Toni Wolff

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Toni (Antonia Anna) Wolff, née le 18 septembre 1888 et morte le 21 mars 1953, est une psychothérapeute suisse, qui fut d'abord la patiente, puis l'étudiante et plus tard la maîtresse de C.G. Jung. Sa relation adultérine avec Jung fut officialisée ouvertement sur une période de dix ans. Jung était en quête de la « femme anima », et en vint finalement à appeler Toni sa « seconde femme », son épouse légitime étant Emma Jung.

Durant sa carrière, Toni Wolff se concentra sur la psychologie analytique et fit peu de publications. Son travail le plus connu fut un essai sur les quatre types féminins de la psyché.

Wolff et l'anima[modifier | modifier le code]

Toni Wolff travailla à la mise à jour de figures archétypales particulières dont l'amazone, la mère, l'hétaïre (ou courtisane) et la médium. Ses théories dépassaient le cloisonnement habituel (animus pour le masculin chez les femmes et anima pour le féminin chez les hommes); les descriptions et analyses contenues dans son essai[1] sont faites avec finesse[réf. souhaitée].

Selon l'approche classique, les figures féminines anima se révèlent en général aux hommes et les figures masculines animus aux femmes, notamment à travers les rêves. Dans les faits, des exceptions sont constatées (c'est-à-dire que des animus peuvent se révéler aux hommes et des anima aux femmes).

Au cours de l’individuation, le sujet prend progressivement conscience de sa part masculine ou féminine. Chez l'homme l'aboutissement de ce processus se fait en général par la rencontre de la figure de la femme sage.

Selon Toni Wolff, les quatre constituants de l'anima, la part féminine de l'homme sont :

Chaque niveau correspond a un stade de maturité psycho-affective : « L'anima du quatrième niveau, stade le plus élevé correspond à une sagesse transcendante, sous l'image d'Athena, la Sophia des gnostiques, les initiatrices et les muses. La dimension féminine entre en étroite relation avec la dimension masculine. » [2]. En réalité, l'anima a une fonction régulatrice : « La présence d'une figure de l'anima dans le rêve fait en effet toujours supposer l'existence d'une fonction de relation. L'anima représente toujours chez l'homme la fonction de relation » [3].

Biographie résumée[modifier | modifier le code]

La liaison entre Toni Wolff et Jung débuta en 1914. Selon le film documentaire Matter of Heart de M. Whitney (1986), c'est après avoir subi son analyse par Jung qu'elle lui demanda et obtint que leur relation thérapeutique évolue vers une relation intime. Toni Wolff devint alors une visiteuse régulière chez les Jung, venant travailler le matin jusqu'à l'heure du déjeuner (auquel elle ne participait pas) puis revenant l'après-midi.

Au début des années 1930 Jung commence à s'intéresser à l'alchimie. Pour lui les processus mentaux secrets des alchimistes ont lieu en parallèle au processus d'individuation. Toni Wolff craint de voir Jung se marginaliser s'il continue à se focaliser sur la parapsychologie. Elle invite à lui rendre visite un groupe d'étudiants de l'université, parmi lesquels la brillante mais socialement atypique Marie-Louise von Franz, alors âgée de 18 ans.

Dans sa biographie de Jung datée de 2003, Deirdre Bair[4] cite Marie-Louise von Franz qui déclarait qu'elle avait pris sur le plan intellectuel la place de Toni Wolff dans la vie de Jung, ce que Marie-Louise confirma ensuite dans Matter of Heart:

« Sa grande erreur (de Toni Wolff) fut de ne pas se montrer enthousiaste sur l'alchimie. Il fut malheureux pour elle qu'elle ait refusé de suivre Jung sur ce terrain, car il ne l'aurait alors pas délaissée pour travailler avec moi. Il n'aurait utilisé mes services que pour traduire mais aurait placé sa confiance en elle. Mais elle ne s'y intéressait pas. Elle avait trop ce côté légèrement conventionnel chrétien et elle refusa de le suivre. »

La longue liaison de Jung avec Toni Wolff faillit briser son mariage. Emma finit par accepter cette situation, mais ne put jamais admettre que Toni Wolff fut l'invitée régulière des dîners du dimanche. Vers la soixantaine, Toni Wolff souffrit d'arthrite. Elle mourut d'une crise cardiaque au bout de trois ans et Jung n'assista pas à ses funérailles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Wolff, Toni (1956). Structural forms of the feminine psyche. (Trans. P. Watzlawik). Zurich: C.G. Jung Institute
  • Jensen, Ferne (1983). C.G. Jung, Emma Jung and Toni Wolff: A Collection of Remembrances. Analytical Psychology Club.
  • Kirsch, Thomas B. (2003). Toni Wolff-James Kirsch correspondence. Journal of Analytical Psychology 48 (4), 499–506.
  • Champernowne, Irene (1972). A Memoir of Toni Wolff. C. G. Jung Institute of San Francisco.
  • Davis, D.A. (1997). Jung in the Psychoanalytic movement. In P. Young-Eisendrath & T. Dawson (Eds.). Cambridge *Companion to Jung. Cambridge University Press.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Wolff, Toni (1956). Structural Forms of the Feminine Psyche. ASIN: B0007KA7RO
  2. Elizabeth Blanche, La psychanalyse jungienne, Collection Essentialis, éd. Bernet-Danilot, Avril 2002.
  3. C.G. Jung, Sur l’interprétation des rêves, Albin Michel, 1998, p. 224.
  4. Bair, Deirdre. (2003). Jung: A Biography. Little, Brown & Company.