Château de Madame du Barry (Louveciennes)

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Château de Madame du Barry
Image illustrative de l'article Château de Madame du Barry (Louveciennes)
Le château de Madame du Barry,
chemin de la Machine.
Nom local Pavillon des Eaux
Début construction Fin du XVIIe siècle
Destination initiale Logement de fonction
Propriétaire actuel Investisseur français
Protection Logo monument historique Classé MH (1994)
Coordonnées 48° 52′ 00.32″ N 2° 07′ 07.66″ E / 48.8667556, 2.118794448° 52′ 00.32″ Nord 2° 07′ 07.66″ Est / 48.8667556, 2.1187944  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Louveciennes

Géolocalisation sur la carte : Yvelines

(Voir situation sur carte : Yvelines)
Château de Madame du Barry

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Madame du Barry

Le château de Madame du Barry à Louveciennes (Yvelines), se compose :

L'ancien château, son parc, ses fabriques et sa bergerie font l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis le 26 décembre 1994[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1683, Louis XIV ordonne la construction, à proximité du puisard supérieur de la machine de Marly, à l'intérieur de l'enclos de la machine, d’un pavillon pour servir de logement de fonction à Arnold de Ville, le promoteur de cette installation hydraulique.

Le bâtiment est construit par le jeune Robert de Cotte, futur architecte du roi, qui commence là sa carrière comme simple entrepreneur des Bâtiments du roi[2]. Le marché de construction, signé devant notaire le 4 juillet 1683 entre le ministre Jean-Baptiste Colbert et de Cotte, prévoit que "sera fait un pavillon proche le deuxième puisart, de huit thoises de quaré appliqué au retz-de-chaussée"[2]. De Cotte est aussi chargé de construire le réservoir des puisards supérieurs et la grande tour de l'aqueduc de Louveciennes. Les Comptes des Bâtiments du roi publiés par Jules Guiffrey précisent que, pour tous ses travaux à la machine, Robert de Cotte touche 93 590 livres 4 sols dont au moins 46 105 livres 2 sols pour le seul pavillon[2].

Ce pavillon de Louveciennes est donc la première œuvre connue de Robert de Cotte.

De 1683 jusqu'à sa mort en 1722, ce pavillon est affecté comme logement de fonction à Arnold de Ville, au titre de gouverneur de la machine de Marly, qui meuble le pavillon avec goût, organisant même un cabinet de peintures avec des œuvres de Raphael, Holbein, Van Dyck, Le Brun[2].

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Pavillon de musique en 2009.

En 1769, Louis XV offrit le château à sa nouvelle favorite, Madame du Barry, qui y résida jusqu'en 1793. Celle-ci fit probablement appel à Ange-Jacques Gabriel, Premier architecte du Roi, pour agrandir et redécorer le bâtiment, qui se vit alors adjoindre l’aile basse orientale, ainsi qu'un décor de boiseries sculptées qui subsiste en partie. De surcroît, pour Madame du Barry, le château présentait l'inconvénient de ne pas avoir de vue sur la Seine et de ne pas comporter assez de pièces de réception. Elle confia à l'architecte Claude-Nicolas Ledoux la construction, à l'aplomb de la vallée de la Seine, d'un pavillon qui ne comprenne que des pièces de réception. Ce fut le pavillon de musique.

Des deux petits temples situés dans le parc, le temple ionique date sans doute de cette époque. Il est parfois attribué sans preuve à Claude-Nicolas Ledoux ou encore à Richard Mique.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1852, le domaine fut agrandi jusqu'à la Seine, mais divisé en deux lots :

  • Le premier lot, comprenant le château, fut acquis par le banquier Salomon Goldschmidt. En 1898, les héritiers firent construire par l'architecte Henri Goury, l'entrée de style Louis XV, flanquée de deux pavillons, située no 6 chemin de la Machine. Le même architecte construisit également les écuries.

Des deux petits temples situés dans le parc, le temple dorique a été édifié par Henri Goury à la fin du XIXe siècle.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, le château, comme ceux de Rosny-sur-Seine et de Millemont fut acquis en vue d'une exploitation commerciale par un couple étranger, Kiiko Nakahara et Jean-Paul Renoir (de son vrai nom Jean-Claude Perez-Vanneste), via une société japonaise du père de Mme Nakahara, M. Hideki Yokoi, appelée Nippon Sangyō KK (日本産業?)[3],[4]. Le couple dispersa tout le mobilier, et laissa la résidence, achetée 30 millions de francs, à l'abandon[5]. Squatté, le château subit diverses dégradations et, en 1994, une tentative d'enlèvement de boiseries et d'une cheminée fut déjouée de justesse par la police[3],[4]. Le propriétaire japonais a alors remis la propriété en vente. Celle-ci a été achetée par un investisseur français qui l'a soigneusement restaurée. Kiiko Nakahara et Jean-Paul Renoir furent mis en examen en septembre 1992, et Mme Nakahara incarcérée de janvier à décembre 1996, remise en liberté contre une caution de quatre millions de francs[5],[6]. Son mari, arrêté en novembre 1997 à Washington, fut extradé et incarcéré en France jusqu'en juin 2000 et une mise en liberté provisoire[7].

Après dix années d'instruction, l'affaire des « châteaux japonais » s'est achevée sur un non-lieu. La thèse de malversations a fini par s'écrouler. Les manœuvres de Kiiko Nakahara auraient visé un unique but : protéger l'héritage de son père, qui avait alors maille à partir avec ses créanciers[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ancien château de Madame du Barry », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c et d Éric SOULLARD, « Le pavillon de la machine de Marly d'Arnold de Ville à Mme Du Barry (1ère partie) 1683-1722 : au temps d'Arnold de Ville », Marly, art et patrimoine, no 6,‎ 2012, p. 25-32
  3. a et b Isabelle Masoni, « Comment le cerveau des châteaux japonais est tombé », Le Parisien, le 5 avril 2000
  4. a et b (en) Alain Auffray, « Ces Japonais promoteurs de chefs-d'oeuvre en péril. La Nippon Sangyoo a acquis des châteaux dans les Yvelines avant de les abandonner. », Libération,‎ 21 octobre 1995 (consulté le 15 avril 2012)
  5. a et b Pierre Lequiller se félicite de l'incarcération de Kiko Nakahara, Libération, le 24 janvier 1996
  6. Qui a mis le feu au château de Sully ?, Libération, le 25 janvier 1997
  7. Vincent Noce, Descente aux enchères, JC Lattès, 2002

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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