Centrale nucléaire de Tchernobyl

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Centrale nucléaire de Tchernobyl
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Tchernobyl
Le réacteur no 4 et son sarcophage.
Administration
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Oblast Oblast de Kiev
Coordonnées 51° 23′ 21″ N 30° 05′ 58″ E / 51.389211, 30.099342 ()51° 23′ 21″ Nord 30° 05′ 58″ Est / 51.389211, 30.099342 ()  
Année de construction 1971
Date de mise en service 1977
Statut À l'arrêt
Réacteurs
Type RBMK
Réacteurs actifs 4
Puissance nominale 4 × 1 000 MW
Production d’électricité
Divers
Site web http://www.chnpp.gov.ua/

Géolocalisation sur la carte : Oblast de Kiev

(Voir situation sur carte : Oblast de Kiev)
Centrale nucléaire de Tchernobyl

Géolocalisation sur la carte : Ukraine

(Voir situation sur carte : Ukraine)
Centrale nucléaire de Tchernobyl

La centrale nucléaire de Tchernobyl est une centrale nucléaire actuellement à l'arrêt, située en Ukraine dans la ville de Pripiat, à 18 km au nord-ouest de Tchernobyl, 16 km de la frontière entre l'Ukraine et la Biélorussie, et environ 110 km au nord de Kiev.

Le réacteur no 4 a été à l'origine de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, mais la centrale continua de fonctionner avec les autres réacteurs jusqu'en décembre 2000 alors que les villes de Tchernobyl et de Pripiat étaient pratiquement devenues des villes fantômes.

De 1986 à décembre 2000, jusqu'à 9 000 personnes ont travaillé à la centrale. Aujourd'hui, même à l'arrêt, elle emploie encore environ 3 000 personnes pour sa surveillance. Jusqu'en 1986, les travailleurs habitaient pour la plupart à la ville nouvelle de Pripiat construite en même temps que la centrale. En raison de l'évacuation de Pripiat après la catastrophe, les travailleurs habitent désormais Slavutych, une ville située à 45 km à l'est de la centrale en Ukraine. Elle a été construite pour remplacer Pripiat. Après 1986, un travail à Tchernobyl était attractif malgré les doses élevées de radioactivité, en raison des salaires exceptionnellement élevés et d'un rythme de deux semaines de travail / deux semaines de congés.

Construction[modifier | modifier le code]

La centrale disposait de six réacteurs nucléaires de type RBMK 1000 pour produire de l'électricité à partir de l'énergie nucléaire. La construction des réacteurs 1 et 2 débute en 1971 ; le premier est mis en service en 1977, le second, l’année suivante. Les réacteurs 3 et 4 sont mis en chantier en 1975 ; leur exploitation commence respectivement en 1981 et 1983. La construction des réacteurs 5 et 6, aussi d'une puissance de 1 000 MW, est interrompue par la catastrophe.

En 1985, l’Union soviétique dispose de 46 réacteurs nucléaires alors en fonctionnement dans le pays, dont une quinzaine d’exemplaires de type RBMK 1000 d'une puissance électrique de 1 000 mégawatts chacun. À cette époque, la part du nucléaire en Union soviétique représente environ 10 % de l'électricité produite, et la centrale de Tchernobyl fournit 10 % de l'électricité en Ukraine.

Il est à noter que la disposition générale de la centrale et son aspect extérieur rappellent à s'y méprendre la centrale nucléaire de Koursk. Elles ont été construites durant la même période.

Catastrophe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : catastrophe de Tchernobyl.

La catastrophe de Tchernobyl est un accident nucléaire majeur classé au septième et dernier niveau de l'échelle INES en raison de la fusion du cœur du réacteur numéro 4. Elle s'est produite le 26 avril 1986.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La centrale fonctionne encore pendant 14 ans[modifier | modifier le code]

Suite à l'accident, les trois réacteurs restants furent arrêtés, car le site était hautement contaminé par les radiations. Cependant, après un nettoyage à l'intérieur de la centrale et aux alentours, les réacteurs 1 et 2 et 3 furent redémarrés à la fin de l'année 1986.

Le réacteur 2 subit un accident nucléaire le 11 octobre 1991, à la suite duquel il ne fut pas redémarré en raison du coût élevé des réparations. Le réacteur 1 fut définitivement arrêté en novembre 1996. Le réacteur no 3, qui était le dernier réacteur encore en service à la centrale, fut arrêté définitivement en décembre 2000[1].

Les ruines du réacteur 4 resteront radioactives pendant les millénaires à venir. Le plutonium 239, qui est l'un des éléments radioactifs présents à l'intérieur du réacteur, a une demi-vie égale à 24 200 ans. Aujourd'hui, le réacteur est emprisonné dans un sarcophage de béton bardé d'acier et bourré de 300 000 tonnes de sable, d'argile, de plomb et de bore. Il nécessite une surveillance constante.

Le double sarcophage, en prévision d'un futur démantèlement[modifier | modifier le code]

Le consortium français, Novarka (associant les groupes français Vinci et Bouygues), a commencé fin août 2010 la construction d'une nouvelle charpente métallique de 18 000 tonnes (ou 23 000 tonnes[2]) qui recouvrira le premier sarcophage construit au-dessus du réacteur accidenté de la centrale nucléaire, fissurée en 2010 voire avant.

L'objectif est de permettre, à terme, la démolition de l'ensemble, et des travaux sous abri.

La phase commencée en 2010 consiste à battre les pieux qui viendront soutenir la plate-forme munie de rails. Celle-ci doit permettre à l'enceinte de confinement d'être glissée sur la chappe[3]. Le sarcophage sera garanti un siècle. Le budget de l'opération est porté à 1,54 milliard d'euros en 2011, et financé principalement par les pays européens. Le chantier ne sera pas terminé avant 2015[2].

Début 2013 (l'après-midi du 12 février précisément), à « plus de 50 mètres du sarcophage qui recouvre le réacteur accidenté en 1986 », et à quelques dizaines de mètres du futur sarcophage en construction (dont le chantier a débuté, à 150 m de là[4]), la partie haute des murs de béton du « bâtiment des turbines » du réacteur accidenté, ainsi qu'une partie de la toiture métallique, se sont effondrés sur et dans la salle des turbines, endommageant environ 600 mètres carrés du bâtiment[5]. Selon un communiqué du consortium Novarka cet effondrement résulterait de l'effet combiné du vent et du poids de la neige[4]. Selon l'Agence ukrainienne des situations d'urgence, le mur en béton et le toit métallique qui se sont effondrés ont été construits après la catastrophe de 1986 mais ne font pas partie des éléments du sarcophage lui-même. En réponse à Greenpeace-Russie s'inquiétant de risques pour le sarcophage, Mme Roudenko a expliqué que « Tous les éléments instables ont été renforcés et, selon les conclusions d'experts, il tiendra au moins jusqu'en 2023 »[4]. Ce bâtiment sera sous le futur second sarcophage, mais à ce stade, il y a eu plus de peur que de mal selon l'IRSN[6]

Conséquences sanitaires de la catastrophe[modifier | modifier le code]

Conséquences en Europe[modifier | modifier le code]

Suite à la catastrophe de Tchernobyl, un débat sur l'énergie nucléaire s'est tenu dans plusieurs pays utilisant l'énergie nucléaire. Le gouvernement italien met très rapidement en œuvre un plan de sortie du nucléaire civil, suivi par le gouvernement belge en 1999 puis le gouvernement allemand en 2000.

Conséquences en France[modifier | modifier le code]

En France, dans les jours qui suivirent la catastrophe, le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) minimisa les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en France. Pour obtenir des informations sur le nucléaire indépendantes des exploitants du nucléaire, de l'État et de tous partis politiques, plusieurs personnalités antinucléaires françaises fondèrent la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD). Le SCPRI fut rebaptisé Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI) en 1994 puis intégré à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en 2002.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'énergie nucléaire ou l'avènement de la mort statistique
  2. a et b Cédric Pietralunga, « Top départ pour le sarcophage géant au-dessus de Tchernobyl », sur Le Monde,‎ 25 avril 2012 (consulté le 25 avril 2012)
  3. Le Moniteur, n° 5576 du 8 octobre 2010.
  4. a, b et c Le Nouvel Observateur avec AFP (2013), Tchernobyl : un toit de la centrale s'est effondré ; 80 employés de Vinci et Bouygues ont été évacués "par précaution" ; Communiqué publié 2013-03-13, consulté 2013-02-21
  5. Émeline Ferard, Centrale de Tchernobyl : un toit et un mur se sont effondrés dans un bâtiment brève MaxiScience du 13 février 2013, consulté 2013-02-21
  6. Guillaume Malaurie Observateur du NouvelObs (2013), Toit effondré à Tchernobyl : plus de peur que de mal ; En l’état des informations, telle est la conclusion de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), 13-02-2013