Zealandia

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40° S 170° E / -40, 170 ()

Topographie de Zealandia. À l'instar de l'Australie (à gauche), les Fidji ou Vanuatu (en haut), les dorsales océaniques s'étendant nord-nord-est et sud-ouest au large de la Nouvelle-Zélande ne sont pas considérées comme faisant partie du continent[1].

Zealandia, aussi appelé le continent Nouvelle-Zélande, est un continent quasi-submergé qui s'est affaissé après le détachement de l'Australie il y a 60 à 85 Ma[2] et de l'Antarctique il y a 130 à 85 Ma. La majeure partie de ce continent est aujourd'hui immergée sous l'océan Pacifique.

Zealandia a une superficie de 3 500 000 km², supérieure à celles du Groenland ou de l'Inde ou encore presque la moitié de l'Australie. Il est anormalement long et étroit, s'étendant de la Nouvelle-Calédonie au nord jusqu'au-delà des îles sub-antarctiques au sud (entre 19° et 56° de latitude Sud). La Nouvelle-Zélande est la plus importante partie de Zealandia qui se trouve au-dessus du niveau de la mer, suivie par la Nouvelle-Calédonie.

Les majeures parties immergées de Zealandia sont le plateau Lord Howe, le plateau Challenger, le plateau de Campbell, la ride de Norfolk, le plateau de Hikurangi et le plateau de Chatham. Mais aussi des régions plus petites comme le plateau de Louisiade, la ride de Mellish, le plateau de Kenn, le plateau de Chesterfield, la ride de Dampier[3]. Le mont sous-marin Gilbert (au nord-ouest de Fiordland), bien qu'isolé, fait aussi partie de Zealandia[4], par contre la façon dont le mont sous-marin Bollons (sud des îles Chatham) est connecté à Zealandia reste inconnue.

Zealandia est un lieu important pour la pêche côtière et contient le plus grand champ gazier de Nouvelle-Zélande, près de Taranaki. Des permis d'exploration pétrolière pour le Great South Basin ont été délivrés en 2007[5]. Les ressources minérales du plateau comprennent du sable ferreux, des sulfures volcaniques et des gisements de nodules de ferromanganèse[6].

Géologie[modifier | modifier le code]

Carte de la partie sud de Zealandia.

Zealandia est composée de deux crêtes presque parallèles, séparées par un rift. Les crêtes s'élèvent au-dessus du plancher océanique jusqu'à des profondeurs de 1000 à 1500 mètres, avec de rares îles rocheuses s'élevant au-dessus du niveau de la mer. Les crêtes sont constitués de roches continentales, mais sont plus faibles en altitude que les continents car la croûte est plus mince que d'habitude (seulement environ 20 kilomètres d'épaisseur), et par conséquent ne flottent pas aussi haut sur le manteau.

Il y a environ 25 millions d'années, la partie sud de Zealandia (sur la plaque pacifique) a commencé à bouger par rapport à la partie nord (sur la plaque australienne). Le déplacement d'environ 500 km (300 mi) le long de la faille alpine est visible sur les cartes géologiques[7]. Le mouvement le long de cette limite de plaque a également empêché le prolongement du bassin de Nouvelle-Calédonie vers la fosse de Bounty.

La compression le long de la limite de plaque a élevé les Alpes du Sud, bien qu'en raison de l'érosion rapide leur hauteur actuelle ne reflète qu'une petite fraction du soulèvement. Plus au nord, la subduction de la plaque Pacifique a conduit à un volcanisme actif, au Coromandel et dans la zone volcanique de Taupo.

L'activité volcanique sur Zealandia a également eu lieu à plusieurs reprises dans différentes parties du fragment du continent, avant, pendant et après son détachement du supercontinent Gondwana. Bien que Zealandia se soit déplacée de 6000 km vers le nord-ouest, la composition du magma volcanique est similaire à celle des volcans de l'Antarctique et de l'Australie car le manteau sous-jacent est le même.

Ce volcanisme est très répandue sur Zealandia, mais généralement de faible volume en dehors du volcan bouclier de la la fin du Miocène qui s'est développé sur la péninsule de Banks et d'Otago. En outre, il a eu lieu en permanence dans de nombreuses régions limitées tout au long du Crétacé et du Cénozoïque. Toutefois, ses causes sont encore débattue. Pendant le Miocène, la section nord de Zealandia (plateau de Lord Howe) pourrait avoir glissé sur un point chaud fixe, formant la chaîne de montagnes sous-marines de Lord Howe.

Les divisions politiques[modifier | modifier le code]

Superficie totale : 286 630 km²

Biogéographie[modifier | modifier le code]

Bois pétrifié à Curio Bay .

La Nouvelle-Calédonie se situe à l'extrémité nord de l'ancien continent, tandis que la Nouvelle-Zélande s'élève à la limite des plaques qui la coupe en deux. Ces masses de terre sont deux avant-postes de la flore antarctique, comme des Araucaria et des Podocarpaceae. À Curio Bay, on peut voir une forêt pétrifiée d'arbres de la famille des Kauri et des pins de Norfolk, qui poussaient sur Zealandia il y a environ 180 millions d'années lors de la période Jurassique, avant que la Zealandia se sépare du Gondwana[8]. Ils ont été enterrés par les coulées de boue volcanique et peu à peu remplacé par du silice pour produire les fossiles aujourd'hui exposés sur la mer.

Pendant les périodes glaciaires l'environnement terrestre prend le pas sur l'environnement marin. Zealandia ne semblait pas posséder de mammifères endémiques, mais une découverte récente en 2006 d'une mâchoire fossile de mammifère du Miocène dans la région d'Otago démontre le contraire[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Figure 8.1: New Zealand in relation to the Indo-Australian and Pacific Plates », The State of New Zealand’s Environment 1997,‎ 1997 (consulté le 2007-04-20)
  2. Keith Lewis, Scott D. Nodder et Lionel Carter, « Zealandia: the New Zealand continent », Te Ara - the Encyclopedia of New Zealand, 11 janvier 2007 ; page consultée le 22 février 2007.
  3. Nick Mortimer, « Zealandia », Australian Earth Sciences Convention, Melbourne (Australie), 2006, page 4, page consultée le 28 mars 2007
  4. Ray Wood et Vaughan Stagpoole, Ian Wright, Bryan Davy and Phil Barnes, New Zealand's Continental Shelf and UNCLOS Article 76, Wellington, New Zealand, Institute of Geological and Nuclear Sciences Limited; National Institute of Water and Atmospheric Research,‎ 2003, PDF, 16 p. (lire en ligne) :

    « The continuous rifted basement structure, thickness of the crust, and lack of seafloor spreading anomalies are evidence of prolongation of the New Zealand land mass to Gilbert Seamount. »

  5. Great South Basin - Questions and Answers
  6. New survey published on NZ mineral deposits
  7. « Figure 4. Basement rocks of New Zealand », UNCLOS Article 76: The Land mass, continental shelf, and deep ocean floor: Accretion and suturing (consulté le 21 avril 2007)
  8. Fossil forest: Features of Curio Bay/Porpoise Bay
  9. Hamish Campbell et Gérard Hutching, In Search of Ancient New Zealand, North Shore, en Nouvelle-Zélande, Penguin Books,‎ 2007, 183-184 p. (ISBN 978-0-14-302088-2)