Fransaskois

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Fransaskois est un mot-valise pour désigner les habitants francophones de la province canadienne de la Saskatchewan. Il a été popularisé au début des années 1970[1]. Qui sont les Fransaskois ? Un Fransaskois ou une Fransaskoise est une personne qui s'identifie à la francophonie en Saskatchewan, que ce soit pour des raisons liées à sa naissance, par le mariage, par intégration ou par adhésion à la communauté fransaskoise[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'arrivée des Blancs, le territoire correspondant aujourd'hui à la Saskatchewan est peuplé par les Assiniboines, les Cris, les Danezaa, les Pieds-Noirs, les Slaveys et les Tchipewyans[3]. Entre 1752 et 1755, Louis de La Corne dirige une expédition dans le centre-est du territoire correspondant désormais à la Saskatchewan et y fonde le fort de La Corne, marquant l'extrémité ouest des possessions françaises[1]. Les premières expériences de culture du blé ont lieu au fort[1]. Des coureurs des bois au service de la Compagnie de la Baie d'Hudson ou de la Compagnie du Nord-Ouest parcourent le territoire à la recherche de fourrures[4]. Certains d'entre eux se marient avec des femmes amérindiennes, donnant naissance au peuple Métis[4]. Les Métis fondent des campements d'hivers qui deviennent au fil du temps les premiers villages francophones[4]. Les premiers missionnaires catholiques parcourent le territoire à partir de 1818[1]. En 1846, les missionnaires Alexandre-Antonin Taché et Louis-François Richer Laflèche fondent la mission d'Île-à-la-Crosse, qui attire bientôt une population métisse francophone importante[1]. À partir de 1870, des familles métisses souhaitant préserver leur mode de vie migrent à partir du Manitoba et fondent des établissements comme Batoche, Saint-Laurent-de-Grondin et Talle-de-Saules[1]. La résistance armée contre le gouvernement du Canada se termine lors de la défaite métisse à la bataille de Batoche en 1885[1].

Une migration de Canadiens-français en provenance du Québec et des États-Unis a lieu de la fin du XIXe siècle aux années 1920 ; ces derniers fondent de nombreux villages, des écoles, des églises et des commerces, le tout sous la direction de prêtres colonisateurs[1]. Un nombre presque aussi important de Belges, de Français et de Suisses s'établissent dans ces villages ou en fondent de nouveaux[1]. La construction du chemin de fer attire ensuite de nombreux immigrants d'origines diverses, reléguant les Fransaskois au statut de minorité, ne composant que 6 % de la population en 1905[1]. La loi créant la province de Saskatchewan en 1905 reconnaît le français comme langue officielle mais ces dispositions sont ignorées par le gouvernement provincial[1]. Le droit à l'enseignement en français est ainsi difficilement applicable et de nombreux organismes sont fondés afin de préserver la culture fransaskoise, comme le journal Le Patriote de l'Ouest en 1910, l'Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan en 1912 et l'Association des commissaires d'écoles franco-canadiens en 1918[1]. Le Collège Mathieu, offrant le cours classique, est fondé à Gravelbourg en 1918[1]. Au cours de la même année, l'éducation en français est pourtant réduite à la première année du primaire et restreinte à une heure par jour pour les années supérieures[4]. La première année primaire en français est abolie en 1931[4].

Le journal La Liberté et le Patriote le Le Patriote de l'Ouest en 1941[4]. Deux stations de radio francophones sont fondées en 1952, la CFRG à Gravelbourg et la CFNS à Saskatoon[1]. Des politiques fédérales favorables à la langue française durant les années 1960, comme la Loi sur les langues officielles, incitent la province à modifier la Loi scolaire en 1968 afin de permettre à nouveau l'éducation en français[1]. Le journal L'Eau vive remplace La Liberté et le Patriote en 1971[4]. La Première Chaîne de Radio-Canada prend le contrôle des stations de radio CFRG et CFNS en 1973[4]. Le Conseil culturel fransaskois est fondé en 1974 et dirige plusieurs centres culturels inaugurés au cours de la même décennie[1]. La Télévision de Radio-Canada ouvre une station en 1976[4]. L'événement jeunesse On s'garoche à Batoche a lieu en 1978 dans cette ville ainsi qu'à Saint-Laurent-de-Grondin, marquant la première célébration de la Fête fransaskoise[5]. Le Bureau de la minorité de la langue officielle (BMLO), aujourd'hui la Direction de l'éducation français (DEF), est créé en 1980 au sein du ministère de l'Éducation, avec comme responsabilité de créer et d'améliorer les programmes d'enseignement en français[5]. Un réseau d'écoles francophones est établi et des programmes d'immersion française sont implantés dans certaines écoles anglophones[5]. La Télévision de Radio-Canada produit certaines émissions à partir de 1982[5]. La Charte canadienne des droits et libertés est adoptée la même année[5]. La Fondation de l'Association des parents fransaskois est fondée la même année et entreprend une lutte juridique afin de faire reconnaître le droit de gestion des écoles[5]. En 1988, la Cour suprême du Canada donne raison au père André Mercure dans la cause R. v. Mercure, forçant les gouvernements de Saskatchewan et d'Alberta à se doter de lois linguistiques[5]. La première entente Canada-Saskatchewan sur les services en français est signée la même année[5]. Le pavillon de l'Institut linguistique est inauguré à l'Université de Regina en 1989[5]. L’Acte scolaire est amendé en 1993, permettant la création du Conseil des écoles fransaskoises deux ans plus tard[5]. L'Association culturelle franco-canadienne devient l'Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) en 1999[1]. En 2008, l'Assemblée communautaire fransaskoise s'associe à l'Association canadienne-française de l'Alberta et à Gilles Caron dans la cause R. v. Caron, remettant en question les lois linguistiques des deux provinces[5].

Population[modifier | modifier le code]

Les Fransaskois représentent environ 2 % de la population de la province de la Saskatchewan, l'accroissement naturel est compensé par le taux net d'émigration de la province. Les Fransaskoises et les Fransaskois sont principalement installés dans les grandes villes comme Regina, Saskatoon, Prince Albert et North Battleford. Toutefois, ils sont en majorité dans plusieurs petits villages comme Gravelbourg, Albertville, Duck Lake, Zenon Park, Bellegarde, Saint Isidore de Bellevue et Willow Bunch (anciennement Talle-de-Saules).

Droits[modifier | modifier le code]

En vertu de l'article 23 de la Charte des droits et libertés, les francophones de la Saskatchewan ont le droit de gérer leurs propres écoles. Le Conseil des écoles fransaskoises possède 15 écoles situées dans les localités où les Fransaskoises et les Fransaskois sont le plus concentrés.

De plus, la Loi linguistique de la Saskatchewan (1988) permet aux francophones d'avoir un procès en français. Le gouvernement provincial peut publier ses lois dans les deux langues officielles du Canada et les élu(e)s ont le droit de parler en français pendant la législature. Un certain nombre de lois provinciales sont écrites en français et en anglais.

Culture[modifier | modifier le code]

La culture fransaskoise est régulièrement mise en avant par ses artistes et ses personnalités publiques. La Fransaskoise la plus célèbre est possiblement Jeanne Sauvé, née à Prud'homme. Elle a été députée libérale, ministre, présidente de la Chambre des communes du Canada et enfin gouverneure générale du Canada. Le géant Édouard Beaupré est un personnage historique natif de Willow Bunch ayant évolué dans le cirque Barnum & Bailey. Il est connu grâce à la chanson du groupe populaire québécois Beau Dommage et sa chanson Le Squelette du Géant Beaupré.

Dans le domaine de la musique, les Fransaskois les plus célèbres sont sans doute les groupes Hart-Rouge et Carmen Campagne, qui viennent tous les deux de Willow Bunch. Parmi ses créateurs, la communauté fransaskoise affiche le sculpteur de renommée internationale Jos Fafard, le peintre Wilf Perreault, l'écrivain Jean Féron (Zénon Park), le dramaturge Laurier Gareau (Bellevue) ainsi que les groupes musicaux la Raquette à claquettes avec Michel Lalonde et les Cireux de semelles. S'ajoutent à la liste d'artistes de la scène de la Saskatchewan : Annette Campagne, Anique Granger, Jeff Staflund, Alexis Normand, Christianne Blondeau, Véronique Poulin, Jacques Poulin-Denis, Gilles Poulin-Denis et Michel Marchildon, pour ne nommer que ceux-ci.

Le drapeau fransaskois[modifier | modifier le code]

Drapeau fransaskois flottant au vent.

Ce drapeau est un symbole officiel de la province de la Saskatchewan.

Le drapeau fransaskois fut choisi à la fin des années 1970 à la suite d'un concours provincial initié par l'Association jeunesse fransaskoise. C'est le premier drapeau francophone de l'Ouest canadien.[réf. souhaitée]

Le drapeau arbore trois couleurs. Un fond jaune symbolise les champs de blé de la Saskatchewan, l'agriculture étant un moteur économique de la province. La plupart des francophones venus en Saskatchewan se sont installés dans des fermes lors de leurs arrivée.

La croix verte représente la forêt boréale située au Nord de la province. Le symbole de la croix rappelle le rôle prépondérant de l'Église catholique et des missionnaires-colonisateurs dans les efforts de peuplement francophone.

Le rouge de la fleur de lys rend hommage au courage des Fransaskoises et des Fransaskois qui luttent pour leur langue, leur culture, et leurs droits. Cette fleur de lys représente la francophonie et le fait français. Elle reprend la forme graphique que Louis Riel avait utilisé sur le drapeau de son gouvernement provisoire, lors des résistances métisses de l'Ouest canadien.

Personnalités fransaskoises[modifier | modifier le code]

Deux groupes musicaux :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]