Sémantique générale

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La sémantique générale est une logique de pensée non-aristotélicienne, élaborée par Alfred Korzybski après qu'il eut pris conscience, au cours de la Première Guerre mondiale, que les mécanismes de pensée qui avaient provoqué cette guerre reposaient sur les postulats de la logique d'Aristote[1] (principe d'identité, de contradiction et du tiers-exclu), maintenant l'Occident mentalement emprisonné dans une logique du conflit. Il formula alors une nouvelle logique, non-aristotélicienne, basée sur de nouveaux postulats correspondant à l'évolution scientifique du XXe siècle, la physique quantique et la théorie de la relativité d'Einstein[2]. Korzybski en expose les principes, principalement dans son ouvrage majeur Science and Sanity, an Introduction to Non-Aristotelian Systems and General Semantics, dont la première édition paraît en 1934.

La sémantique générale dépasse le cadre de la seule sémantique (étude de la signification des termes du vocabulaire et des modifications qu'elle peut subir). Korzybski avait pour objectif de doter l'humanité d'une logique correspondant au niveau d'évolution scientifique de son époque, permettant de résoudre plus efficacement les problèmes humains qu'au moyen des logiques précédentes d'Aristote et Descartes et des physiques aristotélicienne et newtonienne élaborées durant l'Antiquité et au XVIIe siècle. Il considère qu'elles sont dépassées au XXe siècle et inopérantes pour appréhender et traiter les problèmes du monde moderne. Korzybski l'appliqua en psychiatrie et Henri Laborit en biologie (théorie de l'inhibition de l'action) et agressologie (étude des réactions des organismes vivants en condition d'agression).

Historique[modifier | modifier le code]

Au cours de la première guerre mondiale, Korzybski se demanda comment les êtres humains faisaient des évaluations erronées :

« Mon service au front pendant la Guerre Mondiale et une connaissance approfondie des conditions de vie en Europe et aux États Unis d'Amérique m'ont convaincu de la nécessité d'une révision scientifique de toutes les notions que nous avons sur nous-mêmes. L'examen a révélé qu'en ce qui concerne toutes les disciplines traitant des affaires humaines, celles-ci ne reposent pas sur une définition de l'homme, ou bien si elles en ont une, cette définition est formulée dans des langages métaphysiques, élémentalistes, de type sujet-attribut, qui sont dépourvus de scientificité et se révèlent en fin de compte nuisibles du point de vue sémantique. »

— Korzybski, Science and Sanity, Introduction

Il commença par traiter de la faculté de transmettre l’acquis d’une génération à la suivante grâce à l’usage des symboles, qu'il appelle Time-binding. C'est l’objet de son premier ouvrage Manhood of humanity[3].

Hypothèses neurologiques de la sémantique générale[modifier | modifier le code]

« Ce qui peut être montré ne peut être dit. »

— Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus

Invoquant les progrès de la neurologie et de la psychiatrie en 1933, Korzybski rappela que notre représentation du monde s'effectue par des perceptions ou interactions ayant leurs limites (les limites visuelles — infrarouge et autres ondes électromagnétiques), leurs pertes (un son masqué par un autre, ou un dysfonctionnement du pavillon de l'oreille), leurs éléments non-conscients (la conscience de son état physique est imperceptible, sauf par la douleur ; les divers taux de substances dans le sang, oxygène, fer, etc.) et d’autres enfin peuvent être sans rapport avec l’objet perçu (hallucinations, illusions d’optique, acouphènes…)

En tout état de cause, notre perception du réel demeure partielle et personnelle.

Ainsi si un voyageur met « sans s'en rendre compte » ses pieds sur une banquette ou jette un papier à terre, cela peut causer l'irritation d'un autre voyageur qui le lui fera remarquer ; mais comme le premier « n'a rien remarqué » de son propre comportement, il pourra percevoir cette intervention au contraire comme une agression gratuite, à laquelle il cherchera des motivations sans rapport avec la réalité, d'autant qu'un processus de déni de l'élément d'origine sera à l'œuvre.

À l'inverse, les objets qui nous entourent pourraient également être décrits par des jeux de molécules, atomes, etc. en perpétuelle évolution, sans que notre compréhension globale y gagne quoi que ce soit[4].

Notre esprit est donc amené à se construire des représentations internes du monde extérieur (cartes) à l’aide d'informations filtrées. Ces cartes, symboliques (désignation verbale, par exemple) ou non, ne prétendent nullement dupliquer exactement l'objet réel, dynamique et unique ; il s’agit du principe de non-identité, résumé dans l’apophtegme célèbre : « Quoi que vous disiez qu’une chose est, elle ne l'est pas ! ».

À partir de ces constatations, Korzybski établit trois principes essentiels :

  1. Une carte n’est pas le territoire qu’elle représente ; les mots ne sont pas les objets réels, le mot « chien » ne mord pas, etc. ; cela peut paraître trivial, mais qui n'a pas par exemple nommé un jour ou l'autre « souris » le pointeur associé à celle-ci qui apparaît sur son écran [5]? La confusion entre carte et territoire constitue un phénomène courant dont les conséquences se manifestent quand on ne s'y attend pas.
  2. Une carte ne recouvre pas tout le territoire qu’elle représente ; le symbole omet de représenter certains attributs de l'objet qu’il représente : Quel âge a cette chaise ? Quelle masse a cette voiture ? Or comment être certain, avant de conduire son raisonnement, que ce qui a été négligé dans ce processus d'abstraction n'est pas justement essentiel ?
  3. Toute carte est autoréflexive : on peut construire une carte de la carte (sa légende), une carte parle autant de son objet que du cartographe qui l’a créée[6].

Imaginant alors le cheminement de l’influx nerveux lors du fonctionnement normal du cerveau, Korzybski suppose la présence d’un premier traitement dans le système limbique et thalamique, c’est-à-dire dans des centres encéphaliques archaïques responsables des sensations, des impressions mais pas des fonctions symboliques. Il met ainsi en évidence l’importance de ce qu’il appelle les niveaux silencieux, premiers filtres au travers desquels notre système nerveux traite et répond aux informations qui lui parviennent. Après avoir traversé le complexe limbo-thalamique, les influx arrivent dans les zones corticales et néocorticales où ils acquièrent une valeur symbolique : nom) par comparaison et catégorisation grâce aux expériences antérieures (« niveaux verbaux »).

À chaque étape de ce processus, les informations entrantes sont traitées, colorées, interprétées, un processus que Korzybski nomme abstraction ; il baptise l’ensemble des abstractions qui ont lieu à l’occasion d’un stimulus évaluation, et la réaction de notre système nerveux, à tous les niveaux, réaction sémantique (r.s.).

Chez l’homme, le résultat de ces abstractions successives, peut servir, par réentrance, à produire un nouveau stimulus (notamment au travers de discours, écrits…), lequel produira une nouvelle évaluation (commentaire à propos d’un discours, etc.) Jean-Pierre Changeux l'exprimerait de nos jours en disant que les concepts sont constitués par association neuronale de percepts ou de percepts avec d'autres concepts, ou même de concepts entre eux.

La chaîne des niveaux d’abstraction, chez l’homme, est infinie, mais, de ce fait, de moins en moins signifiante. Or les plus hautes abstractions produites par l’homme à chaque époque correspondent souvent à des descriptions du niveau le plus bas, formant ainsi une sorte de boucle. Ces raisonnements servent de base à la conception du différentiel structurel, un diagramme qui représente physiquement ce processus d'abstraction.

Ces hypothèses de Korzybski se vérifient en neurophysiologie moderne (2004) par l’étude anatomique et fonctionnelle de l’encéphale et la description clinique de certaines pathologies, particulièrement la prosopagnosie, l'aphasie, incapacité qu’a un patient de passer des niveaux silencieux (i.e. perception) aux niveaux verbaux (impossibilité de nommer un objet suite, par exemple, à une lésion de l’aire de Wernicke). Les niveaux silencieux sont eux-mêmes scindés en plusieurs sous-niveaux, puisque certains patients atteints de lésions de l’aire V1 du cortex visuel primaire (aire 17 de Brodmann), quoique n’ayant plus de perceptions visuelles conscientes (rupture de la chaîne d’abstractions), se révèlent néanmoins capables de localiser et de suivre le mouvement des objets qui leur sont présentés par perception visuelle sous-corticale.

L’importance de la structure[modifier | modifier le code]

Poursuivant l’analyse de nos représentations, Korzybski remarque que nous construisons des relations (plus haut, plus bas, plus grand, à gauche, à droite…) qui aboutissent à des cartes de cartes, et ainsi de suite, conformément au troisième principe énoncé ci-dessus. Mais ces cartes ne servent que dans la mesure où le système de relations qui les lient, la structure, correspond exactement au système de relations qui relie les objets qu’elle représente, à l’image d’une carte au sens traditionnel de la cartographie.

Comme nous ne connaissons le réel que par l'intermédiaire de ses relations avec notre système nerveux, nous ne pouvons le comprendre qu’en inventant des ensembles de symboles et de relations dont nous essayons de faire coïncider la structure avec celle des objets que nous étudions, tel est le but des mathématiques entre autres. Korzybski écrit :

« Comme les mots ne sont pas les objets qu'ils représentent, la structure, et la structure seule, devient le seul lien qui relie nos processus verbaux aux données empiriques. Pour réussir l'adaptation et la santé mentale et les conditions qui en découlent, nous devons d'abord étudier les caractéristiques structurelles de ce monde, et seulement ensuite, construire des langages d'une structure similaire, au lieu d'attribuer au monde la structure primitive de notre langage comme nous avons l'habitude de le faire. Toutes nos doctrines, toutes nos institutions., dépendent de débats verbaux. Si ces débats sont conduits dans un langage d'une structure inadaptée et dénaturée, nos doctrines et nos institutions reflètent nécessairement cette structure linguistique, qui les dénature, et conduisent inévitablement à des désastres. »

— Korzybski, Science & Sanity, Généralités sur la structure, chap. IV

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Une analyse du langage[modifier | modifier le code]

Intensionnalité et extensionnalité[modifier | modifier le code]

Muni de ces axiomes cadres, Korzybski poursuit son analyse dans le domaine du langage. Des mathématiques, il importe les notions d’intensionnalité et d’extensionnalité. Définir un ensemble en intension consiste à formuler une propriété commune aux objets de l’ensemble (l’ensemble des voitures bleues) ; l’extension consiste à énumérer tous les éléments de cet ensemble (la voiture de Guy, de Pierre, de Monique…)

Parfois, il faut énumérer une série d’objets semblables, sans pouvoir les différencier a priori par un attribut particulier. Korzybski suggère alors d’utiliser, à l’image des mathématiques, une indexation numérique : table(1), table(2), etc. Cette indexation peut également s’appuyer sur des distinctions temporelles (Le Petit Robert (1999), Le Petit Robert (2002), etc.) ou spatiales (l’océan Atlantique à Biarritz, à La Baule, à Brest…)

Si les ensembles sont finis, il est possible de les énumérer en un temps fini. Quand l’ensemble est infini, cela n’est pas possible (ainsi l’ensemble des nombres premiers). Par ailleurs, il existe des ensembles infinis dénombrables et d'autres infiniment infinis, la notion étant infiniment compliquée ; il s’agit d’ailleurs d’un avantage de la définition intensionnelle : elle permet de spécifier de manière concise une collection de taille importante, voire infinie. Pour profiter de cet avantage, tout en conservant l’orientation extensionnelle, Korzybski recommande l’utilisation des signes etc. ou  : il s’agit ici de clore une énumération faute de place ou de temps, tout en gardant à l’esprit et en avertissant le lecteur ou interlocuteur, que celle-ci continue, voire ne s’achève pas. On pourra ainsi énumérer l’ensemble des nombres premiers par {2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, etc.}.

Indexer spatio-temporellement constitue l’un des premiers moyens d’éviter des incompréhensions ou de démonter des arguties : parler de la science en général n’a pas de signification précise, à l’inverse de la science ici et maintenant ou de la science chez les Papous il y a 200 ans. Cette remarque attire l’attention sur le fait qu’il existe une catégorie de mots, majoritairement abstraits (science, philosophie, vie, environnement, économie…), qui représentent des fonctions au sens mathématique : il existe une acception spatio-temporelle clairement définie de ces termes mais ils peuvent porter à confusion dans la perception commune.

L’utilisation du symbole etc. nous permet également de nous conformer au deuxième principe, la non-toutité : si nous ne pouvons tout dire sur un objet, nous pouvons en énumérer quelques propriétés, et compléter par etc. pour montrer que nous savons que la liste ne se clôt pas : une pomme ronde, verte, juteuse, mûre, etc. (par exemple, véreuse) ; cet homme est grand, etc.

Observations et inférences[modifier | modifier le code]

Lorsqu’un auditeur écoute une phrase prononcée par un locuteur, il s’approprie ce discours, et l’abstrait : il associe son contenu avec diverses expériences mémorielles, habitudes, catégories, attributs… souvent au niveau silencieux ; il s’agit de l’évaluation du discours au sens de la sémantique générale. Cependant, rien ne nous assure que les évaluations du locuteur et de l’auditeur concordent ; nous savons même qu’elles ne peuvent que diverger dans une mesure plus ou moins importante. Faute de se mettre au préalable d’accord sur la signification exacte des termes utilisés, il y a des chances de mésentente. En outre, comme l'a fait Emmanuel Kant, il convient souvent de redéfinir les termes que nous employons afin d'être compris.

L’une des manifestations les plus flagrantes de ce phénomène réside dans la distinction entre observations et inférences. Les observations dérivent d’une expérience perceptive directe : quelqu'un voit une pomme. S'il se tourne vers son voisin qui demande : « Que vois-tu ? » et qu'on lui dit : « Je vois une pomme », si lui ne peut pas la voir, il va sans doute se la représenter (activation des niveaux silencieux) comme possédant un certain nombre d’attributs (ronde, verte ?, sucrée, etc.) Cela se rapproche de la plaisanterie : « – Que vois-tu ? – Un doigt. – Je suis bien caché alors ! » ou alors de l'idée de regarder une rose, et de ne jamais avoir le mot rose en tête.

Si maintenant on lui demande : « Quelle forme a ma pomme ? », il répondra sans doute : « ronde ». Or, la pomme a été à moitié croquée et n’est donc plus ronde. L'interlocuteur, en répondant, a confondu une carte interne (objet rond, vert, croquant, juteux, sucré…) qu’il a automatiquement associée au mot pomme avec un fait constaté (observation). Il a attribué à l'observation de l’autre une signification qu’elle ne possédait pas. On parle dans ce cas d’inférence. Cette dernière ressortit à ce que l’on nomme confusion d’ordre d’abstractions, c’est-à-dire la confusion de l'abstraction fondé sur une observation avec une autre abstraction, qui résulte non d’une observation directe de cette pomme, mais de l'abstraction d'autrui, donc d’ordre plus élevé. Cette distinction de l’ordre des abstractions occupe une place centrale en sémantique générale.

Autre exemple : les illusions d’optique. On peut rappeler à ce sujet que 80 % des inférences du corps géniculé latéral, qui constitue le premier relais thalamique de la vision, viennent de l’encéphale et non de la rétine. Il faut concentrer son attention ou s’entraîner pour remarquer les différences[7].

Dernier exemple. Si on vous dit : « José est rentré chez lui en voiture », et qu'ensuite on vous demande : « Est-ce que José a pris sa voiture pour rentrer chez lui ? », si vous répondez : « Oui », vous commettez une inférence. José a en effet pu prendre la voiture de quelqu'un d'autre, en louer une, ou encore être raccompagné par un tiers. La distinction observation / inférence joue un rôle primordial dans les enquêtes policières. Ce genre d'inférences est le plus répandu, on peut le constater dans la vie quotidienne. On se réfère plus que souvent à des expériences personnelles afin de décrypter les informations qui nous parviennent.

Nous avons besoin, pour notre fonctionnement normal, de jouer sur les observations et les inférences ; dans la plupart des cas, nos inférences se révèlent justes : un mouton aura bien quatre pattes[8], le paquet contiendra bien l'objet que nous attendons, etc. Elles forment le piment des phrases à double sens, à sous-entendus. Aux niveaux silencieux, les inférences nous servent à anticiper des comportements, des mouvements, à saisir des objets, parfois à deviner des traits de caractère (intuition : « je le sens pas », « j'y crois dur comme fer ! », etc.) Cependant, pour ne pas commettre d'erreurs de jugement, il convient de demeurer conscient de la différence entre observation et inférence, de manière à ne pas prendre l'un pour l'autre et inversement. Généralement, confondre observations et inférences ne se traduit, au pire, que par des surprises éphémères et sans conséquences majeures. Toutefois, certaines confusions sont plus préjudiciables, surtout quand elles renforcent de fausses tautologies (toutité : tous les jeunes sont des sauvageons…)

On peut remarquer que confondre observation et inférence consiste souvent à attribuer sans fondement des attributs à un objet particulier que l'on n'a pas observé, ou insuffisamment, mais qui appartient à une catégorie connue possédant des caractéristiques habituelles. Il s'agit donc d'une orientation abusive vers la ressemblance au détriment de la différence. Quelle est la ressemblance entre les éléments de l'ensemble de tous les ensembles, sinon qu'ils sont tous des ensembles, ce qui ne signifie rien ? Le fait d'établir des lois générales à partir d'observations particulières s'appelle l'induction.

Termes non-définis[modifier | modifier le code]

Si nous parcourons un dictionnaire en commençant par un mot quelconque, que nous recherchons la définition des mots qui servent à le définir, et ainsi de suite, nous arrivons fatalement à tomber sur une boucle linguistique : le corpus lexical fini ne peut donner naissance à une chaîne de définition infinie. Ainsi, le mot B définira le mot A, le mot C définira B, et A définira C.

Korzybski remarque que cette particularité se rencontre dans la plupart des activités symboliques. En science, nous construisons des théories mathématiques, logiques… de très haut niveau, inférentielles (dans le sens où nous les basons sur des hypothèses et que nous cherchons à les confirmer par des observations), dont la structure cherche à reproduire celle des phénomènes réels que nous observons. Si la structure au temps T ne convient pas, nous la modifions en fonction de nouvelles observations, etc. Il y a donc un phénomène de boucle. Bertrand Russell remarqua à ce sujet que : « Les mathématiques sont la science dans laquelle on ne sait jamais de quoi on parle ni si ce que l’on dit est vrai. »

Korzybski dénomma cette caractéristique générique du savoir humain circularité.

Cependant, chacun croit comprendre le discours des autres, ce qui signifie, qu'on attribue une valeur commune à certains aspects de notre vocabulaire. Compte tenu de la circularité, cela implique que chaque personne possède un sous-ensemble lexical de base formé de termes primaires, non-définis, à l’aide desquels il construit ou interprète le sens des autres vocables qu’il connaît. Cet ensemble résulte de certaines catégorisations que nous effectuons d’après notre mémoire, expérience… Il s’agit d’un ensemble fluctuant, dynamique.

Si, en 1933, la neurologie ne possédait pas encore assez d’éléments pour appuyer cette thèse, les découvertes récentes incitent à penser que les diverses aires corticales catégorisent nos perceptions (séparation d’un objet et de son environnement, du moi et du non-moi, etc.) et établissent des corrélations automatiques entre les différentes catégories pour former des scènes complexes. Pratiquement, cela signifie que la relation, l'ordre spatio-temporel auraient un caractère inné. D’autres sensations, comme froid, chaud, sucré, clair, agréable, douloureux… résultent également de l’évaluation directe de stimuli par le système limbothalamique.

Multiordinalité[modifier | modifier le code]

Je ne suis certain de rien.
En êtes-vous sûr ?

Si nous prenons conscience qu’une phrase et une phrase à propos de cette phrase constituent deux niveaux d’abstraction différents, nous pouvons élégamment éviter de tomber dans le piège de certains paradoxes de langage, comme celui d’Épiménide : « Je mens ». Je mens s’interprète comme : « Je prononce une phrase P, dont j’affirme la fausseté. ». Mais P appliquée à P, c’est-à-dire : « Je prononce la phrase : Je prononce la phrase P, dont j’affirme la fausseté, dont j’affirme la fausseté », n’est pas P, mais une métaproposition P', d’ordre d’abstraction plus élevé, indépendante de P, même si elle s’exprime dans les mêmes termes. Il n’y a ainsi aucune contradiction à ce que P soit vraie, et P' fausse, et ainsi de suite. Korzybski rejoint donc sur ce point la Théorie des types, formalisée par Russell et Whitehead.

Il se rendit compte également qu’une classe de mots possédait une propriété particulière :

« Les mots oui, non, vrai, faux, fonction, propriété, relation, nombre, différence, nom, définition, abstraction, proposition, fait, réalité, structure, caractéristique, problème, savoir, penser, parler, haïr, aimer, douter, cause, effet, sens, évaluation et ainsi de suite, un nombre très important des mots de notre vocabulaire doivent être considérés comme multiordinaux (m.o.). Ces termes ont une caractéristique sémantique très importante, à savoir qu’ils sont en général ambigus, ou \infty-valués, et que chacun d’entre eux n’acquiert une signification définie, ou précise, qu’à l’intérieur d’un contexte fixé, quand l’ordre d’abstraction peut être connu.
[…]
Tester la multiordinalité d'un terme est facile : faites une phrase à laquelle le terme s'applique (vrai, faux, oui, fait, réalité, penser, aimer, etc.) ; faites maintenant une autre phrase à propos de la première et regardez si le même terme peut s'y appliquer : le cas échéant, vous tenez un terme multiordinal. »

— Korzybski, Science & Sanity, p. 433.

Par exemple, pour le mot « fait » :

  • « Je vois le train qui part » : un fait ;
  • « Je dis : je vois le train qui part » : un autre fait.

Pour « croire » :

  • « il fait beau » ; je le crois.
  • J'ai dit : « il fait beau » ; je crois (que je l'ai dit)[9].

En termes mathématiques : P(a) \ \wedge \ [Q(P)](a) : il existe une proposition 'P' possédant la propriété 'a' et une 'métaproposition' Q qui, quand on lui applique P comme variable, possède aussi la propriété 'a'.

Les termes m.o s'appliquent donc à des phrases de quelque niveau d'abstraction que ce soit.

Il convient cependant de bien remarquer que, pour tester la multiordinalité d'un terme, il faut construire une seconde phrase à propos de la première, pas à propos du sens de la première.

Les termes multiordinaux n'ont pas de sens en général. Tenter de les définir dans l'absolu ne conduit à rien, sauf à la confusion : l'existence ? laquelle ? ; la Conscience ? de quoi ? ; l'ensemble ? de quoi ? ; la liberté ? de ? ; l'idée ? laquelle, de qui, de quoi ? ; la pensée ? à quel propos ? etc[10].

De fait, explique Korzybski, beaucoup d’encre et de temps ont été dépensés en de vaines controverses philosophiques à propos de ces termes, puisqu’il s’agissait avant tout de se mettre d’accord sur le niveau d’abstraction de leur usage avant d’en parler, ce qui n’a pas été fait[11]. En revanche, ces mots donnent beaucoup de souplesse à la langue, lorsqu’on prend la précaution de les utiliser correctement.

Les termes el-, l’objectification[modifier | modifier le code]

Dans l’ordre normal d’évaluation, nous partons du phénomène sensoriel (l’interaction) pour monter vers l’objet silencieux puis les niveaux verbaux, où nous employons un symbole. En principe donc, nous ne devrions pas employer de symboles qui ne se réfèrent à rien ; un symbole sans référent ne représente rien, son utilisation ne crée que du bruit. Les banquiers, remarque Korzybski, se révèlent particulièrement susceptibles envers vous quand vous faites un usage abusif d’un symbole, par exemple un chèque, alors que vous ne possédez plus l’objet auquel ce chèque se réfère. La même règle devrait s’appliquer dans le contexte discursif.

Cependant, de tels symboles, sans signifiés aux niveaux silencieux, existent ; la science moderne a démontré que temps et espace ne correspondaient pas à la réalité, pas plus que onde et particule ou corps et esprit[réf. nécessaire]. Korzybski appelle objectification l’attribution d’un signifié fictif à un symbole non-référent. Ce comportement inverse l’ordre naturel d’évaluation, projette des réalités verbales vers la réalité silencieuse : on pourrait donc considérer qu'il ressort de la pathologie[12].

Les termes espace, temps, onde, particule, etc. qui séparent verbalement ce qui ne peut être séparé aux niveaux silencieux sont appelés élémentalistes, ou en abrégé, el.[pas clair]

Les outils extensionnels[modifier | modifier le code]

Comme nous l’avons vu, plus nous montons dans les niveaux d’abstraction élevés, plus nous avons tendance à utiliser des catégories générales, de moins en moins individualisées, statiques, inférentielles, de plus en plus éloignées de la réalité, susceptibles d’identification. Si nous souhaitons nous mettre d’accord, il nous faut à l’inverse employer des abstractions de bas niveau (redescendre !). Pour cela, nous devons favoriser l’utilisation de procédés extensionnels. Il en existe un certain nombre, que nous avons déjà vus :

  • Indexer : la chaise(1), la chaise(2), etc. ;
    • Indexer en chaîne : chaise (1, 1), chaise (1, 2), etc. pour exprimer que le même objet se trouve dans des contextes différents ;
    • Utiliser les dates (cas particulier d’index) : José (2000), José (1999), José (2003), etc. ;
  • Le symbole etc. ;
  • Les apostrophes ' ' : pour monter que l’on est conscients que l’on utilise un terme el. ou m.o abusivement pour les besoins du discours — y compris en bougeant les index à l’oral[pas clair] ;
  • Le trait d’union : pour relier des mots exprimant des réalités silencieuses inséparables : espace-temps, onde-particule, psycho-logie, etc.
  • Définir un objet ou ensemble en extension plutôt qu’en intension {Pierre, Paul, Jacques, etc.} plutôt que : « Les gens que je n’aime pas » ;
  • Utiliser « je » plutôt que « on » ou des tournures impersonnelles ;
  • La pause thalamocorticale : se donner un temps, même imperceptible, avant de réagir à une situation pour laisser une chance à l’ensemble des centres nerveux, y compris néo-corticaux, de participer à la réponse ;
  • etc.

L’utilisation de ces procédés aide à éviter des identifications abusives (Jean est toujours égal à lui-même, la situation X est la même que la situation Y que j’ai vécue il y a dix ans…), introduit une stratification et un ordre et met l’accent sur les différences entre objets (dynamiques) plutôt que sur les ressemblances entre catégories. Elle nous aide également à rester conscients que nous abstrayons : l’acquisition de la conscience d’abstraire constitue un des objectifs de la sémantique générale.

[…] (Non achevé, à suivre)

Citations[modifier | modifier le code]

Conclusion[modifier | modifier le code]

Cet article n’a évidemment pas l’ambition de faire le tour de toute la sémantique générale. Korzybski insiste sur le côté inachevé de son travail et sur la nécessaire remise à jour de la théorie en fonction des avancées de la science. Reste qu’à ce jour, à part les chapitres consacrés aux colloïdes, théorie tombée en désuétude après la découverte de l’ADN et du mécanisme de synthèse protéique, les conclusions structurelles esquissées en 1933 n’ont pas de raison d’être mises en cause.[non neutre]

En raison de la difficulté pour les lecteurs ne lisant pas l'anglais d'accéder aux livres originaux, et de savoir en quoi elle consiste exactement, la sémantique générale est, en France, depuis les années 2000, l'objet de tentative de récupération de la part de manipulateurs de symboles divers : groupes idéologiques utilisant cette discipline pour se donner un vernis de scientificité et l'utiliser comme écran pour dissimuler des activités moins avouables, consultants et publicitaires peu intègres se présentant comme experts en sémantique générale : la SG n'a rien à voir avec la PNL, l'énneagramme, le « déisme », les « illuminati » etc. Ces tentatives d'identifications abusives n'engagent que leurs auteurs, et les propos tenus sur cette base sont dépourvus de toute crédibilité.

La sémantique générale attire notre attention sur un certain nombre de phénomènes, erreurs, abus, etc. et nous donne des moyens de les repérer et d’éviter de les commettre nous-mêmes. Les outils extensionnels insistent sur les différences, développant ainsi notre esprit critique et notre souplesse d’adaptation. La pause cortico-thalamique améliore également notre adaptabilité. Les termes multi-ordinaux expliquent la vacuité de certaines discussions, les trois principes évitent les identifications et dénoncent l’emploi d’un symbolisme excessif, où les symboles ne se réfèrent à 'rien', ce que Korzybski qualifie de « bruits de bouche » ou à 'tout', etc.

La sémantique générale nous invite également à essayer de mettre à jour nos « prémisses », c’est-à-dire nos postulats silencieux, responsables de nos inférences. N’oublions pas que les théories scientifiques modernes se sont constituées précisément en prenant 'conscience' du caractère superflu d’un certain nombre de prémisses, comme le postulat des parallèles en géométrie. Elle ouvre ainsi la voie à une théorie générale de l’entendement et de la compréhension mutuelle dont l’état actuel du Monde montre plus que jamais l’urgence.

« Même si le système non-A ne réussit qu’attirer l’attention de l’humanité sur des questions jusque-là ignorées ; qu’il se contente d’ouvrir la voie, non vers la panacée, mais vers un programme scientifique pratique, constructif et unifié grâce auquel de futurs désastres pourront être évités ou amoindris — j’en serai fort satisfait. » (Science and Sanity, p. 561)

Vulgarisation - Artistes et auteurs[modifier | modifier le code]

L'auteur de science-fiction A. E. van Vogt a popularisé les théories de Korzybski par le biais du Cycle du Ā dont Boris Vian a traduit les deux premiers romans en français. Ces théories ont parfois servi à appâter de simples naïfs lorsqu’elles étaient enseignées par certains formateurs peu scrupuleux[réf. nécessaire].

La sémantique générale a été aussi popularisée indirectement par le peintre René Magritte dans son tableau La Trahison des images (1929) où il peint l'objet « pipe » (à fumer) et où il est peint en légende « Ceci n’est pas une pipe » dans le sens où le tableau ne constitue qu’une représentation de l’objet. Il interroge également le type de relation particulière entre le représenté et l'original, en montrant au même niveau – c’est-à-dire dans le cadre physique en bois par exemple, de la peinture – une pipe peinte et son modèle dans Les Deux Mystères (1966)[13].

En France, les principaux auteurs qui s'en sont inspirés sont le biologiste Henri Laborit, le philosophe Gaston Bachelard, et le physicien Basarab Nicolescu.

Le biologiste français Henri Laborit a élaboré sa théorie de l'inhibition de l'action et ses travaux sur la structure des organismes vivants sur la sémantique générale, avec La Nouvelle Grille.

Gaston Bachelard signale la sémantique générale dans son ouvrage La Philosophie du non (1940). Il y écrit notamment : « Le monde où l'on pense n'est pas le monde où l'on vit », éclairant sous un autre jour un des axiomes principaux énoncé par Korzybski : « La carte n'est pas le territoire. »

Henri Laborit et Gaston Bachelard étaient tous deux membres honoraires de l'Institute of General Semantics.

L'écrivain américain William Burroughs, qui avait suivi les cours de Korzybski, expérimenta les fonctions non-aristotéliciennes de l'écriture (la fonction de time-binding, et celle qui consiste à créer la réalité), dans les Essais, tomes 1 et 2.

Marshall B. Rosenberg cite le psychologue américain Wendell Johnson (16.4.1906–29.8.1965, promoteur de la sémantique générale) dans son livre Les Mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), Introduction à la Communication non violente[14].

Dans son roman Limbo, Bernard Wolfe décrit une société non-aristotélicienne en partie influencée par la sémantique générale de Korzybski (ce dernier est cité plusieurs fois dans le chapitre XI).

Le romancier tchèque Milan Kundera offre une illustration des problématiques liées aux inférences dans L'insoutenable légèreté de l'être (chapitre "les mots incompris" ou l'auteur confronte la perception de mots simples tels que foule etc.. entre deux de ses trois personnages principaux à savoir Franz et sa maîtresse Sabina).

Le groupe de rock 13th Floor Elevators s'est inspiré des travaux de Korzybski pour les notes de pochette de leur premier album The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators (1966)[15].

Remarques[modifier | modifier le code]

  • Le verbe être est si peu usité en langue russe que tout s’y passe presque comme s’il n’existait pas[16]. On n’a pas constaté pour autant chez ce peuple de vision spécifiquement plus claire que celle de n’importe quel autre. Il ne faut pas 'identifier' (m.o) le phénomène d’identification, structurel, avec l’emploi du verbe être, linguistique. Ne pas utiliser le verbe être ne signifie pas ne pas identifier.
  • 'On' constate souvent qu’une phrase gagne en clarté, tant chez son récepteur que chez son émetteur, si l’on prend soin d’en éliminer les verbes d’état comme « être » (sauf s’il est utilisé comme auxiliaire grammatical) pour les remplacer par des verbes opérationnels, qui possèdent — eux — une définition claire et non ambiguë. D'où l'intérêt d'utiliser, autant que faire se peut, des termes fonctionnels.
  • Une « langue » inspirée de l’anglais et n’autorisant pas le verbe être a été nommée E-prime. Dans la pratique, il s’agit simplement d’un anglais s’imposant des règles faisant en sorte qu’on sache à tout moment définir ce dont on parle en ne s’exprimant qu’en termes opérationnels. Cela n’interdit pas les conversations sur le subjectif : on décrit alors simplement le résultat observable de ses états d’âme. Ces conventions sont tout à fait utilisables – et d’ailleurs utilisées – dans le quotidien, en anglais comme en français courant, par les locuteurs prudents ; elles ne semblent donc pas nécessiter un nom de langue distinct et particulier.
  • L'écrivain argentin Jorge Luis Borges avait attribué à un auteur de son invention, Suarez Miranda, une citation évoquant une carte d'un Empire « qui avait le Format de l'Empire et qui coïncidait avec lui, point par point » (donc à l'échelle 1:1). Avant lui, Lewis Carroll avait parlé, dans Sylvie et Bruno, d'« une carte du pays, à l'échelle d'un mile pour un mile », que les fermiers du pays avaient rejetée parce qu'elle leur cachait le soleil : ils avaient finalement décidé d'utiliser le pays lui-même comme sa propre carte, la carte étant en l'occurrence le territoire…

À propos de la sémantique générale[modifier | modifier le code]

Sont regroupés ici quelques avis et commentaires sur la théorie qui préexistaient à la refonte de la page :

La théorie et le monde réel[modifier | modifier le code]

Dans Science and sanity, Korzybski s’inquiète du danger d’un monde où il devient possible par les médias de manipuler les esprits en leur inculquant des visions coupées du monde réel (voir Philip K. Dick). En URSS, Italie et Allemagne, les événements sont alors en train de lui donner tristement raison : l’ouvrage paraît en 1933. De son côté, Serge Tchakhotine publie Le Viol des foules par la propagande politique en 1939.

Depuis sa mort en 1950, le travail de Korzybski est poursuivi dans le cadre de l'Institute of General Semantics par des auteurs tels que Wendell Johnson, S. I. Hayakawa and Alan Hayakawa, J. Samuel Bois, Irving J. Lee, Kenneth Johnson, Catherine Minteer, Mary Morain, etc. L'institut publie une revue trimestrielle, ETC: A Review of General Semantics[17] qui contient des articles contribuant à la compréhension du langage, de la pensée et du comportement et traitent des méthodes utilisées en sémantique générale (time-binding, conscience d'abstraire, confusion entre la carte et le territoire, etc.

Bibliographie des livres en ligne d'Alfred Korzybski[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage est une compilation de textes de Korzybski : Le Rôle du langage dans les processus perceptuels (communication lors d'un symposium de psychologie clinique), article Sémantique générale de l’American People's Encyclopedia, préface et table des matières de Science and Sanity, glossaire de termes construit à partir de cet ouvrage, auxquels s'ajoute une préface de l'éditeur et une biographie.
En ligne:
Préface et avertissement au lecteur
Premier chapitre
  • Extraits de « Science and Sanity »: (traduction Isabelle Aubert-Baudron)
Introduction (ch. III )
Généralités sur la structure (ch.IV)
Du symbolisme (ch. VI)
Réactions conditionnées aux niveaux supérieurs et psychiatrie (XXIII)
De la notion de simultanéité (ch. XXXVII) (ch. VI)

En anglais[modifier | modifier le code]

dans le site de l'ESGS.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les différentes étapes de l'évolution de l'Occident : Aristote, Descartes, Korzybski: Trois visions de l'homme et du monde »
  2. Science and Sanity, « De la notion de simultanéité » (ch. XXXVII) (ch. VI)
  3. (en) Alfred Korzybski, Manhood of humanity (lire en ligne)
  4. Voir l'article Émergence.
  5. Voir à ce sujet l'article Métonymie.
  6. Voir à ce sujet l'article Métadonnées.
  7. Korzybski, « Le rôle du langage dans les processus perceptuels »
  8. Un exemple de prudence excessive dans l'inférence apparaît dans la plaisanterie classique : « Deux logiciens voyageant un train regardent le paysage par la fenêtre. – Tiens, dit l'un, un troupeau de moutons qui vient d'être tondu. — De notre côté, en tout cas, répond l'autre. »
  9. Voir aussi, d'un point de vue linguistique : Modalité (épistémique), Évidentialité etc.
  10. Voir aussi à ce sujet la notion de « grounding » (ancrage) évoquée notamment par Ronald Langacker dans sa Grammaire cognitive.
  11. Ce problème est traité en informatique par l'usage d'espaces de noms, comme en XML avec les namespaces.
  12. Il y a ici confusion entre le monde dit réel, indépendant de l'observateur, et le monde considéré comme réel par un groupe social donné, dans un contexte culturel et spatio-temporel donné : voir Doxa.
  13. Voir par exemple [1].
  14. Page 46 ligne 19 (ISBN 978-270714381-5)
  15. Voir[2].
  16. Plus précisément, en russe, la copule n'est pas exprimée au présent (à l'écrit, elle est remplacée par un tiret long) ; mais le verbe être est bien utilisé au passé et au futur.
  17. ETC: A Review of General Semantics

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Concepts liés :

Personnalités :

Alfred Korzybski Memorial Lecture 1963: THE NEED FOR GENERALIZATION IN BIOLOGICAL RESEARCH : ROLE OF THE MATHEMATICAL THEORY OF ENSEMBLES
La nouvelle grille : Thermodynamique et information (en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]