Eugène Pottier
Eugène Pottier, né le 4 octobre 1816 à Paris où il est mort le 6 novembre 1887, est un goguettier, poète et révolutionnaire français, auteur des paroles de L'Internationale.
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[modifier] Biographie
Dessinateur sur étoffes, Eugène Pottier compose sa première chanson, Vive la Liberté, en 1830. En 1840, il publie Il est bien temps que chacun ait sa part. Il participe à la Révolution de 1848. Sous le Second Empire, il crée une maison d'impression sur étoffes et, en 1864, il est à l'origine de la création de la chambre syndicale des dessinateurs, qui adhère ensuite à la Première Internationale.
Membre de la garde nationale, il participe aux combats durant le siège de Paris de 1870, puis il prend une part active à la Commune de Paris, dont il est élu membre pour le 2e arrondissement. Il siège à la commission des Services publics. Il participe aux combats de la Semaine sanglante. En juin 1871, caché dans Paris, il compose son poème L'Internationale et se réfugie en Angleterre. Condamné à mort par contumace le 17 mai 1873, il s’exile aux États-Unis, d'où il organise la solidarité pour les communards déportés. C'est de là aussi qu'il adhère à la franc-maçonnerie[1], puis au Parti ouvrier socialiste d'Amérique. Ruiné et à demi paralysé, il revient en France après l’amnistie de 1880.
Eugène Pottier fréquente les goguettes.
En 1883 Eugène Pottier présente une chanson au concours de la célèbre goguette de la Lice chansonnière et remporte la médaille d'argent.
Il retrouve à cette occasion le chansonnier Gustave Nadaud qu'il a croisé en 1848 et à qui il avait alors fait une forte impression[2].
Grâce à ces retrouvailles une cinquantaine de chansons de l'auteur de l'Internationale sont publiées pour la première fois en 1884 et sauvées de l'oubli par Nadaud qui admire beaucoup le talent poétique de Pottier tout en étant très loin de partager ses opinions politiques.
Nadaud qui a financé l'impression du recueil de Pottier termine sa préface élogieuse par un distique :
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- La politique nous sépare
- Et la chanson nous réunit.
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Cette initiative de Nadaud incitera les amis politiques de Pottier à publier en 1887 ses Chants révolutionnaires avec une préface de Henri Rochefort[3].
Sans Nadaud et la Lice chansonnière nous ne connaîtrions ni l'Internationale ni les autres œuvres de Pottier.
Eugène Pottier acquiert la célébrité un an après sa mort, en 1888, après la mise en musique de son poème L'Internationale par le musicien lillois Pierre Degeyter né le 8 octobre 1848 à Gand en Belgique. Le texte a été écrit en juin 1871, à Paris, en pleine répression de la Commune de Paris.
Jean Ferrat évoque Pottier dans sa chanson La Commune. Ses chansons sont reprises après sa mort, que ce soit par des artistes d'inspiration socialiste, communiste, anarchiste ou libertaire comme Pierre Degeyter. En 2010, Sébastien Ducret a mis en musique plus d'une vingtaine de textes d'Eugène Pottier [4]. Le premier disque entièrement consacré à Eugène Pottier est sorti en décembre 2011, il s'intitule Quel est le fou ?. Eugène Pottier est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
[modifier] Recueils de poèmes et chansons
- Poésies d'économie sociale et chants socialistes révolutionnaires, Paris : H. Oriol, 1884
- Quel est le fou ? chansons, préface de Gustave Nadaud, Paris : H. Oriol, 1884
- Chants révolutionnaires, préface de Henri Rochefort, appréciations de Gustave Nadaud et de Jules Vallès, Paris : Dentu, 1887 Texte en ligne (1) sur Wikisource (2) sur Gallica (3) sur le site de la Bibliothèque municipale de Lisieux
- Œuvres complètes, rassemblées, présentées et annotées par Pierre Brochon, Paris : F. Maspero, 1966
- Poèmes, chants & chansons, précédés d'une notice par Jules Vallès, illustré par Steinlen, Willette, Grün et al., Cœuvres-&-Valsery : Ressouvenances, 1997
- Poèmes et chansons, choisis et présentés par Jacques Gaucheron, Pantin : Le Temps des cerises, 1999
[modifier] Sources historiques
- Ernest Museux, Eugène Pottier et son œuvre : les défenseurs du prolétariat, Paris : J. Allemane, 1898 Texte en ligne sur Gallica
- Ernest Museux, Almanach Eugène Pottier pour 1912, Paris, Saint-Quentin, s. n., s. d. Texte en ligne sur Gallica
[modifier] Bibliographie
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- Robert Brécy, Florilège de la Chanson Révolutionnaire, De 1789 au Front Populaire, Éditions Ouvrières, 1990

- Bernard Noël, Dictionnaire de la Commune, Flammarion, collection Champs, 1978
[modifier] Notes
- Eugène Pottier, Chants Révolutionnaires, p. IX.
- Le récit de cette rencontre improbable est conté par Jean-François Gonon dans son Histoire de la chanson stéphanoise et forézienne depuis son origine jusqu'à notre époque., éditée par l'imprimerie coopérative « L'Union Typographique », Saint-Étienne, 1906, page XXVI.
- Brécy, 1990, p. 136.
- Quel est le fou ? (le monde ou moi ?)