Sam Giancana

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Sam Giancana

Description de l'image  Sam Giancana.jpg.
Nom de naissance Salvatore Giancana
Alias
« Momo », « Mooney », « Sam the Cigar » ou « Sammy »
Naissance 15 juin 1908
Chicago, Illinois (États-Unis)
Décès 19 juillet 1975 (à 67 ans)
Oak Park, Illinois (États-Unis)
Nationalité Drapeau : États-Unis Américaine
Activité principale Gangster

Salvatore Giancana appelé Sam Giancana, né le 15 juin 1908 à Chicago, assassiné le 19 juin 1975 à Oak Park, est un mafioso américain d’origine sicilienne, patron de l’Outfit de Chicago de 1957 à 1966. Ses surnoms étaient, entre autres, « Momo », « Mooney », « Sam the Cigar » ou « Sammy ».

Jeunes années[modifier | modifier le code]

Sam est né Salvatore Giancana, fils d’immigré sicilien, dans le quartier de Little Italy à Chicago, qui est aussi connu comme « The Patch ». Il fut arrêté plus de 70 fois dans sa vie et emprisonné seulement deux fois. Son père, Antonino (prénom populaire en Sicile) Giancana possédait un magasin puis plus tard un magasin de glaces, qui sera plastiqué par des gangs rivaux de ceux de son fils.

Carrière criminelle[modifier | modifier le code]

Sam Giancana rejoignit le Forty-Two Gang (le gang 42), un gang d’adolescents des rues qui était sous la direction de Joseph Esposito. Giancana développa une réputation d’excellent conducteur de véhicule, de gagner beaucoup d’argent et de tueur vicieux. Après le meurtre d’Esposito, dans lequel Giancana était mêlé, le gang 42 devint une extension du Chicago Outfit. Cependant le gang 42 fonctionnait à distance de l’Outfit, car cette dernière les considérait comme trop incontrôlable. Malgré cela, les qualités de chef de Giancana, le fait qu’il soit un excellent conducteur lors des poursuites avec la police et ses capacités à gagner beaucoup d’argent dans la rue remontèrent aux oreilles des chefs de haut rang de la Cosa Nostra comme Frank Nitti, Paul Ricca et Tony Accardo. À la fin des années 1930, Giancana devint le premier du gang 42 à rejoindre les rangs de l’Outfit. En 1942, Giancana força le chef d’orchestre de jazz, Tommy Dorsey, à libérer Frank Sinatra des obligations contractuelles qui freinaient sa carrière. Cette histoire est devenue célèbre grâce au livre puis, plus tard, le film, Le Parrain. Giancana est aussi cité pour son implication dans le meurtre de Theodore Roe en 1952.

Montée en puissance[modifier | modifier le code]

En 1945, après avoir été incarcéré au Federal Correctional Complex à Terre Haute dans l’Indiana (durant cette période, il expliqua à ses enfants qu’il était à l’université), Giancana devint une personne crédible aux yeux du chef de l’Outfit, Tony Accardo, pour le prendre à l’essai dans la loterie clandestine dans le quartier afro-américain. L’équipe de Giancana est suspectée d’être à l’origine de l’abandon de la loterie et de l’exil hors des États-Unis de Eddie Jones. L’équipe de Giancana est suspectée d’être à l’origine du meurtre de Theodore Roe. Les deux étaient à la tête de la loterie clandestine. Cependant Roe refusa d’abandonner ses parts dans la loterie aux Italiens, il fut abattu par un membre de l’équipe de Giancana, Lennard « Fat Lennie » Califano. Mais le contrôle total de la loterie ne se fit que lorsque Jackie « the Lackey » Cerone fit peur à « Big Jim » Martin à Mexico en lui tirant deux balles dans la tête qui ne le tuèrent pas. À l’issue de cette guerre des jeux qui rapporta des millions de dollars à l’Outfit, Giancana devint favori pour devenir le chef en 1957. Accardo prit le rôle de « consigliere ». Mais la réalité du pouvoir était détenue par Accardo et Ricca, aucune décision majeure ne pouvait être prise sans leur accord.

Giancana était présent à la réunion au sommet d’Apalachin en 1957 dans l’État de New York dans la propriété de Joseph Barbara. Plus tard, le parrain de la famille de Buffalo Stephano Magaddino et Giancana expliquèrent que la réunion aurait dû prendre place vers Chicago. Giancana affirma que Chicago était « l’endroit le plus sûr au monde » pour une réunion au sommet de la mafia parce que plusieurs chefs de la police étaient corrompus.

Collaboration avec la CIA[modifier | modifier le code]

Il est de notoriété publique et plus tard partiellement corroboré par la Commission Church, que durant le gouvernement Kennedy, la Central Intelligence Agency (CIA) recruta Giancana et d’autres mafieux pour assassiner le président cubain Fidel Castro. Il fut rapporté que Giancana disait que la CIA et Cosa Nostra étaient les différents côtés d’une même pièce de monnaie « different sides of the same coin ».

L’association entre Giancana et JFK est indiqué dans Le dossier Exner (Exner file) écrit par Judith Campbell Exner. Exner était réputée pour être la maîtresse à la fois de Giancana et JFK et il semblerait qu’elle ait relayé des informations au sujet de Fidel Castro entre les deux.

Cependant, la fille de Giancana, Antoinette a fait état de son impression au sujet de son père qui aurait détourné des millions de dollars des fonds de la CIA.

Selon les documents déclassifiés de la CIA en 2007 intitulés « Family Jewels » (les bijoux de famille), Giancana et le chef de la mafia de Tampa/Miami, Santo Trafficante Jr ont été contactés en septembre 1960 pour un projet d’assassinat de Fidel Castro par l’agent de la CIA, Robert Maheu. Maheu, pour les contacter, est passé par l’intermédiaire un membre de la mafia de Chicago, en place à Las Vegas et numéro deux de Giancana, Johnny Roselli. Maheu se présentait comme un représentant des casinos et de différents intérêts économiques spoliés par Castro. Il offrit 150 000 $ pour son élimination (le document suggère que seul Roselli et Giancana acceptèrent, Trafficante refusa). Toujours selon le document, Giancana suggéra d’utiliser des pilules de poison qui seraient versés dans ses aliments et sa boisson. Ces pilules furent données à une personne désignée par Giancana, Juan Orta, un représentant corrompu du nouveau gouvernement cubain qui avait accès à Castro. Après une série de six tentatives pour introduire le poison dans ses aliments, Orta demanda à abandonner la mission. Elle fut confiée à un autre, inconnu. Plus tard, une seconde tentative fut mise au point par Giancana et Trafficante par le biais du docteur Anthony Verona, le leader de la junte des cubains exilés. Selon Trafficante, la junte était très affectée par l’inefficacité de sa lutte. Verona demanda 10 000 $ en dépense et 1 000 £ en matériel de communication. Cependant, la tentative fut annulée peu de temps avant le lancement de l’invasion de la baie des cochons en avril 1961.

Relation entre Giancana et le clan Kennedy[modifier | modifier le code]

Il est reconnu que Joseph Kennedy a demandé l’aide de Giancana afin de mobiliser les syndicats pour faciliter la nomination de John Fitzgerald Kennedy lors du congrès démocrate qui préparait les élections de 1960. John lui-même a sollicité son aide par l’intermédiaire de Frank Sinatra. Il y a de fortes présomptions que durant sa présidence, JFK et Giancana aient gardé des liens, notamment par l’intermédiaire d’une maîtresse commune, Judith Campbell. Mais dès le début de la présidence de Kennedy, les relations devinrent assez tendues avec Giancana et les autres grands mafieux américains. Les Kennedy ne tinrent pas leurs promesses de laisser Giancana tranquille et lancèrent une guerre sans merci contre la Mafia. Pour cette guerre, le président Kennedy dut même couper les ponts avec son ami Frank Sinatra, trop lié au crime organisé. Le 22 novembre 1963, John F. Kennedy est assassiné à Dallas, au Texas. Certains pensent que Sam Giancana était impliqué dans cet assassinat. Cette théorie est notamment basée sur le fait que Jack Ruby ait tué Lee Harvey Oswald, considéré comme l’assassin de Kennedy, sur ordre de la Mafia avec laquelle il aurait eu des liens.

En 1966, Giancana fut forcé de laisser tomber la gestion des casinos sud-américains pour avoir pris de trop grosses commissions sur leurs bénéfices. Il s’exila au Mexique. Sept ans plus tard, il revint aux États-Unis.

Famille[modifier | modifier le code]

Sam se maria à Angelina DeTolve, une fille d’immigrants de la région des Basilicates, le 23 septembre 1933. Ils ont eu trois filles. Angelina mourut en 1954 et laissa Sam élever ses trois filles. Sam ne se remaria jamais après être devenu veuf. Durant son mariage, il était connu pour avoir été un mari aimant malgré ses fréquentes infidélités. Il tenait sa femme en haute estime même après sa mort. Au moins une de ses filles, Antoinette a repris son nom de jeune fille, Giancana. Son petit-fils, Nick Giancana utilise ce nom sur son profil Facebook.

Ami proche de Frank Sinatra et plus généralement du Rat Pack, il a entretenu une liaison orageuse avec la chanteuse Phyllis McGuire des McGuire Sisters.

Assassinat[modifier | modifier le code]

Le 19 juin 1975, alors qu’il faisait cuire des saucisses sur son barbecue, Giancana fut assassiné d’une balle derrière la tête. Puis, ses assassins le couchèrent sur le dos et lui tirèrent six balles autour de la bouche, comme pour signifier qu’on le réduisait au silence, pour l’empêcher de dévoiler quelque chose.

Giancana aurait dû comparaître quelques jours plus tard, devant le HSCA, une commission d’enquête sur les assassinats de John F. Kennedy et de Robert F. Kennedy et sur les agissements conjoints de la CIA et de la Mafia contre Fidel Castro.

Qui a tué Giancana ? On pense qu’il pourrait s’agir de la Mafia, notamment de Joey Aiuppa, pour un règlement de compte ou pour l’empêcher de dévoiler des choses sur la mort de John Kennedy. Il pourrait aussi s’agir de la CIA, qui l’aurait fait tuer afin de l’empêcher de dévoiler des informations sur ses activités secrètes et l’assassinat de Kennedy encore une fois.

On peut noter qu’aucun de ses « amis » du show business, ni même ses « amis » de la Mafia, ne fut présent à ses funérailles.

À la télévision[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]