Zinzolin

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Le zinzolin, ou gingeolin, est un terme vieux ou littéraire qui désigne, la plupart du temps, une couleur violette rougeâtre et délicate[1]. Le Dictionnaire du tapissier définit le zizzolin ou zinzolin comme une garance pourpre, remontant à l'inventaire de Gabrielle d'Estrées[2]. En 1809, cependant, le dictionaire des patois de l'Isère définit le zinzolin, ou gingeolin comme une couleur tirant sur le jaune clair[3].

Le terme décrit en général des pièces de vêtement.

Le mot zinzolin viendrait de l'italien zuzzulino et de l'arabe djoudjolân : « semence de sésame », de zizolin (1559, 1617), ou bien de l'espagnol cinzolino et de l’italien giuggiolena, d’où le terme de gingeolin également utilisé par les peintres[réf. nécessaire], parce qu'on peut obtenir à partir de cette graine une teinture violette. Cette étymologie n'a pas toujours eu la faveur, puisque Chevreul, qui le situe dans sa nomenclature comme « 4 rouge-orangé 15 ton (type) » (donc, ni rouge violacé, ni jaune) indique que « Ginjolin (ou gingeolin) : couleur du fruit sec du jujubier (Zizyphus officinalis), appelé autrefois gingeole » est une des nuances du rouge de garance[4].

Le mot, provenant du langage de la mode, a connu un usage littéraire burlesque au XVIIe siècle[5] et au XVIIIe siècle, avec une brochure de 1769, Le zinzolin, jeu frivole et moral, qui reste connu par la critique qu'en a faite Diderot[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trésor de la langue française. Attesté dans Marin Mersenne, Harmonie universelle, contenant la théorie et la pratique de la musique,‎ 1636 (lire en ligne)
  2. Jules Deville, Dictionnaire du tapissier : critique et historique de l'ameublement français, depuis les temps anciens jusqu'à nos jours, Paris, C. Claesen,‎ 1880 (lire en ligne) ; voir aussi Jacques Savary des Bruslons, Dictionnaire universel de commerce, t. 2, Amsterdam, Jansons,‎ 1732 (lire en ligne)
  3. J.-J. Champollion-Figeac, Nouvelles Recherches sur les patois ou idiomes vulgaires de la France, et en particulier sur ceux du département de l'Isère, suivies d'un Essai sur la littérature dauphinoise, Paris, Goujon,‎ 1809 (lire en ligne)
  4. Michel-Eugène Chevreul, « Moyen de nommer et de définir les couleurs », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 33,‎ 1861, p. 118 (lire en ligne).
  5. « Les néologismes chez les Burlesques du XVIIe siècle », Cahiers de l'Association internationale des études francaises, no 25,‎ 1973, p. 56 (lire en ligne).
  6. « Œuvres de Diderot ».