Jack Ruby

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Jack Leon Ruby

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Nom de naissance Jacob Leon Rubenstein
Alias
Jack Ruby
Naissance 25 mars 1911
Chicago
Décès 3 janvier 1967 (à 55 ans)
Dallas
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Pays de résidence États-Unis

Jacob Leon Rubenstein, qui changea son nom en Jack Leon Ruby, né le 25 mars 1911 à Chicago, mort le 3 janvier 1967 à Dallas, était le propriétaire d'une boîte de nuit à Dallas ; il assassina Lee Harvey Oswald le 24 novembre 1963, deux jours après que ce dernier eut été arrêté pour suspicion d'assassinat du Président Kennedy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jack Ruby est le cinquième enfant d'une fratrie en comptant huit. Il est né à Chicago en 1911 de parents d'origine juive polonaise, Joseph Rubenstein et Fannie Turek Rutkowski, qui avaient immigré aux États-Unis en 1903. Sa date de naissance est incertaine, Ruby en ayant donné lui-même plusieurs. Il eut une enfance troublée et servit dans l'armée des États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, sans toutefois combattre. Démobilisé, il s'établit à Dallas en 1947, où lui et ses frères changèrent leur nom en Ruby. Après diverses activités, il se lance dans la gestion de diverses boîtes de nuit et de strip-tease, ce qui le met en contact avec le crime organisé. Après un voyage à Cuba en 1959, il rencontre un certain nombre de membres de la mafia de Chicago.[réf. nécessaire]

Assassinat de Lee Harvey Oswald[modifier | modifier le code]

Jack Ruby tirant sur Lee Harvey Oswald.

Après l'arrestation de Lee harvey Oswald, plusieurs témoins virent Jack Ruby dans les bureaux de la police. Il aimait à être présent là où les choses se passaient. La plupart des témoignages décrivent un homme à la fois bouleversé par la mort du Président (il avait décidé de fermer son club) et désireux de se mettre en valeur.[réf. nécessaire]

Le matin du dimanche 24 novembre 1963, le transfert de Lee Harvey Oswald vers la prison devait se faire à 10 heures. Le transfert fut cependant retardé tout d'abord par un interrogatoire d'une heure mené par l'inspecteur en chef de la poste (qui avait décidé de ne pas aller à l'église ce jour-là afin de tenter d'aider la police), ensuite par Oswald lui-même qui demanda à la dernière minute de pouvoir passer son pull noir pour passer à la télé.

Pendant ce temps-là, une des danseuses de Ruby l'appela afin de lui demander de lui verser 25 dollars pour de la nourriture et son loyer. Jack Ruby se rendit au centre-ville pour lui virer l'argent. Avec son chien favori, Sheba, dans la voiture, il quitta son domicile une heure après l'heure à laquelle Lee Harvey Oswald aurait dû être transféré. Il effectua son versement et retourna au poste de police à l'extérieur duquel il avait remarqué une petite foule.

Alors qu'il arrivait, un camion monta la rampe vers le garage en distrayant le garde, et il en profita pour entrer dans le sous-sol.

Lorsque Lee Harvey Oswald apparut une minute plus tard, à 11 heures 21, Jack Ruby se porta en avant et l'abattit avec le revolver qu'il avait d'habitude sur lui afin de protéger les importants montants en liquide qu'il transportait régulièrement (2000 dollars ce jour-là). Le transfert était diffusé en direct à la télévision.

Mobiles[modifier | modifier le code]

Jack Ruby affirma plus tard qu'il avait tué Lee Harvey Oswald sur un coup de folie survenu au moment même, quoique lors de son arrestation, il affirma à plusieurs policiers que sa mort épargnerait à l'épouse du Président, Jacqueline Kennedy, la souffrance de devoir paraître au procès de l'assassin de son mari.

L'historien Lamar Waldron[1] estime qu'il y a eu conspiration, et croit que Jack Ruby aurait tué Lee Harvey Oswald sur ordre de la mafia de Chicago pour empêcher Lee Harvey de se défendre (cependant, Oswald en 12 heures d'interrogatoire serré n'a jamais rien dit s'incriminant, ou incriminant une tierce partie, alors que Jack Ruby, n'a pas cessé d'être volubile et ses confidences en prison et aux policiers ont servi en grande partie à sceller son procès)[réf. nécessaire].

Procès et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Au procès, la famille de Jack Ruby a retenu les services de Melvin Belli, un avocat flamboyant de San Francisco, spécialiste des causes civiles, on le surnommait “King of the torts”, il n'était pas particulièrement familier avec les subtilités du code criminel texan.

Tom Howard, l'avocat initialement retenu par Jack Ruby (avant que la famille intervienne pour le remplacer par Belli) croyait que ce dernier avait de bonnes chances de s'en tirer avec une condamnation de meurtre sans préméditation, ce qui lui aurait valu au maximum 5 ans de détention. Jusqu'en 1974, le droit texan était plutôt clément à l'égard des meurtres commis sous l'effet de la passion.

Melvin Belli tenta d'abord de faire déplacer sans succès le procès hors des limites du comté de Dallas parce que, selon lui, Jack Ruby ne pouvait y être jugé équitablement (bien que les sondages d'opinion indiquaient le contraire et que la population locale lui était plutôt favorable). Melvin Belli organisa la défense de Jack Ruby autour d'une condition mentale rare dont aurait souffert son client : l'épilepsie psychomotrice. En effet, au moment des faits, il aurait souffert d'une crise et aurait agi par automatisme et ne se souviendrait plus des faits après coup. Bill Alexander, le district attorney-adjoint tailla en pièces cette défense et prouva hors de tout doute l'intention criminelle du défendeur, non seulement Jack Ruby savait ce qu'il avait fait, mais en plus, il en était fier.
Le jury le reconnut criminellement responsable du meurtre de Lee Harvey Oswald et le condamna, le 14 mars 1964, à la peine de mort pour meurtre avec préméditation par le juge Joe B. Brown. La sentence par électrocution devait être exécutée à la prison d'État de Huntsville.

Après son procès, Jack Ruby fut interrogé par le juge Earl Warren, le commissaire Gerald Ford, et le procureur Arlen Specter de la commission Warren à la prison du comté. Jack Ruby rendit un témoignage qui confirmait ce qu'il avait toujours affirmé et exigea même de refaire son témoignage sous contrôle d'un détecteur de mensonge pour prouver sa bonne foi. Sa condition mentale s'étant détériorée depuis sa condamnation, Jack Ruby prit à part Warren et Specter et leur confia un secret : il entendait des voix venir des soubassements de la prison, c'était les voix des 25 millions d'âmes juives qui y avaient été éliminées par les partisans de la John Birch Society, une organisation radicale de droite. Craignant pour sa vie, il exigea qu'on le transfère à Washington D.C. pour témoigner, à l'instar du mafieux Joe Valachi qui en septembre 1963 avait témoigné contre la mafia a visage découvert devant les caméras.

Les avocats de Jack Ruby finirent par faire reconnaître par une cour d'appel[réf. nécessaire] que le premier procès avait été mal mené du fait de sa tenue à Dallas. Sa sentence fut commuée dans l'attente d'un nouveau procès qui devait se tenir à Wichita Falls au Texas.

Jack Ruby meurt avant la tenue d'un nouveau procès, le 3 janvier 1967, au Parkland Memorial, d'une embolie pulmonaire consécutive à un cancer avancé qui s'était étendu au foie, aux poumons et au cerveau. Il est enterré au cimetière de Westlawn à Chicago.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Pottecher, Grands procès, Dallas affaire Ruby, 1965 Arthaud

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'assassinat de JFK, affaire classée, éd. de l'Homme, 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]