Régine Cavagnoud

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Régine Cavagnoud Alpine skiing pictogram.svg
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Contexte général
Sport Ski alpin
Période active 1990-2001
Biographie
Nationalité sportive Drapeau : France France
Naissance
Lieu de naissance Thônes
Décès (à 31 ans)
Taille 1,63 m (5 4)
Palmarès
Or Arg. Bro.
Jeux olympiques d'hiver - - -
Championnats du monde 1 - -
Coupe du monde (globes) 1 - 2
Coupe du monde (épreuves) 8 6 9
* Dernière mise à jour : 31 janvier 2014

Régine Cavagnoud est une skieuse alpine française, née le 27 juin 1970 à Thônes, en Haute-Savoie, et décédée le 31 octobre 2001 à Innsbruck, en Autriche. Elle remporte un titre de championne du monde de Super G aux mondiaux 2001 de Sankt Anton. Deux fois troisième du classement général de la coupe du monde, elle remporte le petit globe de cristal de la spécialité du Super G en 2001. Elle perd la vie dans un accident, alors qu'elle effectue une descente d'entraînement sur le glacier du Pitztal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir commencé le ski à trois ans et fait sa première compétition à cinq ans dans sa station de La Clusaz[1], elle intègre l'équipe de France à l'âge de 15 ans. Elle connaît rapidement ses premières blessures : rupture des ligaments croisés du genou gauche, puis un an plus tard fracture de l'épaule droite et enfin en 1989, rupture des ligaments croisés du genou droit[2].

Pour ses premiers championnats du monde à Saalbach-Hinterglemm en 1991, elle termine dixième du combiné et douzième du Super G. L'année suivante, elle dispute les jeux olympiques d'Albertville. Elle obtient de nouveau son meilleur résultat dans de la discipline du combiné, une dixième place[2]. Elle obtient également une 17e en descente et une 26e en Super G[3]. Lors de l'hiver suivant, elle obtient ses deux premiers podiums en coupe du monde : après une quatrième place lors de la première descente de Veysonnaz en Suisse, elle termine seconde le lendemain, toujours en descente, puis troisième le surlendemain dans le Super G.

Elle subit ensuite une période plus difficile - elle connaît des douleurs dorsales qui l'obligent à s'entraîner avec une minerve[2], et des problèmes de confiance. Durant cette période, elle participe aux Jeux olympiques de Lillehammer où elle termine 11e du Super G, 18e su slalom géant et 26e de la descente, puis aux mondiaux 1996 de Sierra Nevada et 1997 de Sestrières où son meilleur résultat est une 21e place du Super G des mondiaux de Sestrières.

Mais ce n'est qu'à partir de 1999, après avoir acquis la maturité, qu'elle connaît ses meilleurs résultats. Elle obtient un nouveau podium de coupe du monde avec une troisième à Val d'Isère[4], puis une seconde place derrière Alexandra Meissnitzer à Veysonnaz. En janvier 1999, elle obtient enfin sa première victoire de coupe du monde en remportant la descente de Cortina d'Ampezzo[5]. Elle devient la première française à remporter une descente depuis Caroline Attia en 1982. Les deux jours suivant, elle termine troisième du Super G puis remporte sa seconde victoire du week-end en remportant le deuxième Super G[6]. Durant ce ce même week-end, elle obtient son meilleur résultat depuis le début de sa carrière en slalom géant avec une quatrième place. Toutefois, elle doit déclarer forfait pour les championnats du monde de Vail : elle se blesse lors du premier entraînement de la descente de ce mondial, une déchirure du ligament du genou droit[7].

Elle fait son retour sur le circuit de la coupe du monde la saison suivante et obtient sa première victoire en slalom géant lors de la course se déroulant à Copper Mountain en début de saison. Première de la première manche, elle s'impose finalement face à l'Italienne Karen Putzer malgré le 21e temps de la seconde manche[8]. C'est encore en géant qu'elle obtient son second podium de la saison, à Val d'Isère. C'est de nouveau à Cortina qu'elle remporte sa seconde victoire de la saison, en descente[9]. Elle termine ensuite seconde à Santa Caterina en Italie puis remporte sa troisième victoire de la saison lors de la descente de Bormio[10]. Elle termine à la troisième du classement général de la coupe du monde avec 1 036 points derrière les Autrichiennes Renate Götschl première avec 1 631 points et Michaela Dorfmeister[11]. Elle termine également quatrième de la coupe du monde de Super G et cinquième de la descente.

Régine Cavagnoud effectue un excellent début de saison 2000-2001 : elle débute par une quatrième place à Soelden en Autriche, puis, après une 17e à Park City, elle enchaîne une deuxième place à Aspen, quatre quatrième et une seconde places à Lake Louise. Elle remporte ensuite le Super G de Val d'Isère[12]. Cavagnoud, qui occupe alors la tête du classement de la spécialité devance l'Autrichienne Michaela Dorfmeister et une autre Française Carole Montillet. Dans le même mois, elle réussit un nouveau podium avec une troisième place à St. Moritz. Elle doit ensuite attendre janvier pour triompher de nouveau, lors du Super G de Haus im Ennstal. De retour à Cortina, elle réussit une troisième place de la descente puis remporte le Super G[13]. Avec deux secondes places puis trois victoires consécutives en Super G depuis le début de la saison, elle se présente en grande favorite de l'épreuve aux championnats du monde de Sankt Anton. Elle devance l'Italienne Isolde Kostner de cinq centièmes et l'Allemande Hilde Gerg. Elle est la première Française depuis Carole Merle en 1993 à remporter un titre mondial[14]. Lors des deux autres courses auxquelles elle participe, elle termine douzième de la descente et 17e du géant. Après le mondial, elle obtient deux autres podiums : une seconde place en descente à Lenzerheide et une troisième place en Super G à Are. Pour la seconde année consécutive, elle termine à la troisième place du classement général de la coupe du monde avec 1 105 points. C'est la Croate Janica Kostelić qui remporte le gros globe avec 1 256 points devant Renate Götschl[15]. Elle remporte toutefois le petit globe récompensant la gagnante de la coupe du monde de Super G.

Accident fatal[modifier | modifier le code]

La saison suivante s'annonce pleine de promesses, mais, le 29 octobre 2001, lors d'un entraînement commun avec l'équipe d'Allemagne sur le glacier du Pitztal, deux jours après le premier géant de la saison à Sölden ou elle s'est classée 3e, Régine Cavagnoud heurte Markus Anwander, entraîneur de l'équipe d'Allemagne, qui n'a pas été prévenu de son départ et s'est retrouvé sur la trajectoire. Lancée à environ 80 km/h[16], elle décolle sur une bosse et n'a aucune chance d'éviter Anwander. Le choc, tête contre tête, est énorme, projetant les deux corps inertes à plus de 100 m du point d'impact. Regine Cavagnoud souffre de dommages cérébraux importants qui ne cesseront de s'aggraver jusqu'à son décès, le 31 octobre 2001, à l'hopital d'Innsbruck. Elle repose désormais au cimetière de la station de La Clusaz[17]. Selon un expert autrichien le starter français David Fine n'aurait pas clairement indiqué au starter allemand Djesimir Peranic que Régine Cavagnoud allait descendre la piste.

Il s'agit du second accident mortel en ski alpin féminin, après celui d'Ulrike Maier en 1994.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques d'hiver[modifier | modifier le code]

Régine Cavagnoud participe à trois Jeux olympiques, aux jeux d'Albertville en 1992, jeux de Lillehammer en 1994 et jeux de Nagano en 1998. Elle dispute huit courses et obtient son meilleur résultat lors de la descente de Nagano où elle obtient une septième place.

Parcours aux jeux olympiques[18]
Épreuve / Édition Drapeau : France Albertville 1992 Drapeau : Norvège Lillehammer 1994 Drapeau : Japon Nagano 1998
Descente 17e 26e 7e
Super G 26e 11e 16e
Slalom Géant - 18e -
Slalom - - -
Combiné 10e - -

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Parcours aux Championnats du monde[19]
Épreuve / Édition Drapeau : Autriche Saalbach-Hinterglemm 1991 Drapeau : Japon Morioka-Shizukuishi 1993 Drapeau : Espagne Sierra Nevada 1996 Drapeau : Italie Sestrière 1997 Drapeau : Autriche Sankt Anton 2001
Descente - 11e 26e 26e 12e
Super G 12e 15e 25e 21e médaille d'or, Coupe du Monde Or
Slalom Géant - - - - 17e
Slalom - - - - -
Combiné 10e - - - -

Coupe du monde[modifier | modifier le code]

Au total, Régine Cavagnoud participe à 199 coupes du monde. Elle obtient 23 podiums, dont huit victoires[20]. Ces podiums se décomposent en trois victoires, trois seconde place et deux troisième place en descente, quatre victoires, trois seconde place et cinq troisième en super géant. Dans les disciplines techniques, elle remporte un seul slalom géant et obtient deux troisième place dans cette discipline. Elle obtient également trois seconde places en slalom.

Ses meilleurs résultats au classement au général sont deux troisième place, en 2000 et 2001. Elle remporte le classement du super G en 2001.

Saison par saison[modifier | modifier le code]

Arlberg-Kandahar[modifier | modifier le code]

Championnats de France[modifier | modifier le code]

  • Victoires en descente (1995, 1997), super G (1996), slalom géant (1996, 2001).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif l'Équipe, Le livre de l'année 2001, L'Équipe,‎ décembre 2001, 172 p. (ISBN 2951203144), « Régine s'en est allée », p. 161
  2. a, b et c Grégory Schneider, «La qualité première de Régine Cavagnoud était le ski et... le ski», sur liberation.fr,‎ 1er novembre 2001 (consulté le 4 juin 2011)
  3. (en) « Régine Cavagnoud », sur sports-reference.com (consulté le 4 juin 2011)
  4. « Ski alpin: la Française Cavagnoud sur le podium », sur humanite.fr,‎ 11 décembre 1998 (consulté le 4 juin 2011)
  5. (en) « Regine Cavagnoud clinches first victory », sur sportsillustrated.cnn.com,‎ 21 janvier 1999 (consulté le 4 juin 2011)
  6. « Régine Cavagnoud, enfin », sur lepoint.fr,‎ 30 janvier 1999 (consulté le 4 juin 2011)
  7. Lionel Froissart, « Régine Cavagnoud ne sera pas au départ. Blessée à un genou, elle quitte le championnat du monde. », sur liberation.fr,‎ 3 février 1999 (consulté le 4 juin 2011)
  8. « La Française Cavagnoud triomphe à Copper Mountain », sur rds.ca,‎ 19 novembre 1999 (consulté le 4 juin 2011)
  9. Lionel Froissart, « SKI. La Française s'y est encore imposée en Coupe du monde. Cortina, jardin d'hiver de Cavagnoud. », sur liberation.fr,‎ 24 janvier 2000 (consulté le 4 juin 2011)
  10. Dino Dimeo, « Ski. La Française s'impose dans l'ultime épreuve italienne. Régine Cavagnoud descend la fin de saison en flèche. », sur liberation.fr,‎ 16 mars 2000 (consulté le 4 juin 2011)
  11. (en) « Cup Standings 2000 », sur fis-ski.com (consulté le 4 juin 2011)
  12. « Cavagnoud remporte le super-G de Val d'Isère, Turgeon est dixième », sur tvanouvelles.ca,‎ 6 décembre 2000 (consulté le 4 juin 2011)
  13. « Super G Dames : Cavagnoud s'impose à Cortina », sur sport.fr,‎ 20 janvier 2001 (consulté le 4 juin 2011)
  14. Collectif l'Équipe, Le livre de l'année 2001, L'Équipe,‎ décembre 2001, 172 p. (ISBN 2951203144), « Cavagnoud, c'est fou ! », p. 33-34
  15. (en) « Cup Standings 2001 », sur fis-ski.com (consulté le 4 juin 2011)
  16. « Ski - Procès Cavagnoud - Verdict le 13 juin », sur www.lequipe.fr (consulté le 14 mai 2011)
  17. Lionel Froissart, « Un accident que personne ne comprend », sur liberation.fr,‎ 1er novembre 2001 (consulté le 4 juin 2011)
  18. (en) « Regine Cavagnoud Olympic Winter Games », sur fis-ski.com (consulté le 3 juin 2011)
  19. (en) « Regine Cavagnoud FIS World Ski Championships », sur fis-ski.com (consulté le 3 juin 2011)
  20. (en) « Régine Cavagnoud Biography », sur fis-ski.com (consulté le 4 juin 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]