François Cabarrus

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François Cabarrus
Francisco de Cabarrús
François Cabarrus
François Cabarrus
Fonctions
Ministre des Finances espagnol
7 juillet 180827 avril 1810
Monarque Joseph-Napoléon Ier
Président du Conseil Mariano Luis de Urquijo
Prédécesseur Miguel José de Azanza
Successeur José Martínez de Hervás
Biographie
Titre complet Comte de Cabarrús
Vicomte de Rambouillet
Nom de naissance François Cabarrus
Date de naissance 15 octobre 1752
Lieu de naissance Bayonne (France)
Date de décès 27 avril 1810 (à 57 ans)
Lieu de décès Séville (Espagne)
Nationalité française, puis espagnole
Profession Financier
Banquier

François Cabarrus (en espagnol : Francisco de Cabarrús), comte de Cabarrús et vicomte de Rambouillet, est né à Bayonne le 8 octobre 1752, mort à Séville le 27 avril 1810, est un financier et économiste. Il est conseiller du roi Charles III d'Espagne et le fondateur de la banque San Carlos, la première banque centrale espagnole. Il crée en Espagne le premier papier-monnaie et est fait comte par le roi d’Espagne. Accusé de détournement et emprisonné en 1790, il est libéré deux ans plus tard. Joseph-Napoléon Ier en fait son ministre des Finances en 1808, fonction qu’il occupe jusqu'à sa mort. Cabarrus tient une place au premier rang parmi les Espagnols du siècle des Lumières, du fait de son caractère volontaire, de ses immenses capacité de travail, de la variété de ses centres d’intérêts intellectuels, de sa volonté de changer la société[1]. Jean Sarrailh le cite parmi les hommes illustres espagnols de la fin du XVIIIe siècle[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

François Cabarrus descend d’une famille de négociants avec l’outre-mer et de marins du Pays basque, anoblie en 1789, son père est un riche négociant, un savant et un défenseur de la doctrine des solitaires de Port-Royal. Il est le fondateur de la loge maçonnique La Zélée de Bayonne. Il envoie son fils, à l'âge de 11 ans, chez les pères oratoriens, à Condom. Comme tous les membres de sa famille, il apprend à parler le français, le basque et l’espagnol.

François Cabarrus passe au collège de l’Esquille à Toulouse pour y faire son cours de philosophie; il multiplie les aventures amoureuses et revient à Bayonne[3]. Son père l'envoie à Saragosse pour parler la langue espagnole couramment et s'y perfectionner dans le commerce. Mais ce genre d'études ne lui convient guère, il quitte Bayonne.

Il part en 1770 à Valence. Il est accueilli par la famille d’un négociant important, un Français établi en Espagne et marié à une Espagnole. Cet industriel est un correspondant des sociétés commerciales des Cabarrus. L’une des filles de ses hôtes, Maria Antonia de Galabert y Casanova (1755-1827) tombe amoureuse de lui, ils se marient le 2 octobre 1772, sans l’accord des Galabert, à Valence. Dominique, le père de François lui coupe les vivres. Le jeune couple s'établit au château de Carabanchel Alto. Là, François Cabarrus reprend la fabrique de savon du grand-père et parrain de sa femme.

Le financier (1773)[modifier | modifier le code]

François Cabarrus devient l’ami des élites intellectuelles madrilènes. Il est un grand admirateur des philosophes des Lumières, notamment Rousseau. Gaspar Melchor de Jovellanos, Pablo de Olavide et Pedro Rodríguez de Campomanes, vont lui permettre de devenir un familier de la cour, où les conseillers étrangers sont nombreux et très écoutés. Le roi Charles III, lui-même, est très favorable aux réformes, qui sont défendues par un cercle d'hommes politiques, comme Jovellanos, Campomanes, Floridablanca et Aranda. Il faut moderniser un pays qui est très arriéré dans bien des domaines.

Cabarrus se distingue, en particulier dans le domaine financier. Il participe aux réunions des Sociedades Económicas de Amigos del Pais, avec des francs-maçons, comme lui. Il est membre de La Grande Loge indépendante d'Espagne. Il participe aussi à la Sociedad Económica Matritense. En 1781, il se fait naturaliser Espagnol avec toute sa famille.

En 1773. il fait nommer, comme commissionnaires, pour percevoir les fonds de l’emprunt du canal de Murcie, les frères Dubernad, qui sont aussi amis[4].

Le papier monnaie (1779)[modifier | modifier le code]

La guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique est déclarée, et en 1779, l'Espagne rejoint l'alliance conformément au pacte de famille entre les Bourbons. Privée de ses ressources du Mexique, le roi éprouve de l'embarras pour fournir aux dépenses de la guerre. Le gouvernement recherche les avis des personnes expérimentées, et le ministre des finances, qui avait distingué Cabarrus, le consulte sur les moyens de rétablir les finances et le crédit de l'État.

Cabarrus conçoit alors le projet de la création des billets royaux, espèce de papier-monnaie portant intérêt. On adopte son plan, et on crée pour dix millions de piastres en billets royaux, qu'on divise en coupures qui peuvent rendre plus facile le calcul des intérêts que chaque billet produit par jour. Ces billets doivent être renouvelés chaque année, et les intérêts échus payés au dernier porteur. Ils ont d'abord un très grand succès, et sont même préférés à la monnaie effective sur laquelle ils gagnent une prime, ce qui donne une grande influence à Cabarrus[5].

La banque centrale espagnole (1782)[modifier | modifier le code]

Cabarrus fonde la Banco de San Carlos, ancêtre de la future banque d'Espagne. En réalité, il est à l’origine d’un plan de rétablissement d’une ancienne banque de Saint Charles, qui est recréée le 2 juin 1782, et dont il est nommé directeur. Cette banque est chargée d'acquitter toutes les obligations du trésor. Elle est aussi chargée de l'administration des fonds des armées de terre et de mer. Elle a un rayonnement intérieur, aussi bien qu'à l'étranger, et le roi lui alloue une commission d’un sixième pour cent sur tous ses services. Le taux de ses escomptes est fixé à quatre pour cent. Le fonds capital de cette banque est porté à 15 millions de piastres fortes, et divisé en cent cinquante mille actions de 3 000 réaux chacune. Les avantages de l'établissement de cette banque sont consignés dans les comptes-rendus des assemblées générales des actionnaires du 20 décembre 1783 et 22 décembre 1784[6].

Dans toute l'Espagne et en Europe, des commissionnaires sont désignés pour recevoir les souscriptions. Les parents de Cabarrus achètent de grosses quantités d’actions de la banque de Cabarrus et sont commissionnaires. François Cabarrus nomme à Bayonne Dominique Cabarrus et fils jeune, la société de son père. François Cabarrus fait appel à Bordeaux à Dominique Cabarrus cadet, fondée par son oncle. Quand la première assemblée des actionnaires s'ouvre dans la résidence du gouverneur du Conseil de Castille, parmi les 112 personnes ou institutions, les Cabarrus, les Lannux-Dubernad et les familles alliées sont très présents. Les Lannux sont aussi nommés consuls d'Espagne en France et maires de Morlaix. Ils allient le pouvoir politique au pouvoir économique. Cabarrus, dispose également de l'appui des représentants du gouvernement, ce qui lui permet de conduire à sa guise les travaux de l'assemblée des actionnaires.

Michel Zylberberg, dans son étude sur les Français en Espagne au XVIIIe siècle, ajoute que les autres commissionnaires de la banque nationale de San Carlos sont pour la plupart Français ou d'origine française et que beaucoup parmi eux, avaient participé et participent avec Cabarrus, aux opérations de financement de la guerre toujours en cours. « Six maisons commerciales sont chargées de placer les 45 000 actions devant financer la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique et elles appartiennent à des proches qui soutiennent ses projets »[7].

La principale tâche de l'Assemblée, consiste à élire la direction de la banque. Cela ne l'empêche pas de faire la traite des noirs, comme son père avant lui, et son fils lui succèdera dans cette activité.

La Compagnie royale des Philippines (1783)[modifier | modifier le code]

François Cabarrus, peint par Francisco Goya.

La Compañía Guipuzcoana de Caracas avait essuyé des pertes considérables pendant la guerre. Elle avait été privée du commerce exclusif du cacao, dont elle n'a plus le privilège depuis 1784. Elle cherche à se rétablir. Cabarrus propose d'unir le commerce de l’Amérique avec celui de l'Asie par les Philippines. Son plan est adopté, la Compagnie royale des Philippines est créée le 10 mars 1783. La compagnie est instituée par une Real cédula du 10 mars 1785. Le roi donne son nom à une île de cet archipel des Philippines[8].

Le canal de Cabarrus[modifier | modifier le code]

Après avoir attaché son nom à la Banco de San Carlos et à la Compagnie royale des Philippines, Cabarrus veut acquérir de nouveaux droits à la reconnaissance de sa patrie adoptive. À l’origine, Cabarrús avait observé que la position de la capitale l'expose à une disette de subsistances et à l'impossibilité de ne s'en procurer en tous temps qu'à des prix très élevés à cause de la cherté des longs transports par terre. Il conçoit le plan d'un canal de navigation prenant sa source dans la sierra de Guadarrama, passant à Madrid, et s'unissant au Guadalquivir. Il veut aussi mettre à profit les eaux abondantes des rivières Jarama et Lozoya, pour irriguer les terres sèches du sud de la Castille. Cabarrús, avec ses fonds propres acquiert les droits des eaux des deux rivières, que la famille Echauz détenait. Le projet démarre. Le gouvernement approuve ce plan. Le ministre Pedro López de Lerena (es), fait ordonner la suspension des travaux en 1784. Le projet du canal de Cabarrus (es), fut repris et devint le canal de Isabel II (es), alimentant en eau la ville de Madrid.

Le Conseil des Finances[modifier | modifier le code]

François Cabarrus est responsable des hôpitaux (1786) et député de Madrid. Les assemblées de la noblesse de Madrid conçoivent le projet de l'établissement d'un Mont-de-Piété pour secourir les veuves et les enfants des gentilshommes, à l'instar de pareilles institutions existantes dans d'autres parties du royaume, mais qui n'ont rien de commun que le nom de Mont de Piété établi en France. Cabarrus lit dans une séance de la société royale économique, un mémoire où il s'élève contre les Mont-de-Piété en général. Il préfère les enrichir par le développement de l'industrie, du négoce, des échanges financiers ou par de nouvelles techniques agricoles comme en Angleterre. Mais la noblesse espagnole n'est pas prête, excepté dans deux provinces, le Pays basque et les Asturies.

Attaques contre Cabarrus[modifier | modifier le code]

Les agioteurs de Madrid, de Genève et de Paris se liguent contre Cabarrus. Ils conçoivent le projet d'accaparer les actions de la banque de Saint-Charles. Pour atteindre ce but, ils font baisser le cours de ses effets, qui jouissent de la plus grande faveur. Ces spéculateurs ont recours à la plume de Mirabeau. Il publie un libelle intitulé : De la Banque d'Espagne, dite de Saint-Charles, par le comte de Mirabeau. L'auteur attaque les bases de cet établissement, les billets royaux, la Real Compañia de Filipinas, et François Cabarrus. Cet ouvrage a beaucoup d’impact. Cabarrus profite de tout son crédit pour faire interdire l'ouvrage en Espagne et en empêcher l'introduction. En vain.

Les actions de la banque tombent presque dans un discrédit total, dont la principale cause vient des négociants français, qui veulent diminuer le crédit espagnol. Cabarrus, qui jouit de l'estime et de l'affection publique, perd beaucoup dans l'esprit du peuple, qui le voit avec peine s'opposer à ces calomnies[9].

Cabarrús, achète le 31 décembre 1789 la baronnie de Rambouillet, dans la province du Languedoc, diocèse d'Aleth. Cette baronnie est composée des terres de Rambouillet, Prats, Frivillach et des châteaux Saquera et Rocabert et vaut 440 000 reales de vellon. Cet achat a été effectué par son Excellence Don Pedro Pablo Abarca Bolea, Ximénez d'Urrea, comte d'Aranda et de Castelflorida, Marquis de Torner de Villamant, lequel en a été autorisé par le roi de France Louis XVI, dans ses lettres d'avril 1782, et annotée dans les registres de la Salle du Parlement de Toulouse et par arrêté royal. Cela n'est qu'une partie de sa fortune qu'il estime à douze millions de reales[10].

La prison (1790)[modifier | modifier le code]

L’achat des fonds publics français achève de le discréditer aux yeux des monarchistes et catholiques espagnols, ennemis de la Révolution française. Il est accusé de disposer de la banque comme de son propre bien et de confier à ses créatures tous les emplois qui en dépendent. Quand Charles III meurt en 1788, l'administration de Charles IV met un terme aux réformes.

Cabarrus, réplique en prononçant l'éloge de Charles III dans une séance de la Société économique de Madrid, fin 1789 et insiste sur le rôle crucial et positif de la philosophie des Lumières dans le développement économique de l'Espagne. Cela lui vaut la haine des membres de l'Inquisition et de tous les ennemis des Français et de leur Révolution. Ce discours est prononcé cinq mois après le 14 juillet 1789[11]. .Les hommes qui avaient été ses conseillers sont suspectés et poursuivis. Cabarrus lui-même est accusé de détournement de fonds, arrêté le 24 juin 1790, et jeté en prison au château de Batres, 11 lieues au sud de Madrid.

Ambassadeur[modifier | modifier le code]

Le roi lui accorde la liberté deux ans après, par la médiation de Manuel Godoy. Un jugement solennel le déclare innocent. Il reçoit des indemnités d'un montant de six millions de reales y est créé conde de Cabarrús, vizconde de Rambouillet et nommé gentilhomme de la Chambre par Charles IV, contre tous les statuts de la Castille[12].

C'est à la prière de la comtesse de Galvez, femme de Bernardo de Gálvez que le Godoy a recours à lui pour faire parvenir une ouverture à la République au moyen de la correspondance qui subsiste entre lui et sa fille, madame Tallien[13]. Cabarrus, dont la fille a épousé le conventionnel Tallien, n’est pas étranger à la conclusion de la paix avec la France en 1795, et paraît avoir noué des intrigues à Paris en 1796 pour mettre sur le trône de France un infant.[réf. nécessaire]

En 1797, Godoy le fait envoyer en qualité de ministre plénipotentiaire au congrès de Rastadt. Cabarrus choque par ses prétentions. Le ministre et favori du roi l'éloigne de la cour. Puis, ils se réconcilient, et Cabarrus est nommé ambassadeur de Sa Majesté Catholique près la république française. Mais le Directoire refuse de le reconnaître comme étant né Français, et Godoy l'envoie à La Haye. Murat, envoyé en Espagne par Napoléon Bonaparte, fait appel à ses conseils après les évènements de Bayonne.[réf. nécessaire]

François Cabarrus ne prend aucune part dans les intrigues par lesquelles Charles IV est contraint d'abdiquer en faveur de Joseph Bonaparte[14]. Il est assigné à résidence à Torrelaguna, une toute petite ville à quatorze lieues au nord de Madrid[15].

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1808, Joseph Bonaparte, frère de Napoléon Bonaparte, nomme François Cabarrus surintendant de la caisse de consolidation et ministre des Finances. Cabarrus est prié par le roi de le rejoindre à Séville. Au début de la réunion gouvernementale, le ministre est atteint d'une attaque de goutte à la tête. Il meurt à Séville, le 27 avril 1810. Son corps est déposé dans l'église de Sainte-Marie.

En raison de son soutien à Joseph Bonaparte, durant son court règne sur l'Espagne, François Cabarrus est considéré comme un afrancesado. Lorsque Ferdinand VII reviendra sur le trône, la famille de François Cabarrus est persécutée, sa fortune et ses biens confisqués. Avec la tourmente politique qui suivit cette période, son héritage sera tantôt rendu, tantôt confisqué, à plusieurs reprises. Ses biens sont partagés entre le seul de ses fils encore en vie en 1810, Domingo de Cabarrús y Galabert, à sa veuve María Antonia Galabert y Casanova (1755-1827), à son frère Pedro Cabarrús y Lalanne, et à son oncle Paulino Lalanne, frère de sa mère, et à son beau-frère Paul Faurie. Thérésa Cabarrus hérite elle-aussi de son père. Outre la vicomté de Rambouillet et des biens à Madrid et des fonds importants dans différentes banques, Cabarrus laisse des milliers d'hectares de terres dans la région de Valence, sur lesquelles il a fait creuser des canaux d'irrigation et qu'il a rendues fertiles par de nouvelles techniques agricoles[16].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Blason des Cabarrus

Le blason des Cabarrus est : De gueules, au chevron d'or, accompagné. de 2 étoiles d'argent, en chef, et d'une ancre de même en pointe (Navarre, Languedoc, Guyenne, Espagne)[17].

La famille Cabarrus est originaire de Caparroso dans la Navarre espagnole et vient au début du XVIIe siècle se fixer à Capbreton.

Dominique Eugène Cabarrus (17161799), son père, fait du négoce international. Il est échevin de Bayonne, fait chevalier en mai 1759. Vice-consul d'Espagne à Bordeaux[18], des lettres de noblesse et règlement d'armoiries anoblissent sa famille en 1789[19]. Les Fourcade, les Dubernad, les Lesseps et les Cabarrus, sans oublier les familles qui leur sont alliées vont tous se retrouver en Espagne à la tête d’importantes sociétés de négoces ou diplomates[20]. Dominant le commerce mondial de la laine, la maison de la famille de sa mère, une Lalanne, est l’une des premières de la ville de Bayonne.

François Cabarrus a un frère, Pierre Étienne, comte de Cabarrus[21], banquier à Bordeaux, négociant et consul de la bourse de Bordeaux et deux sœurs : Jeanne, dont le fils est le négociant et homme politique français François Faurie, Catherine Martine, mariée à un Haraneder de Saint-Jean-de-Luz propriétaire de la maison dite de l'Infante[22], d'une famille d'armateurs enrichis au XVIIe siècle, anoblie au XVIIIe siècle.

Son fils aîné, le second conde de Cabarrus, Domingo de Cabarrús y Galabert (1774-1842), gentilhomme de la chambre occupera diverses fonctions gouvernementales, notamment ministre, puis gouverneur des provinces de Palencia et Valladolid. Il se marie avec Rosa Quilty y Cólogan. Leur fils se mariera avec Enriqueta Kirkpatrick, tante de l'impératrice Eugénie de Montijo et de la duchesse d'Albe[23]. François Cabarrus a deux autres fils, dont l'un meurt jeune et l'autre en 1794 sur un champ de bataille à l'armée du Nord.

Sa fille Thérésa Cabarrus, dite Madame Tallien, est née le 31 juillet 1773 au palais de Carabanchel de Arriba, près de Madrid, et morte le 15 janvier 1835 au château de Chimay, dans le Hainaut. Elle sera successivement marquise de Fontenay, l'épouse du commissaire de la Convention Jean-Lambert Tallien après la Terreur puis celle d'un aristocrate belge le prince de Caraman-Chimay. Elle a joué un rôle non négligeable pendant la Révolution française, à Bordeaux d'abord où elle contribua à sauver de nombreuses personnalités en danger de mort, puis à Paris où elle contribua à la chute de Robespierre, d'où son surnom de « Notre-Dame de Thermidor ».

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Cartas sobre la felicilad publica, adressées à G. de Jovellanos, publiées après sa mort (1813) et plusieurs fois réimprimées.
  • Cartas sobre los obstaculos que la naturaleza, la opinion y las leyes oponen à la felicidad publica, escritas por el Conde de Cabarrus al S. D. Jovellanos, Madrid, 1813.
  • Memoria presantado à S. M. para la formacion de un banco nacional, por mano del Excellentissimo Senor Conde de Floridablanca, su primer secretare de Estado. Madrid, 1782.
  • Cabarrus, François, Cte de, Mémoire du sieur François Cabarrus pour la création d'une Banque nationale, présenté à Sa Majesté Catholique par le comte de Floridablanca, son premier secrétaire d'État, le 22 octobre 1781. Imprimé par ordre du roi Langue Français Publication Madrid, impr. de I. Ibarra : 1782 (traduction du précédent mémoire)
  • Memoria sobre los montes pios, leida en la Real Sociedad economica de Madrid en 13 de Marzo de 1784.
  • Memoria sobre la union del commercio de la America con la Asia, leida en la junta general de la compania de Caracas, de 3 de Julio de 1784.
  • Memoria sobre los pesos, leida en la junta de la Direction del banco nacional de San-Carlo
  • Cabarrus, François, Cte de, Elogio de Carlos III, rey de Espana y de las Indias, leído en la junta general de la real sociedad económica de Madrid, de 25 de julio de 1789.
  • Lettre de François écrite de sa prison au prince de la paix.
  • Éloge de D.M. de Musquiz, ministre des finances.
  • Sa feuille périodique, Le diseur de rien, est supprimée par ordre du gouvernement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Regureiro Ovidio Garcia, Francisco de Cabarrus, Un personaje y su epoca, Madrid : Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  2. L'Espagne éclairée de la deuxième moitié du XVIIIe siècle (1954).
  3. Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique... d'après la 8me ed. publ. par MM. Chaudon et Delandine, 9me ed. revue et augmentée... par une société de savans français et étrangers, p.123.
  4. Michel Zylberberg, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France, Études générales, 1993.
  5. Biographie universelle ancienne et moderne : ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes / éd. par Louis-Gabriel Michaud. - Nouvelle édition, p.434.
  6. Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique... d'après la 8me ed. publ. par MM. Chaudon et Delandine, 9me ed. revue et augmentée... par une société de savans français et étrangers, p.123.
  7. Sources : A.H.B.E. Secretaria leg 454, Zylberberg Michel, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, p. 285, Historia de la vida y reinado de Fernando VII de España, con documentos justificativos, p. 371, A.H.N. Consejos leg. 20255.
  8. Gé-Magazine n°178 de 12/1989.
  9. Dictionnaire historique, ou, Histoire abrégée, de François-Xavier Feller p.489.
  10. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, de Jesus Cruz, Publié 1996 Cambridge University Press, p.189.
  11. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, de Jesus Cruz, Publié 1996 Cambridge University Press, p.179.
  12. Viton de Saint-Allais, Nicolas. Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ...
  13. Souvenirs diplomatiques de lord Holland / publiés par... lord Henri Édouard Holland ; traduits de l'anglais, par H. de Chonski, Holland, Henry Richard Vassall-Fox (1773-1840 ; baron), 1851, p.65.
  14. Dictionnaire historique, ou, Histoire abrégée, de François-Xavier Feller p.489.
  15. Nouvelle chronique de la ville de Bayonne, de Jean Baptiste Bailac, Un Bayonnais, p.407.
  16. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, de Jesus Cruz, Publié 1996 Cambridge University Press, p.183.
  17. Grand Armorial de France de Raoul de Warren
  18. Almanach Royal de 1766
  19. Arch. de Bayonne, AA 25. - avril 1789.
  20. Zylberberg Michel, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France. Études générales, 1993, p. 353-354, 358-360, et Ozanam Didier, La colonie française de Cadix au XVIIIe siècle d’après un document inédit (1777), Mél. Casa Velasquez, vol. 4, 1968, liste des maisons de commerce françaises à Cadix entre 1724 et 1791.
  21. Titre espagnol
  22. Ministère de la Culture, base Mérimée - Notice sur la maison de l'Infante, demeure d'Anne d'Autriche, où l'Infante Marie-Thérèse logea quelques nuits. Le nom initial de la maison est Joanoenia, c'est-à-dire la maison de Jeannot de Haraneder, selon Joseph Nogaret, Une famille de riches bourgeois sous l'Ancien Régime, les Haraneder, de Saint-Jean-de-Luz, bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Bayonne, 1933 - Documentation citée par Manex Goyhenetche, Histoire générale du Pays basque - tome 4, Elkarlanean 2002 (ISBN 2 9131 5646 0), page 55
  23. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, de Jesus Cruz, Publié 1996 Cambridge University Press et Kirkpatrick of Closeburn (memoir), p.71.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Michel Zylberberg, François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs. In: Mélanges de la Casa de Velázquez. Tome 15, 1979. pp. 415-450. doi 10.3406/casa.1979.2305 lire en ligne Consulté le 21 février 2012
  • Thérèse Charles-Vallin, "François Cabarrus, un corsaire aux finances" Editions A2CMEDIAS, Paris 2013
  • Jean-Claude Fauveau, "Du Grand Séminaire à la Grande Poste de Bordeaux". Editions de l'Entre-deux-Mers. 2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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