God (chanson)

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God

Chanson par John Lennon
extrait de l'album John Lennon/Plastic Ono Band
Sortie 11 décembre 1970
Enregistré 26 septembre - 9 octobre 1970
Durée 4:09
Genre Rock
Auteur-compositeur John Lennon
Producteur John Lennon, Yoko Ono, Phil Spector
Label Apple

Pistes de John Lennon/Plastic Ono Band

God est une chanson de John Lennon parue en décembre 1970 sur son album John Lennon/Plastic Ono Band, premier de ses albums solo hors live et expérimentaux. Il l'écrit suite à sa thérapie avec Arthur Janov, qui le pousse à s'interroger sur lui-même et à composer les onze pistes de cet album, très personnelles et introspectives.

Avec God, il revient, après un constat polémique (« Dieu est un concept par lequel nous mesurons notre douleur ») sur une laconique liste de ce en quoi il ne croit pas ou plus de Jésus Christ, Hitler, Elvis, et même pour finir, The Beatles, avant de conclure qu'il ne croit « qu'en Yoko et lui ». Il referme finalement le journal des années 1960 en déclarant que « le rêve est terminé » (« The dream is over »).


Ce texte très succinct a l'air d'une compilation cynique, au froid listing biffé par un gars revenu de tout, mais pourtant il se conclut par "and so dear friends" : il ne s'agit donc pas d'un discours misanthropique. Ni d'une proclamation égocentriste (puisque Yoko aussi est évoquée) ... Ni d'une profession de foi athée (- qui pourrait nier à la déité d'être [aussi] un concept ? Que l'on soit croyant en son inexistence, ou pas.)

Contrairement à ce qui se dit le plus souvent (les détracteurs des idéologies colportées par Lennon étant trop heureux de pouvoir profiter de ce qui ressemble à un passage à vide chez l'activiste !) nous ne sommes pas non plus en présence d'une épitaphe de la Rock'n'Roll Attitude : "the dream is over" pouvant possiblement être traduit par "Fini de rêver ! Bougez-vous les rotules !" (cf. "You just have to carry on") tout simplement.

Lennon a tourné la page des Beatles, et en nommant son ex-employeur dans cette sobre chanson, il donne la preuve de la sincérité de sa conviction personnelle comme quoi il est souhaitable, malgré les affections un rien fugaces, de ne pas se contenter d'effigies, de mythes, de personnalités-cultes, ou de représentations du réel chéries à la place de la réalité tangible, pétrie, elle, de vrais sentiments.

En prenant ainsi des exemples qui impliquent beaucoup de gens, il dresse la table avec ce qui reste une fois qu'elle est dépouillée de ses décorations (NB/ il a renvoyé sa médaille honorifique offerte par la Reine d'Angleterre, pour signifier son désaccord avec les engagements militaires de son pays d'origine). Il brosse un tableau débarrassé de ses artifices (comme, par exemple, avec Hitler : un bidasse suicidaire qui a recyclé le geste du Serment du Jeu de Paume français, révolutionnaire, ainsi que la svastika orientale, néolithique, pour en faire ce que l'on sait ...)
Il tend un menu dépourvu d'ersatz, une feuille de route déblayée sans le moindre succédané, (quand le texte, fut-il "sacré", est vidé de son esprit initial).
John n'est pas the Warlus, comme dans la chanson. "(I was the Walrus / But now I'm John")

Le dénominateur commun à ses cibles énumérées est le prestige, la Gloire ; (pressentiment de ce qui, d'une certaine façon, lui coûtera la vie ? ...)
Tel l'épicentre, dans l'oeil d'un cyclone de ce monde jugé par trop virtuel, il pointe du doigt la rançon de la gloire, (cf. "we measure our pain"), parmi tous ces symboles auxquels il se refuse de croire, quels qu'ils soient. En d'autres termes, il affirme qu'il préfèrera à l'avenir l'original plutôt que la copie, le vécu plutôt que sa re-présentation (comme peuvent l'être les images du tarot ou du I-Ching, qu'il rejette d'entrée de jeu).

Il préconise de s'affranchir, en se débarrassant. Tout en récusant la "magie" lorsqu'elle est entre les mains d'illusionnistes ou de prestidigitateurs ...

Comme un écho à la polémique sur les propos de Lennon au sujet de Jésus qui avait éclaté quatre ans plus tôt, la chanson dérange pour son thème religieux. Elle n'en devient pas moins une des plus connues de l'artiste, et fait l'objet de plusieurs reprises.