Siège de Belgrade (1456)

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Siège de Belgrade (1456)
Le siège de Belgrade, tableau hongrois du XIXe siècle
Le siège de Belgrade, tableau hongrois du XIXe siècle
Informations générales
Date 4 juillet-
Lieu Belgrade
Serbie Serbie
Issue Victoire des Hongrois
Belligérants
Armoiries Hongrie ancien.svgRoyaume de Hongrie Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svgEmpire ottoman
Commandants
Armoiries Hongrie ancien.svgJean Hunyadi
Armoiries Hongrie ancien.svgMihály Szilágyi
Armoiries Hongrie ancien.svgJean de Capistran
Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svg Mehmed II
Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svg Zaganos Pacha
Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svgMahmud Pacha Angelović
Forces en présence
environ 50 000 soldats environ 70 000 soldats
Pertes
inconnu inconnu
L'héroïsme de Titus Dugović, peinture hongroise du XIXe siècle

Le siège de Belgrade a eu lieu du 4 juillet au . Après la chute de Constantinople en 1453, le sultan ottoman Mehmed II rassemblait des forces en vue de conquérir le Royaume de Hongrie. Son objectif immédiat était de s'emparer de la forteresse (en hongrois : végvár) de la ville de Belgrade (en hongrois : Nándorfehérvár). Jean Hunyadi, un noble hongrois seigneur de Coumanie, qui s'était déjà battu pendant deux décennies contre les Ottoman, s'attendait à leur attaque.

Le siège de Belgrade se transforma en une bataille majeure, au cours de laquelle Hunyadi conduisit une contrattaque qui submergea le camp turc, contraignant le sultan Mehmed II à lever le siège et à battre en retraite. Selon le pape Calixte III, ce siège « décida du sort de la Chrétienté »[1].

Préparatifs[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1455, Jean Hunyadi commença à organiser la résistance contre les Ottomans. À ses propres frais, il approvisionna et arma la forteresse de Belgrade, qu'il munit d'une forte garnison commandée par son beau-frère Mihály Szilágyi et son fils aîné László. Lui-même quitta la ville pour former une armée de soutien, ainsi qu'une flotte de deux cents corvettes. Les seigneurs hongrois, redoutant son pouvoir grandissant, le laissèrent encore une fois financer l'opération. En revanche, Hunyadi reçut l'appui du frère franciscain Jean de Capistran, qui prêchait le lancement d'une croisade. Grâce à lui, une armée de paysans et de fermiers, pour certains simplement armés de frondes et de faux, vint se ranger sous la bannière de Hunyadi, qui avait déjà réuni autour de lui quelques mercenaires et cavaliers. Au total, Hunyadi pouvait compter sur 25 à 30 000 hommes.

Siège[modifier | modifier le code]

Le siège de Belgrade, manuscrit turc du XVe siècle

Le sultan Mehmed II, surnommé Mehmed le Conquérant, à la tête d'une armée d'environ 70 000 soldats, arriva à Belgrade et mit le siège devant la ville le . Dans la place, Szilágyi pouvait compter sur 5 à 7 000 hommes. Du haut d'un promontoire, le sultan commença à faire feu sur les murailles de la ville le . Il répartit ses hommes en trois corps. Le corps de Rouméliens, d'origine européenne, disposait de la majorité des 300 canons engagés dans le siège, la flotte ottomane, forte de deux cents navires mobilisant le reste. Les Rouméliens furent rangés sur le flanc ouest de l'armée, les Anatoliens occupant le flanc est. Au centre se trouvaient les janissaires, qui constituaient la garde personnelle du sultan, ainsi que le poste de commandement. Les Anatoliens, comme les janissaires, formaient un corps d'infanterie lourde. Mehmed II établit le gros de sa flotte au nord-ouest de la ville, de façon à contrôler les zones marécageuses situées autour de Belgrade et pour empêcher l'arrivée d'éventuels renforts. Il s'agissait aussi de surveiller la Save, au sud-ouest, pour empêcher que l'infanterie ne soit débordée par l'armée d'Hunyadi. Le Danube, à l'est, était gardé par les spahis, le corps de cavalerie légère du sultan, de façon que l'armée ne puisse être débordée sur la droite. Les 7 000 soldats de la forteresse tenaient bon. Pour leur défense, les assiégés comptaient principalement sur leur forteresse, l'une des plus importantes des Balkans depuis que Stefan Lazarević, en 1404, en avait fait la capitale du Despotat de Serbie. Le despote avait alors fait effectuer d'importants travaux pour transformer la citadelle byzantine en une puissante ville fortifiée.

Jean Hunyadi apprit la nouvelle du siège alors qu'il se trouvait en Hongrie pour recruter des troupes supplémentaires. Le cardinal Jean de Capistran l'y avait rejoint. Hunyadi et Capistran voyagèrent ensemble, chacun commandant ses troupes. À eux deux, ils réunissaient 40 à 50 000 hommes. Le , Jean Hunyadi arriva à proximité de Belgrade et parvint à briser le blocus naval des Turcs, coulant trois galères et s'emparant de 24 navires.

Le 21 juillet, Mehmed II, désireux de tirer avantage des dommages causés à la forteresse, ordonna de donner l'assaut ; lancé au coucher du soleil, il dura toute la nuit. Les assiégeants entrèrent dans la ville basse et commencèrent à attaquer le fort. Hunyadi ordonna aux défenseurs de Belgrade de lancer sur les Ottomans des matériaux enflammés. Et, de fait, à cause des flammes, les janissaires furent séparés du reste de leur armée. Ils furent encerclés par les hommes de Szilágyi et le combat tourna à l'avantage des Chrétiens. Les Hongrois réussirent à repousser l'assaut des attaquants à l'extérieur des murs. Les janissaires, enfermés dans la ville, furent massacrés et les soldats turcs qui tentaient de s'emparer de la ville haute subirent de lourdes pertes. À un certain moment, un soldat turc réussit presque à planter l'étendard du sultan au sommet d'un bastion, mais un soldat appelé Titus Dugović (en hongrois : Dugovics Titusz) se jeta sur lui pour l'en empêcher et les deux hommes tombèrent du haut de la muraille. Quelques années plus tard, en souvenir de cet acte, le roi de Hongrie Matthias Corvin, anoblit le fils de Titus Dugović.

Bataille[modifier | modifier le code]

Le siège de Belgrade, miniature ottomane, 1584

Le , les paysans-croisés engagèrent une action spontanée et contraignirent Capistran et Hunyadi à tirer parti des événements. En dépit des ordres de Hunyadi, des assiégés sortirent des murs de Belgrade à demi détruits et attaquèrent les soldats ottomans. Les spahis tentèrent en vain de repousser les attaquants. Immédiatement, d'autres Chrétiens rejoignirent le combat et ce qui était un incident isolé se transforma en une véritable bataille.

Jean de Capistran, qui tentait d'ordonner un repli, se vit entouré de 2 000 Croisés. Il prit alors la décision de se mettre à leur tête et les lança contre les lignes ottomanes en criant : « Le Seigneur, qui a fait le commencement, prendra soin de la fin ». Au même moment, Hunyadi lança une charge à partir du fort pour s'emparer des canons turcs.

Selon les Chroniqueurs, les Turcs, paralysés par la surprise, prirent la fuite. Les janissaires, au nombre de 5 000, tentèrent en vain de mettre un terme à la panique et de reprendre le camp. Le sultan lui-même s'engagea dans la bataille et se battit avec un chevalier en combat singulier ; il reçut une flèche dans la cuisse et tomba inanimé. Profitant de l'obscurité, les Turcs battirent en retraite, transportant leurs blessés dans 140 chariots. Le sultan reprit conscience dans la ville de Sarona. Apprenant que son armée avait été mise en déroute, que ses chefs avaient été tués et tout l'équipement abandonné sur place, il tenta prendre du poison mais en fut empêché. Il rentra alors à Constantinople.

Suites et conséquences[modifier | modifier le code]

Juste après la victoire, la peste fit son apparition dans l'armée hongroise. Jean Hunyadi fut touché par la maladie et mourut le .

L'échec du siège de Belgrade arrêta la percée ottomane en Europe centrale pendant quelques années et offrit un répit de 70 ans à la Hongrie. Mais l'Empire ottoman conquit rapidement la Serbie et la Bosnie. Soliman le Magnifique s'empara de Belgrade en 1521 et fit le siège de Vienne en 1529. Leur avancée ne fut définitivement arrêtée qu'après la bataille de Vienne, en 1683.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « János Hunyadi », sur http://www.ucalgary.ca (consulté le 28 octobre 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]