Écoconstruction

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L'écoconstruction ou construction durable est la création, la restauration, la rénovation ou la réhabilitation d'un bâtiment en lui permettant de respecter au mieux l'écologie à chaque étape de la construction, et plus tard, de son utilisation (chauffage, consommation d'énergie, rejet des divers flux : eau, déchets). Cette pratique est apparue à la fin des années 1960. Une écoconstruction cherche à s'intégrer le plus respectueusement possible dans un milieu en utilisant au mieux des ressources peu transformées, locales, saines, et en favorisant les liens sociaux.

Une écoconstruction vise à consommer peu d'énergie pour le chauffage et l'eau chaude. Sa conception bioclimatique et la composition de ses parois lui permettent de consommer le moins possible d'énergies d'appoint, optimisant les apports solaires, les déphasages et une ventilation bien dimensionnée. Notons qu'une maison BBC (Bâtiment Basse Consommation) ou HQE (Haute Qualité Environnementale) n'est pas forcément écoconstruite : elle peut être isolée en laine de verre ce qui augmente nettement son coût en énergie grise, et peut diminuer son efficacité d'isolation en été. Une écoconstruction bien réalisée tendrait à consommer moins d'énergie que celle qu'elle produit dans ses meilleures périodes de production, permettant ainsi de compenser lors de périodes pendant lesquelles sa production est plus faible[Quoi ?].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'écoconstruction existe depuis plus de quarante ans, née à la fois de la crise pétrolière et de l'apparition du syndrome du bâtiment malade[réf. nécessaire] : réduire la dépendance aux énergies fossiles et créer des intérieurs qui ne rendent pas malade. Elle compte parmi ses prédécesseur la baubiologie, doctrine mise au point en Allemagne en 1969 par Anton Schneider au sein de l'Institut de Baubiologie et d'Écologie de Neubeuern. Elle s’est ensuite développée fortement entre 1973 et les années 1980, puis réapparue fortement depuis 1995. Ces années d'expérimentations ont porté essentiellement sur l'habitat, individuel ou groupé, car testaient des matières et des mises en œuvre pas toujours normées, y compris les plus traditionnelles comme le pisé, la paille, la brique de terre crue

Depuis 1994 et la création en France de l'association HQE (HQE étant une marque déposée), l'approche environnementale a pu être institutionnalisée dans des programmes de construction de tailles moyennes et grandes. C’est avant tout une démarche volontaire, qui vise à atteindre certaines cibles parmi les quatorze listées dans le référentiel HQE. Il existe un référentiel HQE pour les bâtiments tertiaires, le maître d'ouvrage choisit de l'appliquer ou non, et pour le logement elle est traduite sous l'intitulé « Habitat et Environnement », certification mise en place par Qualitel. Le peu d'adhésion à la démarche HQE parmi les PME et artisans (qui constituent l’essentiel du tissu d’entreprises de la construction en France) freine le développement de cette démarche parfois jugée trop formaliste et pas assez intégrée.

La Construction durable, une démarche intégrée[modifier | modifier le code]

Impliquer toute la chaine des acteurs de la construction, dès l’amont du projet de construction (phase programmation et conception) en suivant les étapes de la mise en travaux puis en vérifiant la pertinence des options retenues et la qualité de leur mise en œuvre lors de la phase d’utilisation par les habitants et usagers, caractérise l’approche intégrée de toute démarche de Construction Durable.

C’est ainsi qu’une approche par coût global d’un projet est privilégiée par rapport au coût à la livraison. Cette approche économique intègre non seulement les postes d’investissement traditionnels (tels que : coût de conception, de pilotage, de construction) mais également les coûts de charges de fonctionnement de maintenance et de déconstruction. La valorisation des énergies utilisant les ressources naturelles permettant de se rapprocher des bâtiments de type habitat passif (qui consomment très peu d'énergie) ainsi que l'emploi de matériaux à faible Énergie grise constituent également des thèmes prioritaires à satisfaire.

Construire durable c’est aussi traduire une philosophie d’action qui se résume par la formule « Penser global et agir local[1] ». En effet, l’impact social de tels programmes doit prendre en compte les réalités sociales et économiques d’un bassin d’emploi (formation professionnelle initiale et continue, innovation sociale et entrepreneuriale) et même les réalités culturelles (style de vie, identité architecturale d’une région, traditions locales).

Natures d’ouvrages[modifier | modifier le code]

Les ouvrages concernés par la « Construction durable » peuvent être de différentes tailles, allant de la maison individuelle à un projet immobilier complexe où peuvent se côtoyer : Locaux tertiaires, bâtiments publics, logement collectifs, aménagement d'écoquartiers et même des implantations industrielles illustrant les politiques conjointes de développement durable d'un territoire et d'une entreprise.

Une démarche de construction durable peut aussi bien concerner des chantiers de réhabilitation que des chantiers neufs. À l'étape de la construction, certains matériaux d'un projet de construction durable peuvent être plus chers par rapport à un projet conventionnel, lors de l'utilisation de technologies de pointe, ou bien, réellement moins cher, comme dans le cas de la maison en paille qui réemploi des matériaux locaux vendus à faible coût et favorise le circuit court.

Le budget d'investissement, plus élevé surtout si on intègre des technologies, peut s'avérer moins élevé si le projet est bien conçu. Et quand ce surcoût concerne le bilan énergétique (étude thermique poussée, capteurs solaires, régulation, chaudière performante ou poêle de masse…), la différence s’inverse en quelques années (de 5 à 10 ans) par les économies d’énergies, de maintenance et d’entretien générées.

Ce type de construction apporte généralement un meilleur confort thermique et hygro-thermique et un impact positif sur la santé des usagers et habitants du fait de l’emploi de composants et matériaux moins toxiques.

Matériaux et équipements écologiques[modifier | modifier le code]

Ces constructions utilisent des matériaux de construction et d'isolation écologiques[2] tels que la pierre, la brique de terre crue, le chanvre[3], la paille (voir maison en paille)[4], la fibre de bois, la laine de mouton, la ouate de cellulose

L'emploi de matériaux dont les matières premières incorporent beaucoup d'énergie d'extraction, de fabrication ou de transport, est à éviter le plus possible. Sans oublier, bien sûr, la construction à ossature bois, dont le bois est, de préférence, issu de la filière labellisée (PEFC pour les bois européens et FSC pour les bois tropicaux) pour la gestion durable des forêts et apporte une réponse concrète et quantifiable dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pour améliorer d'avantage l'isolation, il est également possible d'utiliser une toiture végétale ou bien un mur végétalisé.

En plus de l'économie d'énergie faite par une bonne isolation, l'utilisation d'énergies renouvelables et naturelles comme l'énergie solaire passive, les panneau photovoltaïque, chauffe-eau solaire, une éolienne, l'énergie hydraulique (turbine hydraulique, moulin à eau), et toutes les énergies issues de la biomasse, tels que le bois, le biogaz, le compostage… permettent également de réduire l'empreinte écologique.

Les écoconstructions peuvent également chercher à intégrer des systèmes de traitement des déchets (phytoépuration, lagunage, composteur, toilettes sèches…) et de récupération d'eau pluviale, participant ainsi à l'amélioration de la résilience écologique autour de la battisse.

Perspectives[modifier | modifier le code]

Cas de la France[modifier | modifier le code]

En 2006, le secteur de la construction était responsable de 23 % des émissions totales de CO2 en France[5], ce qui en fait la troisième source d’émission derrière les transports (34 %) et l’industrie manufacturière (24 %). Les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs de la construction se sont mobilisés localement ces dernières années pour mettre en place des politiques de Construction Durable afin de réduire de façon significative les atteintes à l'environnement des ouvrages déjà bâtis et à bâtir. Ces atteintes ne concernent pas que la combustion des énergies fossiles, elles concernent aussi la prédation des matières premières : l'avenir du bâtiment passe par la possibilité de réemploi des matériaux de déconstruction, ce qui nécessite qu'ils ne soient plus considérés comme déchets. De nombreux pays ont intégré cette dimension de réutilisation : les matériaux récupérés s'appellent alors "matières premières secondaires" et peuvent servir à construire de nouveau. Le recyclage nécessite de nouveau une transformation, des énergies, des transports…

En juin 1990, est créé le label Haute qualité environnementale, normalisant des critères d'écoconstruction.

L'écoconstruction en France a notoirement avancé depuis 15 ans grâce aux expérimentations militantes des auto-constructeurs qui testent et démontrent qu'il n'y a pas que le parpaing, la laine minérale et le polystyrène. Ce sont les réseaux associatifs qui animent la construction paille (réseau Compaillons), le béton de chanvre (chanvrière de l'Aube), et les réseaux professionnels comme réseaux Ecobatir en France, Bâtir Sain en Ile-de-France, Areso dans le Sud-Ouest, Oikos en Rhône Alpes, Empreinte, Approche-ecohabitat, Coherence et Bruded en Bretagne, ARPE en Basse Normandie, Envirobat dans le Sud-Est.

Mais aussi des formatioms par les membres de la Fédération Eco-Construire comme Le Gabion, Oikos, etc.

Le rayonnement international de Craterre, école de la terre crue basée près de Grenoble n'est plus à démontrer, sauf auprès des français qui le connaissent peu.[réf. nécessaire]

La France, en adoptant en juin 2009 les recommandation de la table ronde no 1 du Grenelle de l'Environnement[6] a ouvert l'accès aux Prêt à taux zéro pour soutenir l'investissement par des incitations fiscales afin de faciliter une approche écoresponsable de la construction. D'autre part, L'Union européenne comme les régions sont engagées à soutenir cette filière par de nombreuses initiatives et moyens coordonnés : centres de ressources et d'information, pôle de compétitivité dont certains ont pour vocation de soutenir des initiatives de construction durable par l'économie solidaire.

Autres pistes[modifier | modifier le code]

  • Le Cohabitat préconise l’esprit de collaboration des villages traditionnels, l’utilisation durable des ressources naturelles et le partage de biens communs (écovillages danois ou néerlandais)
  • La Coopérative d'habitation est une forme de société immobilière fondée sur le principe de la coopération et proposant un modèle de gestion équitable et démocratique (un homme une voix) permettant de détacher le nombre de parts et les surfaces habitées. Les coopératives d'habitants existent couramment en Suisse, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Québec, mais c'est un statut juridique qui n'existe plus en France depuis son interdiction pas la loi Chalandon de 1973.

Normes et labels[modifier | modifier le code]

En Allemagne
En Amérique du Nord
En France
Au Royaume-Uni
En Suisse
  • Minergie : énergie seulement à niveau BBC.
  • Minergie-P : énergie seulement à niveau maison passive.
  • Minergie-Eco : qualité environnementale.
  • Minergie P Eco : énergie à niveau maison passive et qualité environnementale.

Avantages[modifier | modifier le code]

Faire construire une maison bois BBC ouvre droit à de nombreux avantages financiers.

  • Avantages du label BBC-Effinergie [7] :
    • crédit d’impôt
    • abondement du prêt à taux zéro
    • exonération de taxe foncière
    • subventions pour la mise en place d’énergies renouvelables
    • extension de COS (coefficient d’Occupation des Sols).

En tant qu’acheteur, la labellisation BBC-Effinergie vous donne l’assurance de profiter d’un logement confortable, sain, respectueux de l’environnement et économe en charges.

En cas de location ou vente de votre maison en bois, il permet notamment de rassurer les personnes souhaitant louer/acheter ce bâtiment quant à leur potentielle consommation d’énergie, et donc de faciliter votre transaction immobilière.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Dubos (1901-1982). Cet agronome, biologiste et écologue français émigré aux États-Unis a participé aux travaux préparatoires du premier Sommet de la Terre à Stockholm en 1972.
  2. "L'isolation écologique de JP Oliva
  3. http://maisonchanvre.canalblog.com/
  4. http://www.compaillons.fr/
  5. http://www.ifen.fr/donnees-essentielles/activites-humaines/construction-et-batiments/les-emissions-de-co2-du-secteur-residentiel-tertiaire.html?print=1
  6. http://www.legrenelle-environnement.fr/
  7. http://maisons.tickner.fr/maison-bois-bbc.html

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Gauzin-Muller "la construction écologique" ed le Moniteur, Paris 2000,
  • Bâtir en terre – Du grain de sable à l’architecture, de Lætitia Fontaine et Romain Anger. Éditions Belin/Cité des Sciences et de l’Industrie, 2009. 223 pages
  • Caractéristique des produits pour la construction durable, Éditions Le Moniteur, Paris, 2008. ISBN 978-2-281-11411-9
  • Jean Hetzel, Indicateurs du développement durable dans la construction, Afnor Éditions, 2009. ISBN 978-2-12-465191-7
  • La gouvernance du développement durable sous la direction de Pierre JACQUET, Rajendra K. PACHAURI et Laurence TUBIANA ; Paris : Presses de Sciences PO, 2009. ISBN 978-2-7246-1091-8
  • Bâtir éthique et responsable ouvrage collectif de : J. Benoit, S. Déoux, C. Desmoulins, A. Farel, D. Fauré, E. Fradin, D. Gauzin-Müller, T. Jusselme, P. Madec, J. Testart ; Collection : Questions d'architecture, Éditions Le Moniteur, Paris, 2007. ISBN 978-2-281-19332-9
  • Françoise Jadoul, Vers un nouvel habitat, Aparté éditions, 2010. ISBN 978-2-930327-25-9
  • Sylvain Moréteau, Le b-a-ba de l'habitat écologique, Rustica éditions, 2008. ISBN 978-2-84038-833-3
  • Sylvain Moréteau, Murs et toits végétalisés, Rustica éditions, 2009. ISBN 978-2-84038-943-9

Liens externes[modifier | modifier le code]