Raphaël Liogier

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Raphaël Liogier, né en 1967, est sociologue et philosophe. Professeur des universités à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, il y dirige depuis 2006 l'Observatoire du religieux. Il est également diplômé en philosophie de l'université d'Edinburgh et de l'université de Provence.

Ses travaux portent depuis une vingtaine d'années sur les croyances, au-delà du simple cadre religieux et de leurs formes dans l'imaginaire contemporain, des groupes new age au bouddhisme occidentalisé, des biotechnologies au désir d'immortalité des transhumanistes, en passant par la peur de l'islamisation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le petit-fils d'un homme politique français, Albert Liogier[réf. nécessaire].

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

En 1994, Raphaël Liogier rencontre le 14e dalaï-lama en visite à Marseille[1],[2]. En 1997, il assiste, accompagné de Bruno Étienne, son directeur de thèse, aux enseignements donnés par le dalaï-lama à Karma-Ling en Savoie[3]. En 2008, il publie un ouvrage sur le dalaï-lama, qu'il présente comme le plus révolutionnaire de sa lignée : démocrate, moderniste, humaniste, faisant trembler les gouvernants chinois et fantasmer les Occidentaux[4].

En septembre 2000, il soutient, à l'Université d'Aix-Marseille III, sa thèse de doctorat en sociologie et science politique, intitulée Introduction à une approche politique de l'occidentalisation du bouddhisme et rédigée sous la direction de Bruno Étienne, professeur à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence [5].

En 2003-2004, il soutient son habilitation à diriger des recherches (HDR) en sociologie, sous la direction du sociologue Roger Establet, sur « L’hypothèse de l’individuo-globalisme »[6].

Laïcité[modifier | modifier le code]

Il travaille sur les croyances, les valeurs, la théorie de la connaissance, les religions, les bouddhismes, les nouveaux mouvements religieux, les sectes et la mondialisation culturelle (en)[7],[8]

Il a écrit plusieurs articles sur le thème des religions[9] : pentecôtisme[10]. catholicisme[11] et la sōka Gakkai[12].

Il a aussi critiqué la MIVILUDES comme inefficace et discriminatoire à cause de sa « méconnaissance du terrain » qui ne permettrait pas de combattre les sectes dangereuses mais les protègerait en provoquant une confusion. Il propose comme solution de rechange la création d'un organisme composé de représentants de la société civile et de chercheurs, comme INFORM chez les Britanniques, non « pas là pour condamner les sectes a priori mais pour informer sans fantasme l’Etat et le public »[13].

En 2006, Il publie un ouvrage sur une laïcité « légitime », où il propose la thèse selon laquelle la laïcité française aurait évolué de la notion « d'incompétence » de l'État en matière religieuse (loi de 1905 - art 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ») à la notion de neutralité. Se déclarant « neutre », l'État s'autorise alors à donner des avis sur ce qu'est ou n'est pas un culte. Tout en prétendant ne pas intervenir dans les affaires religieuses, l'État le ferait de façon extensive et considérablement plus que dans les pays ne se proclamant pas laïcs, comme l'Angleterre, et qui démontreraient pourtant une plus grande ouverture à la diversité religieuse[14]. Raphaël Liogier illustre cette posture contradictoire dans le traitement de la question des sectes et celle de l'islam. Il s'inquiète du fait que la laïcité puisse devenir un outil de répression des minorités spirituelles par l'utilisation sans discernement du mot « secte »[15].

De manière plus générale, il tente de montrer comment ces questions sont en rapport avec l'existence d'une pensée unique qui serait dominante et croissante en France : « Comment arriver à être classé comme « normal » ? Il déclare qu'« Il n’y a pas d’autre possibilité que d’avoir « l’esthétique officielle », de correspondre à la culture dominante, au goût dominant »[16], attestant de l'influence de la théorie bourdieusienne sur ses travaux.

Islam[modifier | modifier le code]

Sur le thème de l'islam, à travers une enquête menée à l'Observatoire du religieux, il conclut que la laïcité (à travers les conclusions de la commission Stasi) a établi, sans investigation, la notion de « voile imposé » aux jeunes musulmanes françaises pour justifier la loi sur le port du voile, alors que son étude démontrerait au contraire une majorité de choix délibérés et argumentés[réf. nécessaire].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Philippe Cornu, universitaire spécialiste du bouddhisme, a critiqué dans un compte-rendu de lecture la thèse audacieuse, alors défendue par Raphaël Lioger (1999) dans Jésus, Bouddha d'Occident, d'une possible influence du bouddhisme mahayaniste sur le ministère de Jésus et la naissance du christianisme au Moyen-Orient, comme pouvant faussement induire l'idée que le christianisme serait une religion très influencée ou modelée par le bouddhisme. Mais en dehors de cette controverse datée, il a reconnu par la suite la pertinence et l'intérêt des autres travaux de Raphaël Liogier, notamment Le bouddhisme mondialisé, ouvrage très documenté, et son récent ouvrage Souci de soi, conscience du monde, qui traitent tous deux de la globalisation du religieux.[citation nécessaire][17].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Jésus, Bouddha d'Occident, Calmann-Lévy, 1999
  • Le Bouddhisme mondialisé, Ellipses, 2003
  • Géopolitique du christianisme (avec Blandine Chelini-Pont), Ellipses, 2003
  • Être bouddhiste en France aujourd'hui (avec Bruno Étienne), Paris, Hachette, 2004.
  • Une laïcité « légitime ». La France et ses religions d'État, Médicis Entrelas, 2006-03-13
  • Le Bouddhisme et ses normes, Presses universitaires de Strasbourg, 2006-10-23
  • À la rencontre du Dalaï-Lama, Flammarion, Paris, 2008
  • Sacrée médecine : Histoire et devenir d'un sanctuaire de la Raison, avec Jean Baubérot, Entrelacs, 2011
  • Les évidences universelles, Éditions de la Librairie de la Galerie, 2011
  • Souci de soi, conscience du monde. Vers une religion globale ?, Armand Colin, 2012-06-13
  • Le Mythe de l'islamisation, essai sur une obsession collective, éd. du Seuil, 2012-10-11

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raphaël Liogier, A la rencontre du Dalaï-Lama, Flammarion, Paris, 2008, p. 23
  2. (en) The Dalai Lama's Visit to Mongolia, England and France, World Tibet News, 7 septembre 1994.
  3. Raphaël Liogier, A la rencontre du Dalaï-Lama, Flammarion, Paris, 2008, p. 31.
  4. À la rencontre du Dalaï-Lama, éditions Flammarion, 2008, ISBN 978-2081208803.
  5. Introduction à une approche politique de l'occidentalisation du bouddhisme (OCLC 494197307)
  6. Curriculum vitae universitaire de Raphaël Liogier.
  7. Raphaël LIOGIER, sciencespo-aix.fr
  8. « L'interview de Raphaël Liogier par le CICNS », Sectes-Infos (consulté le 2009-07-31)
  9. « Raphael Liogier » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-07
  10. « Les missionnaires de l'Amérique », Le Nouvel Observateur (consulté le 2009-07-31)
  11. « L’Eglise catholique peut-elle encore changer ? », La Pensée du Midi (consulté le 2009-07-31)
  12. « Le bouddhisme mondialisé. Une perspective sociologique sur la globalisation du religieux », Histoire sociale (consulté le 2009-07-31)
  13. Raphaël Liogier, « Révolution culturelle dans la lutte antisectes », dans Le Monde, 4 mars 2008.
  14. Compte-rendu d'ouvrage, Une laïcité « légitime », La France et ses religions d’État, IESR - Institut européen en sciences des religions, mis à jour le : 23/05/2008
  15. Nicolas de Bremond d’Ars, Raphaël Liogier, Une laïcité « légitime ». La France et ses religions d’État, Archives de sciences sociales des religions, 138, avril - juin 2007, document 138-59, mis en ligne le 12 septembre 2007.
  16. Extrait de l'interview de Raphaël Liogier, Vidéo, Centre d'information et de conseil des nouvelles spiritualités (CICNS), 30/09/2007.
  17. Philippe Cornu, Lumière sur la voie bouddhique de l'éveil, dans Connaissance des religions, Modèle:No 61/64, janvier-décembre 2000, pp. 341-343 (compte rendu de Raphaël Lioger, Jésus, Bouddha d'Occident, Calmann-Lévy, Paris, 1999, 309 p.)