James Hillman

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James Hillman, né le 12 avril 1926 et mort le 27 octobre 2011, est un psychologue analyste américain. Il se désignait lui-même comme analyste Jungien, et va radicaliser la psychologie Jungienne ou Psychologie analytique. Pour cette raison sa psychologie est qualifiée d'archétypique.

Directeur pendant plusieurs années de l'Institut Carl Gustav Jung à Zurich, professeur invité aux universités de Yale, Harvard, Princeton, Syracuse et Dallas. Il était également éditeur (Éditions Spring).

Le rêve et la psychologie archétypique[modifier | modifier le code]

Selon l'analyste américain James Hillman, le Moi qui rêve n'est pas le même que le moi éveillé. Les deux Moi entretiennent en effet une relation de gémellité et sont, employant un vocabulaire jungien, « les ombres l'un de l'autre » explique-t-il dans La Beauté de Psyché, L'âme et ses symboles[1]. Dans The Dream and the Underworld (Le Rêve et les Enfers) Hillman explique que le Moi est une image, « une figure complètement subjective, un fantôme, une ombre vidée du « Je » qui s'abandonne au sommeil ». Le rêve n'appartient pas au rêveur, celui-ci n'y joue qu'un rôle, au sein d'une dramaturgie onirique. Le Moi doit donc réapprendre à se familiariser avec le rêve et son univers, à créer une intimité avec lui, à parler son langage, sans chercher à le dénaturer par des interprétations abusives. James Hillman emploie l'expression d'« underworld », en référence au monde d'Hadès dans la mythologie grecque pour désigner cet univers onirique car il est le lieu de la mort symbolique du moi. Les animaux y sont ainsi des porteurs d'âmes, c’est-à-dire qu'ils permettent une entrée dans le monde inconscient.

Article détaillé : Rêve (psychologie analytique).

Bien que James Hillman se situe dans la perspective de la psychologie analytique, il a su développer une pensée personnelle importante dans le domaine.

Le Moi qui rêve, c’est-à-dire le Moi imaginal, se mêle aux images du rêve et sait qu'elles ne lui appartiennent pas. Le Moi est lui aussi une image, « une figure complètement subjective, un fantôme, une ombre vidée du "Je" qui s'abandonne au sommeil »[2].

Le rêve n'appartient pas au rêveur, celui-ci n'a qu'un rôle dans celui-là. Le Moi, le "Je", doit réapprendre à se familiariser avec le rêve, à créer une intimité avec lui, parler son langage, l'apprivoiser, sans chercher à le "violer" par des interprétations abusives.

Le Moi de veille est naturellement résistant à sa dissolution dans les images du rêves. James Hillman emploie souvent le terme underworld pour désigner le royaume souterrain, celui où notre âme survit, mais pas notre corps. L'underworld c'est le royaume de la mort du Moi, comparable au royaume d'Hadès. La terminologie d'Hillman est toute emprunte de la mythologie grecque, mieux à même de décrire les archétypes qui structurent le psychisme humain.

Les animaux vus en rêve sont pour lui des porteurs d'âmes, c’est-à-dire qu'ils permettent une entrée dans l'underworld. Pour savoir ce qu'ils sont, il faut revenir à l'image plutôt qu'à nos réactions vis-à-vis d'elles. Pour Hillman, mieux vaut aller au zoo pour découvrir ce qu'est un ours polaire vu en rêve, plutôt que d'ouvrir un dictionnaire des symboles.

Son approche est plus phénoménologique qu'analytique (qui casse le rêve en plusieurs parties différentes) et interprétative/herméneutique (qui fait de l'image du rêve "autre chose" que ce qui apparaît dans le rêve). Sa citation, bien connue, est de regarder le rêve avec l'intention et dans un processus de rester « collé à l'image ».

« Par exemple, Hillman discute d'un rêve avec un patient. Il voit un énorme serpent noir. Sa proposition est "garder le serpent" et de le décrire plutôt que d'en faire autre chose qu'un serpent comme par exemple le symbole d'un pénis. Hillman fait remarquer "À partir du moment où vous avez défini le serpent, vous l'avez interprété, vous avez perdu le serpent, vous l'avez arrêté et le client a perdu une heure et s'en va avec un concept sur sa sexualité réprimée ou ses froides passions noires.
Il s'agit de se renseigner sur le serpent comme il est présenté dans le rêve et par la psyché. Le serpent est énorme et noir, mais quoi d'autre ? Mue-t-il et perd-il sa peau ? Est-il au soleil ou sur une roche ? Digère-t-il sa proie ? Cette stratégie descriptive maintient l'image en vie, à l'opinion d'Hillman et offre la possibilité de comprendre la psyché »
[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

En Anglais[modifier | modifier le code]

  • Suicide and the Soul (1964)
  • Pan and the Nightmare (1972)
  • Re-Visioning Psychology (1975)
  • Loose Ends: Primary Papers in Archetypal Psychology (1975a)
  • The Dream and the Underworld (1979)
  • Inter Views (with Laura Pozzo) (1983)
  • The Myth of Analysis: Three Essays in Archetypal Psychology (1983a)
  • Anima: An Anatomy of a Personified Notion (1985)
  • A Blue Fire (1989)
  • The Thought of the Heart and the Soul of the World (1992)
  • We've Had a Hundred Years of Psychotherapy (and the World's Getting Worse) (with Michael Ventura (en)) (1993)
  • Healing Fiction (1994)
  • Kinds of Power: A Guide to its Intelligent Uses (1995)
  • The Soul's Code: On Character and Calling (1997)
  • The Force of Character (2000)
  • A Terrible Love of War (2004)

Traduits en français[modifier | modifier le code]

  • Le mythe de la psychanalyse, 1977
  • Pan et le cauchemar, 1979
  • Anima, 1981
  • Le polythéisme de l'âme, 1982
  • La cuisine de Freud, 1985
  • La beauté de Psyché, l'âme et ses symboles, 1993, (ISBN 2890444899), Titre original : A Blue Fire (1989)
  • Le Code caché de votre destin Prendre en main son existence en élevant sa conscience de soi, Ed Robert Lafon, Paris, 1999, (ISBN 222108893X), Titre original : The soul's code

Citations[modifier | modifier le code]

Citation polémiste[modifier | modifier le code]

« … Nous travaillons constamment sur nos relations, nos sentiments et nos pensées, mais observez le résultat. Il n’en résulte qu’un monde en dégénérescence. Je crois que nous connaissons une période de déclin incroyable. Pourquoi les gens intelligents, sensibles – à tout le moins ceux de la classe moyenne – sont-ils si passifs ? Parce qu’ils sont tous en thérapie[4]! »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. James Hillman, La Beauté de Psyché. L'âme et ses symboles, Le Jour éditeur, 1993 (ISBN 2-8904-4489-9).
  2. Le vieux moi héroïque se dégonfle et redevient une ombre à deux dimensions
  3. Sources : wiki anglais/américain
  4. James Hillman & michael Ventura (en), Malgré un siècle de psychothérapie le monde va de plus en plus mal, Ulmus Company Ltd, 1992. 1998