Emma Jung

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Emma Jung, née Emma Rauschenbach le 30 mars 1882 à Schaffhouse et morte le 27 novembre 1955 à Zurich, est une psychologue analytique suisse. Elle fut l'épouse de Carl G. Jung, le fondateur de la psychologie analytique. On lui doit, entre autres le livre Animus et Anima et une analyse de la signification symbolique des motifs de la légende du Graal en tant qu'archétypes.

Résumé biographique[modifier | modifier le code]

Emma Rauschenbach appartenait à une famille d'ancienne souche suisse alémanique de riches industriels, propriétaires de la marque horlogère IWC Schaffhausen. Sa fortune allait procurer à Carl Jung la liberté financière nécessaire à la poursuite de ses travaux dans ses domaines d'intérêts. Ils se connurent alors qu'elle était âgée de seize ans (ou quinze selon les sources) et lui de vingt et un, se marièrent le jour de la Saint-Valentin, le 14 février 1903[B 1], sept ans après leur rencontre et eurent ensemble cinq enfants : Agathe, Gret, Franz, Marianne et Helene.

Plusieurs rêves inhabituels faits par Carl Jung à cette époque furent interprétés en 1906 par Freud comme emblématiques de l'échec du mariage d'intérêt financier (das Scheitern einer Geldheirat).

Emma Jung manifesta un vif intérêt pour les travaux de son mari mais fut elle-même une thérapeute ayant sa sensibilité propre, influencée par la légende du Graal. Bien qu'étant déjà psychothérapeute [réf. nécessaire] avant leur union et entretenant une correspondance séparée avec Sigmund Freud, son indépendance vis-à-vis de son mari dans ce domaine est fortement contestée.

Vers l'époque de la naissance de leur cinquième et dernier enfant, en 1914, Carl Jung entame une liaison avec une de ses jeunes patientes, Toni Wolff, qui se prolongera durant plusieurs décennies. Dans sa biographie de Carl Jung, Deirdre Bair dépeint Emma endurant noblement la présence dans la maisonnée de Toni Wolf, considérée par Jung comme « sa seconde femme ». Toni tenta vainement de persuader Jung de divorcer. Une autre de ses collègues, Sabina Spielrein, prétendit avoir été elle aussi l'amante de Carl Jung, et avoir raconté leur relation dans son journal. La réalité de la liaison entre Jung et Sabina Spielrein fut contestée par certains, bien que Jung lui même en eût fait part à Freud[1]. Deirdre Bair, sur la base des journaux intimes tenus par d'autres admiratrices de Jung (celles que l'on appelait les « Zürichberg Pelzmäntel » c'est-à-dire « les dames aux manteaux de fourrure »), juge probable qu'il y eut bel et bien des liaisons non seulement entre Jung et Sabina Spielrein mais aussi avec d'autres femmes[2].

À la mort d'Emma, Carl Jung grava sur une pierre : « Elle était la fondation de ma maison. » On dit aussi qu'il s'écria en la pleurant : « C'était une reine! C'était une reine! » (Sie war eine Königin! Sie war eine Königin!). L'épitaphe laissée par Jung sur la tombe d'Emma est la suivante : "Ô vase, signe de dévotion et d'obéissance." [3]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Spielrein racontait sa fable indécente à quiconque se trouvait à portée de voix de [Jung ], » et elle devint « un sujet courant de commérage parmi les étudiants en médecine qui étaient ravis de l'interpréter comme signe d'une liaison même s'il n'y en avait pas de preuve. »
  2. (en) Deirdre Bair, Jung : A Biography, Boston, Little, Brown,‎ novembre 2003, 860 p. (ISBN 0316076651 et 9780316076654, présentation en ligne), p. 98, 108, 109, 181
  3. (en) Ronald Hayman, A Life of Jung, New York, W.W. Norton,‎ 2001, 1e éd. (ISBN 978-0-393-01967-4, LCCN 00054802), p. 431
  • Imelda Gaudissart, Emma Jung, analyste et écrivain, Lausanne, L'Âge d'homme,‎ 2010 (ISBN 978-2-8251-4077-2)
  1. p. 686.

Lien externe[modifier | modifier le code]