Église Saint-Louis-en-l'Île

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Église
Saint-Louis-en-l'Île
Image illustrative de l'article Église Saint-Louis-en-l'Île
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église
Rattachement Diocèse de Paris
Début de la construction 1624
Fin des travaux 1726
Protection Logo monument historique Classé MH (1915)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 51′ 05″ nord, 2° 21′ 27″ est

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
ÉgliseSaint-Louis-en-l'Île

L’église Saint-Louis-en-l’Île est une église française située dans l'actuel 4e arrondissement de Paris, sur l’île Saint-Louis. L’église se trouve à l'intersection de la rue Saint-Louis-en-l’Île et de la rue Poulletier. Cet édifice a été construit en plusieurs étapes de 1624 à 1726. Son saint patron est Saint Louis de France qui régna sous le nom de Louis IX.

La paroisse est actuellement une des plus petites du diocèse de Paris. Elle couvre la moitié de l’île de la Cité, l’île Saint-Louis en elle-même et l'ancienne île Louviers (la partie entre l’actuel boulevard Morland et la Seine).

Origine du nom[modifier | modifier le code]

L’église est dédiée à Louis IX qui régna sur la France de 1226 à 1270 et qui serait venu prier sur l’île aux Vaches, incorporée dans l’île Saint-Louis au moment du lotissement des lieux. Ce serait sur cet îlot qu'il prit la croix en 1269 avant de partir assiéger Tunis.

Il racheta à l'empereur de Constantinople, Baudouin II, une relique de la couronne d'épines du Christ. L'imagerie populaire montre souvent le saint roi en possession de ces reliques pour lesquelles il fit bâtir la Sainte Chapelle. Louis IX a été canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII sous le nom de saint Louis de France.

Première église[modifier | modifier le code]

En 1614, le roi Louis XIII autorise Christophe Marie, entrepreneur général des ponts de France, à lotir les îles. L'architecte prit le soin de viabiliser l'île en comblant les bras séparant les îlots, entourant la nouvelle île d'un quai, traçant une rue en son centre et quelques voies vers la Seine. Enfin il fait bâtir un pont de pierre reliant la rive droite et la paroisse Saint-Gervais, qui prendra son nom.
En 1623, sur demande des premiers habitants, le chapitre de la cathédrale, dont dépend le nouveau lotissement, fait construire une chapelle. En juillet de la même année, elle est érigée en paroisse indépendante. Appelée dans un premier temps Notre-Dame-en-l'Île, elle sera rebaptisée Saint-Louis en 1634. Cette première église avait son chœur orienté vers le sud, et sa façade donnait sur la rue centrale de l'île. Elle était entourée d'un cimetière et d'un marché.

Construction de l’église actuelle[modifier | modifier le code]

Gravure de l'église à la fin du XVIIIe siècle.
Intérieur de l'église.

Le , devant l'accroissement rapide de la population de l'île, il est décidé de détruire l'ancienne église devenue trop petite et de construire à la place une église paroissiale plus importante. Pour des raisons financières, les premiers travaux de fondation ne furent entrepris qu'en 1656. L'architecte François Le Vau (1613-1676), dont le frère cadet, Louis Le Vau, est plus connu pour avoir été un des architectes du château de Versailles, est chargé de dresser les plans de la nouvelle église. Cette fois-ci, la nouvelle église sera orientée normalement, en direction de l'est, donc parallèle à la rue Saint-Louis. Le cimetière et le marché doivent disparaître.

Cette prestigieuse paternité est liée à la présence sur la paroisse d'un hôte prestigieux, ou plutôt d'une famille parmi les plus proches du monarque en place. Il s'agit de la dynastie Bontemps, propriétaire de la charge de premier valet de chambre du roi, et à ce titre ayant la plus grande proximité avec le roi. Alexandre Bontemps réussit à trouver des financements difficiles en ayant l'oreille attentive du roi, et accès à ses largesses. Les Bontemps sont entre autres alliances, apparentés aux Lambert, dont l'hôtel orne la proue de l'île Saint-Louis.

La première pierre du chœur est posée le par l'archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, et l'autel est consacré le par François de Harlay. Le Vau meurt en 1676 et le chœur sera terminé par Gabriel Le Duc, un des architectes du Val-de-Grâce. Dans un premier temps, le chœur est relié par un transept inachevé à l'ancienne église afin de servir de nef provisoire.

Le , une tempête détruit la toiture de l'ancien bâtiment, tuant plusieurs fidèles.

Il devient donc impératif d'achever au plus vite la nouvelle église. Le duc meurt en 1702. Pierre Bullet puis ultérieurement Jacques Doucet sont chargés de poursuivre les travaux. Afin d'obtenir des fonds, une loterie royale est organisée (sur autorisation expresse du roi, toujours par la grâce des Bontemps), ce qui permet au cardinal de Noailles, en 1702, de poser la première pierre de la nef. Celle-ci ne sera achevée qu'en 1723, et le transept avec la coupole en 1725. Le , 70 ans après les premiers travaux de fondation, l'église est finalement consacrée par l'évêque de Grenoble, Jean de Caulet.

Initialement, un campanile s'élevait à la croisée du transept. Celui-ci est détruit par la foudre en 1740, et remplacé en 1765 par le clocher actuel, haut de trente mètres. Celui-ci est remarquable par sa forme d'obélisque et ses nombreux ajours, afin d'éviter toute prise au vent qui souffle fortement sur l'île. Une lettre conservée à Amiens[réf. nécessaire], dans laquelle l'architecte Oudot de Maclaurin indique qu'il a travaillé, vers 1765, à l'église Saint-Louis-en-l'Île, permet de lui attribuer l'obélisque de cette église, œuvre originale dont l'architecte est inconnu.

Réalisée suivant un plan gothique, mais de conception moderne avec inspiration italienne, l'église est la seule église du XVIIe siècle combinant un chevet plat avec un déambulatoire. Elle est longue de 60 m et large de 30 m. Son style initial dépouillé a été modifié et surchargé plusieurs fois au XVIIIe et surtout au XIXe siècle pour la transformer en style baroque.

Dans ses plans initiaux, Le Vau avait projeté de construire un portail principal à colonnades ouvrant dans le transept nord sur la rue et une façade principale à l'ouest. Celle-ci n'a pu être réalisée en raison des nombreuses constructions existantes qui auraient dû être détruites. Un presbytère provisoire fut élevé sur cet endroit, et l'église est restée avec un pignon sans style à l'Ouest et une entrée par la première chapelle latérale.

La décoration intérieure de l'église a été confiée à Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681), neveu du célèbre peintre Philippe de Champaigne. La décoration a été réalisée sobrement, dans un style voisin de celle de l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas, toutes les dorures actuelles ne datant que du XIXe siècle. En 1744, un orgue a été installé dans la tribune par François-Henri Lescop.

Dans l'église seront enterrés entre autres, Jean-Baptiste de Champaigne son décorateur (1681), et le poète Philippe Quinault (1688). Derrière le maître autel se trouvait le caveau de la famille Bontemps.

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Période révolutionnaire et napoléonienne[modifier | modifier le code]

Corentin Coroller, curé de la paroisse depuis 1785, prête le serment constitutionnel. L’église n'en est pas moins désaffectée en 1791.

Le mobilier est pillé, les statues brisées, les métaux récupérables envoyés à l’hôtel de la Monnaie. Seules subsistèrent la statue de sainte Geneviève et celle de la Vierge Marie, toutes deux œuvres du sculpteur François Ladatte, situées dans les transepts. Elles furent transformées en représentations de la Liberté et de l’Égalité.

L’église sert de dépôt littéraire, avant que le bâtiment ne soit vendu comme bien national le . L’acquéreur est un certain Fontaine qui dépensa la somme de 60 000 francs. Celui-ci décide de laisser l’église à la disposition du curé Coroller qui peut ainsi continuer à assurer le culte semi clandestin.

S’étant rétracté de son serment constitutionnel en 1795, il est nommé curé concordataire en 1802. Il accueille Pie VII en séjour à Paris pour le sacre de Napoléon. Le pape célèbrera une messe le dans une église dont les murs sont pour l’occasion, et afin de cacher les dégâts dus à la Révolution, recouverts de tapisseries des Gobelins[1].

Le la ville de Paris rachète l’église à Fontaine. Coroller reste curé de la paroisse jusqu'en mai 1821.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Si la ville de Paris fut donatrice des vitraux des chapelles du fond de l'église ainsi que de quelques œuvres d'art, l'aménagement tel qu'on le voit aujourd'hui est en grande partie due à la magnificence d'un prêtre. Louis-Auguste Napoléon Bossuet est le petit-neveu de Bossuet, le fameux « aigle de Meaux » et évêque de cette cité. Il est nommé curé de la paroisse en 1864. Jusqu'à sa mort qui surviendra en 1888, il dévolue une grande partie de sa fortune — en vendant notamment son immense bibliothèque d'ouvrages anciens — à la décoration de l'église et à l'achat de nombreuses œuvres d'art.

Il fait l'acquisition de la majeure partie des tableaux, ceux-ci ayant fait l'objet de commandes ou provenant d'églises disparues. C'est sous son mandat qu'apparaissent également les surcharges de dorures donnant un style néo-classique à ce bâtiment contemporain du XVIIe siècle.

Les ornements liturgiques qu'il a acquis proviennent notamment de l'ancienne abbaye royale de Longchamp, fondée par la sœur de Saint Louis, Isabelle de France. Pillée à la Révolution, il ne restait guère que des ruines avant les aménagements de l'hippodrome de Longchamp par Jean-Charles Alphand.

Le curé Bossuet avait investi dans un instrument à la mesure de l’église. Puis l’instrument resta inutilisé pendant plusieurs décennies. En 2005, la ville de Paris fait installer un nouveau grand orgue de l'organier Bernard Aubertin, conçu sur le modèle des orgues d'Allemagne du Nord de l’époque baroque. Ses titulaires sont conjointement Vincent Rigot et Benjamin Alard.

L'église donne de nombreux concerts de musique religieuse classique tout au long de l’année.

Le bâtiment a été classé monument historique le [2].

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Œuvres d’art et mobilier[modifier | modifier le code]

Deux tableaux d'Armand Félix Marie Jobbé-Duval sont conservés derrière le chœur.

Dans la chapelle des fonts baptismaux se trouvent huit petits tableaux sur bois représentant huit scènes de la vie du Christ attribués à l'école rhénane du début du XVIe siècle.

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L'icône de Notre-Dame du perpétuel Secours est une image « miraculeuse » du XVIe siècle, en provenance d'Orient, et amenée à Rome. Sa vénération à la fin du XIXe siècle a été propagée par les Rédemptoristes. L'icône montre le Christ dans les bras de la Vierge Marie et regardant les archanges Gabriel et Michel qui tiennent les instruments de la Passion. Dans chaque transept se dresse une statue, respectivement une Vierge à l'Enfant et une sainte Geneviève.

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Liste des curés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une plaque commémorative arborant les armoiries du pontife relate cet évènement derrière le maître autel.
  2. « Église Saint-Louis-en-l'Île », notice no PA00086258, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine Paris, Paris, Hachette, 1995, p. 464-465 (ISBN 978-2-010168123).
  • Aline Dumoulin, Alexandra Ardisson, Jérôme Maingard, Murielle Antonello, Paris d'église en église, Paris, Massni, 2007, p. 77-81 (ISBN 978-2-7072-0583-4).
  • Yvan Christ, Jacques Sylvestre de Sacy, Philippe Siguret, L'île Saint-Louis, l'île de la Cité, le quartier de l'ancienne université, Alfortville, L'Édition d'art H. Piazza, 1974, p. 109-113.
  • Laurent Lecomte, « L'église Saint-Louis-en-l'Île », in L'île Saint-Louis, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, 1997, p. 226-230 (ISBN 978-2-905118936).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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