Compañía Guipuzcoana de Caracas

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Ancien bâtiment de la Real Compañía Guipuzcoana de Caracas à La Guaira.

La Real Compañía Guipuzcoana de Caracas (Compagnie Royale Guipuscoane de Caracas), fondée en 1728 par des corsaires basques avait le monopole du commerce au Venezuela.

En 1728, le roi d’Espagne Philippe V créa la Real Compañía Guipuzcoana, à qui il donne le monopole des importations, des exportations, du développement, de l'exploitation des matières premières à la province correspondant au Venezuela. L’objectif était de mettre fin au trafic de cacao organisé par les marchands de hollandais au départ de Curaçao, via le port vénézuélien de Tucacas, qui avait un grand succès dans les arrières-pays mais ne profitait pas à l’Espagne et attirait les pirates d’autres nationalités.

La compagnie était animée par les corsaires basques du Guipuscoa, qui fournissaient les navires, les marins et leur armement, pour parer aux attaques des pirates sur les côtes du Venezuela. Elle avait pour ordre, en échange de son monopole de patrouiller le long de ces côtes[1] Le Guipuscoa, (en espagnol : Guipúzcoa ; en basque : Gipuzkoa) est l'une des trois provinces de la Communauté autonome basque, dans le nord de l'Espagne. Sa capitale est la ville de Saint-Sébastien.

La Real Compañía Guipuzcoana eut le monopole du commerce au Venezuela durant une grande partie du XVIIIe siècle. Les chiffres des documents manuscrits du British Museum concordent avec ceux des archives espagnoles montrant que la quantité de cacao importée en Espagne augmenta pendant les vingt premières années de l'existence de la Compagnie, entre 1728 et 1748. Le prix de cette denrée qui était en 1728 de 80 pesos la fanega de 52 litres, tomba bientôt à 45 pesos[2].

Pour aider aux plantations, elle fut autorisée, par cédule royale du 16 septembre 1754, à introduire deux mille esclaves noirs dans la province de Caracas. En moins de trente ans, la compagnie était devenue si florissante qu'elle possédait, en 1755, un capital de 1 200 000 pesos.

La Real Compañía Guipuzcoana donna une vive impulsion à l'élevage des troupeaux et à l'industrie pastorale, inaugura les plantations de coton, faisant venir pour cela en 1767 un Français de la Martinique. Elle développa aussi la culture de l'anil. De 1748 à 1753, la province de Caracas envoya à la métropole pour une valeur de 807.435 pesos en denrées d'Amérique, et 59.786 pesos en or et argent, soit une somme totale de 867.221 pesos[3].

Au XVIIIe siècle, la plupart des marins de la province de Getaria, à Majorque se sont engagés dans cette grande compagnie royale ce qui a entraîné une crise dans la pêche et la chute de la production du txakoli[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.muturzikin.com/basques&13.htm#LE_XVIIIÈME_SIÈCLE
  2. Les documents manuscrits du British Museum relatifs à la colonisation espagnole en Amérique et particulièrement au Venezuela, par J Humbert, pages 53 à 57
  3. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jsa_0037-9174_1908_num_5_1_3474
  4. http://www.getaria09.com/02historia_getaria.html

Articles connexes[modifier | modifier le code]