Conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en France

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Les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en France, sont un sujet de débat depuis la catastrophe, en 1986. En effet, officiellement, il n'y a pas eu de conséquence négative pour la santé en France, ce qui est contesté par certaines associations souvent proche de mouvances antinucléaires, lesquels réclament une plus grande transparence des pouvoirs publics sur le sujet.

Passage du panache radioactif sur la France[modifier | modifier le code]

L’annonce de la catastrophe[modifier | modifier le code]

Le 28 avril 1986, vers 13 heures, les Suédois informent directement le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), dépendant du ministère de la Santé (mais aussi Centre de référence européen pour la mesure des faibles radioactivités), de la contamination de leur atmosphère qu’ils imputent à un accident nucléaire soviétique. Dans la soirée, le Kremlin reconnaît la survenue d’un accident dans un réacteur de type RBMK de la centrale de Tchernobyl, sans en préciser la date, l’importance ni les causes. Le soir même, le professeur Pierre Pellerin, directeur du SCPRI, fait équiper des avions d’Air France, se dirigeant vers le nord et l’est de l’Europe, de filtres permettant, à leur retour, d’analyser et faire connaître la composition de cette contamination. Invité du 13 heures d’Antenne 2, le lendemain 29 avril, Pierre Pellerin fait état de ses contacts avec les experts suédois, dénonce à l’avance le catastrophisme des médias et tient des propos rassurants : « même pour les Scandinaves, la santé n’est pas menacée. » Le soir même, son adjoint, le professeur Chanteur, répond à une question du présentateur : « on pourra certainement détecter dans quelques jours le passage des particules mais, du point de vue de la santé publique, il n’y a aucun risque »[1]. En France (comme en Suisse), les prévisions météorologiques sont favorables, et une présentatrice de la météo, Brigitte Simonetta annonce que l’anticyclone des Açores devrait bloquer l’arrivée éventuelle du panache radioactif sur Antenne 2 au journal télévisé de 20 heures, le 29 au soir.

C’est le terme impropre de « nuage » qui est bientôt popularisé en France, au lieu du terme de « panache ». Le panache, ensemble des émissions radioactives rejetées pendant les journées qui ont suivi l’accident, mélangées à l’air chaud de l’incendie du réacteur ne contient que très peu de vapeur d’eau. Il se dilue dans l’atmosphère, sa radioactivité diminuant selon les demi-vies des radioéléments relâchés. Les dépôts par temps sec sont fonction de la masse des particules ou aérosols et du relief. Mais les vrais nuages jouent un rôle important car s’ils crèvent au-dessus du panache, leurs gouttes d’eau entraînent plus abondamment les particules radioactives. La conjonction des deux, aléatoire, crée des dépôts humides géographiquement très hétérogènes, en taches de léopard.

L’arrivée du panache[modifier | modifier le code]

Mais les prévisions météorologiques sont fausses et une des branches du panache est détectée dans l’après-midi du lendemain 30 avril par le Laboratoire d’écologie marine de Monaco, avant de l’être dans l’ensemble du midi de la France. Pendant la nuit, tandis que cette branche remonte en direction du nord du pays, suivie d’une station météo à l’autre, une autre branche venant plus directement de l’est, aborde aussi le territoire à une altitude différente. Monaco puis le SCPRI (par télex envoyé à minuit) en informent l’Agence France-Presse. La nouvelle est reprise le lendemain 1er mai par les médias en activité : Noël Mamère, au journal télévisé de 13 heures, reprend les termes du télex du professeur Pellerin : « ce matin, le SCPRI a annoncé une légère hausse de la radioactivité de l’air, non significative pour la santé publique, dans le sud-est de la France et plus spécialement au-dessus de Monaco ». La presse nationale du lendemain 2 mai en fera ses gros titres : Le Figaro : « La France touchée à son tour », France-Soir : « Des nuages radioactifs au-dessus de la France », etc.

« La détection des aérosols radioactifs ayant survolé le territoire après l’accident a été rapide. Les mesures des activités p-total (mesure de l’activité de tous les radionucléides émetteurs bêta) dans l’air de l’environnement des centres du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) ont été effectuées dans les 24 heures qui ont suivi leur détection (entre le 29 et 30 avril). Dès le 1er mai, on avait ainsi connaissance d’une élévation anormale de l’activité de l’air les 29 et 30 avril. »[2]

La communication[modifier | modifier le code]

Aucun texte officiel ne précise comment doit être organisée la communication en pareil cas et les ministères du tout nouveau gouvernement Chirac (première cohabitation) sont heureux de trouver en la personne du professeur Pellerin un expert qui veut bien l’improviser, malgré la faiblesse de ses moyens et son manque d’expérience dans le domaine médiatique. C’est à lui principalement que reviendra la tâche d’informer les Français des résultats des mesures de contamination radioactive et du niveau de risque couru, même si Michèle Barzach, ministre chargé de la Santé, signe certains communiqués de synthèse. Pour compliquer la situation, le panache survient à la veille d’un week-end de quatre jours (le 1er mai tombe un jeudi) qui a vidé les ministères, comme certains organes de presse, et ralenti le transport par la poste des échantillons radioactifs prélevés dans toute la France, alors que Jacques Chirac accompagne le président Mitterrand à Tokyo pour un sommet des chefs d’État occidentaux. Les ministres concernés, mal coordonnés, interviendront peu par la suite, et de façon parfois maladroite. Mobilisé 24 heures sur 24, le SCPRI, assisté de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN), une branche semi-autonome du CEA que dirige François Cogné, multiplie les mesures globales sur le territoire (lait, eau, air) et tous les soirs à minuit, à partir du 30 avril, fait état par télex à l’AFP de ses constatations et conclusions. Aucun chiffre n’est communiqué durant la première semaine mais le ton est rassurant. Se basant sur les recommandations en vigueur de la communauté scientifique internationale, le SCPRI juge tout de suite que la contamination des aliments produits en France sera trop faible pour poser un vrai problème de santé publique et qu’il n’y a pas lieu de prendre de mesures de précaution particulières, sauf sur les produits importés de l’Est de l’Europe (une question débattue à Bruxelles par l’ensemble des pays de la Communauté européenne). Ce faisant, il cherche à éviter les paniques constatées dans les autres pays affectés et ses conséquences (des milliers d’avortements totalement injustifiés sur le plan médical, par exemple). Dès le 2 mai à minuit, le professeur Pellerin diffuse un communiqué selon lequel il faudrait imaginer des élévations dix mille ou cent mille fois plus importantes pour que commencent à se poser des problèmes significatifs d’hygiène publique. Il précise que les prises préventives d’iode destinées à bloquer le fonctionnement de la thyroïde ne sont ni justifiées ni opportunes.

Déclarations des autorités[modifier | modifier le code]

Le gouvernement français estime alors qu’aucune mesure particulière de sécurité n’est nécessaire. Le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), placé sous la direction du professeur Pierre Pellerin et sous la tutelle du ministère de la Santé, annonce le 29 avril 1986 par un premier communiqué qu'« aucune élévation significative de la radioactivité n'a été constatée ».

L'analyse dix-sept ans plus tard des relevés faits à l'époque confirme ce diagnostic : « Les mesures d’aérosols atmosphériques effectuées principalement par le SCPRI et le CEA, permettaient la caractérisation des masses d’air contaminé très rapidement en fournissant une bonne indication des niveaux d’activité atteints. Ces mesures […] permettaient d’évaluer dans des délais satisfaisants les doses reçues par la population lors du passage du nuage. Ces doses efficaces qui sont faibles, inférieures à 0,5 μSv pour l’irradiation externe et inférieures à 20 μSv pour l’inhalation (IPSN, 1986 ; Renaud et al., 1999a), ne nécessitaient pas à elles seules de dispositions particulières de protection de la population (mise à l’abri ou distribution d’iode stable). » [2] Le SCPRI mentionne dans un communiqué dès le 30 avril une « légère hausse de la radioactivité atmosphérique, non significative pour la santé publique[3] ».

Le 2 mai 1986, le professeur Pellerin diffuse un communiqué selon lequel « les prises préventives d'iode ne sont ni justifiées, ni opportunes » et « il faudrait imaginer des élévations dix mille ou cent mille fois plus importantes pour que commencent à se poser des problèmes significatifs d'hygiène publique[4] ».

Controverses sur le nuage radioactif[modifier | modifier le code]

Le 30 avril, la présentatrice Brigitte Simonetta annonce dans un bulletin météorologique d'Antenne 2 que la France est protégée du « nuage » par l’anticyclone des Açores[5],[6].

Une polémique s’ensuit, sous forme d'attaques diffamatoires menées par des ONG et des militants antinucléaires, souvent résumée par « le nuage s’est arrêté à la frontière ». Libération affirme que « les pouvoirs publics ont menti en France » et que « Le professeur Pellerin [en] a fait l’aveu », alors que le journal indique clairement le 2 mai 1986, que le professeur annonçait que "l'augmentation de radioactivité enregistrée sur l'ensemble du territoire était sans aucun danger pour la santé"[7].

Par la suite, le professeur Pellerin porte plainte pour diffamation contre différents médias ou personnalités qui ont affirmé qu'il avait déclaré que « le nuage de Tchernobyl s'est arrêté à la frontière française ». N'ayant jamais prononcé cette phrase, il gagne tous les procès en première instance, en appel et en cassation[8]. Seule une condamnation de la justice française pour « diffamation publique envers un fonctionnaire » de Noël Mamère pour des propos tenus en 1999 a été sanctionnée par la Cour européenne des droits de l'homme, celle-ci estimant qu'en 1999 « le SCPRI n’existait plus et, âgé de 76 ans, le fonctionnaire en question n’était plus en activité[9] ».

Controverses sur la contamination[modifier | modifier le code]

La dose moyenne reçue à la suite du passage du « nuage » de Tchernobyl sur la France a pu être évaluée par certaines sources à une moyenne d'environ 0,01 mSv (millisievert), « correspondant à un séjour de quelques semaines en montagne » (pour l'irradiation externe)[10], et par d'autres de 0,025 mSv à 0,4 mSv, selon la localisation géographique. Cet écart est retenu par exemple par Georges Charpak[11] : « la dose moyenne reçue par les populations françaises estimée pour 1986 est comprise entre moins de 0,025 mSv dans l'Ouest et 0,4 mSv dans l'Est. » Dans tous les cas, ces doses se situent donc dans la gamme des faibles doses d'irradiation.

Douze ans après le passage du nuage, des travaux rétrospectifs géographiquement plus précis ont été mis en œuvre, avec par exemple le Projet CAROL pour la basse vallée du Rhône[12], qui concluent à une très nette corrélation entre contamination surfacique au sols et pluviométrie au moment du passage du nuage : « Négligeables en Camargue, ces dépôts humides ont dépassé couramment 15 000 Bq·m-2, et 25 000 Bq·m-2 dans les endroits les plus arrosés début mai 1986, comme les environs de Vaison-la-Romaine. Ils sont venus s’ajouter à la rémanence des retombées anciennes des essais atmosphériques d’armes nucléaires, de l’ordre de 1 500 à 2 500 Bq·m-2. ». Cette étude a également montré de très fortes hétérogénéités entre les contaminations mesurées au sein d’une même commune, et pose quelques hypothèses d'explication, évaluant aussi les incertitudes pour ce type de cartographie[12].

Le réexamen des données collectées montre que les premières communications, faites dans l’urgence, avaient sous-évalué les retombées, parfois d'un facteur dix : « Cette relation pluie-dépôt a permis d’aboutir à une carte des dépôts théoriques de césium 137 et d'iode 131 en 1986. Cette carte fait apparaître des dépôts supérieurs, voire très supérieurs aux estimations faites à l’époque, notamment sur toutes les zones de l’Est de la France ayant reçu des précipitations supérieures à 20 mm. Si l’on excepte le premier bilan établi le 7 mai par le SCPRI, mentionnant des dépôts extrêmement faibles et inférieurs à 1 000 Bq/m2, la première carte publiée par cet organisme dans son bulletin mensuel de juin 1986 (sorti quelques semaines plus tard) faisait état de dépôts moyens régionaux de césium 137 allant de 1 000 à 5 400 Bq/m2 dans l’Est de la France (SCPRI, 1986) alors qu’ils ont pu atteindre jusqu’à 40 000 Bq/m2. »[2]

Le 24 février 2002, la CRIIRAD publie un atlas qui, selon elle, révélerait de façon détaillée la contamination du territoire français par le nuage de Tchernobyl[13],[14]. Par extrapolation des mesures relevées entre 1988 et 1992, les villes de Mélon, Ghisonaccia-gare, Clairvaux-Les-Lacs ou Strasbourg y sont présentées comme ayant eu en mai 1986 des activités surfaciques de césium 137 supérieures à 30 000 becquerels/m2. Les ordres de grandeurs sont très similaires à ceux publiés par l'IRSN en 2005 dans sa reconstitution des retombées de Tchernobyl[15].En 1992, les mesures dans certaines villes mettaient en évidence un taux supérieur à 3 000 Bq/m2.

Ces niveaux de contamination, tout en étant détectables, restent à un niveau faible. Le becquerel mesure en effet la désintégration d'un atome unique chaque seconde, une radioactivité mesurable peut être le fait de traces chimiques à peine détectables par ailleurs. À titre de comparaison, la radioactivité naturelle d'un corps humain (due principalement au potassium 40 contenu dans les os) est de l'ordre de 8 000 becquerels pour une surface de peau de l'ordre de 2 m2.

Le 25 février 2002, la controverse, qui dure depuis des années, conduit le gouvernement Jospin (lettre de mission de Bernard Kouchner et Yves Cochet) à demander au professeur André Aurengo de présider un groupe de travail chargé de « réaliser la cartographie de la contamination du territoire (…) afin de reconstituer les doses et les risques correspondants pour la population française ». Le délai fixé par le gouvernement est de 6 mois, mais les associations antinucléaires refusent de participer au groupe de travail et, pour constituer ce dernier, André Aurengo doit faire appel à des experts étrangers. Le 24 avril 2003, l’IRSN publie une nouvelle carte de la contamination de la France par le nuage de Tchernobyl, où les valeurs atteignent 40 000 becquerels/m2. Le professeur Aurengo se déclare « consterné que de tels résultats, méthodologiquement aussi contestables et très probablement faux, aient pu être diffusés sans aucune validation scientifique »[16]. Les désaccords d'ordre scientifique se poursuivent entre l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et le président du groupe de travail quant aux modèles physiques utilisés (proportionnalité discutable entre précipitations pluviales et contamination alimentaire, validité des mesures du césium pour évaluer la contamination en iode). Faute d’accord, le Conseil scientifique de l’IRSN fait appel à une commission ad hoc constituée d’experts étrangers du domaine du nucléaire. Leur avis, rendu le 27 mars 2006, rend hommage au travail effectué par l’IRSN, mais conclut à l’impossibilité de reconstituer fidèlement le passé et juge inapproprié d’estimer les doses à la thyroïde sur la base d’estimation de dépôts de césium corrélés avec des données météorologiques lorsque les pluies sont importantes. Faute d’un accord entre l’IRSN et le professeur Aurengo, ce dernier remet au gouvernement un rapport personnel, le 18 avril 2006. Il ne sera pas rendu public.

Les retombées en France ont fait l’objet d’un rapport de l'IRSN[17]. Dans l'instruction d'une plainte déposée en France en 2001 par des personnes ayant contracté un cancer de la thyroïde, un rapport rédigé par Georges Charpak, Richard L. Garwin et Venance Journé, affirme que le SCPRI a fourni des cartes « inexactes dans plusieurs domaines » et « n'a pas restitué toutes les informations qui étaient à sa disposition aux autorités décisionnaires ou au public »[18]. Ce rapport reproche au SCPRI une communication fausse mais pas d'avoir mis en danger la population.

Controverses sur les conséquences sanitaires en France[modifier | modifier le code]

Cancers de la thyroïde[modifier | modifier le code]

Dans la zone de Tchernobyl, beaucoup plus exposée que les régions françaises, il n'y a pas eu d'augmentation des cancers provoqués par la catastrophe chez les adultes, mais il y a eu une augmentation du nombre d'enfants atteints, estimée à 5 000 cas[19],[20].

En France, l'Institut de veille sanitaire exclut une augmentation des cancers de la thyroïde suite aux retombées de Tchernobyl[21].

Effet des faibles doses de radiations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Faibles doses d'irradiation.

Les conséquences sanitaires des faibles doses de radiations sont controversées, et deux hypothèses principales existent :

  • selon l'une d'entre elles, les faibles doses de radiations n'auraient pas de conséquences néfastes en matière de cancer, et le risque pourrait même diminuer dans certains cas (phénomène d'hormèse) ; c'est cette thèse que défend le professeur Aurengo[22], ainsi que l'académie de médecine[23]. Si l'on retient cette première hypothèse, la catastrophe de Tchernobyl n'aurait pas provoqué d'augmentation du nombre de cancers en France ;
  • selon l'autre thèse, le risque de cancer varie linéairement avec la dose, sans qu'il existe de seuil de disparition du risque ; c'est cette dernière que reprennent notamment un rapport de l'Académie des sciences française de 1995[24], et un rapport de l'académie de science américaine[25]. Si l'on retient cette seconde hypothèse, la catastrophe de Tchernobyl entraînerait un surcroît de décès par cancers en France.

En France l'Académie des sciences et l'Académie de médecine adoptèrent en 2005 les conclusions du groupe de travail du professeur Aurengo[26].

Nombre de cancers supplémentaires[modifier | modifier le code]

Georges Charpak a évalué le surcroît de cancers à 100 décès sur un an, et environ 300 sur 30 ans, en partant de l'hypothèse d'une dose moyenne de 0,05 mSv une année après Tchernobyl, soit environ 10 000. Il juge que « la grande majorité des cancers ne sont pas causés par l'accident, y compris dans les zones les plus affectées, à la notable exception du cancer de la thyroïde de l'ensemble des cancers mortels sur la même période[27] ».

Le nombre de cancers de la thyroïde a augmenté en France régulièrement d'environ 7 % en moyenne par an depuis 1975 (soit un quadruplement en 19 ans), sans inflexion particulière en 1986. Selon la Société française d'énergie nucléaire cette augmentation est due à l'amélioration du dépistage ; ces cancers représentent sensiblement 1 % du total des cancers qui apparaissent en France et la mortalité correspondante a tendance à diminuer[3]. Dans la zone de Tchernobyl elle-même, il a été constaté une augmentation du nombre de cancers de la thyroïde des adultes dans les mêmes proportions, donc il n'y a pas eu de surmortalité détectable des adultes. Dans les régions françaises du Calvados, on assiste au même quadruplement de ce nombre de cancers ; en région Champagne-Ardenne, il y a eu seulement un doublement de ce nombre révélé par une étude équivalente, alors que cette région a reçu plus de retombées que l'Ouest de la France.

Les cancers de la thyroïde sont très majoritairement féminins et l'évolution de leur nombre suit l'évolution du nombre de cancers du sein. A priori deux phénomènes concomitants sont à prendre en compte :

  1. l'augmentation du nombre de cancers détectés par l'accroissement de la sensibilité des appareils à ultrasons : le seuil de détection des nodules est passé d'un diamètre de 10 mm à 2 mm.
  2. évolution dans les comportements féminins de prise d'hormones de substitutions pré- à post- ménopause.

L'iode radioactif est très couramment utilisé comme radiopharmaceutique en scintigraphie ou en traitement d'hyperthyroïdies. Le service de médecine nucléaire d'un hôpital consomme environ un Curie d'iode 131 par an. Ces examens ne sont pas pratiqués sur les enfants de moins de quinze ans, qui seraient plus susceptibles de développer ce type de cancer[réf. nécessaire]. Il a été constaté une augmentation du taux de cancers secondaires de la thyroïde sur des personnes soumises à une radiothérapie de la thyroïde utilisant une forte dose d'iode 131[réf. nécessaire].

Selon l'étude de l'INVS parue en 2006, les résultats ne vont pas globalement dans le sens d’un éventuel effet de l’accident de Tchernobyl sur les cancers de la thyroïde en France. Toutefois, l'incidence observée des cancers de la thyroïde en Corse est élevée chez l'homme[28],[29].

L'IRSN se refuse à fournir les estimations des quantités d'iode 131 qui se sont déposées dans l'environnement français à la suite de l'accident de Tchernobyl. Ces données, réclamées depuis 2009 par le directeur de recherche de l'INSERM de Villejuif, Florent de Valthaire, sont destinées à conduire une étude sur les cancers de la thyroïde [30].

Actions en justice des malades de la thyroïde[modifier | modifier le code]

Depuis mars 2001, 400 poursuites ont été engagées en France contre 'X' par l'Association française des malades de la thyroïde, dont 200 en avril 2006. Ces personnes sont affectées par des cancers de la thyroïde ou goitres, et ont accusé le gouvernement français, à cette époque dirigé par le premier ministre Jacques Chirac, de ne pas avoir informé correctement la population des risques liés aux retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl. L'accusation met en relation les mesures de protection de la santé publique dans les pays voisins (avertissement contre la consommation de légumes verts ou de lait par les enfants et les femmes enceintes) avec la contamination relativement importante subie par l'Est de la France et la Corse. Plusieurs études européennes (dont l'étude de 2006 de l'IRSN) ont étudié une possible corrélation entre la catastrophe de Tchernobyl et l'augmentation du nombre de cancers de la thyroïde en Europe sans pouvoir établir un lien de cause à effet. Les causes de mortalité n'étant plus les mêmes, la proportion de mort par cancer augmente[31], cela est antérieur à la catastrophe et s'observe également dans les zones non contaminées[32].De nouvelles plaintes sont néanmoins déposées par des malades et il reste à la justice à se prononcer sur ce phénomène[33].

Dans une lettre publiée à leur frais dans Libération le 19 novembre 2005, 52 médecins spécialistes montrent que « ces malades français sont les otages d’un lobby anti-nucléaire et juridicomédical » : alors que seuls des enfants ont été atteints en Ukraine, la plupart des plaignants français étaient adultes en 1986. Les signataire soulignaient que[34] :

  • l’incidence des cancers de la thyroïde est multipliée par 3 depuis 1975 mais sans accélération après 1986 ;
  • le nuage a bien traversé l’est de la France, le midi et la Corse et les autorités l’ont annoncé dès le 1er mai 1986 ;
  • le vent avait dispersé les particules radioactives et elles avaient décru pendant les 2 000 km du trajet d’un facteur de 50 000 ;
  • la quantité de radioactivité respirée par la population et déposée sur les sols était inférieure au seuil d’alerte de l’époque.

Selon la Société française d'énergie nucléaire « Les registres des cancers ont révélé une augmentation préférentielle de cas à l’Ouest de la France, région la moins exposée aux retombées du nuage radioactif. » « L’augmentation mondiale des découvertes de cancers de la thyroïde résulte surtout des progrès de la médecine et du dépistage. » « C’est un besoin naturel des individus de trouver une explication simple et de bon sens, idéalement extérieure, aux maux qui les accablent. En matière de maladie thyroïdienne, Tchernobyl fournit le parfait alibi[3]. »

Risques liés à l'alimentation[modifier | modifier le code]

Les recommandations de l'OMS sur le lait préconisent une activité annuelle inférieure à 100 000 becquerels d'iode radioactif, soit une activité moyenne inférieure à 600 becquerels par litre de lait.

Le 7 mai 1986, un courrier de l'Organisation mondiale de la santé indique que « des restrictions quant à la consommation immédiate [du] lait peuvent donc demeurer justifiées. » Une note du 16 mai émanant du ministère de l'Intérieur, à l'époque dirigé par Charles Pasqua déclare « Nous avons des chiffres qui ne peuvent pas être diffusés. (…) Accord entre SCPRI et IPSN pour ne pas sortir de chiffres[35]. »

Le 16 mai, une réunion de crise se tient au ministère de l'Intérieur : du lait de brebis en Corse présente une contamination par l'iode 131 anormalement élevée, d'une activité de plus de 10 000 becquerels par litre ; les relevés du SCPRI de 1986 relèvent 6 000 becquerels par litre de lait en certains endroits du territoire, notamment en Corse et dans l'Est de la France. Dans la mesure où la catastrophe qui produisait la pollution à l'iode radioactif était un événement ponctuel, et que l'iode 131 a une demi-vie courte (l'activité au bout de deux mois est difficilement détectable), il a été jugé que le bilan de l'activité radioactive sur une année ne serait pas affecté sensiblement, et les autorités n'ont pas pris de mesure particulières.

Selon la Société française d'énergie nucléaire des études montrent que pour le cas extrême d'un chasseur consommant 40 kg de sangliers « contaminés » par an, « sa dose efficace engagée serait alors voisine de 1 millisievert pour l’année 1997, c’est-à-dire nettement inférieure à la dose résultant de la seule radioactivité naturelle et de l’ordre de la limite de dose réglementaire établie pour le public (1 mSv/an) - elle-même bien en deçà des niveaux présentant un risque avéré[3]. »

Controverses sur la position des autorités[modifier | modifier le code]

Dès l'époque de la catastrophe de Tchernobyl, des écologistes et des scientifiques ont dénoncé le contraste entre les déclarations des autorités françaises et les mesures d'urgences prises dans les autres pays voisins — en Allemagne par exemple, où la consommation des produits frais a été interdite.

Le livre Contaminations radioactives : atlas France et Europe (Éditions Yves Michel - 2002), publié par la CRIIRAD, affirme mettre en évidence les « carences et les mensonges des services officiels français ».

Selon un article de Fabrice Nodé-Langlois dans Le Figaro du 13 mai 2005, citant un reportage d'Envoyé spécial, il serait aujourd'hui « bien établi que le SCPRI a menti par omission, et n'a pas rendu publiques toutes les mesures de radioactivité dont il disposait ».

En mars 2005, deux « experts indépendants », Paul Genty et Gilbert Mouthon, ont remis un rapport au juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy. Ce rapport s'inscrit dans l'instruction judiciaire entamée en mars 2001 par le dépôt de plainte contre X pour « défaut de protection des populations contre les retombées radioactives de l'accident » par l'Association française des malades de la thyroïde et la CRIIRAD. Ils affirment qu'ils ont constaté que sur la base de documents saisis lors de perquisitions dans des ministères et organismes impliqués dans la prévention du risque nucléaire, les mesures de radioactivité effectuées à l'époque par les autorités françaises, EDF, la Cogema ou la gendarmerie étaient beaucoup plus élevées que celles communiquées à la presse et à l'opinion publique[36].

Sur la base du rapport Genty-Mouthon, la CRIIRAD a demandé la mise en examen du professeur Pierre Pellerin pour « mise en danger délibérée et de diffusion de fausses nouvelles de nature à tromper les concitoyens sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl », et l'audition de Pierre Galle, Raymond Paulin et Jean Coursaget sur « les éléments erronés » contenus dans leur Mise au point historique sur Tchernobyl (article publié par l'Académie des sciences). Cet article concluait qu'« en France, les retombées ont été très inférieures à celles qui auraient pu justifier des contre-mesures (sanitaires) préventives ». Le secrétaire perpétuel de l'Académie a rappelé que cet article n'exprime pas la position officielle de l'Académie mais n'est qu'un élément du débat[37].

Dans un article publié le 24 avril 2006 un journaliste du quotidien Le Monde observe que l'effet de Tchernobyl en France a été jusqu'à mille fois sous-évalué[38]. La conclusion de l'article est néanmoins qu'il est impossible de discerner l'effet dû à Tchernobyl car le nombre de cas de cancers de la thyroïde est inférieur à la marge d'erreur du nombre de cas de cancers spontanés.

Nicolas Sarkozy, ultérieurement président de la République française de 2007 à 2012, a été chargé de mission de 1987 à mai 1988 pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au sein du ministère de l'Intérieur[39], une fonction qui donne lieu à polémiques, en 2007, en raison de sa possible implication dans la gestion des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl[40].

Le cas particulier de la Corse[modifier | modifier le code]

Le cas de la Corse semble néanmoins justifier une étude plus attentive.

En raison de fortes pluies concomitantes au passage du « nuage de Tchernobyl » au-dessus de l'Est de la Corse, une partie de cette région semble avoir été la plus touchée de France par les retombées aériennes du nuage[41]. D'autre part, les populations vivant en zone de montagne semblent avoir une alimentation déficitaire en iode, ce qui est un facteur de risque supplémentaire pour la thyroïde.

Deux mesures d'activité du sol pour le 137Cs ont été faites par les autorités en 1986 dans les zones les plus touchées par les pluies. La première a été faite sur un échantillon de sol de la région d'Aléria montrait des dépôts de 14 500 Bq/m2, l'autre de 19 250 Bq/m2 sur une terrasse alluviale de la vallée du Tavignano, au lieu-dit de « Tobia » près de Corte[42]. De son côté, la CRIIRAD a mesuré 31 400 Bq/m2 sur un sol de Ghisonaccia[43]. Comme il y a eu des orages importants ces jours là, des précipitations intenses ont aussi pu avoir lieu sur des zones non équipées de pluviomètres[43]. En 2002, sur la base de mesures de radioactivité de plus d'une centaine d'échantillons, l'IRSN publie un tableau de mesure pour différents sites en Corse, montrant que l'activité surfacique totale était localement importante, atteignant par exemple 89 500 Bq/m2 au Col de Larone)[43].

Des indices laissaient penser que pour des personnes qui ont vécu ou vivent encore en dans les zones de Corse touchées par les pluies du « nuage de Tchernobyl », existait une augmentation du nombre de plusieurs pathologies de la thyroïde, cancer notamment. Mais le lien avec l’accident de Tchernobyl a été contesté[44],[45]. Personne ne nie que dans le monde le nombre de pathologies de la thyroïde a effectivement augmenté (doublement en Europe[46]) et il y a bien une augmentation significative du risque de cancer de la thyroïde signalée et scientifiquement reconnue dans plusieurs pays[47],[48],[49]. Cependant, cette augmentation d'une part a commencé avant l'accident de Tchernobyl, et d'autre part n'est pas centrée sur les zones où il a plu lors du passage du nuage ; une grande partie du monde non concernée par les pluies lors du passage du nuage est également touchée par l'augmentation des thyroïdites.

Néanmoins, quelques anomalies étaient observées dans le cas de la Corse pouvant être attribuées au passage du nuage[50],[51]. Deux médecins-experts avaient été nommés par la Justice suite aux inquiétudes de la « Commission sur les retombées de Tchernobyl en Corse », mais sans avoir pu produire des résultats statistiquement significatifs[52]. Pour sortir du doute, les membres de l'Assemblée de Corse ont décidé de « faire réaliser par une structure indépendante (…) une enquête épidémiologique sur les retombées en Corse de la catastrophe de Tchernobyl »[41]. Cette nouvelle étude[41] a été conduite par une équipe d'épidémiologistes et statisticiens de l'Unité médicale universitaire de Gênes. Elle est basée sur l’analyse d’environ 14.000 dossiers médicaux.

Les auteurs concluent en 2013 à un risque effectivement plus élevé chez les hommes des pathologies thyroïdiennes dues à l'exposition au nuage. L'augmentation chez eux des cancers de la thyroïde due au facteur Tchernobyl serait de 28,29 %, celle des thyroïdites de +78,28%, et celle de l'hyperthyroïdisme de 103,21 %. Concernant les femmes, la faiblesse des échantillons statistiques ne permet pas de conclure pour les pathologies hors thyroïdites ; pour ces dernières, l'augmentation due à Tchernobyl est chiffrée à 55,33 %[41]. Concernant les enfants corses exposés au nuage, l'étude conclut à une augmentation des thyroïdites et adénomes bénins, et à une augmentation statistiquement non significative des leucémies aigües et des cas d’hypothyroïdisme[53].

Cette étude, non publiée dans une revue à comité de lecture, a fait l'objet de critiques de la part d'une association, qui met en avant des faiblesses méthodologiques (erreur dans un calcul, absence de mention de l'intervalle de confiance sur certaines données)[54].

Alors que les responsables de l'étude mettent en avant la méthodologie utilisée pour éliminer les facteurs de confusion possibles, dont l'augmentation générale des cas de cancers de la thyroïde[55], la Ministre de la Santé, Marisol Touraine rappelle ce facteur de confusion possible, et rejette ces résultats car « "l'étude italienne ne permet pas aujourd'hui selon ses données méthodologiques d'établir un lien de cause à effet plus direct entre le nuage de Tchernobyl et le développement de ces cancers »[56]. L'IRSN juge dans un avis[57] que « les interprétations des auteurs en termes de “risques attribuables au nuage de Tchernobyl” vont bien au-delà de ce que devraient permettre les analyses réalisées ».

La commission nommée par la collectivité territoriale de Corse, qui a commandé cette étude, et sa présidente Josette Risterucci estiment que l’augmentation du risque est maintenant incontestable. À l'occasion du rendu de l'étude, elle a déploré « le manque de réactivité des autorités compétentes » lors du passage du nuage[52], de même que - selon elle - les carences des enquêtes effectuées par les organismes officiels qui ont abouti à « une situation délétère de confusion et polémiques ». Elle souhaite une « reconnaissance officielle du préjudice »[52].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Livre de Bernard Lerouge et al, Tchernobyl, un « nuage » passe… Les faits et les controverses. L’Harmattan 2009
  2. a, b et c Les retombées de l'accident de Tchernobyl en France : analyse critique des mesures effectuées à l'époque sur le territoire national et enseignements pour la gestion de crise. Ph. Renaud and D. Louvat, Radioprotection Vol. 38 No. 4, p. 529.
  3. a, b, c et d Tchernobyl 20 ans après : Nouveau regard sur Tchernobyl. L'impact sur la santé et l'environnement, Société française d'énergie nucléaire (SFEN), p. 8-10
  4. Communiqué du professeur Pellerin, directeur du SCPRI, diffusé à de très nombreux destinataires le 2 mai 1986
  5. Le nuage radioactif bloqué par l'anticyclone des Açores
  6. Communiqué de presse du SCPRI en juin 1986
  7. extrait du journal Libération du 2 mai 1986
  8. http://www.sfen.org/IMG/pdf/communique_sfen_pellerin_21nov2012-.pdf
  9. Arrêt de la Cour, affaire Mamère c. France, site officiel
  10. Élément de sûreté nucléaire, Jacques Libman, EDP Sciences, 2001
  11. De Tchernobyl en tchernobyls, G. Charpak, avec Richard L. Garwin et Venance Journé, Éditions Odile Jacob, 2005 (ISBN 2-7381-1374-5), p. 226
  12. a et b P. Renaud, J.M. Métivier, M. Morello, Modélisation de la répartition spatiale du 137Cs dans la basse vallée du Rhône (à partir de 77 résultats de mesurages de l’activité en 137Cs d’échantillons de sols prélevés dans le Bas-Rhône entre 1991 et 1997 par l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) et la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD); Rapport DPRE/SERNAT/2001-017 (01/12/1998)
  13. http://www.criirad.org/actualites/communiques/tchernobyl/atlas/cp.invitn1conf.pdf
  14. Corinne Castanier, Contamination des sols français par les retombées de l'accident de Tchernobyl : Les preuves du mensonge, Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité,‎ 2005 (réimpr. Mise à jour juillet 2005) (1re éd. 2002) (lire en ligne)
  15. Dépôts au sol en France, IRSN, fiche Tchernobyl no 4, 2006
  16. Le Monde, 17 juin 2003
  17. Cartographie des retombées radioactives de l’accident de Tchernobyl en France : présentation comparée des différentes approches
  18. Extrait du rapport cité p. 235 de l'ouvrage De Tchernobyl en tchernobyls (voir bibliographie) : « Le SCPRI avait pleinement connaissance du dépassement quelquefois très important des valeurs de la radioactivité […] les cartes qui ont été fournies par le SCPRI sont inexactes dans plusieurs domaines […] le SCPRI n'a visiblement pas restitué toutes les informations qui étaient en sa possession aux autorités décisionnaires ou au public […]. Les risques de contamination ont toujours été niés ainsi que l'irradiation de la population avec, pour conséquence, l'absence de toute prophylaxie et en particulier l'absence de l'administration d'iode. »
  19. Consensus Scientifique sur l'Accident Nucléaire de Tchernobyl: Quel a été l’impact de l’accident de Tchernobyl sur la santé humaine ? Synthèse du rapport (en)Chernobyl's legacy: Health, Environmental and Socio-Economic Impacts du Forum Tchernobyl mise en ligne par l'association greenfacts.
  20. (en) Reiners C, « Radioactivity and thyroid cancer », Hormones (Athens), vol. 8, no 3,‎ 2009, p. 185-91. (PMID 19671517, lire en ligne [html]) modifier
  21. http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=7044
  22. On en trouvera des éléments dans la conférence Radioactivité et santé (novembre 2003)
  23. [PDF] Irradiation médicale, déchets, désinformation : un avis de l’Académie de médecine. Guy de Thé et Maurice Tubiana. Communiqué adopté le 4 décembre 2001.
  24. Rapport cité dans De Tchernobyl en tchernobyls, p. 116-117
  25. Il soutient le modèle dit LNT d'une variation linéaire du risque de cancer à faibles doses, sans effet de seuil. [PDF]Résumé.
  26. [PDF] La relation dose-effet et l’estimation des effets cancérogènes des faibles doses de rayonnements ionisants, rapport commun de l'Académie des sciences et de l'Académie nationale de Médecine, mars 2005, Éditions Nucléon, diffusion par EDP sciences.
  27. Rapport De Tchernobyl en tchernobyls, p. 226-227.
  28. Synthèse du rapport de INVS
  29. Rapport complet de l'INVS
  30. Paul Benkimoun et Hervé Morin, En France l'étude impossible sur l'impact des retombées de Tchernobyl, Le Monde du 6 avril 2011, p. 4.
  31. Jean de Kervasdoué, La peur est au dessus de nos moyens, Plon, 2011, 235 p. (OCLC 718515147)
  32. Étude 2003 sur Tchernobyl et le cancer de la thyroïde sur doctissimo
  33. Nouvelles plaintes de malades français après Tchernobyl - RFI, 26 avril 2006
  34. http://www.sfmag.net/article.php3?id_article=3513
  35. Le Monde du 25 février 2002
  36. « Tchernobyl : un mensonge français » sur le site de la chaîne France 5, émission C dans l'air, 25 avril 2005
  37. Tchernobyl : la manipulation de M. Pellerin - Le Monde du 13 juillet 2006
  38. L'effet de Tchernobyl en France a été jusqu'à mille fois sous-évalué
  39. Claire Ané, « Sarkozy et Tchernobyl, la rumeur qui court le net », Le Monde, 11 avril 2007
  40. « Sarkozy-Tchernobyl et la désinformation », Culture critique / World Press, 30 mars 2007
  41. a, b, c et d Synthèse de l’Enquête épidémiologique rétroactive concernant les conséquences du nuage de Tchernobyl sur les populations de Corse ; Équipe de recherche du Professeur Paolo Cremonesi, Structure Complexe de médecine et chirurgie d’acceptation et d’urgence ; Hôpital Galliera, Gênes ; PDF, 36p.
  42. Ottavi et Charlent (1988), Le Tavignano en Corse - Étude d'un bassin versant après les retombées de l'accident de Tchernobyl - IVe Symposium international de radioécologie de Cadarache, CEN Cadarache, 14-18 mars 1988
  43. a, b et c L Pourcelot, Ph Renaud, JM Métivier et D Louvat (2002)Étude des retombées de l'accident de Tchernobyl en Corse : Estimation des dépôts de 1986 et état actuel de la contamination des sols, IRSN, Rapport IRSN/02621, mai 2002 (voir notamment p. 7/33)
  44. [1]
  45. Laurence Chérié-Challine et les membres du comité de rédaction (2006) Surveillance sanitaire en France en lien avec l’accident de Tchernobyl, Bilan actualisé sur les cancers thyroïdiens et études épidémiologiques en cours en 2006 ; ISBN 2-11-096297-6
  46. Pöllänen R, Valkama I, Toivonen H (1997), Transport of radioactive particles from the Chernobyl accident. Atm Environm 1997; Vol. 31, No. 21, p. 3575-3590.
  47. Kilfoy BA, Zheng T, Holford TR, Han X, Ward MH, Sjodin A, Zhang Y, Bai Y, Zhu C, Guo GL, Rothman N, Zhang Y 2009 International patterns and trends in thyroid cancer incidence, 1973–2002. Cancer Causes Control 20:525–531
  48. Davies L, Welch HG 2006 Increasing incidence of thyroid cancer in the United States, 1973–2002. JAMA 295:2164–2167
  49. Liu S, Semenciw R, Ugnat AM, Mao Y 2001 Increasing thyroid cancer incidence in Canada, 1970–1996: time trends and age-period-cohort effects. Br J Cancer 85:1335-1339
  50. M. Gandhi, V. Evdokimova, and Y. E. Nikiforov, “Mechanisms of chromosomal rearrangements in solid tumors: the model of papillary thyroid carcinoma”, Molecular and Cellular Endocrinology, vol. 321, no. 1, p. 36–43, 2010.
  51. Y. E. Nikiforov, J. M. Rowland, K. E. Bove, H. Monforte-Munoz, and J. A. Fagin, “Distinct pattern of ret oncogene rearrangements in morphological variants of radiation-induced and sporadic thyroid papillary carcinomas in children”, Cancer Research, vol. 57, no. 9, p. 1690–1694, 1997
  52. a, b et c Philippe Collet (2013), Tchernobyl : une étude italienne fait état d'une augmentation des maladies thyroïdiennes en Corse, actu environnement ; Hygiene / Securite / Sante, publié 2013-07-10, consulté 2013-07-10
  53. Enquête épidémiologique rétroactive concernant les conséquences du nuage de Tchernobyl sur les populations de Corse, phase 2
  54. Nicolas Gauvrit et Jérôme Quirant, de l'Association française pour l'information scientifique, mettent sérieusement en doute la qualité de cette étude dans Tchernobyl : la désinformation rebondit en Corse
  55. http://www.corse.fr/Consultez-le-rapport-final-relatif-a-l-enquete-epidemiologique-retroactive-concernant-les-consequences-du-nuage-de_a4221.html Étude Partie phase 1, p. 169, 201 et suivantes ; partie Phase 2, pages 17 à 24
  56. Touraine rejette une étude pointant un effet Tchernobyl en Corse Le Midi-libre/AFP, 23 juillet 2013
  57. IRSN, « Avis de l’IRSN sur l’enquête épidémiologique rétroactive concernant les conséquences du nuage de Tchernobyl sur les populations de Corse réalisée par le groupement italien Ospedali Galliera »,‎ 24 juillet 2013 (consulté le 26 juillet 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Aurengo, « Tchernobyl : quelles conséquences pour la France ? », Pour la Science, no 344,‎ juin 2006, p. 26-29 (ISSN 0153-4092, lire en ligne).
  • CRIIRAD et André Paris, Contaminations radioactives : atlas France et Europe, Gap, Y. Michel, coll. « Écologie »,‎ 2002, 196 p. (ISBN 2-913492-15-0).
  • Jean-Michel Jacquemin (préf. Théodore Monod), Ce fameux nuage, Tchernobyl : la France contaminée : suivi d'un dossier sur les conséquences dans la région de Tchernobyl, Paris, Sang de la terre, coll. « Les dossiers de l'écologie »,‎ 1999, 347 p. (ISBN 2-86985-120-0).
  • Jean-Michel Jacquemin (préf. Jean-Guy Talamoni), Tchernobyl : aujourd'hui, les Français malades, Monaco, éditions du Rocher, coll. « Un pavé dans la mare »,‎ 2001, 371 p. (ISBN 2-86985-120-0).
  • Jean-Michel Jacquemin, Tchernobyl, j'accuse ! : conséquences en France, Paris, Sang de la terre, coll. « Les dossiers de l'écologie »,‎ 2002, 213 p. (ISBN 2-86985-146-4).
  • Jean-Michel Jacquemin-Raffestin (préf. Dominique Belpomme), Tchernobyl, 20 ans après : cachez ce nuage que je ne saurais voir..., Paris, G. Trédaniel,‎ 2006, 388 p. (ISBN 2-84445-676-6).
  • Bernard Lerouge (avec le concours de Yvon Grall et Pierre Schmitt), Tchernobyl, un nuage passe : les faits et les controverses, Paris, l'Harmattan, coll. « Questions contemporaines / Série Globalisation et sciences sociales »,‎ 2009, 278 p. (ISBN 978-2-296-06685-4).
  • Raymond Micoulaut, Tchernobyl : l'histoire d'une désinformation, Paris, l'Harmattan, coll. « Questions contemporaines »,‎ 2006, 223 p. (ISBN 2-296-00512-8).
  • Philippe Renaud, Didier Champion et Jean Brenot, Les Retombées radioactives de l'accident de Tchernobyl sur le territoire français : conséquences environnementales et exposition des personnes, Paris, éd. Tec & doc, coll. « Sciences & techniques »,‎ 2007, 190 p. (ISBN 978-2-7430-1027-0).
  • Tchernobyl : anatomie d'un nuage : inventaire provisoire des dégâts physiques et moraux consécutifs à la catastrophe du 26 avril 1986, Paris, éditions Gérard Lebovici,‎ 1987, 157 p. (ISBN 2-85184-178-5).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]