George Sarton

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George Alfred Leon Sarton (né le 31 août 1884 à Gand et décédé le 22 mars 1956 à Cambridge dans le Massachusetts) était un historien des sciences américain d'origine belge. Il a écrit plusieurs classiques de l’histoire des sciences[1] et est considéré comme le père du développement de l’histoire des sciences aux États-Unis. Il est le père de l'écrivain et poétesse américaine May Sarton.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il étudie la philosophie à l'Université de Gand avant de s'orienter vers la science et obtenir un doctorat en mathématiques dans cette université en 1911. La même année il épouse Eleanor Mabel Elwes, une artiste anglaise avec qui il a une fille en 1912, May Sarton. Toujours en 1912, il fonde la première revue d'histoire des sciences et des techniques, Isis, dont le premier numéro parait en mars 1913.

Suite à la Première Guerre mondiale, il fuit la Belgique en passant par la Hollande, pour rejoindre l'Angleterre et enfin les États-Unis en 1915, où il restera toute sa vie.

L'année suivante il organise des conférences à l'université Harvard en philosophie et histoire des sciences, jusqu'en 1918, où la Carnegie Institution fait de lui un chercheur associé, rendant ainsi sa situation financière moins précaire. Il publie en septembre 1919 le deuxième numéro de Isis.

En 1924, il devient officiellement citoyen américain. La même année il fonde la History of Science Society, qui doit notamment servir de support pour la publication de Isis. En 1936, il fonde Osiris, destiné à accueillir des articles plus longs que Isis.

Il devient maître-assistant à l'université Harvard en 1920 et professeur d'histoire des sciences de 1940 jusqu'à sa retraite en 1951. Il continue cependant de se consacrer à l'écriture et organise des conférences jusqu'à sa mort le 22 mars 1956.

Travaux[modifier | modifier le code]

Il prévoyait de réaliser une œuvre exhaustive sur l'histoire des sciences en neuf tomes, qui durant la préparation du second tome l'amène à apprendre l'arabe et à voyager au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (de 1931 à 1932) pour y étudier des manuscrits originaux. Mais au moment de sa mort en 1956, seul les deux premiers tomes sont terminés.

Dans cette monumentale Histoire des sciences, George Sarton montre comment après les Égyptiens, les Sumériens, les Grecs, les Alexandrins, les Romains, les Byzantins, les savants du monde musulman (Persans, Arabes, Berbères, juifs, chrétiens, musulmans) ont dominé, en une suite ininterrompue, de 750 à 1100. Citons notamment le chimiste Jabir Ibn Hayyan (vers 800), l'inventeur de l'algèbre et des algorithmes Al-Khawarizmi (780-850), le fondateur du premier hôpital, Rhazès (mort en 925), l'astronome et historien Al-Biruni (973-1050), le philosophe et médecin Avicenne (980-1037), Omar Khayyam (1047-1122), mathématicien et poète. À partir du XIIe siècle, émergent les savants européens mais ils doivent encore compter avec le philosophe Averroès (1126-1198), le médecin et théologien juif Maïmonide (1135-1204), le géographe et voyageur Ibn Battûta (1304-1377), l'historien Ibn Khaldoun (1332-1406)[2].

Son œuvre combine la biographie de scientifiques avec l'analyse de leurs découvertes en utilisant des sources secondaires. Il montre également le lien qui unit la magie et la science durant les périodes précédant la révolution scientifique.

Hommage[modifier | modifier le code]

En hommage à ses travaux, la History of Science Society a créé la Médaille George Sarton qui est la plus prestigieuse récompense de cette société savante. Depuis 1955, elle récompense un historien des sciences de la communauté internationale pour les travaux qu'il a accomplis durant sa vie. La première personne récompensée a été George Sarton lui-même.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Eugène-Humbert Guitard, « Georges Sarton, Henri-E. Sigerist et Charles Beaulieux », Revue d’histoire de la pharmacie, no 154,‎ 1957, p. 121 (lire en ligne)
  2. Paul Balta, Stéréotypes et réalités in Confuences, Hiver 1995-1996, p.55

Source[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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