Pont Marie

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Pont Marie
Le pont Marie au crépuscule
Le pont Marie au crépuscule
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées géographiques 48° 51′ 10″ N, 2° 21′ 27″ E
Fonction
Franchit la Seine
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 92 m
Largeur 22 m
Matériau(x) Pierre
Construction
Construction 1614-1635
Architecte(s) Rémy Collin, Jean Delgrange,
Christophe Marie
Historique
Protection Logo monument historique Classé MH (1887)

Géolocalisation sur la carte : France

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Pont Marie

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Pont Marie

Géolocalisation sur la carte : 4e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 4e arrondissement de Paris)
Pont Marie

Le pont Marie est un pont franchissant la Seine à Paris, en France. Il relie l'île Saint-Louis au quai de l'Hôtel-de-Ville, dans le 4e arrondissement.

Le pont Marie fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pont Marie doit son nom à l'ingénieur-entrepreneur Christophe Marie. Cet édifice date du XVIIe siècle, ce qui en fait l'un des plus anciens ponts de Paris.

L'île aux Vaches et l'Île Notre-Dame (Paris) sur le plan de Truschet et Hoyau (1550)

En 1577, le président aux Comptes et le prévôt des marchands ont une première l'idée de construire un pont pour relier les deux îles, île Notre-Dame et île aux Vaches, à l'initiative de Christophe Marie. Celui-ci propose au roi de construire un pont en bois en 1608 pour relier le quai Saint-Paul à celui de la Tournelle. Le pont a pour but d'urbaniser l'île Saint-Louis constituée en réunissant deux îles appartenant au chapitre de la cathédrale Notre-Dame. Christophe Marie propose un pont unique en bois pour piétons.

Dès 1611, le Bureau de la ville intervient et fait évoluer le projet en deux ouvrages carrossables en pierre, le pont Marie et le pont des Tournelles.

Le premier contrat est passé avec Christophe Marie le 19 avril 1614 dans lequel il s'oblige à remplir le canal séparant les deux îles, de construire des quais revêtus de pierre de taille autour des îles, d'y bâtir des maisons , d'y faire des rues larges de 4 toises et d'un pont reliant la ville à l'île, face à la rue des Nonnains-d'Hyères[2]. La première pierre est posée le 11 octobre 1614, le prévôt des marchands est alors Robert Miron. Le chapitre de la cathédrale se plaint de la faiblesse des indemnités qui lui sont payées pour le rachat des îles entraînant des arrêts du chantier. En 1623, Christophe Marie est dépossédé du chantier, au profit de Jean de la Grange, secrétaire du roi. Avec ses associés, Marie récupère le chantier en 1627. Le pont est terminé en 1635. Il est alors ouvert à la circulation[3].

En 1643, des maisons sont construites sur le pont Marie par le charpentier Claude Dublet, 25 de chaque côté du pont et 36 sur le quai en rive droite, en amont et en aval du pont, de part et d'autre de la rue des Nonnains-d'Hyères deux ailes, quai Saint-Paul, vers l'est, quai des Ormes à l'ouest. Chaque maison sur le pont a 2 toises (environ 4 mètres) de largeur et 4 toises de profondeur. Elle est composée d'une boutique, d'un entresol et de trois étages.

Le pont est réalisé pour suivre l'urbanisation de l'île Saint-Louis[4]. Le lotissement de l'île Saint-Louis est continué par le sieur Hébert à partir de 1643.

L'aspect du pont au XVIIe siècle est connu grâce aux contrats passés, le premier, le 19 avril 1614 avec Christophe Marie, le second, en 1623 avec Jean de la Grange[5]. Les piles, les têtes des arcades, la corniche au niveau du couronnement des arches sont réalisées en pierre de Cliquard, pour le reste, en quartier de Verselay.

Le 1er mars 1658, la Seine en crue faillit emporté le pont. Le commissaire Nicolas de La Mare a écrit dans son Traité de police qu'une pile, deux arches et une partie de la troisième ont été emportées ainsi que les maisons qu'elle supportaient. 55 personnes sont tuées[6]. les deux arches sud avec les vingt maisons qui les surmontent. En 1660, un pont de bois rétablit la circulation.

La construction en pierre ne commence qu'en 1667 par l'entrepreneur Pierre Thévenot, après l'intervention de Colbert. Les maisons ne sont pas reconstruites. Germain Brice écrit dans sa Nouvelle description de la Ville de Paris (1725) : « Ce funeste exemple devrait bien engager les Magistrats à faire raser toutes les maisons qui sont sur les ponts de cette Ville, laquelle d'ailleurs en recevrait de très grands avantages, et aurait infiniment plus de beauté, à cause des vues qui s'étendraient sur la rivière sans aucune interruption, depuis l'extrémité de la Ville jusqu'à l'autre ».

En 1718, on a construit des parapets. Nouvelle inondation en 1740, on craint un nouvel effondrement, les boutiques sont fermées, le Saint-Sacrement est apporté, finalement les habitants des maisons sont délogés. En 1741, par crainte d'un nouvel effondrement, la Ville de Paris a racheté les maisons le long du quai Saint-Paul. En 1742, il ne reste plus que des maisons sur un tiers du pont et le long du quai des Ormes.

À partir de 1726, l'île Notre-Dame va prendre le nom d'île Saint-Louis.

En 1769, toute construction de maison sur les ponts est interdite[7]. L'édit du 7 septembre 1786 ordonne la démolition des maisons sur les ponts de Paris. Le Bureau de la Ville doit mettre en adjudication les matériaux tirés de ces démolitions. Pour le pont Marie, une affiche du 8 mai 1789 annonce l'adjudication définitive des blocs pour le 29 mai. L'adjudication est remportée par Jean Nicolas Goujon. Jacques-Antoine Dulaure écrit qu'« à la fin de l'an 1788, et au commencement de 1789, le pont fut entièrement débarassé de maisons. On les remplaça par des trottoirs commodes ; la route fut élargie, la pente adoucie, et la vue, dans cette partie de Paris, ne fut plus arrêtée par le spectacle des vieilles maisons suspendues sur le cours de la rivière ».

Quai de Seine, Pont Marie, à Paris 1868 (Musée d'Orsay, Stanislas Lépine)

Le pont est restaurée au XIXe siècle. On fait un état du pont en 1833. Une restauration générale du pont est entreprise en 1850. On répare la dégradation des pierres et on adoucit les pentes pour la circulation. Un décompte des ouvrages exécutés est fait le 31 juillet 1852.

Le pont est classé au titre en 1887 par le ministère de l'Instruction publique. On construit un égout en 1888. Le système d'éclairage est modifié en 1928. Pour améliorer le passage des bateaux, la passe 2 est draguée. Une signalisation automatique est installée en 1936. Une restauration par remplacement des pierres est faite en 1942.

Un projet pour le remplacement du pont du XVIIe siècle par un pont moderne est présenté en 1945 en ne conservant que l'arche 5.

La création de la voie express rive droite, en 1966, entraîne la reprise intégrale des parements de l'arche n°5. En 1969 et 1973 les arches 1 à 4 sont partiellement restaurées. En 1977, des injections de ciment bentonite sont faites à l'intérieur de la maçonnerie. En 1996, restauration de l'étanchéité des trottoirs.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Les cinq arches qui le composent sont différentes.
  • Le pont Marie constitue le point kilométrique 0 pour la partie de la Seine située en aval du pont (la partie en amont ayant son point kilométrique 0 à Marcilly-sur-Seine)[8].
  • Dimensions :
    • Longueur totale : 92 m environ entre culées.
    • Largeur de la poutre du tablier 22,60 m : chaussée 14,60 m ; deux trottoirs de 4 m.
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  • Dispositif constructif : Pont en maçonnerie comportant cinq arches, d'ouverture variant entre 14 et 18 m. Piles et culées en maçonnerie, fondées sur pieux en bois avant et arrière becs en dièdre.
  • Décoration : Les avants becs sont surmontés de niches, toujours restées vides de statues.
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00086474, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Nicolas de La Mare, Traité de la police, où l'on trouvera l'histoire de son établissement, les fonctions et les prérogatives de ses magistrats ; toutes les loix et les règlemens qui la concernent, chez Jean-François hérissant, Paris, 1722, tome 1, p. 99 (lire en ligne)
  3. Jacques-Antoine Dulaure et Jules Léonard Belin, Histoire physique, civile et morale de Paris, vol. 3, Paris, Au bureau des publications illustrées, 1842, 7e éd., p. 20 [lire en ligne].
  4. http://www.lerendezvousdumathurin.com/le-pont-marie-et-le-pont-louis-philippe/
  5. Nicolas de La Mare, Traité de la police, où l'on trouvera l'histoire de son établissement, les fonctions et les prérogatives de ses magistrats ; toutes les loix et les règlemens qui la concernent, chez Jean-François hérissant, Paris, 1738, tome 4, p. 392 (lire en ligne)
  6. Nicolas de La Mare, Traité de la police, où l'on trouvera l'histoire de son établissement, les fonctions et les prérogatives de ses magistrats ; toutes les loix et les règlemens qui la concernent, chez Jean-François hérissant, Paris, 1738, tome 4, p. 297 (lire en ligne)
  7. Le pont Marie
  8. « Avis à la batellerie », Service navigation de la Seine (SNS), Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, 2007, 146 p., p. 35. Consulté le 16 octobre 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Pont Marie.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix et Louis Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris en 1855 avec les plans des 48 quartiers, Maisonneuve & Larose, 796 p. (ISBN 2-86877-184-X)
  • Henry-Louis Dubly, Ponts de Paris à travers les siècles, Henri Verdier, Paris, 1973, p. 68-71 (ISBN 2-85199-102-7)
  • Yvan Christ, Jacques Sylvestre de Sacy, Philippe Siguret, L'île Saint-Louis, l'île de la Cité, le quartier de l'ancienne université, L'édition d'art H. Piazza, Alfortville, 1974, p. 39-47
  • Jocelyne Van Deputte, Ponts de Paris, éditions Sauret, Paris-Musées, Paris, 1994, p. 44-51 (ISBN 2-85051-015-7) (ISBN 2-87900-168-4)
  • Sous la direction de Guy Lambert, Les Ponts de Paris, Action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1999, p. 49-50, 57-58, 60-61, 67, 70-71, 73, 197-198 (ISBN 978-2-91324605-8)
  • Ruth Fiori, Le pont Marie, un pont du XVIIe siècle ?, dans Paris historique, no 110, 2e trimestre 2014, p. 11-14

Articles connexes[modifier | modifier le code]