Cérémonie du thé japonaise

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La cérémonie du thé au Japon, appelée aussi chanoyu (茶の湯?), sadō (茶道?), ou chadō (茶道?) est un rituel traditionnel influencé par le bouddhisme zen dans lequel le thé vert en poudre, ou matcha (抹茶?), est préparé de manière cérémoniale par un praticien expérimenté et est servi à un petit groupe d'invités dans un cadre calme.

Chanoyu (littéralement « eau chaude pour le thé »), se réfère habituellement à la cérémonie (rituelle) à elle seule, alors que sadō ou chadō (« chemin du thé ») représente l'étude ou la doctrine de la cérémonie du thé. Plus particulièrement, le terme chaji (茶事?) se rapporte à la cérémonie du thé complète avec le kaiseki (un repas léger), l’usucha (薄茶?, thé léger) et le koicha (濃茶?, thé fort), durant approximativement quatre heures. Une chakai (茶会?, littéralement une « rencontre autour du thé ») n'inclut pas le kaiseki.

Du fait qu'un praticien de la cérémonie du thé doit être familier avec la production et les différents types de thés, avec les kimono, la calligraphie, les arrangements floraux, les céramiques, l’encens, et un large ensemble d'autres disciplines et arts traditionnels en plus des pratiques du thé enseignées dans son école, l'étude de la cérémonie du thé prend de nombreuses années et souvent toute une vie. Même pour participer en tant qu'invité dans une cérémonie du thé formelle, une connaissance du sadō est requise, incluant les gestes recommandés, les phrases à dire par les invités, la bonne manière pour boire le thé et la tenue générale à adopter dans la salle où est servi le thé.

Ensemble d'ustensiles pour la préparation du thé

Histoire[modifier | modifier le code]

La cérémonie du thé se déroule traditionnellement dans un chashitsu, une petite maison à la décoration dépouillée située dans un jardin.

Le thé en tant que boisson fut introduit au Japon au IXe siècle par un moine bouddhiste venu de Chine, où le thé était déjà connu, selon la légende, depuis plusieurs milliers d'années. Le thé devint rapidement populaire au Japon et commença à être cultivé localement.

La coutume de boire du thé, d’abord pour la médecine, et ensuite purement par plaisir, fut aussi largement répandue à travers la Chine. Au début du IXe siècle, l'auteur chinois Lu Yu écrit le Ch'a Ching (Le classique du thé), un traité sur le thé s'attachant tout particulièrement à sa culture et à sa préparation. La vie de Lu Yu fut fortement influencée par le bouddhisme, et particulièrement par l'école qui deviendra plus tard connue sous le nom de Zen, et ses idées vont avoir une forte influence sur le développement de la cérémonie du thé au Japon.

Durant le XIIe siècle, une nouvelle forme de thé, le matcha, est introduite. Ce thé vert en poudre, qui dérive de la même plante que celle produisant du thé noir mais non fermenté, fut utilisé tout d'abord dans les rituels religieux des monastères bouddhistes. Pendant le XIIIe siècle, les guerriers samouraï commencèrent à préparer et à boire le matcha. Les fondations de la cérémonie du thé étaient alors posées.

La cérémonie du thé fut développée comme une « pratique de la transformation » et commença à évoluer avec sa propre esthétique. C'est le cas, tout spécialement, du wabi (Wabi (侘び?) signifie raffinement sobre et calme) qui est caractérisé par l'humilité, la contrainte, la simplicité, le naturalisme, la profondeur, l'imperfection et l'asymétrie qui met en valeur la simplicité à travers des objets non-ornés, des espaces architecturaux et la célébration de la beauté que le temps et l'attention donnent aux matériaux.

Durant le XVIe siècle, le fait de boire du thé se répand à travers tous les niveaux de la société japonaise. Sen no Rikyū, sans doute la figure historique la plus connue de la cérémonie du thé, introduit le concept de ichi-go ichi-e (一期一会?, littéralement « une fois, une rencontre »), une croyance selon laquelle chaque rencontre devrait être considérée comme un trésor qui ne pourra jamais se reproduire. Ses enseignements conduisent au développement de nouvelles formes d'architecture et de jardin, d'arts et mène au développement complet du sadō. Les principes qu'il transmit — harmonie (, wa?), respect (, kei?), pureté (, sei?), et tranquillité (, jaku?) — sont encore au centre de la cérémonie du thé de nos jours.

Équipement[modifier | modifier le code]

Un large ensemble d'ustensiles est nécessaire même pour la plus basique des cérémonies du thé. Une liste complète de tous les objets, les ustensiles, leurs styles et les variations pourraient remplir plusieurs centaines de pages d’un livre, et des milliers de volumes de ce type existent. La liste suivante présente les composants essentiels :

  • Chakin (茶巾?), une toile blanche et rectangulaire de lin ou de chanvre est utilisée pour le rituel du nettoyage du bol.
  • Fukusa (袱紗?), le fukusa est un carré de soie utilisé pour le rituel du nettoyage de l'écope et du natsume ou cha-ire, et pour tenir la bouilloire chaude et son couvercle. Le fukusa est parfois utilisé par les invités pour protéger les ustensiles du thé lorsqu'ils les examinent (habituellement, ce fukusa est particulier et est appelé kobukusa ou petit fukusa. Ils sont plus épais, à motifs et souvent fortement plus colorés que les fukusa normaux. Les kobukusa sont gardés dans un kaishi (une valise) ou dans la poche de poitrine du kimono.)
  • Louche (柄杓, hishaku?), une longue louche en bambou possédant un nodule au centre du manche. Elle est utilisée pour transférer l'eau du et vers les pots en fer et les récipients d'eau fraîche dans certaines cérémonies. Il en existe différents styles utilisés pour différentes cérémonies, mais aussi pour différentes saisons. Un style plus large est utilisé pour le rituel de purification suivi par les invités avant d'entrer dans la salle du thé.
  • Tana (?, littéralement « étagères »), est en général un mot qui réfère à tout type de meuble en bois ou en bambou utilisé lors de la préparation du thé ; chaque type de tana a son propre nom. Les tana varient considérablement en taille, style, fonctions et matériaux. Ils sont placés devant l’hôte de la salle du thé, et les ustensiles variés du thé sont placés dessus ou conservés dans ceux-ci. Ils sont utilisés de manière très variée durant chaque cérémonie du thé.
  • Le bol à thé (茶碗, chawan?), est sans doute l'élément essentiel. Sans celui-ci, le thé ne pourrait être servi et ne pourrait être bu. Les bols à thé sont disponibles dans une large gamme de tailles et de styles, et différents styles sont utilisés pour le thé fort et le thé léger (voir cérémonie du thé ci-dessous). Des bols peu profonds, qui permettent au thé de refroidir rapidement sont utilisés en été ; des bols profonds sont utilisés en hiver. Les bols sont fréquemment nommés par leurs créateurs ou leurs possesseurs, ou encore par un maître du thé. Des bols vieux de plus de 400 ans sont encore utilisés aujourd'hui, mais seulement dans des occasions spéciales et inhabituelles. Les meilleurs bols sont façonnés à la main et coûtent extrêmement chers. Les irrégularités et les imperfections sont prisées : elles sont souvent mises sur l’avant du bol. Les bols cassés sont méticuleusement réparés en utilisant une mixture de laque et d'autres ingrédients naturels. De la poudre d'or est ajoutée pour masquer la couleur sombre de la laque et des dessins sont parfois créés en utilisant le mélange. Les bols réparés de cette manière sont principalement utilisés en novembre, lorsque les praticiens du thé utilisent le ro, ou foyer (feu), à nouveau, comme expression et célébration du concept du wabi, ou de l’humble simplicité.
Une natsume, une boîte à thé pour la cérémonie du thé au Japon. Celle-ci est typique avec un recouvrement de laque rouge sur lequel ont été ajoutés des motifs noirs et or.
  • Boîte à thé appelée natsume (?), ou cha-ire (茶入れ?). Les boîtes à thé existent en deux styles basiques différents, le natsume et le cha-ire, à travers lesquels il y a une variation des formes, des tailles et des couleurs. Le natsume est nommé ainsi pour sa ressemblance au fruit natsume (la jujube). Il est court avec un couvercle plat, un fond arrondi, et il est habituellement fait de bois laqué ou non traité. Le cha-ire est habituellement grand, étroit (mais les formes varient significativement) et possède un couvercle d'ivoire muni d'une feuille d'or en dessous. Le cha-ire est habituellement en céramique et est contenu dans des sacs décorés. Le natsume et le cha-ire sont utilisés dans des cérémonies différentes.
  • Écope à thé (茶杓, chashaku?). L'écope à thé est sculptée à partie d’une seule pièce de bambou possédant un nodule approximativement en son centre. Elle est utilisée pour écoper le thé de la boîte à thé au bol à thé. De plus larges écopes sont utilisées pour transférer le thé de la boîte à thé dans le mizuya (水屋?) ou aire de préparation. Les différents styles et couleurs sont utilisés dans l’omotesenke et l’urasenke.
  • Fouet (茶筅, chasen?), les fouets à thé sont sculptés dans une seule pièce de bambou. Il y en a des épaisses et des minces pour le thé fort et le thé léger. Les vieux chasen abîmés sont simplement jetés. Une fois dans l'année, généralement en mai, ils sont pris dans les temples locaux et brûlés lors d'une simple cérémonie appelé chasen koyō, qui exprime le respect avec lequel sont traités les objets de la cérémonie du thé.

Tous les objets de la cérémonie du thé sont entretenus avec une précaution exquise. Ils sont scrupuleusement nettoyés avant et après chaque utilisation et avant leur rangement. Certains des composants ne doivent être manipulés qu’avec des mains gantées.

La cérémonie du thé[modifier | modifier le code]

Les deux écoles principales, Omotesenke et Urasenke, et encore Mushanokôji-Senke ont évolué, chacune avec leurs propres rituels. Il existe aussi d’autres écoles moins connues. Actuellement, l’école Urasenke est la plus active et la plus suivie. À l’intérieur de chaque école, il existe des sous-écoles dans lesquelles il y a des variations saisonnières et temporelles dans la méthode de préparer et d'apprécier le thé, dans les types, les formes d'ustensiles et les thés utilisés.

Toutes les écoles et la plupart des variations possèdent cependant un certain nombre de points communs. L’hôte, homme ou femme, porte habituellement un kimono, alors que les invités peuvent porter des kimonos ou des vêtements formels sombres. Si le thé est servi dans une maison du thé séparée, plutôt que dans la chambre du thé, les invités attendront dans un jardin couvert jusqu’au moment où ils seront appelés par l'hôte. Ils se purifient alors rituellement en se lavant les mains et en se rinçant la bouche dans un petit bassin en pierre contenant de l’eau. Ils se dirigent alors vers le « tokonoma », ou alcôve, où ils admirent les parchemins et/ou les autres déclarations. Puis, ils s'assoient dans la position seiza sur le tatami, par ordre de prestige.

Les maisons du thé et les salles du thé sont généralement petites. La taille typique du sol est d'environ 4 tatamis et demi. La taille de la plus petite salle du thé peut être de deux tatamis et la celle de la plus grande est uniquement limitée par la richesse de son possesseur. Les matériaux de construction et les décorations sont délibérément simples et rustiques.

Un repas léger et simple, appelé kaiseki (懐石?) ou chakaiseki (茶懐石?) peut être servi aux invités, suivi par du saké. Ils retournent alors à la salle d'attente couverte jusqu'à ce qu’ils soient à nouveau appelés par l'hôte.

Si aucun repas n'est servi, l’hôte procédera directement au service de petites friandises. Les friandises sont mangées à l'aide d'un papier spécial appelé kaishi (懐紙?) ; chaque invité apporte le sien, souvent dans un petit portefeuille décoré. Le kaishi est mis dans la poche de poitrine du kimono.

Chaque ustensile — incluant le bol à thé (chawan), le fouet (chasen) et l'écope à thé (chasaku) — est rituellement nettoyé en présence des invités dans un ordre déterminé et en utilisant des gestes très précis. Les ustensiles sont placés dans l’ordre exact de rangement en accord avec le rituel qui suivra. Lorsque le rituel de nettoyage et de préparation des ustensiles est complet, l’hôte place une quantité mesurée de thé vert en poudre dans le bol et ajoute la quantité appropriée d’eau chaude, puis fouette le thé en utilisant des mouvements prédéfinis.

La conversation est gardée à son minimum. Les invités se relaxent et apprécient l'atmosphère créée par les sons de l'eau et du feu, l’odeur de l’encens et du thé, la beauté et la simplicité de la maison du thé et les décorations saisonnières appropriées.

Le bol est alors servi aux invités d’honneur (初客, shokyaku?, littéralement le « premier invité »), soit par l'hôte, soit par un assistant. Les courbettes sociales sont échangées entre l’hôte et l’invité d'honneur. L’invité se courbe ensuite devant le second invité et lève son bol dans un geste de respect pour l’hôte. L’invité tourne le bol afin d'éviter de boire sur son avant, en boit une petite gorgée, murmure une phrase prédéfinie, puis prend deux ou trois nouvelles gorgées avant d'essuyer le bord, tourne le bol dans sa position originelle et le passe à l'invité suivant tout en le saluant. Cette procédure est répétée jusqu'à ce que tous les invités aient pris le thé à partir du même bol. Le bol est alors redonné à l'hôte. Dans certaines cérémonies, chaque invité boit dans un bol individuel, posé sur la paume de la main gauche, et le tourne trois fois d'un quart de tour vers la droite, avec la main droite, avant de boire la première gorgée, mais l’ordre dans lequel le thé est servi et bu est le même.

Si le thé fort, koicha, a été servi, l’hôte préparera parfois un thé léger, ou usucha, qui est servi de la même manière. Cependant, dans certains rituels, seul le koicha ou le usucha est servi.

Une fois que les invités ont chacun bu le thé, l’hôte nettoie les ustensiles. L’invité d'honneur demandera à l’hôte d’autoriser les invités à examiner les ustensiles et chacun leur tour, les invités examinent et admirent chaque objet, incluant l’écope à eau, la boîte à thé, l’écope à thé, le fouet à thé, et, le plus important, le bol à thé. Les objets sont traités avec une extrême précaution et avec révérence car ils sont fréquemment sans prix, irremplaçables, des antiquités faites à la main, et les invités utilisent souvent un morceau de tissu spécial pour les tenir.

L’hôte récupère ensuite les ustensiles et les invités quittent alors la maison du thé. L’hôte les salue de la porte et la cérémonie prend fin.

Une cérémonie du thé peut durer entre une heure et cinq heures, selon le type de cérémonie pratiquée et du type de repas et de thé servis.

Types de cérémonies[modifier | modifier le code]

Une femme portant un kimono et assise à un tana pratique une cérémonie de type Ryū-rei. De gauche à droite, on peut voir : le récipient rouge d’eau fraîche (mizusashi) (son couvercle est placé sur le tana), le fouet à thé (chasen), le bol à thé (chawan), le kama en fer (marmite) et la louche (sur le pot). La femme tient le natsume.

Obon temae[modifier | modifier le code]

Obon temae est la cérémonie la plus simple dans l'école Urasenke. Les débutants l'apprennent à leur début afin de s'habituer au maniement des objets de thé. En effet, cette cérémonie s'effectue sans la louche (hishaku), ce qui simplifie nettement les gestes. Dans l'Obon Temae (お盆点前?), l’hôte place un bol à thé, le fouet, l'écope à thé, le chakin et la natsume sur un plateau en forme de col de montagne (Yamamichi Bon[1]). Du thé léger est préparé sur le plateau alors que les invités et l'hôte s’agenouillent sur le sol en position de seiza. Ce temae s'effectue à l'aide d'une testsubin (bouilloire) en fonte, et d'un binkake (brasier en terre émaillée).

Hira demae et Hakobi demae[modifier | modifier le code]

Hira demae (平点前?)[2] est la cérémonie de base dans le chanoyu, elle est pratiquée dans la position seiza. Elle permet de faire du thé léger ou du thé fort. Hira demae sous-entend une cérémonie qui peut se faire avec ou sans (cf. hakobi demae) tana (étagère).

Le nom Hakobi vient du fait que les ustensiles essentiels — le bol, la natsume, le récipient d'eau fraîche, les écopes, etc. — sont transportées (運ぶ, hakobu?) à l’intérieur et à l’extérieur de la salle du thé. Ce temae permet également de faire du thé léger ou du thé fort. Ce nom signifie également que la cérémonie est effectuée sans étagère (tana) puisque lorsqu'une étagère est présente pour le temae, la majeure partie des ustensiles demeure dans la pièce à thé.

Variantes de Hira demae (Tokushu temae)[modifier | modifier le code]

Il existe un nombre incalculable de variante pour Hira demae. Voici une liste non exhaustive des variantes les plus communes. Certaines sont valables pour le thé fort, d'autres pour le thé léger et d'autres encore s'appliquent aux deux.

Variantes saisonnières[modifier | modifier le code]

Nakaoki est une variante pour le mois d'octobre. Les premiers froid approchant, l'hôte, pour garder la pièce à thé accueillante rapproche le brasier près des invités. Cette cérémonie se réalise donc avec le furo au milieu du tatami (étant situé à gauche habituellement). On utilisera un mizusashi (pot à eau froide normalement situé à droite) haut et étroit que l'on placera à gauche du tatami. Cette variante est applicable pour le thé léger et le thé fort.

Tsutsu jawan est une variante pour le mois de février. Ce dernier étant le mois des grands froids, on utilisera un bol étroit et haut afin de préserver la chaleur du thé. Le pliage du chakin se fait exceptionnellement dans la pièce à thé.

Arai chakin est une variante pour le mois de juillet. Ce dernier étant le mois des grandes chaleurs, l'hôte utilisera un bol aux bords très évasés afin d'éviter à l'invité de boire un thé trop chaud. Le chakin sera, avant le début de la cérémonie, posé déplié dans un fond d'eau. Pendant la cérémonie l'hôte égouttera, essorera puis pliera le chakin, toujours pour donner un sentiment de fraîcheur à ses invités.

Habuta mizusashi est une variante pour le mois de juillet, l'hôte utilisera un mizusashi laqué dont le couvercle est fait d'une feuille d'arbre venant d'être cueillie afin de suggérer la fraîcheur aux invités. La feuille est ensuite enlevée et pliée.

Obuta / Waributa mizusashi sont des variantes pour le mois de juillet. Pour Obuta, l'hôte utilisera un mizusashi de grande taille, en cristal ou en céramique. Le couvercle en laque, trop grand pour être appuyé contre le mizusashi, sera placé contre le paravent. Pour Waributa, le mizusashi est lui aussi de grande taille mais son couvercle est fait de deux demi-lunes de bois laquées, reliées parfois par des charnières. L'une est retournée sur l'autre. Dans ces deux cas, la grande quantité d'eau montrée aux invités, suggère toujours la fraîcheur. Leur taille étant trop conséquente, on ne transporte pas ces mizusashi. Il reste dans la pièce du début à la fin, à l'instar de la marmite.

Tsuri gama est une marmite suspendue par une chaîne au plafond. Elle s'utilise traditionnellement au mois de mars. Aucun trépied n'est utilisé.

Sukigi gama est une marmite aux bords très larges reposant sur de petits tasseaux de bois blancs, posés sur les bords du ro (foyer). Elle s'utilise traditionnellement au mois d'avril afin de cacher la vue du foyer aux invités, les premiers signes de chaleur printanière arrivant. Aucun trépied n'est utilisé.

Variantes circonstancielles (thé fort)[modifier | modifier le code]

Kinindate / Kinin kiyotsugu sont deux cérémonies qui permettent de servir le thé à une personne de haut rang (kinin). La première cérémonie se réalise lorsqu'il est seul, la seconde lorsqu'il est accompagné de ses gens. Dans les deux cas, cette cérémonie se réalise dans une grande pièce (hiroma, plus de 4,5 tatami) et à l'aide d'un dai (piédestal pour le bol, en bois, non laqué. Une étagère est obligatoire et le plateau à sucrerie possède également un long pied.

Kazari mono est un type de cérémonies qui permet de porter l'attention sur un objet en particulier. Il peut avoir été offert par l'invité ou avoir une valeur sentimentale pour l'hôte, en relation avec le moment de l'année. Cela peut être le bol (chawan kazari), la chashaku (chashaku kazari), la chaire (chaire kazari), ou encore un objet utilitaire comme le mizusashi ou la marmite (chasen kazari). On placera l'objet en question dans le tokonoma pendant la première partie du chaji, sauf pour les chasen kazari. Il existe également un kazari (tsubo kazari) pour la chatsubo (jarre à thé) qui sera placée dans le tokonoma et que l'on ouvrira (car scellée par le fabricant de thé) devant les invités avec une cérémonie spécifique. L'hôte ira ensuite réduire les feuilles en poudre dans la salle de préparation (mizuya) à l'aide d'une meule traditionnelle en pierre. Il existe aussi le Jiku kazari qui permet de porter l'attention sur la calligraphie.

Nagao chaire est une cérémonie avec une chaire possédant un shifuku avec une corde plus longue que la moyenne. Les manipulations diffèrent donc du thé fort habituel.

Kasane jawan permet de servir du thé fort à plus de 5 personnes en utilisant deux bols, mis l'un dans l'autre au début de la cérémonie. On utilise souvent des bols raku rouge, plaqués de feuille d'or pour l'un, d'argent pour l'autre, à l'intérieur du bol.

Otsu bukuro est une cérémonie où le contenant pour le thé fort est une natsume noir laquée (contrairement à la chaire, en céramique). Elle sera enveloppée d'un tissu de crêpe violet en forme de sac à riz.

Tsutsumi bukusa est une cérémonie où l'on utilise également une natsume noire laquée, pour le thé fort, enveloppée dans le fukusa de l'hôte, cette fois.

Variantes circonstancielles (thé léger)[modifier | modifier le code]

Irekodate est une cérémonie qui s'adresse à des hôtes âgés, ne pouvant pas se lever et s'asseoir trop souvent. Tous les ustensiles sont donc disposés sur une étagère au début de la cérémonie. L'hôte arrive simplement avec le bol et le kensui, ce qui lui permet de ne s'asseoir qu'une fois.

Variantes circonstancielles (thé léger et thé fort)[modifier | modifier le code]

Tsuzukiusucha est une cérémonie où le thé fort est directement suivi d'un thé léger. Le deuxième charbon (gozumi) n'est dons pas réalisé. Cela permet de rattraper le retard accumulé au cours du repas par exemple afin de répondre aux contraintes temporelles.

Ryū-reishiki (立礼式?) est une cérémonie inventée par le 11ème grand maître de Urasenke (Gengensai) qui se réalise sur une table. Les invités sont assis autour de la même table ou à une table séparée. Ce nom se rapporte à la pratique de la première et de la dernière salutation à l’entrée de la salle du thé. Dans le Ryū-rei, il y a habituellement un assistant qui est assis derrière l'hôte et qui déplace le tabouret de l’hôte lorsqu’il se met debout ou lorsqu’il s'assoit. L'assistant sert également le thé et les friandises aux invités. Les tables les plus utilisées sont ryureidana (litt. étagère pour Ryu-rei) et tenchaban. La première permet de réaliser uniquement le thé léger et est souvent utilisée lors de démonstration pour un public non aguerri. La seconde permet de réaliser les quatre préparations d'un chaji : shozumi (premier chabon), koicha (thé fort), gozumi (deuxième charbon) et usucha (thé léger). Cette cérémonie est intéressante pour initier des occidentaux à la pratique du chanoyu, par exemple, car ils sont peu habitués à la position inconfortable du "seiza".

Variantes circonstancielles (autre)[modifier | modifier le code]

Bon kogou est l'équivalent du kazari pour le charbon. On portera l'attention sur le contenant à encens qui sera disposé exceptionnellement sur un plateau, alors qu'il habituellement disposé dans le panier à charbon pour le sumi demae classique.

Sumi shomou est une cérémonie où l'hôte demande à un invité plus expérimenté dans le sumi demae (cérémonie pour disposer le charbon) de réaliser la disposition du charbon. L'été, seul shozumi (premier charbon) peut être demandé. L'hiver l'hôte peut demander pour shozumi ou gozumi (second charbon).

Hana shomou est une cérémonie où l'hôte demande à un invité plus expérimenté dans le chabana (arrangement floral pour le thé) de réaliser l'arrangement floral dans le tokonoma. L'invité peut également être le donneur des fleurs ou du vase utilisés.

Gyakugatte est une inversion de la disposition des tatami dans la pièce a thé. Les invités au lieu d'être assis à droite de l'hôte sont assis à gauche. Les quatre temae du chaji y sont réalisables (shozumi, gozumi, usucha, koicha) avec ou sans étagère. Les gestes ne sont pas complètement inversés contrairement à ce que l'on pourrait penser, certains qui se font avec la main droite dans le sens normal, se font également de la même manière durant le gyakugatte.

Sumi demae[modifier | modifier le code]

Sumi demae (炭点前?) est la cérémonie qui permet de disposer le charbon dans le foyer (ro), ou dans le brasier (furo). Il y a deux temae au cours d'un chaji (réunion de thé), le premier (shozumi), avant (avec ro) ou après le repas (avec furo) et le second (gozumi), avant le thé léger.  

Chabako demae[modifier | modifier le code]

Chabako demae (茶箱点前?) est appelé ainsi parce que l’équipement est pris dans une boîte spéciale (chabako, littéralement boîte à thé) et replacé dans celle-ci. Ce temae ne permet de faire que du thé leger. Comme pour Obon temae, on utilise une bouilloire et un brasier en terre émaillée. Pour l'école Urasenke, il existe 6 cérémonies différentes liées principalement aux saisons :

  • fleur (, Hana?), cette cérémonie correspond au printemps, elle s'effectue à l'aide de la boîte à thé mais également d'un plateau en forme de fleur (hanagatabon).
  • deutzia (卯の花, Unohana?), cette cérémonie correspond à l'été, elle s'effectue à l'aide de la boîte à thé et du plateau utilisé pour Obon temae, Yamamichi Bon.
  • lune (, Tsuki?), cette cérémonie est associée à l'automne, elle s'effectue à l'aide de la boîte à thé et de quatre planches reliées entre elles par des cordons à la manière des livres japonais. Cette cérémonie est également la seule des six chabako demae à utiliser de l'encens car l'automne est considéré, au Japon, comme le meilleur moment de l'année pour apprécier les fragances de l'encens.
  • neige (, Yuki?), cette cérémonie est associée à l'hiver.
  • harmonie/respect (和敬, Wakei?), cette cérémonie a été inventée par le 14ème grand maître de Urasenke (Tantansai), pour les pilotes japonais (Kamikaze) pendant la seconde guerre mondiale.
  • shikishi (色紙?), cette cérémonie remplace la boîte habituelle par un panier en bambou aux dimensions d'un shikishi (calligraphie carrée). Elle est considérée comme la plus difficile étant donnée le nombre d'objets et par conséquent de manipulations à faire.

Calligraphie et peinture[modifier | modifier le code]

La calligraphie des poèmes joue un rôle central dans la cérémonie du thé. La poésie occupe une place éminente dans la culture japonaise, et tient un rôle très différent de celui qu'on lui a accordé en Europe. Un des éléments indispensables à cette cérémonie est la mise à disposition, temporaire, d'un kakejiku que l'on déroule et accroche dans l'alcôve, tokonoma, prévue à cet effet. Le rouleau vertical, ou kakejiku, est soit une calligraphie, soit une peinture, soit une peinture avec une calligraphie. L'écrivain Jun'ichirō Tanizaki a exposé avec des mots vibrants l'effet que doit provoquer sur les personnes réunies cette œuvre exposée dans la pénombre, touchant au cœur d'une culture qui accorde une importance capitale à l'ombre et au jeu de la lumière filtrante, tamisée [3].

L'œuvre accrochée sert à développer un esprit de sérénité et de paix, de pureté, et à amener l'homme de thé à découvrir la beauté dans le non-commun. Elle doit être simple et sobre. Mots à prendre toutefois avec prudence car le vécu japonais de la beauté est très différent du vécu et de la conceptualisation occidentale (gréco-romaine) de la beauté, le vocabulaire touchant aux mots « beau » et « beauté » n'étant par ailleurs pas du tout superposable. Lorsque l'homme de thé entre, traditionnellement tête baissée, dans le sukiya, il se doit de prendre le temps d'admirer l'arrangement floral et la calligraphie ou peinture durant un long instant. De se plonger en eux, d'harmoniser son cœur, kokoro (difficile à traduire). Il doit par la suite rendre compte de son appréciation au maître de thé.

Les arrangements floraux[modifier | modifier le code]

Le chabana (茶花?, littéralement « fleurs de thé ») est le style le plus simple d'arrangement floral utilisé dans la cérémonie du thé. Le chabana prend ses racines dans l'ikebana, un style traditionnel d'arrangement floral japonais, qui prend lui-même ses racines dans le bouddhisme et le shintoïsme.

Le chabana a évolué vers un style moins formel de l'ikebana, qui fut utilisé par les premiers maîtres du thé. Le style chabana est maintenant le standard de l'arrangement floral pour la cérémonie du thé. Selon certaines sources, il aurait été développé par Sen no Rikyū.

Dans sa forme la plus basique, le chabana est un simple arrangement de fleurs de la saison qui sont placées dans un conteneur. Ces arrangements comprennent typiquement peu d'objets. Les vases sont habituellement faits dans un matériau naturel comme le bambou, le métal ou la céramique.

Le chabana est d'une telle simplicité que fréquemment pas plus d'une seule fleur est utilisée. Cette fleur penchera invariablement vers les invités, ou face à eux.

Kaiseki ryōri[modifier | modifier le code]

Kaiseki ryōri (懐石料理?) est le nom d’un type de nourriture servie durant les cérémonies du thé. Le nom vient de la pratique des moines Zen qui plaçaient des pierres chaudes dans le haut de leurs robes pour écarter la faim lors des périodes de jeûne.

La cuisine kaiseki est normalement strictement végétarienne, mais de nos jours, le poisson et d'autres mets peuvent être occasionnellement servis.

Dans le kaiseki, ne sont utilisés que des ingrédients frais de la saison, préparés de manière à mettre en valeur leurs goûts et leurs odeurs. Une précaution exquise est prise dans la sélection des ingrédients et des types de nourriture. Les plats sont magnifiquement arrangés et garnis, souvent avec de vraies feuilles et de vraies fleurs, si bien que certains plats ressemblent à des plantes naturelles ou à des animaux. L’aspect esthétique est tout aussi important que la nourriture lors du kaiseki.

Les mets sont servis en petites quantités dans des plats individuels et le repas est mangé en étant assis en position de seiza. Chaque repas possède son petit plateau. Les personnes très importantes ont leur propre table basse ou plusieurs petites tables.

Le kaiseki pour la cérémonie du thé est parfois nommé chakaiseki (茶懐石?, cha: « thé »). Le chakaiseki inclut habituellement une ou deux soupes et trois plats de végétaux différents accompagnés de riz bouilli et de riz mariné. Des sashimi ou d’autres plats de poissons peuvent être occasionnellement servis, mais ce genre de plat est plutôt rare.

Le kaiseki est accompagné de saké.

Kimono[modifier | modifier le code]

Alors que le kimono devait être utilisé de manière obligatoire par tous les participants à la cérémonie du thé, ce n'est plus le cas actuellement. Même si, traditionnellement, lors des occasions formelles la plupart des invités porteront un kimono. Depuis que l’étude du kimono est une partie essentielle de l'apprentissage de la cérémonie du thé, la plupart des pratiquants possèdent au moins un kimono qui leur est propre et qu’ils portent lorsqu’ils reçoivent ou qu’ils participent à une cérémonie du thé. Le kimono est l'habit obligatoire pour les étudiants de la cérémonie du thé, mais de moins en moins de professeurs insistent sur ce fait. Il est de plus en plus commun pour les étudiants de porter des habits occidentaux lors de leur pratique. En effet, il est difficile de posséder plus d’un ou deux kimonos, du fait de leur coût, et il est important de les garder dans de bonnes conditions. Cependant, la plupart des étudiants pratiqueront en kimono au moins quelques fois. Il est essentiel d’apprendre les mouvements prescrits proprement.

Nombre des mouvements et des composants de la cérémonie du thé ont évolué avec le port du kimono. Par exemple, certains mouvements étaient désignés avec des kimonos à longues manches ; certains mouvements demandaient de déplacer les manches hors du chemin ou permettaient d'éviter de les salir lorsqu’on préparait le thé, lorsqu’on le servait ou lorsqu’on le buvait. D’autres mouvements étaient autorisés pour redresser le kimono et le hakama.

Les fukasa sont rangés dans le obi. Le kaishi et le kobukusa sont rangés dans la poche de poitrine du kimono. Lorsque quelqu’un porte des vêtements occidentaux, il doit trouver d’autres endroits pour garder ces objets sur lui. Les manches des kimonos fonctionnent comme des poches et le kaishi utilisé est rangé dans celles-ci.

Pour la cérémonie du thé, les hommes portent habituellement une combinaison entre un kimono et un hakama, mais certains hommes portent uniquement un kimono. Porter un hakama n’est pas essentiel pour les hommes, mais cela leur donne une allure plus formelle. Les femmes portent des styles variés de kimonos qui dépendent de la saison et des événements. Les femmes ne portent en général pas de hakama durant la cérémonie du thé. Des kimono doublés sont portés par les hommes et les femmes durant les mois d’hiver et des kimonos non doublés sont utilisés pendant l’été. Pour des occasions formelles, les hommes portent des kimonos de type montsuki souvent avec un hakama rayé. Les hommes et les femmes portent des tabi blanches.

Seiza[modifier | modifier le code]

Une femme portant un kimono pratique la cérémonie du thé au Japon. On ne peut pas distinguer ici un style spécifique de cérémonie, mais les objets visibles sur l'image sont la bouilloire, le ro et le bol à thé. L’objet tout à droite de l’image est un morceau de bambou indiquant où s’assoit l'hôte. Ces repères prennent des formes très variées ; celui-ci est quelque peu inhabituel mais, il est un des types qui s’utilise dans les cérémonies à l'extérieur.

Le seiza fait partie intégrante de la cérémonie du thé. Pour s’asseoir dans la position seiza (正座, littéralement « être assis correctement »), on commence par s’agenouiller, on assoit ses fesses sur ses talons, puis les mains sont rangées entre les genoux. Le haut du pied est entièrement en contact avec le sol.

Lorsqu'ils s'assoient à table, l’hôte et les invités s'assoient dans la position seiza. Le seiza est la position basique à partir de laquelle tout commence et tout finit dans la cérémonie du thé. L’hôte s'assoit en seiza pour ouvrir et fermer la porte de la salle du thé. Le seiza est la position de base pour arranger et nettoyer les ustensiles ainsi que pour préparer le thé. Même lorsque l’hôte doit changer de position durant les différentes parties de la cérémonie, ces changements de position sont réalisés en position de seiza. Les invités maintiennent eux aussi la position seiza durant toute la cérémonie.

Toutes les salutations (il y en a trois variations de bases qui diffèrent dans la position des mains et l'amplitude avec laquelle la salutation est effectuée) sont pratiquées en position de seiza durant la cérémonie du thé originale.

Tatami[modifier | modifier le code]

Le tatami a lui aussi une place centrale dans la cérémonie du thé. Les surfaces principales des salles du thé et des maisons du thé ont un sol en tatami et la tokonoma (alcôve à parchemins) dans les salles du thé a souvent elle aussi un sol en tatami.

Les tatamis sont utilisés de différentes façons dans la cérémonie du thé. Leur placement, par exemple, détermine comment une personne marche à travers la salle du thé. Lorsque l'on marche sur le tatami, on a tendance à être déséquilibré, ce qui force à ralentir, à maintenir une posture bien droite et à marcher doucement. Il faut éviter de marcher sur les joints entre les différents pans de tatami. Le placement des tatamis dans les salles du thé diffère radicalement du placement normal. Dans une salle utilisant 4 pans et demi, les pans sont placés dans un motif circulaire autour d'un pan central. Il est de coutume d’éviter de marcher sur ce pan central autant que possible car il forme une sorte de table. Les ustensiles sont posés sur celui-ci pour les regarder, les bols de thé préparés sont placés sur ce pan pour servir les invités.

Il y a des douzaines de lignes imaginaires et réelles qui traversent les salles du thé. Elles sont utilisées pour déterminer le placement exact des ustensiles et pour des milliers d'autres détails. Lorsqu’on est en présence de praticiens expérimentés, le placement des ustensiles ne varie pas ou de manière infinitésimale entre chaque cérémonie. Les lignes du tatami (行 gyou) sont utilisées comme un guide pour le placement et les joints sont utilisés comme des démarcations indiquant où chaque personne doit s’asseoir.

Le tatami apporte une surface plus confortable pour s’asseoir dans la position seiza. À certains moments de l'année (durant les festivités de la nouvelle année par exemple), les portions du tatamis où sont assis les invités sont couvertes par un tissu feutré rouge.

Étudier la cérémonie du thé[modifier | modifier le code]

Au Japon, ceux qui souhaitent étudier la cérémonie du thé, joignent généralement ce que l'on connaît comme un « cercle » au Japon, qui est le nom générique d’un groupe qui se rencontre régulièrement et qui participe à une activité donnée. Il y a aussi des clubs de thé dans les écoles primaires, les collèges, les lycées et les universités.

La plupart des cercles du thé sont tenus par l'école de thé locale. Les écoles de thé ont souvent des groupes variés qui souhaitent tous étudier dans la même école à différents moments. Par exemple, il y a des groupes de femmes, des groupes de jeunes étudiants et bien d’autres encore.

Normalement, les élèves paient leurs cours une fois par mois ce qui couvre les cours, l’utilisation des bols de l'école (ou du professeur), les autres équipements, le thé lui-même et les friandises que les élèves servent et mangent à chaque cours. Les élèves doivent fournir leurs propres fukusa, leur éventail, leur papier et le kobukasa, aussi bien que leur propre valisette dans laquelle ils placent ces objets. Les étudiants doivent aussi fournir leurs propres kimonos et les accessoires qui vont avec.

Typiquement, les nouveaux étudiants commencent par observer les étudiants plus avancés. Normalement, les étudiants avancés ne leur parlent pas. Ils parlent exclusivement avec le professeur. La première chose que les nouveaux étudiants apprennent est de quelle manière ouvrir et fermer correctement les portes coulissantes, comment marcher sur le tatami, comment entrer et quitter la chambre du thé, comment saluer, à qui et quand le faire, comment laver, entreposer et prendre soin de l'équipement, comment ranger le fukusa, comment nettoyer rituellement les bols à thé, les boîtes à thé et les écopes à thé, et comment laver et ranger le chakin. Lorsqu’ils maîtrisent ces étapes essentielles, les élèves apprennent alors comment se comporter comme un invité dans une cérémonie du thé, c’est-à-dire, comment tenir les bols, comment boire le thé et manger les friandises, comment utiliser le papier et des milliers d’autres détails.

Lorsqu’ils maîtrisent l'ensemble de ces bases, les étudiants apprennent comment préparer la poudre de thé pour l’utiliser, comment remplir la boule à thé, et finalement comment mesurer et fouetter le thé. Une fois ces bases acquises, les étudiants commencent à pratiquer les cérémonies les plus simples et commencent habituellement avec l’Obon temae (voir ci-dessus). L’étude passe par l'observation et la pratique ; les étudiants ne prennent pas souvent de notes et certaines écoles vont même jusqu’à décourager cette pratique.

Chaque classe se finit avec le groupe entier qui reçoit de brèves instructions par le professeur principal, habituellement concernant le tokonoma et les friandises qui ont été servies le jour même.

Plusieurs écoles de thé sont représentées en France, notamment Urasenke[4] et Omotesenke[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. A Chanoyu Vocabulary p.239
  2. A Chanoyu Vocabulary p.66
  3. Jun'ichirō Tanizaki, Éloge de l'ombre
  4. Chado Urasenke Tankokai
  5. Chanoyu - Tradition du thé École Omotesenke, Maison de la Culture du Japon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Kei Kumai, Sen no Rikyū (Mort d'un Maître de Thé), avec Mifune Toshirō, 1989.
  • Hiroshi Teshigahara, Rikyū, avec Yamazaki Tsutome (Hideyoshi) et Mikumi Rentaro (Rikyū), 1989, une adaptation du livre de Yasushi Inoue, Le Maître de thé