Dragut

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Dragut

Dragut, connu en Turquie sous le nom de Turgut Reis et dans les provinces arabes de Darghouth (« dragon »), né en 1514 non loin de Bodrum (actuelle Turquie) et mort en 1565 à Malte, est un amiral turc, un des corsaires les plus célèbres de l'Empire ottoman.

Biographie[modifier | modifier le code]

Émule et protégé de Khayr ad-Din Barberousse, il se signale par ses courses et ses dévastations sur les côtes du royaume de Naples et de la Calabre. En 1538, sous les ordres de Barberousse, il participe à la bataille de Prévéza .

Jeannetin Doria, neveu d'Andrea Doria, le fait prisonnier en juin 1540 après l'affaire de la Girolata, et il travaille comme galérien jusqu'au paiement de sa rançon en 1544[1].

Après sa libération, il a pour base l'île de Djerba où il abrite sa flotte, mais dont les habitants ne lui sont pas totalement acquis. En 1550, il s'empare de la ville appelée Africa (actuelle Mahdia au nord de Sfax) et part pour sa campagne d'été. Mais les Espagnols, qui, depuis l'expédition de Tunis en 1535, occupent La Goulette et contrôlent le gouvernement hafside de Tunis, réagissent : une escadre commandée par Doria est envoyée à Africa et s'en empare (septembre 1550) après un siège de trois mois. Une garnison y reste jusqu'en 1554, puis la place est détruite et abandonnée (4 juin 1554)[2].

Le 11 mai 1560, avec Piyale Pacha, Dragut remporte l'importante bataille navale de Djerba sur la flotte espagnole au cours de laquelle quelque 5000 Espagnols sont tués ; avec leurs ossements, il fait édifier près de Borj El Kebir une tour connue aujourd'hui sous le nom de Borj el Riouss[3].

En 1565, il rejoint les Turcs au siège de Malte, à la tête de 15 galères, et y est tué par un boulet de canon. Il est enterré à Gozo à Malte.

Un de ses nombreux repaires se trouvait sur l'îlot du Ziglione à Porto-Vecchio (Corse) autrefois occupée par les troupes Génoises. Ces dernières redoutaient les incursions du pirate et finirent par quitter la cité du sel faute de terres cultivables et du paludisme qui sévissait.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs navires militaires de la flotte turque ont été baptisés de son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon certaines sources[Lesquelles ?], cette rançon était infime pour un personnage aussi dangereux pour l'empire de Charles-Quint, et en particulier pour l'amiral Doria. Il n'aurait passé que trois ans en captivité, et sa libération aurait été obtenue par respect autant que par rançon, en raison d'une amitié entre Barberousse et Doria[réf. nécessaire] Autre rumeur : Dragut aurait eu des relations coupables avec la femme de Jeannetin Doria. C'est à l'influence de celle-ci que plus d'un auteur attribue la libération de Dragut en 1544[réf. nécessaire].
  2. Pour ce paragraphe sur Djerba et Africa : cf. Braudel, La Méditerranée..., édition 1982, pp. 228-231.
  3. Historique de Djerba sur le site Encyclopédie de l'Afrique du Nord.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Dragut » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

  • Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, Paris, Armand Colin, 1949 (8 rééditions de 1966 à 1990)
  • Charles Monchicourt, « Episodes de la carrière tunisienne de Dragut, 1550-1551 », Revue tunisienne, 1917
  • (turc) Ali Riza Seifi, Dorghut Re'is, Istanbul, 1932 (édition en caractères turco-latins)

Liens externes[modifier | modifier le code]