Mauve (couleur)

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Fleur Malva alcea.

Le mauve est un groupe de nuances du champ chromatique violet, rappelant la couleur pâle de certaines variétés d'une fleur, la mauve[1].

Le terme mauve s'emploie principalement en habillement.

Grammaire et étymologie[modifier | modifier le code]

En français, les adjectifs de couleur qui proviennent de noms d'objets sont invariables (des robes marron, et non pas marronnes). Ce n'est pas le cas de « mauve », qui s'accorde : « des robes pervenche avec des rubans mauves ».

Il se peut qu'il ne s'agisse pas d'une exception « car bien des espèces végétales avaient été elles même désignées par la couleur très significative de leur floraison : rose, lilas, mauve, violette[2] »… Et en effet, c'est « par sa couleur que la mauve en est venue à s'appeler μαλἀχη en grec, malva en latin, et non par emprunt à l'hébreu malluah. L'indo-européen mel désigne précisément la couleur violâtre, noirâtre (lat. mulleus « pourpre », a. prus. : melne « tache bleuâtre », ligh. mêlas « bleu », etc.)[3] ».

Perception et colorimétrie[modifier | modifier le code]

Les limites en teinte, en luminosité et en vigueur de ton de ce qu'on peut appeler mauve sont mal déterminées.

Chevreul définit le mauve comme « 3 violet 8 ton », c'est-à-dire au troisième degré sur cinq entre le violet et le violet-rouge, dégradé de blanc 12 tons sur une échelle de 20[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Elle faisait partie autrefois des couleurs autorisées pendant la période de « demi deuil ».

Au début du XIXe siècle, les couleurs pourpres, mauve, violette, étaient à la mode et les teinturiers et chimistes ont fabriqué un grand nombre de colorants de cette gamme de couleurs.

C'est par hasard, en travaillant sur la quinine, que le chimiste William Henry Perkin (1838-1907), découvrit en 1856 un dérivé oxydé de l'aniline, allyltoluidine, un précipité rouge-brun qui se révéla un très bon colorant textile. Il l'appela pourpre aniline ou mauvéine, Il venait d'inventer le premier colorant synthétique utilisable par l'industrie.

En 1862, la reine Victoria porta une robe de soie mauve et un timbre dans la même nuance, le Lilac penny, fut émis par la poste britannique, cela lança la mode de cette couleur qui devint très populaire aussi en France sous le second Empire et consacra la fortune de Perkin[5]. Au cours des années 1990, le mauve saturé et le grenat violacé ont été très utilisés sur les tissus[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philip Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs : 5000 ans de peinture racontée par les pigments [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ 2010, p. 287-334 Ch.9 « Une passion pour le pourpre »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trésor de la langue française.
  2. Maurice Déribéré, La couleur, Paris, PUF, coll. « Que Sais-Je » (no 220),‎ 2014, 12e éd. (1re éd. 1964), p. 7.
  3. Albert Carnoy, « Notes d'étymologie grecque », Revue des Études Grecques, vol. 69, no 69-326-328,‎ 1956, p. 279-289.
  4. Michel-Eugène Chevreul, « Moyen de nommer et de définir les couleurs », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 33,‎ 1861, p. 134 (lire en ligne).
  5. Recueilli sur le site Snof.org
  6. Michel Pastoureau, « Les demi-couleurs : gris pluie, rose bonbon », sur L'Express,‎ 16 août 2004