John Lennon/Plastic Ono Band

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John Lennon/Plastic Ono Band

Album par John Lennon
Sortie 11 décembre 1970
Enregistré 26 septembre au 23 octobre 1970
Studios Abbey Road, Londres
Tittenhurst Park, Ascot
Durée 39 minutes (approx.)
Genre Pop rock, folk rock
Format 33 tours
Producteur John Lennon
Yoko Ono
Phil Spector
Label Apple
Critique

Albums par John Lennon

Singles

  1. Mother/Why
    Sortie : 28 décembre 1970

John Lennon/Plastic Ono Band est le premier album solo de John Lennon. Auparavant, il a réalisé des albums expérimentaux avec Yoko Ono, ainsi que le Live Peace in Toronto 1969, enregistré en public à Toronto et attribué à The Plastic Ono Band. Cet album est l’un des plus populaires de Lennon en solo. John Lennon et Yoko Ono ont fait appel à Phil Spector, qui avait déjà produit le hit de Lennon Instant Karma!, pour co-produire cet album dans les studios Abbey Road.

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

L'année 1969 est très mouvementée pour John Lennon : mariage avec Yoko Ono, les « bed in », divers engagements contre la Guerre du Viêt Nam, participation à Toronto au festival pour la paix (où sera réalisé Live Peace in Toronto 1969), un concert au London Lyceum, deux albums expérimentaux, deux singles (Give Peace a Chance et Cold Turkey), et une dispute en septembre avec les autres Beatles qui le poussera à leur annoncer en privé son retrait définitif du groupe.

Le premier semestre de 1970 s’avérera très difficile pour Lennon. D’emblée, son projet de festival pour la paix, prévu pour l’été 1970, est annulé. Le conflit d'intérêt qui l'oppose à Paul McCartney s'aggrave malgré la reprise par Phil Spector de la post-production de l'album Let It Be. Par ailleurs, ses problèmes récurrents avec les forces de l'ordre et la justice font les choux gras des tabloïds londoniens. Malgré tout, le single Instant Karma! sort en février et obtient un beau succès dans les charts.

John Lennon et Yoko Ono se cloîtrent dans leur nouvelle propriété de Tittenhurst Park, dépendants aux drogues dures, d’où ils prennent connaissance du communiqué de presse dans lequel Paul McCartney annonce sa volonté de quitter les Beatles. Cette nouvelle n’est cependant que l’officialisation d’une volonté exprimée depuis plusieurs mois au sein du groupe.

C’est ainsi qu’ils décident de suivre une thérapie chez le docteur Arthur Janov, spécialiste du cri primal (primal scream) qui consiste à l’aide de cris et de pleurs à replacer le patient dans les situations les plus critiques de sa lointaine enfance. Même si la thérapie fut interrompue et inachevée du fait du départ des Lennon des États-Unis, elle eut des conséquences intéressantes sur l’artiste.

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Revenu en Angleterre, John Lennon enregistre à partir du 26 septembre aux studios Abbey Road avec le Plastic Ono Band. Le Plastic Ono Band était un groupe à géométrie variable dont le personnel pouvait varier selon les projets. Pour cet album, on retrouve Ringo Starr à la batterie et Klaus Voormann à la basse. Billy Preston joue du piano sur God et Phil Spector sur Love. John Lennon est au chant, à la guitare et au piano sur les autres morceaux.

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Analyse musicale[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons de l'album ont été écrites et composées par John Lennon. Le disque s'ouvre avec Mother, la base du disque, comparable à l’enfance qui est le point de départ de la vie. Après quatre coups de cloche glacials, commence ce rock tragique et émotionnel où l’auteur dans un trait de génie arrive à résumer dans de courts vers toute la douleur qu’il a subi étant enfant : Mama don’t go, Daddy come home que l’on traduira aisément par "Ne t’en va pas maman, reviens à la maison papa".

Immédiatement après, Hold On vient nous rassurer avec une façon optimiste de voir le présent. Le tout accompagné par un air de guitare électrique "ensoleillé". L’album rentre alors dans sa phase purement philosophique avec I Found Out, Working Class Hero et Isolation. Dans le premier, il s’en prend vivement aux idées pacifiste de ces comtemporains (en particulier des hippies) qui circulaient beaucoup à cette époque pour ne garder que la réalité (ce sujet avait déjà été traité quelques mois plus tôt dans le titre Instant Karma).

Working Class Hero est une des plus brillantes chansons engagées jamais réalisée, Lennon défend la classe ouvrière, résultant des longues discussions qu'il eu avec le Docteur Arthur Janov (As soon as you’re born they make you feel small - depuis ta naissance ils font tout pour te réduire) tout en parlant de lui-même aussi.

Isolation, présente la solitude sous sa forme la plus fatale. Remember , avec son air nostalgique nous ramène aux angoisses du début du disque, Lennon y fait référence à la Conspiration des poudres « No, no, remember, the fifth of november ». Dans Love, lourde de sens, la chanson se veut être un clin d'œil au John Lennon des années 60, en parlant de l'amour à la troisième personne ce qui nous rappelle The Word et All You Need Is Love. Well Well Well se veut quant à lui un retour au style primaire mis en scène par une guitare gueulante et accompagnés de cris. Le sujet va de pair, avec une façon très crue de décrire l'amour dans sa vie de couple. Look At Me, est une chanson toute douce qui contraste avec la précédente et qui met à nu l'auteur. Elle fut écrite à l’époque où les Beatles étaient en Inde en 1968, mais n’avait pas été utilisée jusqu’alors.

God est la conclusion de cette saga : John Lennon détruit tous les mythes, y compris celui des Beatles, ceci à l'aide de litanie où il dresse la liste de toutes les choses auxquelles il ne croit pas ou ne croit plus : la Bible, la magie, Hitler, Jesus, John F. Kennedy, Elvis Presley, Bob Dylan (qu'il nomme ici par son vrai nom, Zimmerman) et enfin, et surtout, les Beatles. Après un court silence il révèle qu’il ne croit qu’en lui-même, et après une hésitation, il ajoute qu’il croit aussi en Yoko et termine la chanson en expliquant pourquoi il n’y a plus et n’y aura plus jamais de Beatles: la phrase The dream is over, ( le rêve est fini ) , dite avec les larmes aux yeux, vient ponctuer d’un point final tous les rêves des fans désireux de voir la magie Lennon/McCartney renaître de ses cendres.

L’album s’achève de manière surprenante avec un petit passage qui s’appelle My Mummy’s Dead. Ce titre fut volontairement enregistré dans de moins bonnes conditions de manière à ce que Lennon ait l’air de venir d’un passé lointain pour témoigner du drame que fut la mort de sa mère, Julia, douze ans auparavant.

Pochette[modifier | modifier le code]

On y voit John et Yoko rêveurs, assis sous un chêne. John est parti s'allonger sous un chêne, loin du tumulte et de la gloire, dans les bras de sa compagne. L'atmosphère y parait tranquille et John et Yoko sereins, paradoxe qui contraste fortement avec le contenu de l'album.

Parution et réception[modifier | modifier le code]

Sortie le 11 décembre, l’album fut classé #6 aux États-Unis et #11 au Royaume-Uni. Il a été remixé en 2000 sous la supervision de Yoko Ono, avec deux morceaux supplémentaires : le hit Power to the People et Do The Oz.

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par John Lennon

Face A
No Titre Durée
1. Mother 5:30
2. Hold On 1:50
3. I Found Out 3:34
4. Working Class Hero 3:46
5. Isolation 2:50
Face B
No Titre Durée
6. Remember 4:32
7. Love 3:20
8. Well Well Well 5:55
9. Look at Me 2:52
10. God 4:10
11. My Mummy's Dead 0:50
Bonus (édition 2010)
No Titre Durée
12. Power to the People 3:22
13. Do the Oz 3:07

Fiche de production[modifier | modifier le code]

Interprètes[modifier | modifier le code]

Équipe technique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sont listés ici les ouvrages ayant servi à la rédaction de l'article. Pour une bibliographie plus complète sur John Lennon, vous pouvez consulter celle de l'article principal.
  • (fr) Tim Hill (trad. Denis-Armand Canal, préf. Jean-Claude Perrier), The Beatles : Quatre garçons dans le vent, Paris, Place des Victoires,‎ 2008 (1re éd. 2007), 448 p. (ISBN 978-2-84459-199-9)
  • (fr) Daniel Ichbiah, Et Dieu créa les Beatles, Les Cahiers de l'Info,‎ 2009, 293 p. (ISBN 978-2-916628-50-9)
  • (en) Mark Lewisohn (préf. Ken Townsend), The Beatles : Recording Sessions, New York, Harmony Books,‎ 1988, 204 p. (ISBN 0-517-57066-1)
  • (fr) Philip Norman (trad. Philippe Paringaux), John Lennon : une vie, Paris, Robert Laffont,‎ 2010 (1re éd. 2008), 862 p. (ISBN 978-2-221-11516-9)
  • (fr) François Plassat, Paul McCartney : l'empreinte d'un géant, Paris, JBz & Cie,‎ 2010, 544 p. (ISBN 978-2-7556-0651-5)
  • (fr) Steve Turner (trad. Jacques Collin), L'intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons, Hors Collection,‎ 2006 (1re éd. 1994, 1999), 288 p. (ISBN 2-258-06585-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]