Pripiat

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Pripiat
При́п'ять
Centre ville de Pripiat
Centre ville de Pripiat
Administration
Pays Ukraine Ukraine
Subdivision Flag of Kiev Oblast.svg Oblast de Kiev
Indicatif tél. +380 4499[1]
Démographie
Population hab.
Géographie
Coordonnées 51° 22′ 59″ N 30° 06′ 00″ E / 51.38306, 30.1 ()51° 22′ 59″ Nord 30° 06′ 00″ Est / 51.38306, 30.1 ()  
Divers
Fondation 1970
Statut Ville depuis 1979,
abandonnée depuis 1986
Localisation

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Pripiat
Liens
Site web www.pripyat.com/en
Sources
Liste des villes d'Ukraine
Vue de la centrale de Tchernobyl depuis Pripiat
Village fantôme près de la ville

Pripiat (en russe : Припять) ou Prypiat (en ukrainien : Прип'ять) est une ville fondée en 1970, en République socialiste soviétique d'Ukraine. Elle se trouve à 3 km de la centrale nucléaire de Tchernobyl et à une dizaine de kilomètres au nord de Tchernobyl. Elle est donc située dans la zone d'exclusion de 30 km mise en place autour de la centrale après la catastrophe nucléaire de 1986. Tout en conservant le statut de ville, elle est désormais une ville fantôme, inhabitée, tout comme les villages proches de Novochepelytchi, Kotcharivka et Kopatchi, situés à 7 km de Pripiat.

La ville tient son nom de la rivière éponyme qui arrose la ville et qui rejoint le Dniepr. Ce cours d'eau a été gravement contaminé lors de la catastrophe.

Origines[modifier | modifier le code]

Pripiat fut construit à l'origine dans les années 1960 afin d'héberger les employés de la centrale nucléaire. Sa population s'élevait à 21 711 habitants en 1979 [2]. Pripiat était alors considérée comme une « ville modèle » de l'architecture soviétique, possédant des logements de bonne qualité, une voirie dans un état correct, ainsi que des équipements culturels : jardins publics, installations sportives, cinémas, théâtres et un parc d'attractions qui devait être inauguré 4 jours après la catastrophe. C'est ainsi que l'on pouvait lire en 1976[3] :

«  C'est la centrale atomique de Tchernobyl, actuellement en construction, qui a donné naissance à la ville. […]

En U.R.S.S., les villes nouvelles sont développées d'une façon rationnelle. En même temps que l'on construit des habitations, on aménage un nombre adéquat de crèches et de jardins d'enfants, d'écoles, de commerces, d'établissements médicaux et culturels.

Pripet compte actuellement 15 000 habitants. Le total de la surface habitable de la ville dépasse 130 000 m2. On y trouve deux écoles secondaires fréquentées par plus de 2 000 élèves, quatre groupes combinés d'institutions enfantines pour 1 200 enfants, une école de musique. Des cinémas, des cafés, des magasins fonctionnent, les premières tranches d'un hôpital et d'une polyclinique ont été ouvertes, un palais de la culture et un centre commercial sont en cours d'aménagement…

[…]

L'endroit où est implanté Pripet est extrêmement pittoresque et l'une des principales préoccupations des urbanistes est de lui garder son aspect initial. La ville et la centrale ont été construites de telle sorte que l'environnement n'en souffre pas. La zone résidentielle est séparée de la centrale atomique et de la future zone industrielle par de larges espaces verts et, bien que la ville soit entourée de forêts, la création de parcs et de squares est prévue dans les plans. Cette année, les habitants de Pripet ont planté plus de 3 000 pieds de rose dans les rues.

Les énergéticiens ont démontré depuis longtemps que la « greffe » des centrales atomiques dans la nature est celle qui perturbe le moins l'environnement. Les installations de purification dont elles sont dotées et les mesures de protection prises lors de la construction excluent toute pollution de l'environnement. La centrale, par exemple, prélèvera l'eau du fleuve et l'utilisera en circuit fermé. La centrale n'est pas construite sur des terres arables, mais sur des berges sablonneuses. En aucun cas on ne construit des installations industrielles sur des terres propres à la culture.

(A.P.N.) »


À la veille de l'accident, elle comptait 49 360 habitants.

La catastrophe[modifier | modifier le code]

Article connexe : Catastrophe de Tchernobyl.

Le matin du , à 1 h 23, une explosion se produit à la centrale, le réacteur n°4 explose. L'explosion fait voler de nombreux débris radioactifs en l'air. Le lendemain, les habitants de Pripiat ne sont pas mis au courant de l'accident. Aucune mesure de protection n'est prise et la vie suit son cours. Très vite, Moscou apprend la catastrophe, mais la désinformation à l'intérieur du système soviétique est telle que le chef de l'état soviétique de l'époque Mikhaïl Gorbatchev mettra plus de deux heures avant de savoir ce qu'il se passe réellement. Des unités militaires sont envoyées sur place dans la précipitation mais les passants ne s'en préoccupent pas. Les militaires constatent que par endroit le taux de radiation dépasse les 1 röntgen (0,258 mC/kg). Une unité est envoyée au pied de la centrale, et les compteurs s'affolent.

Rapidement, la population est au courant des dangers des radiations et une période de panique s'installe. Le gouvernement de l'union soviétique décide alors de faire évacuer la ville.

Elle sera évacuée au bout de 30 heures, le 27 avril, le lendemain de l'explosion, dans l'urgence. Un convoi de l'armée soviétique composé de chars et 1225 autocars sera mobilisé afin d'accélerer le processus. La consigne avait été donnée de ne rien emporter, les autorités ayant annoncé un retour sous trois jours. Les bus chargés d’évacuer la population forment un convoi long de 20 km.

Immeubles, piscines, hôpitaux : tout est resté tel quel et même les objets les plus anodins (jouets d'enfants, journaux, etc.) ont été abandonnés dans l'urgence.

On trouve aussi beaucoup de véhicules de l'armée et de pompiers qui ont été abandonnés dans les alentours de la ville car leur exposition les avait rendus trop radioactifs pour pouvoir être réutilisés.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Pripiat est aujourd'hui une ville abandonnée et est devenue un musée témoignant de la fin de l'ère soviétique[4]. À ce titre la ville est souvent comparée à Pompéi.

Contrairement à Tchernobyl, où plusieurs habitants, souvent âgés, sont revenus vivre dans leurs foyers, Pripiat reste une ville complètement déserte. Sur la place centrale de la ville, la grande roue et les auto-tamponneuses ne bougent plus, elles rouillent et pourrissent sous la végétation. C'est aussi à cet endroit que le taux de radiation est le plus élevé (72 fois supérieur au taux maximal de sécurité). Les arbres sauvages ont envahi les bords de route.

Depuis quelques années, tout ce qui a de la valeur (postes de télévision, radiateurs notamment[5]) est volé et revendu, malgré les radiations et les points de contrôle. La police a déjà abattu plusieurs pillards sur le site. Mais aujourd'hui encore, on peut trouver, à même le sol, des livres ou des poupées abandonnées. Par ailleurs les bâtiments — des immeubles dortoirs, type HLM, ou encore des hôtels comme l'Hôtel Polissya — sont abandonnés. Dépossédés de leurs portes et de leurs fenêtres, ils peuvent être « visités » à volonté. Seules les voitures sont laissées à l'abandon.

Le danger y est très grand, en particulier pour les enfants. Les plus hauts taux de radioactivité sont d'ailleurs atteints à Pripiat (et non à Tchernobyl ou sur le site de la centrale, en partie décontaminés : les autorités ont notamment enterré à un mètre de profondeur les souches les plus sensibles, comme l'herbe ou la mousse, ce qui n'est pas le cas à Pripiat). Le danger peut toutefois évoluer en fonction de la météo et des endroits : ainsi par temps de pluie, les poussières (qui transportent la radioactivité) restent au sol et l'endroit est « plus sûr ».

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Références culturelles[modifier | modifier le code]

  • La ville a été comparée après coup à la zone du livre Stalker (parfois sous-titré Pique-nique au bord du chemin) des frères Strougatski et au film Stalker de Tarkovski qui en a été tiré en 1979.
  • S.T.A.L.K.E.R.: Shadow of Chernobyl et ses deux suites sont des jeux vidéo dont l'histoire se déroule autour de Tchernobyl et présentant Pripiat avec beaucoup de réalisme. Il est à noter que GSC Game World, le studio responsable du développement de cette série de jeux, est ukrainien.
  • Dans Call of Duty 4: Modern Warfare, une mission (en deux parties) du mode solo se déroule à Pripiat, une dizaine d'années après la catastrophe. Plusieurs bâtiments réels de la ville (piscine, grande roue, immeubles, hôtel…) sont représentés avec un grand réalisme. Une des cartes du mode multijoueur nommée Bloc reprend la mission à Pripiat pour scène en utilisant les HLM abandonnés comme terrain, avec une statue de soldat soviétique au centre.
  • En 1999, le cinéaste autrichien Nikolaus Geyrhalter a réalisé Pripyat, un documentaire sur les personnes qui sont restées dans la zone après la catastrophe.
  • La Terre outragée, sorti en 2012, est le premier film à parler et à évoquer cette histoire.
  • Chroniques de Tchernobyl, sorti en 2012, est un film d'horreur américain de Bradley Parker. Six jeunes touristes décident de vivre une « expérience extrême » en visitant la ville fantôme de Pripyat. Mystérieusement coincés dans ce désert, ils se rendent comptent qu'ils ne sont pas seuls en ces lieux. Malgré les apparences, le film n'a pas été tourné à Prypiat même, sans doute pour des questions de sécurité. L'équipe a préféré les villes de Belgrade (Serbie) et de Budapest (Hongrie) pour s'installer.
  • La nuit tombée, d'Antoine Choplin, paru en août 2012 aux Éditions La fosse aux ours, retrace le parcours de Gouri, ancien habitant de Prypiat.
  • En 2013, dans Die Hard : Belle journée pour mourir, John McClane se rend à Pripiat.
Panorama de Pripiat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. City Phone Codes
  2. (ru) Recensements de 1979 sur www.webgeo.ru
  3. Jacques Jourquin et al., Le Feu, vol. 160, Paris, Tallandier, coll. « Sciences du monde »,‎ 1976, « Actualités : Une ville créée par l'atome », p. V-VI
  4. Antoine De Baecque, « Après Tcherbobyl », L'Histoire, no 373,‎ mars 2012, p. 36 (ISSN 01822411).
  5. « Tchernobyl, mon amour », La Libre Belgique, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]