Lézard des murailles

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Podarcis muralis

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Podarcis muralis

Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Sauria
Infra-ordre Scincomorpha
Famille Lacertidae
Genre Podarcis

Nom binominal

Podarcis muralis
(Laurenti, 1768)

Synonymes

  • Seps muralis Laurenti, 1768
  • Lacertus terrestris Garsault, 1764
  • Lacerta brongniardii Daudin, 1802
  • Lacerta merremia Risso, 1826
  • Lacerta muralis var. breviceps Boulenger, 1905
  • Lacerta muralis var. fusca maculiventris Werner, 1891

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Lézard des murailles (Podarcis muralis) est une espèce de sauriens de la famille des Lacertidae[1]. Ce petit lézard originaire d'Europe a été introduit en Amérique du Nord.

Distribution[modifier | modifier le code]

Aire de répartition de l'espèce Podarcis muralis selon l'UICN (consulté le 22 février 2013).

Cette espèce se rencontre en Europe[1] en Espagne, à Andorre, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Italie, en Slovénie, en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, en Serbie, en Monténégro, en Albanie, au Kosovo, en Macédoine, en Tchéquie, en Slovaquie, en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie, en Grèce et en Turquie.

Il a été introduit au Royaume-Uni, en Colombie-Britannique au Canada et en Ohio et au Kentucky aux États-Unis.

Habitat[modifier | modifier le code]

Il habite les vieux murs, les tas de pierres, les rochers, les carrières, les terrils, les souches et apprécie spécialement les rails ou les quais de gares peu fréquentés. Ce lézard est beaucoup plus urbain que les autres espèces.

Description[modifier | modifier le code]

Jeune lézard des murailles dans le Sud de la France.
Gros plan de la tête d'un lézard des murailles en Corrèze.
Un lézard en train de muer, photographié en Bourgogne, France.
Podarcis muralis

C'est un lézard[2],[3] de forme élancée, espèce extrêmement polymorphe, avec une variabilité extraordinaire de l'écaillure, une coloration très variable, brun, gris ou même verdâtre. La face ventrale est claire, jaune, bleu ou rougeâtre. La gorge est mouchetée de noir.

Le mâle mesure 20 cm, exceptionnellement 25 cm, la femelle 18 cm. On ne peut pas déterminer son sexe tant qu'il n'a pas atteint la maturité.

La queue de ce lézard casse facilement (autotomie), lui permettant ainsi d'échapper à des prédateurs. En effet, l'extrémité « perdue » continue à s'agiter ce qui constitue un leurre vis-à-vis de l'attaquant. Une queue de remplacement repousse progressivement mais elle est dépourvue d'écailles, et elle est uniformément gris sombre. Parfois elle peut repousser double.

On peut observer ce lézard toute l'année dans le Sud de la France.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Il se nourrit de chenilles, de papillons, d'orthoptères, d'araignées, de vers de terre, de criquets, de grillons, de teignes, de pucerons, de mouches

Reproduction[modifier | modifier le code]

L'accouplement a lieu au printemps, suivi de la ponte qui, selon les régions, intervient entre avril et juin. La durée de l'incubation est de quatre à onze semaines.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Il est principalement la proie des oiseaux et des hérissons ainsi que des chats près des zones habitées.

Parasitoses[modifier | modifier le code]

Il peut être parasité par des tiques.

Dénominations en français[modifier | modifier le code]

  • Nom accepté, recommandé ou typique en français : Lézard des murailles[4],[5],[6],[7]
  • Autre nom vulgaire (vulgarisation scientifique) : Lézard gris[5],[7]
  • Noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : la lagremuse est le nom commun (féminin) du lézard des murailles, terme autrefois couramment utilisé en Provence. L'auteur Jean Giono l'utilise dans ses écrits et nouvelles[8]. Marcel Pagnol emploie lui le terme « larmeuse » dans La gloire de mon père[9]. Plus au nord, dans la région du Gapençais, le lézard des murailles est aussi dénommé « lermuse », il devient « larmuse » dans la région du Trièves et enfin « larmouise » en Savoie[10]. Ce terme ne serait pas seulement un régionalisme patoisant, il trouverait son étymologie dans le nom latin du Ve siècle lacrimusa[11]. Il permet en outre de distinguer deux espèces : le lézard vert et le lézard des murailles.

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Reptarium Reptile Database (30 janvier 2014)[12] :

  • Podarcis muralis albanica (Bolkay, 1919)
  • Podarcis muralis beccarii (Lanza, 1958) - statut incertain
  • Podarcis muralis breviceps (Boulenger, 1905)
  • Podarcis muralis brongniardii (Daudin, 1802)
  • Podarcis muralis colosii (Taddei, 1949)
  • Podarcis muralis maculiventris (Werner, 1891)
  • Podarcis muralis marcuccii (Lanza, 1956) - statut incertain
  • Podarcis muralis muralis (Laurenti, 1768)
  • Podarcis muralis nigriventris Bonaparte, 1838
  • Podarcis muralis sammichelii Lanza, 1976

Le lézard des murailles et l'Homme[modifier | modifier le code]

Au début du siècle dernier les queues de lézard étaient supposées porter bonheur.

Cette espèce est protégée en France.

Le lézard des murailles est appelé « rapiète » dans le Sud-Ouest de la France. Il est également appelé « langrotte » en Saintonge (ce mot étant tiré de l'ancien patois saintongeais). Dans le Sud-Est, en Dauphiné par exemple, on le nomme « larmuze » (nom féminin)[13].

Vulnérabilité et menaces[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses espèces d'animaux à sang froid, il est sensible outre à la destruction de ses habitats, aux incendies de forêts, à de nombreux pesticides (insecticides neurotoxiques notamment) ; directement (mortalité par toxicité aiguë ou chronique), mais aussi indirectement (suite à la régression du nombre de ses proies).

La fragmentation écologique et anthropique de ses habitats est une possible cause de régression ; On manque de données concernant, pour cette espèce, les impacts de la fragmentation des continuités écopaysagères dans les paysages continentaux, mais ce lézard a été utilisé en raison de sa faible capacité de dispersion dans l'eau pour l'étude des effets génétiques de l'insularisation naturelle d'une partie d'un ancien Isthme en Grèce[14] qui s'est transformé en archipel (Ces îles se sont formées après la fin de la dernière glaciation, au fur et à mesure de la remontée du niveau marin ;
Cette étude visait aussi à mesurer les variation génétique qu'a subi ce taxon dans ce contexte (celui d'îles dont la formation a impliqué la création de goulot d'étranglement dans la métapopulation régionale de cette espèce)[14] ;
Cette étude a confirmé la faiblesse des échanges génétiques entre îles[14]. Elle a montré qu'il n'y avait pas dans ce cas de signes d'effet d'isolement par la distance, mais que l'évolution historique de la fragmentation de ce territoire autrefois continental expliquait les variations génétiques observées dans les populations insulaires, mieux que la proximité/éloignement géographique de ces mêmes populations. Plus grandes et plus jeunes sont les îles, plus la variété génétique est élevée ; Conformément à la théorie de l'insularisation écologique, les petites îles présentaient une plus grande divergence génétique (logiquement due à leur plus grande sensibilité à la dérive)[14]. L'analyse globale de ces résultats a fait conclure aux auteurs que de manière générale, en zone d'insularisation, ce sont à la fois l'aire de l'île, et le temps écoulé depuis son isolement qui sont les meilleurs indicateurs de la variation génétique[14].

Publications originales[modifier | modifier le code]

  • Bolkay, 1919 : Additions to the Herpetology of the Western Baltic Peninsula. Mus Bosni i Herzegovini, vol. 31, p. 1-38.
  • Bonaparte, 1838 : Amphibia Europaea - Ad Systema Nostrum Vertebratorum Ordinata. Memorie della Reale Accademia delle Scienze di Torino, vol. 2, no 2, p. 1-72.
  • Boulenger, 1905 : A contribution to the knowledge of the varieties of the Wall-Lizard (Lacerta muralis) in western Europe and North Africa. Transactions of the Zoological Society of London, vol. 17, p. 351-420 (texte intégral).
  • Daudin, 1802 : Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Reptiles; ouvrage faisant suit à l'Histoire naturelle générale et particulière, composée par Leclerc de Buffon; et rédigee par C.S. Sonnini, membre de plusieurs sociétés savantes. vol. 3, F. Dufart, Paris, p. 1-452 (texte intégral).
  • Lanza, 1956 : Contributo alla migliore conoscenza di alcune forme italiane di Lacerta muralis (Laurenti) e descrizione di una nuova razza dell Arcipelago Toscano. Monitore zoologico italiano, vol. 63, p. 259-284.
  • Lanza, 1958 : Notizie su due popolazioni insulari di Lacerta muralis e sulla Vipera ursinii in Italia. Annali del Museo Civico di Storia Naturale « G. Doria », Genova, vol. 70, p. 305-322.
  • Lanza, 1976 : On a new wall-lizard from Corsica, with notes on the Sanguinarie Islands. (Reptilia, Lacertidae). Natura Milano, vol. 67, no 3/4, p. 185-202.
  • Laurenti, 1768 : Specimen medicum, exhibens synopsin reptilium emendatam cum experimentis circa venena et antidota reptilium austriacorum Vienna Joan Thomae p. 1-217 (texte intégral).
  • Taddei, 1949 : Le Lacerte (Podarcis) delle Isole dell' Archipelgo Toscano. Monitore Zoologico Italiano, vol. 57, p. 12-34.
  • Werner, 1891 : Beiträge zur Kenntnis der Reptilien und Amphibien von Istrien und Dalmatien. Verhandlungen der Kaiserlich-Königlichen Zoologisch-Botanischen Gesellschaft in Wien, vol. 41, p. 751-768 (texte intégral).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Reptarium Reptile Database, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. Vacher et Geniez, Les reptiles de France, Belgique, Luxembourg et Suisse, Paris, Biotope, Mèze & Muséum national dʼHistoire naturelle,‎ 2010, 544 p. (ISBN 978-2-914817-49-3)
  3. Matz & Weber, 2002 : Guide des amphibiens et reptiles d'Europe Les Guides du naturaliste, Delachaux & Niestlé, p. 1-292.
  4. Nom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  5. a et b Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  6. Voir cette espèce sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)
  7. a et b Voir cette espèce sur le site idRef
  8. - Jean GIONO, "La grande barrière" 15ème texte du recueil de nouvelles "Solitude de la pitié".
  9. - Marcel Pagnol, " La gloire de mon père".
  10. Survivances du patois savoyard de Gaston Tuaillon
  11. Etymologie Occitane
  12. Reptarium Reptile Database, consulté le 30 janvier 2014
  13. Dictionnaire des Patois du Dauphiné
  14. a, b, c, d et e Hurston, Voith, Bonanno, Foufopoulos, Pafilis, Valakos & Anthony, 2009 : Effects of fragmentation on genetic diversity in island populations of the Aegean wall lizard Podarcis erhardii (Lacertidae, Reptilia). Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 52, no 2, p. 395-405 (Résumé).