Oblomov

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Portrait d'Ivan Gontcharov.

Oblomov est un roman d'Ivan Gontcharov publié en 1859.

Le livre raconte l'histoire d'un propriétaire terrien habitant Saint-Pétersbourg, Ilya Ilitch Oblomov, qui cultive comme son bien le plus précieux un penchant naturel à la paresse. D'une aboulie chronique et d'une indécrottable apathie, ce personnage, hanté par la nostalgie d'une enfance heureuse et insouciante, passe ses jours à s'incruster dans son meuble favori, un divan. Même l'amour d'Olga se révèle en définitive insuffisant pour vaincre sa force d'inertie. Oblomov terminera ses jours dans la voie qu'il a choisie : faire corps avec son bien-aimé divan[1].

Le personnage d'Oblomov, qui n'a pas que des défauts – il est présenté également comme quelqu'un de droit et d'honnête[2] – est devenu symbolique en Russie. Le terme d'oblomovisme (russe : обломовщина, oblomovchtchina), que Gontcharov lui-même place dans la bouche de Stolz, l'ami d'Oblomov, tout au long du roman, a été repris par la critique littéraire, notamment par Nikolaï Dobrolioubov.

Critique[modifier | modifier le code]

Selon Léon Tolstoï, Oblomov est une œuvre capitale. Dostoïevski, pour sa part, affirme que le récit est « servi par un talent éblouissant ». Ce roman de mœurs fut payé à l'auteur 10 000 roubles par l’éditeur des Annales de la Patrie dans lesquelles il fut publié en 1859. Ce détail suffit à donner une idée de la popularité dont jouissait l’écrivain de son vivant. Son héros est un mythe littéraire russe, aussi présent que Faust ou Don Juan. Oblomov, aristocrate oisif, est dans la culture russe le prototype de l'homme paresseux et médiocre, qui a renoncé à ses ambitions pour une léthargie rêveuse, qu'il vit pourtant comme un drame. Le héros du roman de Gontcharov est un jeune aristocrate qui semble incapable de prendre des décisions ou d'effectuer la moindre action importante. Il ne quitte que rarement sa chambre ou son lit.

Considéré comme une satire de la noblesse russe du XIXe siècle, ce roman connut un grand succès en Russie et fait partie de la culture russe. « Oblomov » est dans la langue russe un mot qui désigne une personne inactive, ne parvenant pas à trouver le bonheur. Le nom d'Oblomov provient lui-même du mot russe облом (oblom) « cassure, brisure » : Oblomov est un homme dont le ressort intérieur est cassé[3].

Traductions[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, les éditions Gallimard publient une version largement tronquée dans leur collection de poche, Folio. Cette édition ne met en évidence que le côté paresseux du héros et supprime une bonne partie de la fin du roman ; elle est la cible de vives critiques. Il s'agit d'une traduction d'Arthur Adamov publiée originellement en 1959. C'est toujours cette version controversée qui est publiée chez Folio.
Les Éditions L'Âge d'Homme publient en 1986 une nouvelle traduction de Luba Jurgenson. C'est cette traduction qui est reprise par le Livre de Poche.

Adaptation théâtrale[modifier | modifier le code]

Une adaptation théâtrale d'Oblomov a été écrite, mise en scène au Studio des Champs-Élysées par Marcel Cuvelier, qui interprétait le personnage d'Oblomov. Cette pièce (publiée par L'Avant-scène) fut réalisée pour la télévision, du temps du direct, par Roger Kahane.

Cinéma[modifier | modifier le code]

En 1979, le cinéaste russe Nikita Mikhalkov a réalisé un film inspiré de ce roman, intitulé Quelques jours de la vie d'Oblomov, avec Oleg Tabakov dans le rôle principal.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Simard, Philosophiques, vol. 12, n° 2, 1985, p. 445-451.
  2. Stolz fait en quelque sorte son éloge funèbre tout à la fin du roman en ces termes : « Il n'était pas plus bête que d'autres, c'était une âme pure et claire, comme le verre ; généreux, doux – et il est mort ! »
  3. Toutefois, selon Henri Troyat (voir Bibliographie), le nom du héros serait plutôt à rapprocher du mot обломок (oblomok) « morceau, fragment » : Oblomov serait alors « un fragment d'homme, un être incomplet, qui passe son temps à refuser de vivre, pour être sûr de ne pas se tromper » (p.115).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]