Art cycladique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'art cycladique est une forme d'art rattachée à la civilisation des Cyclades florissante entre approximativement 3300 et 2000 av. J.-C. dans les îles des Cyclades. Avec les civilisations minoenne et mycénienne, le peuple cycladique fait partie des trois cultures majeures de la civilisation dite égéenne. L'art cycladique représente donc l'une des trois branches principales de l'Aegean art (en). Cette forme d'art se caractérise principalement par des idoles de marbre portées en offrande aux morts. Une majorité de ces sculptures représentent des femmes nues, les bras croisés sur le ventre. Certaines de ces idoles de marbre ont été retrouvées au Portugal et jusqu'à l'embouchure du Danube[1]

Au néolithique[modifier | modifier le code]

Vénus stéatopyge dite « la grosse dame de Saliagos », Paros, Cyclades, Ve millénaire av. J.‑C.

Presque toutes les informations concernant la période de l'art des Cyclades au néolithique proviennent des fouilles des sites de Saliagos et d'Antiparos. Les poteries de cette époque sont similaire à celle de la Crète et de la Grèce continentale. Sinclair Hood écrit : « Une forme distinctive est celle d'un bol sur un haut pied comparable à un type qui apparait sur le continent au néolithique tardif[2]. »

Art cycladique premier[modifier | modifier le code]

Premières figurines en terre cuite (2200–2000 av. J.-C.)

Bien que l'on ne puisse pas du tout limiter cet art une de ces périodes strictement, l'art cycladique premier est divisé en trois périodes : Cycladique ancien I (2800-2500 av. J.-C.), Cycladique ancien II (2500-2200 av. J.-C.) et Cycladique ancien III (2200-2000 av. J.-C.). De même, les représentations peuvent appartenir à plusieurs des îles cycladiques. L'art de la période I est le mieux représenté dans les îles Paros, Antiparos ou Amorgos, la période II dans l'île de Syros et la période III à Milos[3].

Sculptures cycladiques[modifier | modifier le code]

Les formes les plus connues de cette période sont des objets de marbre généralement nommés « idoles » ou « figurines », bien qu'aucune des deux appellations ne soit tout à fait juste. Le premier terme suggère une fonction religieuse laquelle n'est pas du tout accordée par l'ensemble des experts et le second ne peut pas s'appliquer aux larges figures qui sont presque de grandeurs natures. Ces figurines de marbres que l'on retrouve dispersées autour de la mer Egée suggèrent qu'elles étaient populaires parmi les peuple de la Crète et de la Grèce continentalere[4]. Les plus célèbres de ces figurines sont peut-être celles de musiciens : un joueur de harpe et un autre joueur de pipeau[5]. Datés approximativement vers 2500 av. J.-C., ces musiciens sont parfois considérés comme « les plus anciennes représentations existantes de musiciens de la civilisation égéenne. »[6]

Joueur de Harpe (2500-2200 av. J.-C.)

La majorité de ces idoles, cependant, sont des représentations hautement stylisées de formes humaines féminines, ayant typiquement une forme plane, qualité géométrique qui présente une ressemblance saisissante avec l'art moderne de notre époque. Pourtant il se pourrait que cela soit une mauvaise compréhension dans la mesure ou les idoles étaient, à l'origine, peintes de couleurs vives[7]. Une majorité de ces figurines sont de genre féminin, représentent un nu, et ont les bras croisés sur le ventre. La plupart des auteurs qui ont considéré ces artefacts d'un point de vue archéologique ou psychologique ont assuré qu'il s'agissait de représentation d'une déesse mère dans la tradition de celles du néolithique, par exemple la Vénus de Willendorf[8]. Bien que quelques archéologues appuient cette thèse[9], cette interprétation n'est généralement pas celles de la plupart des archéologues parmi lesquels aucun consensus ne s'impose. Ils interprètent ces figurines tantôt comme des idoles des dieux, des images de la mort, des poupées pour enfants ou encore comme ayant d'autres significations. Une spécialiste suppose qu'elles « seraient plus que des poupées et probablement moins que de sacrosaintes idoles. »[10]
Les hypothèses, selon lesquelles ces représentations sont, au sens strict, des idoles c'est-à-dire, des objets de culte utile à un rituel, ne sont confirmées par aucune preuves archéologiques[11]. Ce que suggèrent les données archéologiques est que ces représentations ont été utilisées régulièrement dans des pratiques funéraires : les statuettes ont toujours été retrouvées dans des tombes. Certaines d'entres elles montrent des signes évidents de réparations ce qui implique qu'elles avaient une valeur pour le défunt pendant sa vie et qu'elles n'étaient pas spécifiquement fabriquées pour l'enterrement. En outre, de plus larges statuettes sont parfois brisées et seule une partie est enterrée. Ce phénomène n'a pas reçu d'explication. Les figurines ont été enterrées également avec des femmes ou avec des hommes[12]. Ces figurines ne se trouvent pas dans toutes les tombes[10].

Poteries[modifier | modifier le code]

L'argile locale se révèle difficile à travailler pour les artistes, aussi la poterie, les plats et les vases de cette période sont rarement au-dessus de médiocre[3]. D'une certaine importance sont les poêles à frire qui apparaissent sur l'île de Syros pendant la période EC II. La plupart des universitaires croient que ces « poêles à frire » n'étaient pas utilisées pour cuisiner mais peut-être pour servir de charmes de fertilité ou de miroirs[13].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guide Bleu. Îles grecques., p. 202.
  2. Hood 28
  3. a et b Higgins 53
  4. Doumas, p. 81
  5. Higgins, p. 61
  6. Higgins, p. 60
  7. Getty Museum, past exhibition "Prehistoric Arts of the Eastern Mediterranean"
  8. Marija Gimbutas, The Language of the Goddess, HarperCollins 1991 p. 203; Erich Neumann, The Great Mother: An Analysis of the Archetype tr. Ralph Manheim, Princeton University Press, 2nd ed. 1963, p. 113.)
  9. J. Thimme, Die Religioese Bedeutung der Kykladenidole, Antike Kunst 8 (9165), p. 72-86
  10. a et b Emily Vermeule, Greece in the Bronze Age, University of Chicago Press 1974, p. 52.
  11. L. Marangou, Cycladic Culture: Naxos in the 3rd Millennium BC Athens 1990 p. 101, 141 [sic]
  12. Marangou p. 101
  13. Higgins 54

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Doumas, Christos (1969). Early Cycladic Art. Frederick A. Praeger, Inc.
  • Higgins, Reynold (1967). Minoan and Mycenaean Art. Thames and Hudson.
  • Hood, Sinclair (1978). The Arts in Prehistoric Greece. Penguin Books.

Liens externes[modifier | modifier le code]