Marcel Gili

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Marcel Gili en 1955

Marcel Gili, né le à Thuir dans le Roussillon et mort le à Paris, est un sculpteur, peintre et professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marcel, Justin, Gili, fils de Isidore Gili et de Raymonde Rière d'Altariva, est cadet d'une famille de treize enfants. Son père possède une entreprise familiale de maçonnerie et par ailleurs est musicien et compositeur de sardanes. Son frère aîné est chef de cobla (la Coble des Combo-Gili, fondée en 1913). Travaillant avec son père sur les chantiers, il abandonne rapidement le violoncelle pour se consacrer au rugby à XV et commencer à tailler des blocs de ciment.

Trouvant ces œuvres intéressantes, son neveu François, plus âgé, premier violon au Capitole de Toulouse fait rencontrer à Marcel Gili le sculpteur Gustave Violet qui vient voir son travail à Thuir et convainc son père de le laisser entrer dans son atelier, qu'il fréquentera pendant deux ans. Six mois plus tard, à 16 ans, Marcel Gili réalise avec lui une sculpture de 17 mètres de long avec 34 personnages, commande pour la piscine Nakach de Toulouse. Puis Aristide Maillol l'invite à Banyuls-sur-Mer et l'initie au croquis sur le vif. Louis Noguères, avocat, maire de Thuir et futur président de la Haute cours de Justice de Paris, lui commande en 1930 son buste et lui offre en échange un voyage à Paris où il séjourne quelques semaines.

Après avoir exposé à Perpignan à la galerie Campistro en 1932, Marcel Gili revient à Paris en 1933 et rend visite à Marly-le-Roi à Aristide Maillol qui lui fait monter certaines figures. Il participe en 1935 à l’organisation du premier Salon d’Art Mural où il rencontre Henri Laurens dont il reconnaîtra avoir traversé un moment l'influence « fortifiante », mais aussi Ossip Zadkine, Raoul Dufy, Robert Delaunay, Fernand Léger, Auguste Perret, Albert Gleizes, Le Corbusier, Max Jacob et Jean Cassou. Il est ainsi proche du groupe « Abstraction-Création ». De 1936 à 1938 il expose ses sculptures, notamment sur le thème des « Athlètes » à la galerie Jeanne Castel à Paris.

Prisonnier évadé en 1940 sur le Rhin, Marcel Gili est en 1943 membre fondateur du Salon de Mai dirigé par Gaston Diehl[1], auquel il participe régulièrement. Il est également en 1948 membre fondateur du « Salon de la jeune sculpture » et expose au Salon des Réalités Nouvelles. En 1947 il enseigne la sculpture à l'école des beaux-arts de Bourges.

A partie de 1948 Marcel Gili présente des expositions personnelles, en 1954 au Musée des Arts Décoratifs. Il participe à de nombreuses expositions collectives, notamment à Rio de Janeiro (Art français contemporain), à la Biennale de Venise et au Salon de la jeune sculpture en 1948, au Salon de l’Art Français à Tokyo en 1951, à celui de la Sculpture Française à Bruxelles en 1952, à la Biennale de la Sculpture de plein air à Anvers en 1953 et 1955, à la Triennale de Milan en 1954, puis en France (Paris, Céret, Caen, Bourges, Orléans, Collioure, Perpignan, Montpellier, Toulouse, Mulhouse, Brest, Besançon, Clermont-Ferrand, Vannes), en Autriche (1955), en Suède (1955), aux Pays-Bas (1958 et 1959), au Japon ( 1962 et 1963), en Allemagne (1964), à Cuba (1967), en URSS (1979), en Grèce et en Italie (1979).

En 1962 Marcel Gili achète le Mas Génégals près de Vingrau dans lequel il passe ses congés. Passionné par l'astrophysique, il réalise une série de « Météorites ». De 1969 à 1981 il enseigne à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. La fin de sa vie est partagée entre Paris et sa Catalogne natale. En 1989 une rétrospective de son œuvre est présentée à l'Ecole Nationale Supérieur des Beaux-Arts de Paris. Marcel Gili décède brusquement en 1993 de complications postopératoires.

Des expositions de ses œuvres sont présentées à Paris en 2003, à Narbonne en 2005. Elles sont exposées de façon permanente par l'association des Ami-e-s de Marcel Gili et par Geneviève Gili au Mas Génégals (Vingrau).

Entrée de l'atelier de Marcel Gili à Vingrau

L' œuvre[modifier | modifier le code]

Quand il réalise l’« Éveil » au début des années 1950, œuvre monumentale conçue pour l’extérieur, il pratique encore la taille directe, à même le bloc de pierre, mais il s’est éloigné de la tradition naturaliste de Maillol et de ses prédécesseurs. Il s’exprime dans un modernisme mesuré, atténuant les rondeurs et les courbes féminines par un jeu de lignes angulaires : des bras levés de chaque côté de la tête légèrement penchée, des jambes repliées sous la jupe qui forme un plan triangulaire accrochant la lumière. Le geste des bras levés pour soutenir la masse des cheveux suggère en effet l’éveil, l’arrachement au statisme.

Par la suite, ses recherches le mènent toujours davantage vers la matière originelle d’où s’extraient des figures humaines en devenir, ne touchant l’abstraction qu’en apparence. De la taille directe il passe au modelage, au bronze, enfin au métal martelé, cuivre ou aluminium qui s’adaptent aux exigences de l’architecture contemporaine.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Marcel Gili est le père de quatre enfants. Avec Madeleine Gili (peintre), sa première épouse, de Raymond Gili, architecte (1941), père de quatre enfants, d'Alain Gili (1946), écrivain, animateur et créateur de festivals (Fifai, Festival international du film d'Afrique et des Îles - La Réunion), et d'Inès Gili, enseignante au Canada, mère de deux enfants. Avec Geneviève Gili (peintre), sa seconde épouse d'Estève Gili (1968), directeur artistique et designer graphique, père de trois enfants.

Jugements[modifier | modifier le code]

« Dans tout l'oeuvre de Marcel Gili, deux grandes forces, deux forces premières commandent: d'une part l'élan d'une joie sensuelle qui anime les formes, les rend rayonnantes (formes de la femme, formes du couple, formes du cosmos), d'autre part l'emprise du tragique qui déchire ou tourmente les formes, les rend signes de douleur, de destruction, de mort. (...) Il est sûr que tout l'oeuvre de Marcel Gili, qu'il soit dessin, peinture ou sculpture, se réfère, tantôt secrètement, tantôt de façon plus délibérée, à une dimension cosmique de notre être. Par là, il constitue, hors de tout dogme, une expérience originale du sacré. »

Georges-Emmanuel Clancier[2]

« D'où lui est venue cette attention au vivant dans sa présence non pas unique, mais multiple? Peut-être n'avait-il pas oublié les masses mouvantes des troupeaux, le vrombissement des essaims, le scintillement des bancs de poissons. Il a reconnu cette abondance dans le grouillement de vie que révèle le microscope. Et il a ainsi construit des tremblements de vie qui auraient pu être sans fin s'il ne les avait tranchés comme on découpe au couteau dans la masse un échantillon pour faire prendre conscience de ce que c'est que la force vitale. Avant lui, la sculpture n'avait pas encore montré cela. »

Pierre Descargues

Collections publiques[modifier | modifier le code]

  • L'athlète, Thuir
  • L'athlète maîtrisant la brute, Monument à la Résistance, 1954-1970, près du palais des Congrès, à l'entrée du square Bir-Hakeim, Perpignan
  • L'homme accroupi, Musée Rigaud, Perpignan

Illustration[modifier | modifier le code]

  • Ludovic Massé, La Terre du liège, roman, illustrations de Marcel Gili, L'amitié par le livre, 1953
  • Cyprien Lloansi, Lumière d'olivier, avec un dessin de Marcel Gili, Édition Pierre Seghers, 1957

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Marcel Gili: 200 œuvres récentes, peintures, sculptures, dessins, estampages, textes de Georges Pillement et Jean Goldman, Maison de la Culture de Bourges, 14 mars - 22 avril 1969.
  • Marcel Gili, textes de Sylvie Poujade, Antonio Alvaro, Antonio Cayrol et Georges-Emmanuel Clancier, Musée d'art Moderne, Céret, 1977
  • Marcel Gili, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, 1988.
  • Marcel Gili, Mas Génégals, préface de Claude Delmas, textes de Marcel Gili (« L'abstrait, introduction à l'art figuratif ? », « L'art, facteur de possession du monde », « Image d'Epinal de mon enfance », « Écrits sur l'art »), Vingrau, 1993, 56 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Stephan Oriach, Marcel Gili, 1990.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. aux cotés de Henri-Georges Adam, Emmanuel Auricoste, Lucien Coutaud, Robert Couturier, Jacques Despierre, Léon Gischia, Francis Gruber, Jean Le Moal, Alfred Manessier, André Marchand, Édouard Pignon, Gustave Singier, Claude Venard et Roger Vieillard.
  2. Marcel Gili, Musée d'art Moderne, Céret, 1977.

Lien externe[modifier | modifier le code]