Édouard Lock

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Édouard Lock

Naissance 3 mars 1954
Casablanca au Maroc
Lieux de résidence Montréal
Activité principale Chorégraphe et directeur artistique
Style Danse contemporaine
Lieux d'activité Montréal
Années d'activité depuis la fin des années 1970
Collaborations Louise Lecavalier, David Bowie
Site internet www.lalalahumansteps.com

Édouard Lock, né le 3 mars 1954 à Casablanca au Maroc[1], est un chorégraphe, photographe et cinéaste québécois. Il dirige la troupe de danse La La La Human Steps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents d'Édouard Lock décident de s'installer à Montréal en 1957. Il fait des études de cinéma et littérature à l'Université Concordia. Il débute sa carrière de chorégraphe à l’âge de 20 ans. De 1974 à 1979, il crée des œuvres pour le Groupe Nouvelle Aire, les Grands Ballets Canadiens de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée d'art contemporain de Montréal.

En 1980, il fonde la compagnie Lock Danseurs, qui deviendra quelques années plus tard La La La Human Steps, et débute sa collaboration avec la danseuse Louise Lecavalier, sa muse et complice, pendant 18 ans. En 1980, Édouard Lock présente Lily Marlène dans la jungle au Théâtre l'Eskabel, à Montréal, puis à New York, à The Kitchen. L’année suivante, c’est Oranges, qui lui vaudra le prix Jean A. Chalmers de chorégraphie, prix qu'il remportera une seconde fois en 2001. Dès lors, la carrière d'Édouard Lock est bien engagée et la présence de La La La Human Steps sur la scène internationale est de plus en plus affirmée[2],[1].

En 1985, Human Sex établit Édouard Lock parmi les grands chorégraphes de réputation internationale[3]. Il reçoit en 1986, pour cette création, un Bessie Award décerné par des professionnels du milieu de la danse contemporaine de New York. Depuis, toutes les créations de La La La Human Steps ont été présentées en tournée internationale, pendant deux ans, et ont influencé d'innombrables artistes et spectateurs[4].

Il a reçu des commandes du Ballet national de Hollande, du Nederlands Dans Theatre, des Grands Ballets canadiens de Montréal et de l'Opéra de Paris.

Carrière[modifier | modifier le code]

Style chorégraphique[modifier | modifier le code]

Les premières pièces d’Édouard Lock évoquent l’univers de la bande dessinée, selon les critiques des quotidiens montréalais, qui soulignent l’urbanité de son style[5]. Ses chorégraphies sont marquées par des mouvements saccadés et restreints dans l’espace et son style commence à se définir avec la pièce Human Sex mêlant une grande énergie d'exécution et une précision dans le geste. Il intègre la danse, le sport, le rock et le cinéma. Dans New Demons, le film reprend un élément de la danse et projette un corps en chute continuelle. Dans Infante, c’est destroy, le travail cinématographique évolue vers une analyse plus symbolique.

En 1988, Édouard Lock utilise pour la première fois de sa carrière le vocabulaire de la danse classique dans le cadre d’une commande pour le Ballet national de Hollande. Jusqu’en 1998, Édouard Lock poursuit son travail avec la danseuse Louise Lecavalier, réputée pour ses sauts vrillés à l’horizontale. La performance purement athlétique s'atténue vers un langage chorégraphique faisant plus appel à l'expressivité et la sensualité tout en continuant à travailler sur l'extrême rapidité des tempos. Depuis 2001, il fait appel à des danseurs de formation classique qu'il soumet à un entraînement sportif.

L’altération du ballet, l’alliage des trames chorégraphiques, musicales et filmiques, de même que les multiples changements d’éclairage créent un sens de la distorsion dans la perception du corps[6]. L’ambiguïté sexuelle traverse les pièces d’Édouard Lock[7]. Déjà, dans Human Sex, il inverse les rôles ; la danseuse soulève son partenaire. Louise Lecavalier, avec son corps androgyne, porte un tutu et une fausse moustache. D'un manière générale, le style d'Édouard Lock est avant tout fondé depuis le milieu des années 1980 par le travail sur pointes de ses interprètes féminines (puis masculins depuis Amelia et Amjad) qui réalisent des pirouettes extrêmement rapides sous l'impulsion des danseurs et empruntent aux différentes figures du vocabulaire de la danse classique. Selon Philippe Noisette, il « impose une langue dansée qui revivifie le pas de deux[8] ».

Cinéma[modifier | modifier le code]

Les œuvres d’Édouard Lock se retrouvent également au cinéma. En 1987, La La La Human Sex duo no 1, réalisé par Bernar Hébert, met en vedette Louise Lecavalier et Marc Béland. Ce court métrage, en noir et blanc, a remporté six prix dans le monde, dont celui du Festival international du film sur l’art de Montréal.

Également réalisée par Bernar Hébert, Le Petit Musée de Vélasquez (1994), est une adaptation libre de huit pièces chorégraphiques d’Infante, c’est destroy. Outre les danseurs de La La La Human Steps, la comédienne Markita Boies prend part à ce long-métrage de fiction en couleur. La danse contemporaine se confronte à l'univers de Diego Vélasquez, le grand peintre de la Renaissance espagnole.

L’adaptation cinématographique d’Amelia, réalisée par Édouard Lock, a été présentée en première américaine au Festival du film de TriBeCa en 2004 et en première européenne au Festival international du film de Karlovy Vary. Il a été primé au Festival international du film de Chicago, au Festival de la Rose d'Or en Suisse, et au Festival international du film de Prague. Amelia a également remporté le prix spécial du jury, toute catégorie, au Festival de télévision de Banff ainsi que deux prix Gemini pour la meilleure réalisation et le meilleur montage d’un programme des arts de la scène.

Collaborations[modifier | modifier le code]

Édouard Lock a également collaboré avec le monde musical. Il crée un événement chorégraphique avec David Bowie et Louise Lecavalier lors des célébrations du 40e anniversaire de l'Institute of Contemporary Arts de Londres, que filme le vidéaste Nam June Paik, et poursuit son travail avec David Bowie, en 1990, en assurant la conception et la direction artistique de la tournée mondiale Sound and Vision. En 1992, il collabore avec Frank Zappa au spectacle Yellow Shark, conjointement avec l’Ensemble Modern, l’Alte Oper de Francfort, la Philharmonie de Berlin et le Konzerthaus de Vienne. Il a fait appel également au compositeur britannique Gavin Bryars, qui signera les musiques de 2 et d'Amjad.

Chorégraphies[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Panorama de la danse contemporaine. 100 chorégraphes, par Rosita Boisseau, Éditions Textuel, Paris, 2008, p. 360-365.
  2. Dictionnaire de la danse, sous la direction de Philippe Le Moal, éditions Larousse, Paris, 1999, p. 265-266
  3. Critique d'Amjad par Daniel Conrod dans Télérama du 15 décembre 2007.
  4. Édouard Lock reçoit un prix prestigieux, Archives de Radio-Canada du 16 décembre 2001.
  5. Bloquer la rue Sainte-Catherine pour danser, Archives de Radio-Canada du 18 mai 1983
  6. Édouard Lock et La La La Human Steps, par Jacqueline Cardinal et Laurent Lapierre, HEC Montréal, 2007
  7. Attendre un cygne, par Fabienne Cabado, Voir, 19 avril 2007
  8. Danse contemporaine mode d'emploi, par Philippe Noisette, éditions Flammarion, Paris, p.110.
  9. Les Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle. Les lauréats : Édouard Lock sur Radio-Canada.ca.

Liens externes[modifier | modifier le code]