Jaune indien

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acide euxanthique
Jaune indien
Identification
Nom IUPAC acide (2S,3S,4S,5R,6S)-3,4,5-trihydroxy-6-(8-hydroxy-9-oxo-9H-xanthen-2-yloxy)-tétrahydropyrane-2-carboxylique
No CAS 525-14-4
Propriétés chimiques
Formule brute C19H16O10
Masse molaire[1] 404,3243 ± 0,0193 g/mol
C 56,44 %, H 3,99 %, O 39,57 %,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
Jaune indien, Collection historique de colorant de l'université technique de Dresde (Allemagne)

Le jaune indien est un colorant naturel jaune orangé.

Il fut particulièrement utilisé en Inde à partir du XVe siècle comme couleur pour les miniatures.

Composition[modifier | modifier le code]

Le jaune indien était extrait d'une pâte appelée Purrey ou Pioury, dont l'origine est restée mystérieuse jusqu'en 1880[2]. La plupart des sources postérieures indique que cette pâte était tirée de l'évaporation de l'urine de vaches nourries avec des feuilles de manguiers et de l'eau. Le colorant jaune indien était un colorant très coûteux, les vaches n'en produisant que cinquante grammes par jour et mourant en deux ans de leur régime spécial (PRV2). Cette production au Bengale fut interdite en 1908[3].

Un substitut industriel avait déjà été produit, par un « mélange de dérivés nitrés, ou par une solution d'acide euxanthique, sulfate de magnésie, alun et sel ammoniac[4] ».

Cette histoire, citée par la plupart des sources depuis qu'elle a été divulguée en 1881, a été remise en cause en 2004. D'après Victoria Finlay, elle ne reposerait que sur un seul témoignage, contredisant les recherches qui avaient établi une origine végétale et celles, ultérieures, qui ont établi une possibilité bien plus réaliste d'extraire le pigment des pousses de manguier, qui est de préparer des décoctions de feuilles en milieu acide ; elle n'a trouvé dans les archives aucune trace de la supposée interdiction ; et la fin de l'importation s'explique par les alternatives industrielles survenues à partir de l'essor de l'industrie chimique à la fin du XIXe siècle. L'origine de l'histoire, et aussi bien son succès, serait à rechercher dans les relations coloniales[5].

Les marchands de couleurs proposent sous le nom de Jaune indien divers pigments jaunes, principalement organiques[6] .

Nuanciers[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Chevreul entreprit de repérer les couleurs entre elles et par rapport aux raies de Fraunhofer. Il cote le jaune indien du marchand Gautier-Bouchard 4 orangé-jaune 10 ton[7].

Le Répertoire des couleurs de 1905 en donne quatre tons, placés entre le Jaune de chrome moyen et le Jaune Succin. Il enregistre comme synonymes Purrey, Pioury, et pour les substituts industriels, Jaune azo, Azoflavine, Jaune nouveau, Curcumine (RC1).

Dans les nuanciers modernes de couleurs pour artistes, on note Jaune Indien (imit.)[8], 590 Jaune indien orangé[9] ; 319 jaune indien et 320 jaune indien foncé[10] ; jaune indien[11].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 1, Paris, Librairie horticole,‎ 1905 (lire en ligne), p. 27 « Jaune Indien »
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 2, Puteaux, EREC,‎ 2001, p. 123

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Lire cependant Jean-François-Léono Mérimée, De la peinture à l'huile, ou Des procédés matériels employés dans ce genre de peinture, depuis Hubert et Jean Van-Eyck jusqu'à nos jours, Paris, Mme Huzard,‎ 1830 (lire en ligne), p. 120 « Jaune indien ».
  3. Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ 2010 ; (en) N. S. Baer et al., « Indian Yellow », dans Robert L. Feller, Artists' Pigments, Cambridge, Cambridge Univ. Press,‎ 1986, 300 p. (ISBN 0-89468-086-2 et 978-0-89468-086-1).
  4. RC1, PRV2.
  5. « Jaune indien, un mystère jamais éclairci », sur rembrandt.royaltalens.com (consulté le 8 novembre 2014) ; (en) Victoria Finlay, Color: A Natural History of the Palette, Random House,‎ 2004 ; (en) « Indian Yellow Busted », sur www.casabellini.org (consulté le 8 novembre 2014). Ces auteurs se réfèrent entre autres à la traduction anglaise de Mérimée 1830.
  6. Voir les pigments indiqués dans les exemples dans Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 3, Puteaux, EREC,‎ 2005, p. 28-49 « Pigments jaunes ».
  7. Michel-Eugène Chevreul, « Moyen de nommer et de définir les couleurs », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 33,‎ 1861, p. 190 (lire en ligne). Couleur calculée par rapport à la raie D (p. 39), longueur d'onde dominante 585 nm, pureté colorimétrique 75 %, luminosité 40 %, conversion valable pour un écran sRGB.
  8. Colour Index PY139 (Isoindolinone), PY129 (Azomethine cuivré), « Guide de la peinture à l'huile », sur lefranc-bourgeois.com
  9. PY83 (diarylide) « huiles extra-fine Sennelier », sur magasinsennelier.com.
  10. Respectivement PR101 avec PY139 (Oxyde de fer synthétique avec Isoindolinone) et PY150 (Nickel azo) « Couleurs à l'huile extra-fines Winsor & Newton », sur winsornewton.com (consulté le 8 novembre 2014).
  11. PY15 (dizazoïque), PO48 (orange de quinacridone), « Aquarelle Rembrandt - Nuancier », sur rembrandt.royaltalens.com (consulté le 8 novembre 2014).