Crozant

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Crozant
Les ruines du château
Les ruines du château
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Limousin
Département Creuse
Arrondissement Guéret
Canton Dun-le-Palestel
Intercommunalité C.C. du Pays Dunois
Maire
Mandat
Jean Parlebas
2008-2014
Code postal 23160
Code commune 23070
Démographie
Population
municipale
510 hab. (2011)
Densité 17 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 23′ 33″ N 1° 37′ 20″ E / 46.3925, 1.62222222222 ()46° 23′ 33″ Nord 1° 37′ 20″ Est / 46.3925, 1.62222222222 ()  
Altitude Min. 197 m – Max. 367 m
Superficie 30,52 km2
Localisation

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la Creuse à Crozant

Crozant est une commune française située dans le département de la Creuse et la région Limousin. Ses habitants sont appelés les Crozantais(es).

Géographie[modifier | modifier le code]

Crozant est situé à la limite nord du département de la Creuse. La rivière, la Grande Creuse (qui s'est grossie de la Petite Creuse à quelques kilomètres en amont) y forme une limite avec le département de l'Indre.

Cette « frontière » administrative est très ancienne. Elle correspond approximativement à la limite entre la langue d'oïl et la langue d'oc. La limite se trouve au village Les Bordes à environ 4 km de Crozant. Elle a aussi une signification géologique : au sud, ce sont les contreforts granitiques du Massif central, tandis qu'au nord commencent les plaines calcaires du Bassin parisien.

Le territoire communal est traversé par le sentier de grande randonnée de pays : Le Val de Creuse.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté sous les formes Crozenc (1208), Crozent (1277)[1], Crousant (1512), la forme « Crozant » étant d'un usage moderne.

Le premier élément est vraisemblablement le gaulois * crosus, à l'origine du gallo-roman *CROSU qui a donné « creux » en français, même mot que la Creuse (Crosa VIIIe siècle) au sens de « vallée profonde », qui constitue vraisemblablement la racine du toponyme Crozant, suivie d'un suffixe, selon un processus fréquent en toponymie.

L'absence de formes plus anciennes rend difficile l'identification du suffixe. Dans cette perspective d'explication par le celtique, il pourrait s'agir d'-entum identifié dans Douvrend (Seine-Maritime, Douvrenc v. 1060, Dovrent 1111 de * Dubrentum sur gaulois dubron, eau) ou encore Drevant (Cher, Derventum 1217 sur gaulois dervo, chêne) et les nombreux Nogent (de Novientum sur gaulois noviios, nouveau, neuf), dont les premiers éléments sont clairement identifiés comme celtiques[2].

Ernest Nègre[3] y voit plutôt le suffixe adjectival occitan -enc, d'où sa signification de « (village) de la Creuse ».

Histoire[modifier | modifier le code]

L'éperon rocheux inscrit entre la Creuse et un affluent, la Sédelle, a été occupé depuis l'époque préhistorique. Une forteresse semble y avoir été édifiée entre 997 et 1018. Mais c'est au XIIIe siècle que le château-fort prendra la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. Une des tours subsistantes porte d'ailleurs le nom d'Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean sans Terre, épouse de Hugues X de Lusignan, qui, suivant une tradition, l'aurait fait construire. Au XIIe siècle, les capitaines du lieu sont des Foucauld, seigneurs de Saint-Germain-Beaupré.

Dans son ouvrage sur l'histoire du comté de la Marche[4], Joullietton rapporte que le Château de Crozant aurait été pris par les catholiques en 1588, ce qui aurait occasionné la ruine d'une tour. À partir de 1606, le château paraît déjà servir de carrière aux habitants des alentours. Un procès verbal de 1640, établi par l'intendant du roi à Moulins, Le Voyer d'Argenson, constate que l'ensemble féodal est en triste état. Les vestiges de la place forte, qui appartiennent à la Couronne depuis la confiscation des biens du connétable de Bourbon en 1527, sont alors acquises par Gabriel Foucauld de Saint-Germain Beaupré, gouverneur de la Marche.

Les ruines de la citadelle couvrent une bonne partie de l'éperon rocheux : plusieurs enceintes successives, un donjon carré du XVe siècle et deux tours XIIIe siècle, auxquels s'ajoutent une chapelle et la « tour de l'eau » qui permettait d'aller chercher l'eau à la rivière tout en restant à couvert.

George Sand visita le site de Crozant en compagnie de Chopin, à l'issue d'un périple difficile dans des routes qui n'en étaient pas.

À l'issue de longues négociations conduites par le maire de Crozant, Jean Parlebas, ces ruines ont été acquises il y a quelques années par la commune. Un important programme de réhabilitation a été entrepris, grâce à des financements de l'État, du conseil régional, du conseil général et de la commune en vue de la réouverture du site au public au terme des travaux.

Une bande dessinée, Les Aigles décapitées, raconte l'histoire imaginaire de Hugues, seigneur de Crozenc. Le premier tome figure un dessin du château qui est une belle et plausible reconstitution, si ce n'est qu'il a été dessiné inversé (gauche/droite) par rapport à la réalité !

Les pierres des murs font écho à celles des parois rocheuses de la vallée et disent les légendes des lieux : celle du Rocher des fileuses où chaque année se déroulait un concours entre les jeunes villageoises, la plus habile devant filer son brin de laine de telle sorte qu'il touchât l'eau le premier, 80 mètres plus bas ; celle encore du diable qui a construit en une nuit le Pont Charraud à la suite du pacte établi avec un homme qui n'a pas voulu être le premier fagot qu'il aurait lié le matin : il est venu au rendez-vous tout nu.

À partir du XIXe siècle, le site de Crozant inspire de nombreux peintres.

Armand Guillaumin (1841-1927), qui a eu la chance de gagner le gros lot de la Loterie nationale (1891), est désormais débarrassé de tout souci matériel et peut se consacrer entièrement à la peinture. En 1893, il choisit Crozant comme résidence de prédilection. D'autres peintres l'ont précédé, tel Paul Castans (1823-1892), d'autres vont suivre leur exemple. Ils donneront naissance à "l'École de Crozant", école "sans maître", qui n'est rien d'autre qu'une commode appellation, imaginée ultérieurement, pour désigner tous ceux qui ont trouvé l'inspiration sur les rives de la Creuse. Parmi eux : Ernest Josephson (1851-1906), Fernand Maillaud (1862-1948), Paul Madeline, Clémentine Ballot (1880-1924), la dynastie des Leloir et plus particulièrement Maurice Leloir (1853-1940), le Suédois Walter Oetten (1897-1972), Solange Christauflour (1900-1953), etc. L'abbé Laurent Guétal y fait la connaissance en 1855 d'un autre peintre, Ernest Victor Hareux. Non loin de l'église de Crozant, se trouve un buste en bronze de Guillaumin.

En 1926, une autre histoire commence pour les bords de Creuse qui vont être noyés, pour cause de production d'électricité, par les eaux de la plus grande retenue d'Europe à l'époque, le barrage d'Éguzon. Le nouveau pôle d'attraction touristique est désormais le « lac Chambon » du nom du hameau d'une commune riveraine (Éguzon) du nouveau lac. Si les gorges profondes perdent alors une partie de leur caractère sauvage qui plaisait tant aux peintres, on y gagne une baignade et des pédalos à la « plage de Fougères ». Crozant est parée pour 1936 et les congés payés !

Durant la guerre, le pont séparant la Creuse du département de l'Indre à Crozant est dynamité. Un bac sera installé en attendant la construction du nouveau pont. Aujourd'hui, lorsque le barrage est vidé (cela n'arrive qu'exceptionnellement !), on peut encore voir une pile du vieux pont tristement couchée sur le flanc.

Économie et paysage[modifier | modifier le code]

Là où le barrage a, sans doute en quelques heures, changé le paysage des peintres noyé sous les eaux, les modifications de la société et de l'économie locale l'ont noyé sous les arbres en quelques années.

Pour s'en rendre compte, il n'est que de voir les peintures de Guillaumin, qui peignit, dit-on, 140 fois le site de Crozant, et les cartes postales des années 1900. C'est que les landes soi-disant « climaciques » étaient entretenues par le pâturage extensif des moutons et des chèvres, lequel a décliné lentement entre les deux guerres et s'est éteint après 1950. La tendance est aujourd'hui à la recolonisation des abords des ruines, puis au boisement naturel des anciens espaces ouverts.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995-... Jean Parlebas
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 510 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
755 1 220 1 083 1 196 1 214 1 423 1 301 1 230 1 341
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 401 1 362 1 439 1 420 1 452 1 433 1 546 1 568 1 602
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 713 1 803 1 823 1 606 1 405 1 231 1 206 1 093 1 000
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
949 929 862 732 636 581 527 511 510
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château médiéval[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Crozant.

Comme précisé plus haut, les ruines de la forteresse médiévale[7] sont actuellement en cours de restauration. À l'issue des travaux, il est probable que ce site et son exceptionnel environnement naturel constitueront un des pôles essentiels du tourisme dans la Creuse.

Château des Places[modifier | modifier le code]

Château des Places est inscrit au titre des monuments historiques en 1992[8].

Les jardins de Crozant[modifier | modifier le code]

Un autre paysagiste, Camille Muller, s'est installé à Crozant à la fin des années 1970 mais en est reparti. Autour de ces paysagistes réputés, enseignants dans des écoles de paysage, de nombreux élèves ont découvert Crozant et certains sont restés et y ont créé des jardins. C'est ainsi le cas de l'Arboretum de la Sédelle dus à Philippe Wanty, et des Jardins Clos de la Forge dus à Jacques Sautot et Christian Allaert. Deux fois par an l'association "les jardins de la Sédelle" organise des journées de découverte sur le site de l'arboretum (celui-ci possède la collection de référence des érables pour la France : plus de 200 espèces et cultivars).

L'église Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

Les parties les anciennes de l'église Saint-Étienne[9] semblent remonter au XIIe siècle. Elle a été remaniée au XVe siècle à la suite d'une destruction. L'église a été classée Monument historique par arrêté du 8 avril 1933.

Le pont Charraud[modifier | modifier le code]

Le pont dit pont Charraud date du XVIIe siècle[10],[11]. Une légende locale en fait un pont du Diable car le maçon qui avait pris l'affaire à un prix trop bas, fit un marché avec le Malin qui lui proposa de construire le pont en un seul jour contre le premier fagot qu'il aura lié.
Le début de la construction a été commencée en 1603 mais le pont n'a été terminé qu'en 1695.
Il permet à la RD913 de franchir la Sédelle. Il comprend trois arches en plein cintre et ogivale au milieu avec des ouvertures comprises entre 6,40 m et 6,72 m, avec des avant-becs triangulaires à l'amont et trapézoïdaux à l'aval. Largeur du pont : 3,80 m.
Le pont a été inscrit Monument historique par arrêté du 23 juillet 1934.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Pèlerinage de Compostelle[modifier | modifier le code]

Borne du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle à Crozant

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans L'Aiguille creuse, une aventure d'Arsène Lupin par Maurice Leblanc, Isidore Beautrelet pense avoir trouvé la fameuse Aiguille creuse en découvrant le château de l'Aiguille, près de Crozant. Ce château semble être un élément inventé, et différent du Château de Crozant[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume 1, Librairie Droz 1990. p. 49.
  2. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance (2003).
  3. Op. cité.
  4. Histoire de la marche et du pays de Combraille, Tome II, Joseph Joullietton, 1815.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  7. « Notice no PA00100050 », base Mérimée, ministère français de la Culture : Château de Crozant
  8. « Notice no PA00100229 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. « Notice no PA00100051 », base Mérimée, ministère français de la Culture : Église Saint-Etienne
  10. « Notice no PA00100052 », base Mérimée, ministère français de la Culture : Pont dit Pont Charraud
  11. Marcel Prade, Les ponts monuments historiques, p. 151, Librairie Brissaud, Poitiers (ISBN 2-902170-54-8)
  12. Chapitre V de L’Aiguille_creuse sur Wikisource, voir tout à la fin du chapitre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien(s) externe(s)[modifier | modifier le code]


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Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle
Coquille Saint-Jacques
Via Lemovicensis
(? km jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle)
La Chapelle-Baloue