Claude Onesta

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Claude Onesta
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Image illustrative de l'article Claude Onesta
Fiche d’identité
Nationalité Drapeau de la France France
Naissance 6 février 1957 (57 ans)
Lieu Albi (France)
Poste Sélectionneur
Situation en club
Club actuel Drapeau : France Équipe de France
Parcours junior
Saisons Club
1968-1975 Drapeau : France Toulouse Handball
Parcours professionnel *
Saisons Club M. (B.)
1975-1987 Drapeau : France Toulouse Handball
Équipes entraînées
Année(s) Équipe Stat
1987-2001 Drapeau : France Sporting Toulouse 31 / Spacer's de Toulouse
2001- Drapeau : France Équipe de France
* Matchs joués et buts marqués dans chaque club
comptant pour le championnat national
et les compétitions nationales et continentales.

Claude Onesta, né le 6 février 1957 à Albi, est un entraîneur de handball français, responsable de l'équipe de France masculine depuis 2001.

Avec son homologue russe Vladimir Maximov, il possède l'un des plus beaux palmarès d'entraîneur de handball de tous les temps, avec des titres dans les compétitions majeures, les Jeux olympiques, le championnat du monde et championnat d'Europe. En janvier 2010, il conduit son équipe à un deuxième titre européen, devenant la première équipe de handball masculin à détenir de manière simultanée les trois titres majeurs. Il renouvelle l'exploit un an après, en janvier 2011, lors des championnats du monde en Suède, puis le 12 août 2012, conduit la formation qui remporte un deuxième titre olympique consécutif à Londres. Il mène de nouveau l'équipe de France au titre de champion d'Europe en 2014 après une éclatante victoire face au Danemark, pays hôte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Onesta est né en 1957 à Albi, fils de Ginette, une Tarnaise et d'Auguste, un immigré italien (sa famille paternelle ayant émigré d'Italie à cause du fascisme, en passant d'abord par le Brésil)[1]. Son père était joueur de rugby à XIII à Albi et à Villefranche-de-Rouergue[2].

Parcours avec le Toulouse Handball[modifier | modifier le code]

Le Toulouse Handball est le club de toujours d'Onesta : il y débute en 1968 à 11 ans et y évolue jusqu'en 1987, année où il devient entraîneur du club[3]. Sous la houlette d'Onesta, le club accède à l'élite en 1995. A la fin des années 1990, le handball est au cœur d'un projet de développement du sport Toulousain derrière le Toulouse FC et le Stade toulousain[4]. A la tête de joueurs talentueux tels que Jérôme Fernandez, Christophe Kempé, Bruno Martini ou Stéphane Plantin, Onesta tire le meilleur de son équipe et la conduit à la 3e place du Championnat de France 1997-1998[5] et surtout la victoire en Coupe de France 1998[6], ce qui constitue aujourd'hui encore les meilleurs résultats du club. Si Onesta et les Toulousains atteignent à nouveau à la finale de la Coupe de France 1999, le club ne parvient ensuite pas à confirmer ces bons résultats sportifs, d'autant plus que le projet sportif toulousain est avorté dans les années 2000 en raison de la disparition du club de basket[4].

Les débuts difficiles avec l'équipe de France[modifier | modifier le code]

Après le titre de champion du monde 2001, il prend la succession de Daniel Costantini à la direction de l'équipe de France. Sous sa conduite, la France obtient deux nouvelles médailles mondiales avec le bronze de 2003 et 2005 qui est aussi les adieux de Jackson Richardson à l'équipe de France. Durant ce Mondial en Tunisie, Onesta est à deux doigts d'être limogé après le très mauvais départ de la sélection française lors du Tour préliminaire, défaite par la Grèce et contrainte au match nul face aux Tunisiens. Les Français, dans une partie à quitte ou double le 29 janvier 2005 s'imposent face au Danemark (32-26) et sauvent la tête de leur entraineur avant donc de décrocher la troisième place de la compétition grâce à la victoire 26-25 face aux Tunisiens, hôtes de la compétition.

À la tête d'une équipe de légende[modifier | modifier le code]

Lors du Championnat d'Europe 2006, il marque de son empreinte le handball français en parvenant à réaliser un objectif que son prédécesseur n'avait pas rempli : remporter une médaille dans un championnat d'Europe, compétition réputée la plus difficile, le handball étant un sport dont les grandes nations sont toutes européennes[7]. Objectif rempli de la plus belle des façons avec le titre européen, en battant en finale les champions du monde en titre l'Espagne, après avoir éliminé en demi-finale les champions olympiques croates.

L'année suivante, le championnat du monde 2007 restera comme un épisode difficile pour Onesta et les français, battus en demi-finale par les Allemands qui évoluent à domicile et avec une certaine condescendance des arbitres à leur encontre. À l'issue du match, Onesta a déclaré : « Un sentiment d'injustice est présent mais nous restons fiers. On a fait un match héroïque. Ce Mondial est fait pour les Allemands et la pression des instances internationales a certainement joué. Nous savions qu'il fallait 3-4 buts d'avance pour gagner d'un but. »

Pour le Championnat d'Europe 2008 qui se déroule en Norvège, Claude Onesta doit faire face aux forfaits de Michaël Guigou et Joël Abati et la préparation perturbée de Bertrand Gille en raison d'une blessure à l'épaule. La France remporte les trois matchs de son premier tour, puis bat l'Espagne et l'Allemagne lors du tour principal, ce qui lui assure une place en demi-finale. Celle-ci l'oppose à la Croatie. Celle-ci, menée par le génial Ivano Balić et Petar Metličić, remporte finalement le match par un but d'écart (23-24)[8]. La France retrouve l'Allemagne lors de la petite finale et se venge de l'affront du mondial 2007 en corrigeant les Allemands 36 à 26 (18-9 à la mi-temps) pour repartir avec la médaille de bronze[9]

Onesta mène ensuite pour la première fois de son histoire l'équipe de France au titre olympique en août 2008 à Pékin. La France, première de son groupe, rencontre la Russie en quart de finale, s'imposant sur le score de 27 à 24. En demi-finale, la France retrouve une nouvelle fois la Croatie. Les Français prennent leur revanche sur le championnat d'Europe, remportant la rencontre sur le score de 25 à 23 grâce notamment à un Cédric Burdet étincelant qu'Onesta a relancé alors qu'il avait pensé mettre un terme à sa carrière quelques mois plus tôt[10],[11]. En finale, la France impose sa défense aux Islandais et remporte le premier titre olympique de son histoire sur le score de 28 à 23[12].

Claude Onesta lors du Championnat du monde 2009 en Croatie.

En 2009, Onesta mène l'équipe de France au titre de champion du monde en Croatie, en remportant la finale face aux Croates qui, évoluant à domicile, était portée par les 15 000 spectateurs de l'Arena Zagreb[13]. L'équipe de France entre ainsi dans le cercle fermé des équipes ayant réalisé le doublé titre olympique-titre mondial après l'Allemagne (1936-1938), la Yougoslavie (1984-1986) et la CEI-Russie (1992-1993). Avec ce titre, Onesta devient le premier entraîneur national français à avoir obtenu les 3 titres majeurs : Europe, Monde et Olympique. Il est aussi le deuxième à l'avoir réalisé en handball après l'entraîneur russe Vladimir Maximov.

Le 31 janvier 2010, l'équipe de France réalise un triplé inédit et historique : consécutivement, titre olympique - champion du monde - champion d'Europe[14] en battant en finale du championnat d'Europe, disputé en Autriche, la Croatie sur le score de 25 à 21[15]. Durant cette compétition, débutée de manière un peu laborieuse pour les grands favoris - deux matchs nul lors du premier tour contre la Hongrie puis contre l'Espagne -, Claude Onesta surprend quelque peu les observateurs en débutant les rencontres sans Daniel Narcisse, le poste d'arrière gauche étant occupé par le capitaine Jérôme Fernandez et le poste d'arrière droit par un véritable gaucher Sébastien Bosquet. Cette tactique a pour conséquence de pouvoir ménager un peu les joueurs de la base arrière, la France profitant alors de la seconde période pour faire la décision.

Le 30 janvier 2011, il amène à nouveau l'équipe de France en finale du championnat du monde. Si les français doivent passer par la prolongation pour s'imposer face au Danemark 37-35[16], ils remportent leur 5e compétition internationale consécutive et ajoute une 4e étoile sur leur maillot[17].

Si les oiseaux de mauvaise augure annoncent la fin des « Experts » à l'issue d'un Euro 2012 raté (11e place), Claude Onesta permet à l'équipe de France de remporter un deuxième titre olympique consécutif aux Jeux de Londres en battant en finale la Suède 22-21 le 12 août 2012. L'équipe d'Onesta est décrite par plusieurs commentateurs comme la « meilleure équipe de l'histoire »[18],[19]. À la fin du match, Ivano Balić est d'ailleurs venu lui dire à l'oreille : « C'est la meilleure équipe de tous les temps ! ». Six mois plus tard, les Bleus enchainent avec le championnat du monde en Espagne. Poussifs, la France s'incline sans briller en quart de finale face aux Croates. Après douze saisons de domination et avec un palmarès que Claude Onesta qualifie de « surréaliste »[20], il estime que « dans les années à venir, l'alternance devrait, donc, prédominer. Et on devra se partager les podiums. »[20].

Et pourtant, le 26 janvier 2014, il conduit de nouveau l'équipe de France à la victoire à l'Euro 2014 contre le Danemark, pays organisateur. Pourtant outsider, les Bleus ont dominé ce championnat et, en finale, sont parvenus à faire déjouer des Danois qui paraissaient invincibles. Et pourtant, les Bleus ont réalisé une démonstration, réduisant au silence les 15 000 supporters en rouge et blanc : « la pression du public était devenue négative pour les Danois. Certains joueurs, comme Landin, ont perdu leur niveau. », raconte Onesta à l'issue de la rencontre[21]. On parle de méthode Onesta : conserver les cadres (Nikola Karabatic, Luc Abalo, Thierry Omeyer...) et y intégrer de jeunes joueurs tels que Valentin Porte et Luka Karabatic.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Sa fille Marina, internationale espoir, joue au Toulouse Féminin Handball.

Son cousin Gérard Onesta est un meneur historique des Verts (et aujourd'hui d'Europe Écologie Les Verts) dans le sud-ouest. Il a été député européen de 1999 à 2009 et quatre fois vice-président du Parlement européen. Il a aussi un frère plus âgé, Bruno Onesta, actuellement professeur de technologie en Inde, au lycée français de Pondichéry.

Club[modifier | modifier le code]

Joueur[modifier | modifier le code]

  • Toulouse

Entraîneur[modifier | modifier le code]

  • Coentraîneur en Division 1 des Spacer's Handball de Toulouse

Palmarès d'entraîneur[modifier | modifier le code]

Équipe nationale[modifier | modifier le code]

Club[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Experts : une tribu d'hommes libres (l'incroyable épopée de l'équipe de France de handball), avec Jean-Luc Chovelon, éd. Ramsay, 24 mai 2012, ISBN 978-2812200281;
  • Ceux qui aiment les lundis, avec Jean-Robert Dantou, éd. du Chêne, 2 novembre 2012 (photo-reportage), ISBN 978-2812307386;
  • Le règne des affranchis, éd. Michel Lafon, 25 septembre 2014, ISBN 978-2749923505.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thé ou café du 3 mars 2012
  2. "Si tu perds le combat physique tu perds le match", 25 septembre 2014, L'indépendant, Bruno Onteniente
  3. « Onesta, le triomphe modeste », sur France TV Sport,‎ 12 janvier 2011 (consulté le 7 décembre 2014)
  4. a et b « Historique du Toulouse handball de 1964 à aujourd'hui », sur Site officiel du Toulouse Handball (consulté le 7 décembre 2014)
  5. « Spacers Toulouse : Chronique d'une saison 97-98 réussie », sur La Dépêche.fr,‎ 13 avril 1998 (consulté le 7 décembre 2014)
  6. « Coupe de France 1997-1998 : la consécration Toulousaine », sur ladepeche.fr,‎ 27 avril 1998 (consulté le 7 décembre 2014)
  7. Aucune équipe en dehors des nations européennes n'a remporté la moindre médaille lors des Championnats du monde masculin.
  8. « Euro 2008, demi-finale - La Croatie prend sa revanche dans un vrai match de dupes », sur Handzone.net,‎ 26 janvier 2008 (consulté le 7 décembre 2014)
  9. « Euro 2008, match pour la 3e place - Pas de match mais une belle médaille », sur Handzone.net,‎ 27 janvier 2008 (consulté le 7 décembre 2014)
  10. « Cédric Burdet, l'homme de l'ombre des "Experts" », sur Le Monde.fr,‎ 23 août 2008 (consulté le 7 décembre 2014)
  11. « Les 10 paris d'Onesta », sur L'Equipe Magazine (consulté le 7 décembre 2014)
  12. (en) « JO 2008 - France turn dream into reality - Omeyer and Karabatic secure first Olympic gold », sur Site officiel de l'IHF,‎ 24 août 2008 (consulté le 1er février 2010)
  13. « Mondial 2009 - Les Bleus au firmament », sur Handzone.net,‎ 1er février 2009 (consulté le 7 décembre 2014)
  14. l'Équipe du Danemark féminine a également détenu de manière simultanée les trois titres majeurs : elle remporte les JO à Atlanta, puis l' Euro 1996 avant de remporter le Mondial 1997.
  15. « La France dans la légende », sur www.eurosport.fr,‎ 31 janvier 2010 (consulté le 7 décembre 2014)
  16. « Maîtres du temps ! », sur Handzone.net,‎ 30 janvier 2011 (consulté le 7 décembre 2014)
  17. « 4 Etoiles en réactions », sur Handzone.net,‎ 30 janvier 2011 (consulté le 7 décembre 2014)
  18. Sophie Dorgan, « Le bouquet final », sur L'Équipe,‎ 12 août 2012 (consulté le 23 août 2012) : « chacun a vraiment apporté sa pierre à l'édifice de la plus grande équipe de handball de tous les temps ».
  19. Sophie Dorgan, « Onesta : « On s'était promis de revenir » », sur L'Équipe,‎ 11 août 2012 (consulté le 23 août 2012)
  20. a et b « Onesta : "Notre histoire ne s'arrête pas, elle continue" », sur RTL.fr,‎ 24 janvier 2013 (consulté le 7 décembre 2014)
  21. « Indestructibles ! », sur Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ 27 janvier 2014 (consulté le 7 décembre 2014)
  22. Décret du 14 novembre 2008 publié au JORF du 15 novembre 2008.
  23. (en) « Coach of the year », sur www.ihf.info

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