John Sinclair (poète)

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John Sinclair en 2008

John Sinclair, né le 2 octobre 1941 à Flint (Michigan), est un poète et activiste américain, ancien manager du groupe MC5 et leader du White Panthers Party de novembre 1968 à juillet 1969.


Biographie[modifier | modifier le code]

Activiste dans les années 1960[modifier | modifier le code]

Sinclair s'est impliqué dans la réorganisation du journal underground Fifth Estate, durant son essor de la fin des années 1960. Fondé en 1965, le journal est toujours publié aujourd'hui, ce qui en fait l'une des publications les plus durables de la presse alternative américaine. Il a également contribué à la fondation de l'organisation Detroit Artists Workshop, qui a publié quatre numéros du magazine work.

Collaboration avec MC5[modifier | modifier le code]

John Sinclair dans un spectacle de spoken word en 2006

De 1965 à 1969, Sinclair fut le manager du groupe MC5, considéré comme un grand pionnier du punk et du hard-rock. Sous son influence, le groupe rejoint les positions révolutionnaires du White Panther Party. Au cours de cette période, Sinclair fit du trio le groupe résident de la célèbre salle de Détroit, Grande Ballroom, dans ce qui fut connu sous le nom de « shows Kick Out the Jams ». C'est encore lui qui gérait la carrière du groupe lorsque celui-ci donna son concert gratuit à la Convention nationale du parti démocrate en 1968 à Chicago. Le groupe fut le seul à jouer avant que la police intervienne pour dissoudre la manifestation contre la guerre du Viêt Nam, qualifiée d'émeute par les Autorités. MC5 finit par trouver la posture politique de Sinclair trop radicale et s'en sépara en 1969[1].

Arrestation et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Sinclair fut condamné à une peine de 10 ans de prison en 1969 après avoir donné deux joints de marijuana à un policier de la brigade des stupéfiants américaine sous couverture. La sentence fut l'étincelle qui lança le mouvement réclamant sa libération, « Free John Now Rally », à Ann Arbor en décembre 1971. Le mouvement rassembla les plus grandes figures de la gauche, notamment les musiciens de pop John Lennon qui chanta une chanson intitulée « John Sinclair »[2], Stevie Wonder et Bob Seger, des artistes de jazz comme Archie Shepp et Roswell Rudd, et les poètes activistes Allen Ginsberg, Rennie Davis, Jerry Rubin et Bobby Seale[3]. L'incident alla même jusqu'au festival de Woodstock : en effet, durant la performance des Who, Abbie Hoffman, fondateur du mouvement Yippie, a interrompu le spectacle pour lancer à la foule "I think it's a pile of shit... While John Sinclair rots in prison!" (Traduction: "Je crois que c'est de la merde... alors que John Sinclair pourrit en prison"). Il fut toutefois poussé hors de la scène par Pete Townshend.

Trois jours après le lancement de la campagne, Sinclair fut libéré, la Cour suprême du Michigan ayant déclaré inconstitutionnelle la législation de l'État sur le cannabis. Ces évènements inspirèrent la création d'une manifestation annuelle en faveur de la légalisation du cannabis à Ann Arbor, le Hash Bash, qui se tient toujours à l'heure actuelle, et qui contribua à la décriminalisation de la marijuana dans la ville.

Plus tard, Sinclair partit vivre à Amsterdam. Il poursuit aujourd'hui ses activités de poésie sonore.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MC5 Timeline
  2. John Lennon - John Sinclair
  3. Agis Salpukas, « 15,000 Attend Michigan U. Rally to Protest Jailing of Radical Poet, » New York Times, 12 Dec. 1971, p. 76.

Liens externes[modifier | modifier le code]