Jacques V d'Écosse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jacques V
Jacques V d'Écosse
Jacques V d'Écosse
Titre
Roi d'Écosse
9 septembre 151314 décembre 1542
29 ans, 3 mois et 5 jours
Couronnement 21 septembre 1513 au Château de Stirling
Prédécesseur Jacques IV
Successeur Marie Ire
Biographie
Dynastie Maison Stuart
Date de naissance 10 avril 1512
Lieu de naissance Palais de Linlithgow, West Lothian (Écosse)
Date de décès 14 décembre 1542 (à 30 ans)
Lieu de décès Palais de Falkland, Fife (Écosse)
Sépulture Abbaye de Holyrood, Édimbourg
Père Jacques IV d'Écosse
Mère Marguerite Tudor
Conjoint Madeleine de France (1537)
Marie de Guise (1537-1542)
Enfant(s) Jacques Stuart
duc de Rothesay
Marie Ire Red crown.png
Héritier Jacques Stuart (1540-1541)
James Hamilton (1541-1542)
Marie Stuart (1542)

Jacques V d'Écosse
Monarques d'Écosse

Jacques V (Seumas V en écossais ou James V en anglais), né le 10 avril 1512 à Linlithgow, mort le 14 décembre 1542 au palais de Falkland, était le fils de Jacques IV d'Écosse et de Marguerite d'Angleterre. Il régna sur l'Écosse de 1513 à 1542 et fut, avec son père, l’un des derniers rois d'Écosse à avoir le gaélique écossais comme langue maternelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

La régence[modifier | modifier le code]

Jacques V n'avait que dix-sept mois lorsque son père fut tué à la bataille de Flodden Field le 9 septembre 1513. Dans un premier temps la régence fut confiée à sa mère, assistée de l'archevêque de Glasgow James Beaton et des comtes de Huntly et Angus. Marguerite Tudor, qui n'avait que 24 ans et un esprit volage, épousa après quelques mois le comte d'Angus. Ce dernier était du parti pro-anglais[1] et se heurtait au parti pro-français sur fond de violence et de brigandage.

La Parlement écossais, à majorité anglophobe, confia alors la régence à Jean d'Albany. Ce dernier résidait alors en France et le nouveau roi François Ier, partisan de l'alliance franco-écossaise facilita son transfert. Jean d'Albany fut officiellement nommé régent le 10 juillet 1515[2]. Les Stuart d'Albany étaient issues Jacques II par une branche cadette. Il pouvait prétendre au trône d'Écosse en cas de décès prématurée du jeune roi. Jouant sur la situation, le roi d'Angleterre Henri VIII réclama à plusieurs reprises la garde de l'enfant-roi, qui accessoirement était son neveu. Henri VIII exerçait ainsi une pression constante sur l'Écosse aidant en sous-main les nobles anglophiles tels le clan Douglas dirigé par le comte d'Angus et son ami Lord Home[2].

Pour faire face aux escarmouches qui avaient lieu sur les zones frontières des deux pays, le régent dut se rendre en France à deux reprises pour obtenir l'aide de François Ier dont la politique vis-à-vis de l'Angleterre était particulièrement fluctuante. En définitive après une alternance de succès et de revers, Jean d'Albany quitta définitivement l'Écosse en 1524[3] pour se mettre au service du roi de France.

Marguerite Tudor reprit la fonction de régente alors que les Douglas exerçaient la réalité du pouvoir en surveillant étroitement le roi encore mineur. Lors d'une partie de chasse au château de Falkland, le jeune roi qui a atteint ses 16 ans faussa compagnie à ses quasi-geôliers avec la complicité de l'archevêque de Glasgow et se réfugia auprès du gouverneur de Stirling, Lord Erskine. Ce coup d'État royal du 22 mai 1528 rallia la majorité des nobles écossais. Les Douglas, eux, seront proscrits et exilés en Angleterre, leur château de Tantallon confisqué.

Règne personnel[modifier | modifier le code]

Jacques V réussit à pacifier le pays et une trêve de 5 ans fut signée en 1528 avec l'Angleterre. Conseillé par les deux archevêques Beaton nommé entre temps au siège de St Andrew et Gavin Dunbar de Glasgow, le roi créa en 1532 le Collège de Justice, juridiction suprême d'appel, perçu comme une atteinte à l'autonomie judiciaire des seigneurs. Il s'opposa à l'introduction du protestantisme condamnant le réformateur Patrick Hamilton au bûcher en 1528[4]. Sa haine contre les Douglas ne désarmait pas et il fit condamner en 1537 Janet Douglas, la sœur du comte, accusée de sorcellerie et de complot contre lui. En 1541, il perdit coup sur coup, dans leur première année, son fils ainé Jacques et son cadet Robert, victimes de maladies infantiles.

En novembre 1541, Henri VIII convoqua son neveu à York, mais Jacques V, conseillé par le cardinal David Beaton et son favori Oliver Sinclair déclina l'invitation. Henri VIII, vexé, poussa les Douglas à soulever leurs partisans contre le roi d'Écosse et envoya une armée sous le commandement de Thomas Howard duc de Norfolk. Les Écossais résistèrent à l'invasion. Jacques V pensa alors pouvoir envahir à son tour l'Angleterre. Mais la reine était alors enceinte et le roi malade laissa le commandement au très impopulaire Sinclair[5]. Son armée fut défaite dans les marais de Solway Moss. Jacques V meurt quelques jours plus tard, le 14 décembre 1542 après avoir appris la naissance de sa fille.

Mariages français[modifier | modifier le code]

En 1536 Jacques V se rendit en France pour épouser Marie de Bourbon, une fille du duc de Vendôme. Arrivé à destination, il tomba amoureux de Madeleine, l'aînée des deux filles de François Ier et de Claude de France âgée de 16 ans. Devant l'obstination de Jacques le mariage sera célébré à Notre-Dame de Paris le 1er janvier 1537. Mais Madeleine, de santé fragile, mourut le 7 juillet 1537, deux mois après leur retour en Écosse.

Mariage de Jacques V avec Marie de Guise

Toujours attaché à l'alliance française, il épousa le 12 juin de l'année suivante à Saint Andrews, Marie de Lorraine-Guise, fille de Claude de Lorraine, duc de Guise et d'Antoinette de Bourbon et veuve de Louis d'Orléans, duc de Longueville

Descendance[modifier | modifier le code]

Enfants légitimes[modifier | modifier le code]

De son mariage avec Madeleine de France il n'eut pas d'enfants. Avec sa seconde épouse, Marie de Guise, il eut :

Jacques V d'Écosse et son épouse Marie de Guise
  • Jacques (en anglais : James) (1540-1541), duc de Rothesay ;
  • Arthur (né et mort en 1541), duc d'Albany ;
  • Marie (1542-1587), née cinq jours avant sa mort et qui lui succéda sous la régence de sa mère.

Enfants illégitimes[modifier | modifier le code]

Il laissa par ailleurs une nombreuse postérité illégitime de plusieurs maîtresses[6] :

  • De Margaret Erskine, fille de John Erskine, 5e Lord Erskine :
  • De Euphemia Elphinstone :
  • D'Élisabeth Shaw de Sauchie
    • James Stuart (1529-1558), abbé de Kelso et de Melrose
  • D'Élisabeth Stuart, comtesse de Sutherland
    • Adam Stuart (1536-1606), Prieur de Charterhouse
  • D'Élisabeth Béthune de Creich :
  • De Christina Barclay Stuart
    • Jacques Stuart (1531-1542)
  • De Élisabeth Carmichael
    • John Stuart (1531-1563), prieur de Coldingham


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://anspessade.wordpress.com/2014/06/30/les-guerres-decosse-deuxieme-partie-1490-1625/
  2. a et b Michel Duchein, Histoire de l'Écosse, Fayard 1998, rééd. Tallandier 2013 p. 238-239
  3. http://www.france-spiritualites.fr/biographies-portraits/jacques-v-d-ecosse.html
  4. Duchein, Op.Cit. p. 249
  5. Duchein, Op.Cit. p. 258
  6. http://lmathieu.wordpress.com/2012/11/07/liste-des-maitresses-et-amants-des-souverains-de-grande-bretagne-1ere-partie/

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens Robinson (Londres 1998) (ISBN 1841190969) « James V » p. 568-571.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]