Laboratoires Bell

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40° 41′ 00″ N 74° 24′ 03″ O / 40.6834, -74.40074

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Les Laboratoires Bell — Bell Telephone Laboratories ou AT&T Bell Laboratories —, plus connus sous l'appellation de Bell Labs, ou Les Bell Labs), furent fondés en 1925 et implantés à Murray Hill (en) dans l'État américain du New Jersey. En 2009, ils font partie du centre de recherche et développement d'Alcatel-Lucent.

Bell Labs a déposé plus de 29 000 brevets[1] et en dépose actuellement 3 nouveaux chaque jour[réf. nécessaire]. Les recherches menées aux laboratoires Bell ont eu une importance capitale dans des domaines tels que les télécommunications (réseau téléphonique, transmission télévisuelle, communications satellite, etc.) et l'informatique (transistor, Unix, C et C++, etc.). Ce sont des laboratoires Bell que proviennent aussi le transistor, la cellule photoélectrique, le laser et l'extraordinaire développement des communications par fibre optique.

Implantations historiques[modifier | modifier le code]

Antécédents[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Volta Laboratory and Bureau.
Le pavillon Volta de Bell à Washington, D.C. (1893).

Le Laboratoire A. G. Bell, parfois appelé le Volta Bureau a été édifié à Washington, D.C. à la demande d'Alexander Graham Bell. En 1880, le gouvernement français avait décerné le Prix Volta, doté de 50 000 francs-or, à Bell pour l’invention du téléphone. L’inventeur américain les employa à la construction de ce laboratoire Volta,[2]. Ses collaborateurs, Sumner Tainter et Chichester Bell, s'y consacraient à l'analyse sonore, à l'enregistrement et à la retransmission du son. Bell réinvestit une part considérable du produit de ces recherches à l'éducation ainsi qu'à la reconnaissance du handicap de surdité[2]. En 1884, l’American Bell Telephone Company créa son Département de Mécanique à partir du Département de l'électricité et des Brevets, formé un an plus tôt.

Le Laboratoire Volta et le Bureau Volta occupaient d'abord la maison du père de Bell, au n°1527 de la 35th Street à Washington, D.C., dont l'écurie fut reconvertie en quartier-général en 1889[2]. En 1893, Bell construisit un nouvel immeuble (non loin de là, au n°1537) pour y installer spécifiquement le laboratoire[2] : cet immeuble a été classé Monument historique en 1972[3],[4],[5].

Organisation[modifier | modifier le code]

En 1925, les Laboratoires de recherche de Western Electric furent regroupés avec une partie du service d'ingénierie d’AT&T pour former Bell Telephone Laboratories, Inc., en tant qu’entité distincte. Le premier président de la recherche en fut Frank B. Jewett, qui demeura à ce poste jusqu'en 1940. Bell Laboratories était détenu à parts égales par AT&T et Western Electric Company. Sa principale mission consistait à concevoir et réparer les matériels fabriqués par Western Electric pour les compagnies d'exploitation de Bell System, y compris les commutateurs téléphoniques. L'assistance aux compagnies téléphoniques allait jusqu'à l'édition des Bell System Practices (BSP), une collection complète de manuels techniques. Bell Labs agissait également comme bureau d'études, obtenant l'adjudication de contrats fédéraux, comme le Projet Nike et le programme Apollo. Quelques collaborateurs étaient affectés à la recherche fondamentale, ce qui n'était pas ordinaire, d'autant que plusieurs Prix Nobel furent issus de cette pépinière.

Site des Laboratoires Bell à Murray Hill.

Jusque dans les années 1940, la principale implantation de la société était le Bell Labs Building à New York, mais par la suite les chercheurs furent délocalisés sur plusieurs sites à travers le New Jersey : Murray Hill, Holmdel, Crawford Hill, le Deal Test Site, Freehold, Lincroft, Long Branch, Middletown, Neptune, Princeton, Piscataway, Red Bank et Whippany. De tous ces centres, seuls subsistent Murray Hill et Crawford Hill (les centres de Piscataway et de Red Bank ont été revendus à Telcordia Technologies, quant au centre de Whippany, il a été racheté par Bayer[6]). La plus forte concentration d'employés (environ 11 000 salariés) a été atteinte en 2001 sur le site de Naperville-Lisle, dans la banlieue de Chicago. Les autres grands centres étaient Indianapolis (Indiana); Columbus (Ohio); North Andover (Massachusetts); Allentown (Pennsylvanie); Reading (Pennsylvanie); et Breinigsville (Pennsylvanie); Burlington (Caroline du Nord) (actif de 1950 à 1978 avant le transfert à Greensboro dans les années 1980) et Westminster (Colorado). Depuis 2001, plusieurs de ces sites ont fermé.

Le Bell Labs Holmdel Complex, œuvre de l'architecte finlandais Saarinen, ancien campus des Laboratoires Bell situé à Holmdel, dans le New Jersey.

Le complexe Holmdel, 175 000 m2 de locaux s'étendant sur plus de 190 ha, a fermé ses portes en 2007. Cet immeuble de verre avait été conçu par l'architecte Eero Saarinen. Au mois d'août 2013, Somerset Development a racheté ce buiding pour en faire un complexe mixte de commerce et de logements, mais les perspectives se sont assombries avec la prise de conscience des rigidités introduites par Saarinen dans l'utilisation des locaux, et le délabrement progressif des bureaux[7].

Quelques chercheurs ayant travaillé pour les laboratoires Bell[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.usinenouvelle.com/article/alcatel-lucent-la-mine-d-or-des-brevets-hypotheques.N188425
  2. a, b, c et d Bruce, Robert V. Bell: Alexander Bell and the Conquest of Solitude. Ithaca, New York: Cornell University Press, 1990. ISBN 0-8014-9691-8.
  3. « Volta Bureau », sur National Historic Landmark summary listing, National Park Service (consulté le 10 mai 2008)
  4. « National Register of Historic Places Inventory-Nomination: Volta Bureau » [223 KB], sur National Park Service et Modèle:PDFlink
  5. « Volta Laboratory & Bureau », sur Washington D.C. National Register of Historic Places Travel Itinerary listing (consulté le 2008-05-10)
  6. « It's official! Bayer buys Alcatel-Lucent site in Hanover Twp. », The Hanover Eagle, no 16 mai,‎ 2012 (lire en ligne)
  7. Ronda Kaysen, « Future takes shape for Bell Labs site », New York Times, no 11 septembre,‎ 2013 (lire en ligne)
  8. James Gleick, The information : a history, a theory, a flood, New York : Random House, 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jon Gertner, The Idea Factory: Bell Labs and the Great Age of American Innovation, 2012-2013, Penguin (ISBN 978-0-1431-2279-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]