

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Arben Dawitian
Plaque Affiche rouge, 19 rue au Maire, Paris 3.jpg

Plaque commémorative française pour les membres du groupe Manouchian, 19, rue au Maire, Paris 3e. Inscription Arpen Tavitian.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Arben Abramowitsch DawitijanVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Armenak ManoukianVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités

Arben Abramowitsch Dawitijan, dit aussi Dav'Tian[1], Tavitian ou Dawtjan, appelé Tarow[2], né en à Schuscha et fusillé le au Mont Valérien[3], est un révolutionnaire et résistant arméno-russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Dawitian rejoint en 1912 les bolcheviks. Pendant la guerre civile russe, il est le commissaire de l'Armée rouge dans le Caucase. Dans les années 1920, il appartient à l'Opposition de gauche contre le stalinisme. En 1927, il est exclu et banni du Parti. En 1931, il est condamné à trois ans de prison. En 1934, il réussit à échapper en Perse, où il prend contact avec l'Internationale trotskyste, mouvement sur la situation dans l'Union soviétique informé.

Le résistant[modifier | modifier le code]

Avec l'aide de l'Internationale trotskyste, il peut se réfugier à Paris. Après l'occupation de la France par les Allemands, il rejoint sous le nom d'Armenak Manoukian[4] le groupe Manouchian. Il est arrêté en novembre 1943[5] et fusillé le 21 février au Mont Valérien avec vingt-et-un autres combattants FTP-MOI[6].

Le verdict tombe le 21 février au matin : les vingt-trois sont condamnés à mort. La sentence précise qu'ils ont cinq jours pour présenter leur recours en grâce. Cette clause ne sera pas respectée[7], vingt-deux d'entre eux sont fusillés au Mont Valérien, en refusant d'avoir les yeux bandés[8], tandis qu'Olga Bancic va être transférée en Allemagne et décapitée à la prison de Stuttgart le [9].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Mémorial de l'Affiche rouge à Valence.

En s'inspirant de la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme avant son exécution, Louis Aragon écrit le poème Strophes pour se souvenir en 1955, à l'occasion de l'inauguration de la rue du Groupe-Manouchian située dans le 20e arrondissement de Paris. Ce poème est mis en musique et chanté par Léo Ferré en 1959[10]. Depuis il a très souvent été repris par d'autres chanteurs, dont Jacques Bertin, Catherine Sauvage, Marc Ogeret, Leni Escudero, Mama Béa, Monique Morelli, Didier Barbelivien et Bernard Lavilliers (pour plus de précisions, voir Liste des interprètes de Léo Ferré).

À l'initiative de Robert Badinter, une proposition de loi, votée le 22 octobre 1997 décide de l’édification d’un monument à la mémoire de tous les résistants et otages fusillés au fort du Mont-Valérien entre 1940 et 1944. Un monument, réalisé par le sculpteur et plasticien Pascal Convert, à la mémoire de ces 1 006 fusillés est inauguré le 20 septembre 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mélinée Manouchian, Manouchian, Les Éditeurs français réunis, Paris, 1954.
  • Gaston Laroche, On les nommait des étrangers, Les Éditeurs français réunis, 1965.
  • Philippe Ganier-Raymond, L'Affiche rouge, Fayard, 1975
  • Arsène Tchakarian, Les Francs-tireurs de l'Affiche rouge, Paris, 1986.
  • Philippe Robrieux, L'Affaire Manouchian. Vie et mort d'un héros communiste, Fayard, Paris, 1986.
  • Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le Sang de l'étranger, Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989.
  • Stéphane Courtois, article « Missak Manouchian », in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Éditions ouvrières, 1990.
  • Anahide Ter Minassian, Histoires croisées : diaspora, Arménie, Transcaucasie, 1880-1990, Éditions Parenthèses, 1997. Préface de Pierre Vidal-Naquet.
    Principalement le chapitre « Les Arméniens à Paris, 1839-1939 », p. 49. En partie disponible en ligne sur Google Books : [1].
  • Cyril Le Tallec, La communauté arménienne de France, 1920-1950, L’Harmattan (coll. « Mémoires du XXe siècle »), Paris, 2003.
    Ce livre donne des détails sur le HOC et sur la presse arménienne, notamment Zangou. En partie disponible en ligne dans Google Books : [2].
  • Astrig Atamian, « Les Arméniens communistes en France, une histoire oubliée », in Amnis, Revue de civilisation contemporaine, disponible en ligne : [3].
    Comporte une petite biographie de Missak (note 21).
  • Serge Venturini, article « Missak Manouchian », in Éclats d’une poétique du devenir transhumain, 2003-2008 (livre III), Éditions L'Harmattan (coll. Poètes des cinq continents), Paris, 2009. (ISBN 9782296096035), p. 104-116.
  • Benoît Rayski, L'Affiche rouge, Éditions Denoël, Paris 2009.
  • Didier Daeninckx, Missak, Perrin, 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]