Stanisław Przybyszewski

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Stanisław Przybyszewski

Stanisław Feliks Przybyszewski, né le 7 mai 1868 à Łojewo et mort le 23 novembre 1927 à Jaronty, est un écrivain, dramaturge et poète polonais souvent associé avec le mouvement symboliste. Il a écrit en allemand et en polonais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie intellectuelle, sociale et artistique[modifier | modifier le code]

Fils d’un instituteur, Józef Przybyszewski, Stanislaw était un élève dissipé qui avait tendance à se disputer avec ses camarades[réf. nécessaire]. Il dut changer d’école et il termina ses études secondaires au du gymnasium de Toruń en 1889[1]. Il résida alors à Berlin où il fut successivement étudiant en architecture, puis en médecine. Fasciné par Nietzsche et par le satanisme, il se plongea dans la vie de bohème de la ville. En 1892 il devint rédacteur de l’hebdomadaire socialiste polonais de Berlin, Gazeta Robotnicza[1].

Stanisław Przybyszewski est le célèbre chef de file de l'école moderniste de la Belle époque, directeur de la revue littéraire Zycie. Spécialiste de Chopin, thème sur lequel il a prononcé de nombreuses conférences, Stanisław Przybyszewski est également pianiste (il y jouera souvent au Petit Cochon Noir, à Berlin). Strindberg dira de lui dans son récit autobiograhique "L'abbaye" (1898) : Il improvisait sur des thèmes connus, mais seulement dans le grand style et il dominait à tel point ses auditeurs que toute résistance était vaine. Ce n'était plus de la musique et on oubliait le piano ; mais la tempête, une chute d'eau, un orage qui retournait les âmes comme des gants et qui relevait ce qui était encore positif, fertilisable. Et grâce à sa façon de mêler les motifs, le tout devint comme un grand concert, où les différentes voix étaient tenues par Beethoven, Mozart, Wagner, Chopin (A. Strindberg, L'abbaye, éd. mercure de France, 1965, p. 25).

De 1893 à 1898, il vécut alternativement à Berlin et à Kongsvinger, ville natale de Dagny, en Norvège. À Berlin, Stanislaw était un habitué de la taverne du « petit cochon noir » (Zum schwarzen Ferkel), qui était alors un lieu de rencontre d’écrivains et d’artistes allemands, mais aussi des pays nordiques comme August Strindberg, Edvard Munch ou Richard Dehmel[réf. nécessaire].

Homme à l'esprit torturé, et également morphinomane, il écrit dans ses mémoires : J'ai toujours aimé les aliénés, les psychopathes, les dégénérés, les râtés, les anormaux, les infirmes, ceux qui cherchent la mort et que celle-ci évite, en un mot, les fils pauvres et déshérités de Satan, et ceux-ci, à leur tour, m'ont aimé (1).

Vie personnelle et amoureuse[modifier | modifier le code]

Libertin, ses amours sont tumultueuses.

Il cohabitait, sans être marié, avec Martha Foerder dont il eut deux enfants avant son mariage avec une femme de lettres norvégienne, Dagny Juel, le 18 août 1893. Il eut cependant un troisième enfant avec Martha Foerder après son mariage. Quand celle-ci décéda à la suite d'une intoxication au monoxyde de carbone en 1896, Stanislaw fut soupçonné de meurtre et arrêté, mais relâché peu après ; les enfants furent placés dans des orphelinats[réf. nécessaire].

À l’automne 1898, il déménage à Cracovie avec Dagny, où il s'impose comme chef d'un groupe de jeunes artistes révolutionnaires et comme rédacteur de l'hebdomadaire Życie. Quant à l'envoutante norvégienne Dagny Juel, fort volage, sa fin fut tragique : elle fut assassinée par un jeune officier russe follement épris d'elle, d'une balle en plein front (en 1901, à Tiflis). Mais Stanisław Przybyszewski eut également à la même époque une liaison avec l'artiste Aniela Pająk, une peintre impressionniste. De cette relation naquit une enfant, Stanisława Przybyszewska, qui deviendra elle-même écrivaine. À la mort de son épouse, Stanisław Przybyszewski rencontra une autre jeune femme, Jadwiga, déjà mariée, qu'il n'épousera qu'en 1905, lorsque Jadwiga divorcera de son précédent époux.

Dans les années 1910, Stanislaw s'occupe également de sa fille, Stanisława Przybyszewska (qui vient de perdre sa mère et qui a vécu un temps chez une tante). La jeune adolescente vénère et admire son père, avec qui elle vit pendant un moment. Stanislaw, alcoolique et consommateur de stupéfiants, initiera sa fille aux paradis artificiels. Puis Stanislaw mettre un terme à leur cohabitation en raison de son caractère instable et inconstant : il décide en effet subitement de partir vivre à Dantzig (il y vivra jusqu'en 1924), et d'y devenir fonctionnaire.

Il déménagera souvent, occupera diverses fonctions, sans beaucoup de succès. Finalement, Stanislaw meurt en 1927 à Jaronty, sa ville natale, à l'âge de 59 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Stanisław Przybyszewski est l'auteur de romans et nouvelles, notamment de De profundis (1893) et de la Messe des morts (1896), ces deux ouvrages étant traduits en français et édités par les éditions José Corti[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Floryńska-Lalewicz, Halina « Stanisław Przybyszewski »
  2. Stanisław Przybyszewski, Messe des morts, traduit par Nicole Taubes, Préface de Claude Louis-Combet, éd. José Corti, Collection romantique n° 53 (préface).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (de) George Klim, Stanislaw Przybyszewski : Leben, Werk und Weltanschauung im Rahmen der deutschen Literatur der Jahrhundertwende : Biographie, Igel, Paderborn, 1992, 376 p. (ISBN 3-927104-10-8)
  • (de) Gabriela Matuszek (dir.), Über Stanislaw Przybyszewski : Rezensionen, Erinnerungen, Porträts, Studien 1892-1995 : Rezeptionsdokumente aus 100 Jahren, Igel, Paderborn, 1995, 349 p. (ISBN 3-89621-013-0)
  • (fr) Maxime Herman, Un sataniste polonais : Stanislas Przybyszewski (de 1868 à 1900), Les Belles Lettres, Paris, 1939, 462 p. (texte remanié d'une thèse de doctorat)